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La reine rouge

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Laurent Lolitter

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Elle se retourne négligemment vers moi et me demande du feu à la sortie du cinéma.
Déjà, dans la file d’attente pour aller voir « Saint-Laurent » de Bertrand Bonello au MK2 Quai de Loire, je l’avais remarquée. Grande, blonde, cheveux longs filasses, négligée, mais plutôt jolie avec des traits de mannequin, un petit nez et des pommettes marquées, juste ce qu’il faut, mais un peu banale, le genre de visage pouvant plaire au plus grand nombre. Elle était apparemment légèrement alcoolisée, parlait fort, ça sentait le dévergondage revendiqué, genre « je fais ce que je veux, je dis ce que je veux, et je veux que cela se sache », une gamine, la trentaine bien désabusée. Elle était accompagnée d’une belle rousse, grande elle aussi, un look annnées soixante de marchande de fleurs ou de styliste est-parisien, mode rétro-pop, au goût du jour. Elle avait beaucoup plus de retenue et de contrôle que sa copine. Là c'était du sérieux, du vrai, du lourd... Un visage étonnant, rare, racé, aristocratique, qui vous attaquent la rétine et les neurones carrément plus nettement que sa comparse. Entre la parisienne mutine et la fée celtique. Il n'y avait qu'un artiste pour imaginer des traits aussi précis, des reliefs aussi nets et doux à la fois. Elle avait de grands yeux bleus, d’un bleu foncé, profondément positionnés dans leurs orbites, qui donnaient une grande douceur et de l’intensité à son visage têtu. Elle avait cette beauté aiguë, exactement celle qui me transperce, exactement celle qui me fait plonger. Ce n’était pas un visage, c’était un tremplin pour l’imagination et le fantasme. J’étais franchement intrigué. Pendant que je sentais cette attirance monter, le mannequin blond continuait à abreuver son amie de sa gouaille et de sa désinvolture.
« Si je veux, je pourrais te caresser les fesses, là ! » – j’avais une oreille qui trainait, je ne pouvais pas rater ça –, lui avait-elle dit sans se soucier des autres dans la file. Je me souviens, la jolie rousse lui avait attrapé le bras avant d’entrer dans le hall du cinéma, gentille façon de lui demander de se calmer. Bref, deux jolies femmes, complètement dissemblables, qui voulaient se la jouer bi, à moins qu’elles ne soient effectivement deux lesbiennes véritables. Pourquoi pas. Impossible de le savoir en cet instant. C’était très excitant en tout cas, ce petit doute. Je me suis dit sur le coup que ce « tout est possible, tout est permis », comme ça, devait être la marque de toute civilisation qui a atteint son apogée et sa maturité, qui n’avait plus grand chose à prouver, sauf à maintenir à tout prix son empire et sa supériorité. La blonde était comme une incarnation de cet aboutissement, un fer de lance de la civilisation occidentale parvenue à son sommet, juste avant la bascule.

Elle était maintenant là devant moi, et m’adressait la parole. Je lui passe mon briquet. “Tenez prenez, gardez-le, j’en ai un autre”. Elle me jette un coup d’œil rapide et tandis qu’elle allume sa clope, je me risque à une amorce de conversation.
– Ce n’est pas vous dans la scène de shooting avec Helmut Newton la nuit dans Paris ?
– Non, j’aimerais bien, la classe !
– Ah, j’ai cru en vous voyant. Vous avez aimé le film ?
– Ouais, géniaaal, j’ai adoré.
– Ah bon, moi j’ai un avis un peu mitigé...
Mais, qu’est-ce que je raconte ? Elle s’en fout de mon avis. Qu’est-ce que j’ai à me mettre à vouloir lui expliquer ma vision du film ? Elle s’en fout. Je ferais mieux de trouver quelque chose de marrant pour attirer son attention.
La grande rousse arrive, elle a dû faire une halte aux toilettes. « Bonsoir » dit-elle. Elle me lance un regard qui signifie vaguement que j’empiète sur ses plates-bandes. Petit instant de flottement déstabilisant où je me sens clairement relégué au rang de gros plouc inopportun. Après Saint-Laurent, ça fait mal.
La blonde dit qu’elle est fatiguée, elle veut rentrer se coucher pour retrouver son lit. (Avec sa jolie copine, sans doute, me dis-je...) Gêné par la situation et ces dernières paroles, je prends la tangente, "Alors bonne nuit", je pars les laissant derrière moi.
Mauvaise décision, très mauvaise. Je leur proposerais bien de prendre un verre pour discuter un peu du film... Non c’est nul, elles s’en foutent de moi et de mon avis. Il faut absolument que je trouve quelque chose à dire, vite. Je me retourne.
– Bon, et si on rentrait ensemble. Mais attention, si je reste avec vous, vous allez tomber amoureuses de moi. Et je n’ai pas de temps à perdre. Mais si vous insistez, par charité, je peux faire un effort.
La blonde se mit à pouffer de rire, tandis que la rousse m’envoya un regard étonné, mais elle sourit quand même.
– Ah ! Pourquoi, tu penses qu’on va tomber amoureuses de toi ? Quel toupet !
– Je ne sais pas, comme ça, une intuition.
– Ah bon. Oui mais nous on a envie d’aller dormir.
(Mon œil.) 
– Ben on pourrait dormir ensemble. C’est vrai ça, c'est pas parce que vous êtes canons que vous devez être si égoïstes ? Mais, je ne voudrais surtout pas m’imposer...
Je disais n’importe quoi.
– Oui, mais là t’insistes quand même vachement. T’es un peu lourd toi.
– Ecoutez, pour tout dire, je vous avais déjà remarquées dans la file d’attente et je vous trouve toutes les deux magnifiques, et je me suis trop longtemps empêché de dire ce que je pense avec les filles. Aujourd’hui, j’ai envie que ça change. Et... je dois avouer que je vous trouve toutes les deux...
– Magnifiques, tu l’as déjà dit, me lance la blonde en se marrant.
Je fais mine de le prendre mal. Je regarde sur le côté, l'esplanade s'était vidée.
– Qu’est-ce que vous en pensez, vous ?
Pas de réponse de la belle rousse. Bon, c’est râpé, allez je me tire. Je fais demi-tour, la partie était perdue, mais j'étais fier d’avoir eu autant d’audace. Je me dirige vers la passerelle qui enjambe le canal.
Tout en marchant, j’entendais des pas derrière moi, ça chuchotait.
– Hey, te vexe pas. Tu vas par où ? On peut faire un petit brin de chemin ensemble, dit la blonde.
Yeah ! Mon audace a payé. Nous voilà partis, elles bras dessus bras dessous, moi marchant à leur côté. Heureusement que le ridicule ne tue pas. Ça, j’ai mis un certain temps à l’admettre. Et je vous avouerais franchement, je ne me sentais pas complètement à l’aise. Ne dis rien, sinon tu vas encore sortir une connerie d’une banalité à pleurer. Les rues étaient désertes, seules quelque ombres passaient au loin.
– T’es notre body guard, dit la blonde en rigolant.
– Oui, c’est toi qui le dis. Mais, ça ne me déplait pas !
– Si on se fait emmerder, tu nous défendras ?
– Vous êtes super bien tombées, j’suis le plus chouette des body guards du quartier !
Soudain, la blonde lâche le bras de sa copine et se met en travers de son chemin.
– Salut beauté ! Tu voudrais pas me sucer ?
Elle se met à lui tourner autour et au passage à lui caresser les fesses.
– Hey ça va pas ! Fais gaffe, y a mon garde du corps qui va te casser la gueule ! lance sa flamboyante victime... Alors qu’est-ce que tu fous, t’es mon garde du corps oui ou non ? me dit-elle, se forçant un peu pour jouer le jeu.
– Euh, oui, c’est vrai. "Hey vous là ! Veuillez ne pas importuner madame, c’est quoi ces façons !" (Nullissime, ridicule) Au fait, comment t’appelles-tu ?
– Sophie, dit-elle en continuant à houspiller sa copine de plus belle.
– Et vous, euh et toi ?
– Myriam, sur un ton doux et neutre, tandis que la blonde continuait avec sa main baladeuse.
– Fous lui la paix ! Qu’est-ce que tu dirais si je t’emmerdais comme ça ?
Subitement, je lui attrape le poignet et lui remonte dans le dos. La prise l’immobilise, elle se casse en deux, grimace et plie les genoux. Elle avait le cul bien moulé dans son taille basse, les bretelles de son string dépassaient largement au dessus du jean.
– Et si moi aussi je te mettais la main au cul, qu’est-ce que tu dirais ? Hein ?
Je lui donnai une bonne tape sur les fesses.
– Hey, tu crois que ça marcherait ça, si tu tombais sur une bande de cailleras ? dit la blonde à genou à la fois étonnée et légèrement vexée.
– Non, je ne suis pas sûr !
Elles se mirent à rire toutes les deux.
– Tu me fais un sacré garde du corps toi !
– On fait ce qu’on peut, en attendant t’as arrêté d’embêter Myriam.
– Ouais. Et elle attrape le visage de la rouquine et lui colle ses lèvres fougueusement sur la bouche.
– D’accord, je vois...
La rousse répondis à son baiser et saisit le visage de sa copine à pleine main. Je ne savais pas trop où me mettre. 
Mais, à ce moment précis, encouragé par le précédent succès de mon audace, je n’avais qu’une envie, c’est d’être invité à la fête et de caresser moi aussi les fesses de la belle Myriam sous sa robe, de sentir le tissu glisser sur ces prometteuses rotondités. Un fantasme absolu, si près de devenir réalité, si je ne foirais pas trop. Ma main ne m’a pas obéi. Non, pas maintenant. Je ne me sentais pas autorisé à un geste aussi hardi par celle à qui il était destiné. Elle m’intimidait quand même superbement.
On arrive en bas de chez Sophie, avenue Simon Bolivar.
– Allez, t’as été sympa, on t’invite, on a de la vodka et du rhum. Viens body guard !
Je voulais être sûr.
– Allez, fais pas ton débile, viens !
– Okay, je vous suis belles hétaïres ! dis-je totalement surpris et dépassé par cette sortie intempestive. Je ne savais pas si elles allaient bien le prendre. Parti comme ça l’était, il allait falloir tenir le rythme, mais tout compte fait, je ne m'en sortais pas si mal : j'étais invité à passer la soirée avec deux superbes femmes, moi le timide invétéré, moi qui avais toujours évité d'aborder les femmes que je trouvais belles par peur de me trouver bête et de prendre un rateau.
– T’as vu, wouaahouh, il nous a traité de putes ! Ah tu veux qu’on soit tes putains ? Tu vas être servi monsieur connard. De nouveau, gloussement de la blonde.
La montée de l’escalier est paraît-il le meilleur moment d'une rencontre galante. Je confirme. Elles arpentaient les marches devant moi, me jetant de temps en temps un regard pour voir si je ne ratais rien du spectacle de leur ascension vers l'olympe de luxure, olympe inespéré autant qu’inattendu. Le jean de la blonde bombait magnifiquement de gauche à droite, comme deux vases communicants qui se remplissaient alternativement au rythme de ses pas. À ses côté, les jambes de Myriam, telles deux fuseaux blancs et lisses, m'hypnotisaient littéralement. Mon regard se perdait dans ces courbes mouvantes s’entrecroisant sous sa robe, s’élevant irrésistiblement dans la pénombre jusqu’à atteindre de temps en temps, au gré des légères ondulations du tissu, la naissance majestueuse de ses fesses. C'était le pire émerveillement visuel que j’ai jamais connu. Je vous jure, j'étais abasourdi, les lois de l'attraction universelle, les force gravitationnelles et atomiques, c'était de la gnognotte à côté.  
Sitôt dans l’appartement, elles commencèrent à se tortiller et à se déshabiller l’une l’autre, tout en se servant des coups à boire et à se prendre la bouche. De l’index sur la télécommande la blonde lança une musique country qui les excita encore un peu plus. Leur corps se frôlaient dans la lumière tamisée du salon. Je sentais leur chaleur, leur attraction, leur excitation. Le spectacle était envoûtant, je perdais totalement pied.
– C’est qui les connasses ? C’est nous ! Et qui c’est le connard ? C’est toi ! Ha ha ha !
Wouahh, la température montait d’un cran, je n’en revenais pas, c'était violent, je me sentais mal à l’aise. Je n’avais pas l’habitude que ça grimpe aussi vite, c’était un peu trop pour moi, j’avais la peur au ventre de ne pas être à la hauteur de la situation.
– Ouais, pas faux. Je me sens un peu con. Je crois que je vais partir. Je me dirigeai vers la porte.
– Non allez, reste, on rigole ! T’as des couilles ou pas ?
– Bof, j’sais pas trop pour l’instant.
– Attends, on va vérifier ça tout de suite.
– Hey, non, non, les filles, vous allez trop vite pour moi. J’aime bien prendre mon temps, profiter du spectacle aussi longtemps que possible.
– Bah, mais t’es un p'tit mateur toi, c’est tout ? C’est ça, tu veux nous mater en train de baiser ?
– Ben, euh... oui, pourquoi pas, je trouve ça excitant.
– Et nous, si ça nous excite de voir tes boules et ta queue ! On voudrait être sûre que t'en as. T'es sûr que t'es pas pédé ? Hein ? Oui montre nous ta queue, ta queue, ta queue ! Moi je veux la voir ta queue espèce de salaud, dit la blonde transformée en diablesse déchainée.
La reine rousse me regarda avec un soupçon de compassion (ou de pitié ?). Son regard me rassurait et me remplissait d’une indescriptible joie. D’un côté, l’arrogance de la blonde me glaçait le sang, de l’autre cette discrète marque de complicité était comme une petite flamme qui me réchauffait délicieusement. Elle m’encourageait.
Qui était-elle ? Que faisait-elle en ce siècle ? Plus prosaïquement que faisait-elle dans la vie ? Comment aimait-t-elle ? Que faisait-elle avec cette blondasse ? Quelles étaient ses faiblesses, ses vices ? En avait-elle d’ailleurs ? Qui étaient ses amis ? Dans quel monde vivait-elle ? Comment dormait-elle, en pyjama, en nuisette, nue ? Sur le ventre, sur le côté en chien de fusil, le droit, le gauche ?... Comment faisait-elle l’amour ? J’en avais le tournis, je voulais tout savoir d’elle. La seule chose que je savais, c’est que ce n’était pas une chieuse. La vérité devait toujours sortir de cette bouche et de ses yeux. Ç’en était intimidant, avec ces yeux là, on ne devait pas avoir droit à l’erreur, on risquait d’entrer directement au purgatoire, mis à l'index dans la catégorie des médiocres, des inintéressants, des mecs négligeables. C’était une reine descendue chez les humains.
Sophie s’approcha de moi, et m’attrapa les couilles à travers le pantalon.
– Humm, mais c’est qu’il en a ce p’tit coco là !
Vraiment, zéro inhibition la Sophie. Myriam, ayant tout deviné, vint à mon secours, lui prit la main et la posa sur sa hanche, détournant du coup l'attention de cette furie. Elle l’embrassa à pleine bouche, j’en profitai pour me taper un verre de rhum afin de me remettre de ces émotions et de me donner du courage.
Sa robe se soulevait sous les mains insistantes de Sophie, laissant apparaître la blancheur de ses cuisses. D’un geste nonchalant elle s’empressa de dissuader sa copine d’aller plus loin. Tout en l’embrassant, pour ne pas laisser le mannequin éméché en reste, elle lui souleva et retira son t-shirt, puis fit sauter son soutien-gorge, laissant apparaître d’adorables petits seins blancs. Elle les caressa puis les porta à sa bouche. Je dus me resservir un deuxième rhum pour me donner une contenance, mais ne perdais pas une miette de la scène. Je me sentais salement durcir dans mon fute.
Sophie se mit à rire ostensiblement, et à vouloir déshabiller Myriam qui continuait à faire de la résistance.
– Hey qu’est-ce qui te prends ? C’est ce crétin qui te dérange ? Tu veux que je le foute dehors ?
Après deux secondes interminables pour moi, elle répondit :
– Non, laisse-le, il est sympa, il aime regarder, on a tout le temps. Il veut te voir dans le plus simple appareil.
– Ah ouais, tu veux mater mon cul salaud, dit-elle mauvaise en riant.
Elle déboutonna son jean, et se tortilla pour le faire descendre à ses pieds. Puis elle fit rouler son string et se retrouva totalement nue.
– Ah tu veux voir mon cul ! Mais t'y auras pas droit, t'auras pas le droit de toucher ordure. Elle fit demi-tour sur elle-même et entama une ébauche de danse et vint me coller ses fesses contre mon visage.
– Alors comment tu le trouves ? Il te plaît mon cul ?
– Il est parfait, il est superbe.
Il était vraiment superbe, là elle n’avait pas tort. Deux globes magnifiquement moulés qui dansaient sous mes yeux d’une belle manière, et une bonne petite chatte glabre bien dessinée au milieu qui me narguait et me faisait de l’œil.
– Et alors quoi, t’es pédé ? T’as pas envie de me la bouffer salaud ! Aller lèche-la, vas-y, lèche moi la chatte ordure ! dit-elle en minaudant et se tortillant comme une démente.
A moitié ivre, j’attrapais les deux globes, les embrassais tour à tour, je les écartais, y enfouis ma tête et pris sa moule à pleine bouche. Elle avait un léger goût de pisse qui s’estompa au fur et à mesure que je la lui mangeais, laissant place à un jus délicieux et abondant. Putain comme elle mouillait cette garce. Elle se mit à gémir et pris ma tête d’une main pour se l’appuyer un peu plus contre sa chatte gluante. Des deux mains je séparais les fesses et lui léchai l’anus et passai mon pouce dessus en imprimant une pression à la limite de la pénétration. Elle gémit de plus belle.
– Ah salaud ! Putain, salaud !
J’entendais bouger Myriam derrière moi et me demandais ce quelle devait penser en me voyant m’affairer ainsi sur le cul de sa copine. J’étais gêné, mais ne pouvais pas me dérober au risque d’attirer les foudres et les insultes de cette chatte furieuse magnifiquement lubrique.
Je ne sais pas si les femmes ont toujours été de tout temps aussi libérées, ou si c’est un effet de notre monde déglingué qui leur a ôté toute inhibition. Ça m'a toujours étonné, mais j'adore. 
Je pencherais volontiers pour la deuxième hypothèse. Les hommes avaient de quoi se faire du souci pour arriver à suivre le mouvement. Dans certaines régions du monde, ils ne supportent pas de perdre le contrôle de la situation, ainsi que leurs sales prérogatives de mâles. Ils n’ont pas trouvé d’autre solution que d’opprimer leurs sœurs, de les cacher sous un voile et de les soumettre à leur entière domination. Et maintenant que ce monde est devenu totalement connecté et poreux, n’importe qui, où qu’il soit, peut voir des photos et des vidéos salaces de toutes les femmes de la planète. Je me demande quelle bombe atomique est en train d’exploser dans les cervelles de ces frustrés qui matent des images pornographiques sur leurs téléphones portables tout en s’appliquant les règles religieuses les plus rigides que l’on n’ait jamais connues depuis l’Inquisition en Europe. Oui, rien d'étonnant qu'ils nous haïssent, c'est une bombe atomique qu'ils ont dans la tête.
Pour ma part, ayant été élevé en dehors de toute religion, dans les plus purs principes de la laïcité, je n’avais pour l’heure aucun problème moral particulier avec la débauche du moment. Les seuls problèmes que je connaissais n’étaient qu’avec moi-même, avec mes propres inhibitions et insuffisances. Cela m’arrivait chaque fois que j’étais face à des personnes plus intelligentes ou plus délurées ; leur agilité et leur liberté d'esprit me submergeaient, je me sentais complètement nul.
Alors que mon pouce continuait lentement mais sûrement à déprimer son anus, Sophie, son magnifique cul toujours collé contre mon visage, me pris de nouveau à partie.
– Alors là, petit con, t’as mis ton doigt là où il fallait, t’as plus qu’à m’enculer en plus de ça ! Non mais t’as vu ça Myriam, notre ami ose me mettre un doigt dans le cul. Hou la la ! Mais faut surtout pas te gêner ! Elle était réellement enragée, prête à me sauter à la gorge.
Elle éclata soudain d’un rire totalement dément qui acheva de me déstabiliser. J'imagine qu’elle était une habituée des soirées de la jeunesse jetsetteuse, cocaïnée et partouzeuse de Paris où il faut prouver qu’on a de l’esprit en se payant de bonnes vannes bien vachardes pour sélectionner avec qui s’envoyer en l’air. J’étais de nouveau un plouc.
Je regardais Sophie, son rire me terrifiait. Je me tournai vers Myriam, qui en guise de réponse ouvrit ses bras en m’offrant ses deux paumes écartées, comme pour me dire “débrouille toi mon garçon, c’est ton problème”. Elle nous regardait et n’en perdait pas une miette.
Je la désirais terriblement alors que j’avais la tête dans les fesses de sa copine ; je bandais comme un âne, mais pas pour celle que je voulais. Quel bazar ! Myriam m’intéressait mille fois plus que cette chienne lubrique enragée de Sophie. Myriam était une reine, elle était le sommet, la quintessence de tous mes espoirs de conquête féminine, elle était capable de faire fondre en moi toute velléité stratégique,... toute volonté tout court à vrai dire. Elle était là derrière moi, souriante, les mains écartées, me matant en train de lécher sa copine. Son geste était ambigu, il pouvait aussi vouloir dire « Et moi, tu ne t’occupes pas un peu de moi ? ». Et merde, qu’est-ce que je pouvais faire, empêtré que j’étais entre mon désir d'absolu et d'extase avec Myriam et la réalité toute aussi absolue et terriblement excitante du cul déchainé de Sophie. Elle inclina la tête, décroisa et recroisa ses jambes, passa sa main dans ses cheveux. Inextricables hiéroglyphes du désir féminin. Elle se leva, alla se servir une vodka, but la moitié du verre et le tendit à Sophie, qui la mangea des yeux et avala goulûment la vodka. Ça recommençait, je n’existais plus. La grande blonde se redressa sur ses jambes et déposa un baiser dans le cou blanc de la reine rousse, le lécha et descendit sur son décolleté tout en empaumant ses seins à travers sa robe fleurie. Myriam se laissa faire, puis reprit l’initiative de la situation à son compte. Elle se pencha à son tour sur les petits seins de Sophie et leur prodigua de jolis baisers sur leurs bouts dressés. Cela m’électrisa jusqu’au bout du gland.
Pour l’heure, j’étais incapable de savoir comment les choses allaient tourner.
J’imaginais déjà le corps sublime de cette Gilda en proie aux assauts de Messaline, leurs chairs entremêlées, se déchaînant comme dans cet affreux film de Kechiche, La vie d’Adèle... entre plaisir de mater et nausée.
Tout à mes pensées, je vis Myriam dégrafer sa robe et se mettre complètement nue, dévoilant son corps de déesse, incroyablement sensuel. Sa poitrine était magnifique, magique, elle avait des seins généreux, impressionnants de leur beauté fragile, ils remplissaient ma rétine et attiraient ma bouche comme des fruits irrésistibles. Ses hanches amples surplombaient un fessier à se damner. Elle avança vers un coin de la pièce ou se trouvait la douche ouverte sur le salon. Elle ouvrit le robinet, se plaça sous le jet, se savonna lentement, faisant mousser sa toison châtaine. Elle se rinça longuement, sortit de dessous le jet, se sécha, se rhabilla, et pris son téléphone. Le temps s’était arrêté. Elle commandait un taxi. Sophie et moi nous nous taisions, interloqués.
– Tu vas où ?
– Je vous laisse, vous n’avez qu’à continuer sans moi, je rentre.
Sophie complètement ivre, ne sut trouver les mots pour la retenir, balbutia vaguement “Mais, qu’est-ce que tu fous, pourquoi tu t’en vas ?”.
Au moment où elle allait franchir la porte, je m’interposai et l’implorai de rester. Il n’était pas possible qu’elle s’en aille, je ne pouvais rester seul avec sa copine ivre, tout ça n’avait de sens que si elle restait, elle ne devait pas partir, je n’avais envie de Sophie que parce qu’elle était là.
– J'ai envie que tu restes.
Elle me regarda droit dans les yeux, cet instant était interminable, elle les ferma lentement et vint poser doucement ses lèvres sur les miennes. Je répondis à son baiser en l’embrassant jusqu’à ce qu’elle m’interrompe en plaçant son index sur ma bouche. Elle prit ma main et m'emmena à côté de Sophie, qui était dans un sale état. Elle lui caressa le visage, l’embrassa et guida ma main vers les fesses de son amie, les caressant par ma main interposée, puis vers son sexe, imprimant ses propres mouvements à mes doigts, ce qui réveilla son amie affalée. Elle sortie son sein gauche de sa robe et l’offrit à ma bouche. Je trouvais ça extrêmement osé, J'ai léché ce sein, j’ai pris dans la bouche ce tendre bouton de chair, elle a gémi. Puis elle m’a pris doucement la tête, l’a inclinée et dirigée vers Sophie, et me l’a enfoncée dans ses fesses obscènement offertes, afin que je termine ce que j’avais commencé. J’obéis à cette main magique, et me mis à laper cette chatte endormie, qui peu à peu se mit à revivre, à juter, à vouloir se faire enfiler. Quand je relevai la tête pour respirer, la reine rouge avait disparu.

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