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Qualifié

Je me sens léger, mon corps semble flotter au-dessus du sol. Où suis-je ? Face à moi, un long couloir étroit faiblement éclairé avec de chaque côté une enfilade de portes. De grandes portes blanches, comme le sol sur lequel je marche. Je choisis la première sur ma droite. À peine ai-je posé ma main sur la poignée que celle-ci disparaît, s’efface comme gommée par un dessinateur insatisfait. Je réitère mon geste sur chacune d’elles, sans succès. C’est étrange... Loin, très loin, un cercle lumineux se dessine, semble grossir et envahir peu à peu l’espace. Des silhouettes filiformes apparaissent, me font signe. Je ne ressens ni angoisse ni peur. Je m’approche, je ne distingue pas leurs visages, juste des sourires. Elles m’entourent, me frôlent, me caressent, me chuchotent à l’oreille. Qu’est-ce qu’elles disent ? Les chuchotements s’amplifient, résonnent, tournent autour de moi. Je me sens porté par des mains invisibles.
Soudain, une voix crie : « Monsieur Regnier, monsieur Regnier, vous m’entendez ? » Plus de murmures ni de lumière, tout s’efface, on me lâche, je tombe, une chute interminable. Choc brutal, j’étouffe, quelqu’un hurle : « On le perd. Vite, le défibrillateur ! » Je sens mon corps qui se soulève et retombe à maintes reprises. Survient la douleur, violente, là, sous ma peau, comme une brûlure. Des formes autour de moi s’agitent, des bruits métalliques, des voix qui s’entremêlent. La douleur s’estompe, je perçois un faible cognement à l’intérieur de moi, d’abord irrégulier, presque inaudible, qui prend de l’ampleur, s’accélère, résonne, devient énorme, assourdissant.


Je peine à ouvrir les yeux, la lumière m’aveugle. Tout autour de moi, semble flou, comme recouvert d’un voile. Je sens une main sur mon front, son contact est frais, agréable. Peu à peu, j’entraperçois ce qui m’entoure. Une femme me regarde, me sourit. Elle a de grands yeux bleus et des cheveux bruns coupés court. Je suis allongé sur un lit. Elle réajuste le drap qui me recouvre. Un drap blanc comme les murs, comme le sol, comme sa blouse qui frôle mon bras. Une porte s’ouvre, émet un triste grincement. Un grand type à lunettes, moustachu, les cheveux grisonnants, s’approche de moi.
— Bonjour monsieur Regnier. Je suis le docteur Seigle. Comment vous sentez-vous ? On peut dire que vous revenez de loin.
Je le fixe. Son visage ne me dit rien. J’essaye de parler, mais je reste figé, bouche fermée.
— Vous m’entendez monsieur Regnier ?
Je tente à nouveau d’ouvrir la bouche, mes lèvres s’entrouvrent mais malgré un effort surhumain aucun son ne sort. Je parviens à baisser la tête en signe d’acquiescement.
— C’est bien monsieur Regnier. Vous savez pourquoi vous êtes ici ?
Je le fixe à nouveau. Pourquoi m’appelle-t-il sans cesse « monsieur Regnier » ?
— Vous avez eu un grave accident. Vous êtes resté trois mois dans le coma. Vous avez besoin de beaucoup de repos, mais ça va aller maintenant.
Il pose sa main sur mon bras et sourit.
Un accident ? J’essaye de me souvenir mais tout est vide dans ma tête. Je suis fatigué, tellement fatigué, mes paupières sont lourdes, je ferme les yeux.

Quand je me réveille l’infirmière et le médecin ont disparu. Les rideaux ont été tirés, ils filtrent la lumière du dehors et plongent la pièce dans une semi-pénombre. J’essaye de me redresser. Mon torse se soulève mais le bas de mon corps reste inerte. Paniqué, je soulève le drap. Mes jambes sont là, toutes les deux étendues sur le lit. Absence de toute sensation. J’essaye de remuer les orteils, ils restent figés. Épuisé, je me laisse retomber sur l’oreiller.
Trois pastilles blanches sont collées sur mon torse, chacune reliée à un fil. Un jaune, un rouge, un bleu, branchés tous les trois à un appareil sur ma gauche qui émet de brefs petits bips. Je regarde l’écran. Le tracé vert monte et descend, calé sur ma respiration. Cela ressemble à des multitudes de pics montagneux.
Une souris verte,
Qui courait dans l'herbe.
Je l'attrape par la queue,
Je la montre à ces messieurs.
Ces messieurs me disent :
Trempez-la dans l'eau,
Trempez-la dans l'huile,
Ça fera un escargot
Tout chaud.
Pourquoi soudain ai-je cette comptine dans la tête qui tourne en boucle comme un disque rayé ?

La porte s’ouvre. De nouveau ce grincement désagréable. C’est la même infirmière avec les grands yeux bleus. Elle pousse un lourd chariot encombré de récipients métalliques et de médicaments.
— Bonjour monsieur Regnier.
J’ai l’impression qu’elle parle à une autre personne qui serait cachée dans la pièce. J’ai beau répéter ce nom dans ma tête, il ne me renvoie aucune image, aucune sensation et pourtant, a priori, c’est le mien. Et mon prénom ?
L’infirmière change la poche de perfusion. J’observe les gouttes tomber une à une dans le tuyau transparent et s’acheminer doucement jusqu’à mon bras. Elle vérifie les capteurs sur mon torse. Je sens l’odeur de sa peau lorsqu’elle se penche au-dessus de moi. Un mélange de savon et de pomme verte. Elle a une belle silhouette que je devine sous sa blouse. Quel âge a-t-elle ? Vingt-cinq ans ? Trente ans ? Et moi, j’ai quel âge ? Je réalise que je ne connais rien de moi. Je veux voir mon visage. Je sens ma langue dans ma bouche qui tourne et cogne contre mes dents. J’essaye de parler, mais je ne parviens qu’à émettre un son rauque déformé. J’ai honte. Je saisis le bras de l’infirmière, elle me regarde, étonnée. Je lui montre ma bouche, j’articule muettement et j’essaye de mimer l’objet. Elle semble avoir compris et s’en va. Quand elle réapparaît, elle tient un petit miroir dans ses mains et me le tend. J’hésite, ma main tremble. Je sursaute quand je découvre mon visage. Je ne m’imaginais pas comme cela. C’est bizarre, j’ai l’impression qu’un inconnu m’observe. Aucune cicatrice ne me défigure. Des traits anguleux, les yeux bleus, des cheveux châtains ondulés légèrement grisonnants. Je passe doucement ma main sur mon nez, ma bouche, mes joues. L’infirmière me regarde et sourit.
— Je reviendrai plus tard, monsieur Regnier. Le médecin va passer vous voir dans quelques minutes.
La porte se referme. Je suis de nouveau seul.
Une poule sur un mur
Qui picore du pain dur
Picoti, picota
Lève la queue et puis s'en va.
Ça y est, cela me reprend. Je débloque complet avec ces chansons ! Je tente de me concentrer sur autre chose. Je regarde le plafond. Il est composé de dalles rectangulaires. Je les compte une à une. J’en suis à la trente-cinquième lorsque le docteur pénètre dans ma chambre.
— Je vais vous demander de suivre mon doigt, monsieur Regnier.
Le docteur le place devant mes yeux et le promène de gauche à droite. Mon regard suit son doigt. Je constate qu’il a de grosses mains. Il me demande de tourner la tête à l’horizontale puis à la verticale, je m’exécute.
— Bien, c’est très bien.
J’ai l’impression qu’il s’adresse à un enfant qui aurait réussi à dessiner un rond sur une feuille. Ça va, je ne suis pas débile !
Il retire le drap. Je regarde mes membres inférieurs, deux étrangers inertes et poilus.
— Essayez de bouger votre jambe gauche, monsieur Regnier.
Je me concentre, mais le bas de mon corps demeure immobile. Il place sa main sous mon genou, plie ma jambe. Je ne ressens aucun contact physique. À l’aide d’une longue tige métallique qui se termine par une pointe en plastique de forme triangulaire, il donne un petit coup en dessous de mon genou. Rien ne se passe, aucun réflexe. Il réitère la manipulation sur le droit sans plus de succès. Il remonte le drap et me donne une petite tape sur l’épaule. J’attends qu’il parle mais il ne dit rien. Je voudrais qu’il m’explique pourquoi je ne sens plus mes jambes, pourquoi je ne peux pas parler, pourquoi je ne sais pas qui je suis. Est-ce juste temporaire monsieur le médecin ? Ou bien vais-je rester cet homme sans souvenirs, muet et impotent avec une poche pour uriner le restant de ma vie ? Expliquez-moi tout ça. Vous comprenez ? Je laisse échapper un son guttural et le fixe intensément. Mon regard ne doit pas être suffisamment explicite, car je n’obtiens aucune réponse.
Le médecin prend le dossier posé sur ma table de nuit, l’ouvre, tourne les pages, note quelque chose puis le referme. Avant de quitter la pièce, il me dit :
— J’ai autorisé les visites. Vous pourrez voir votre femme cet après-midi.
J’entends les mots qu’il prononce mais il me faut un certain temps pour comprendre le sens de ses propos. Ma femme ? Quelle femme ? Je suis mariée ? Je regarde ma main gauche. Comment ne l’ai-je pas remarqué ? Il y a un anneau doré autour de mon annulaire.

Il a dit « cet après-midi ». Je me demande quelle heure il peut être. J’attends. Je tente pour la troisième fois de faire coulisser l’anneau – sans doute nos prénoms gravés à l’intérieur, une date aussi – mais mes doigts sont gonflés et l’anneau bute contre la jointure.
Je me remets à compter les dalles au plafond. Où en étais-je ? Je ne sais plus, je n’arrive pas à me concentrer. Comment est-elle ma femme ? A-t-elle les cheveux longs ? Courts ? Mi-longs ? Est-elle blonde ou brune ? Et la couleur de ses yeux ? Immobile, les yeux rivés sur la porte, je guette le moindre bruit dans le couloir. J’ai peur, je suis mort de trouille comme un adolescent lors de son premier rendez-vous amoureux. J’attends.
Enfin, la porte s’ouvre. J’entraperçois une silhouette floue qui se précise au fur et à mesure qu’elle avance. Grande, mince, les cheveux longs, rousse. Rousse ? Je contemple son visage. Elle a des taches de rousseur et la peau très claire, des yeux marron légèrement dorés. Je la fixe. Je plonge mon regard dans le sien en attente d’un déclic. Rien.
Elle laisse échapper d’une voix aiguë « Oh, mon chéri ! » et tend sa main vers ma joue. Je ne peux réprimer un mouvement de recul. Sa main s’arrête. Dans son regard, étonnement puis tristesse. Je voudrais sourire, avoir un geste pour elle, mais je reste là, à la fixer, immobile. Je suis censé aimer cette femme, mais je ne ressens aucune attirance, aucune tendresse pour elle. Elle me prend la main, je me laisse faire.
— Marc, c’est moi, Léa, ta femme.
Elle a dit « Marc ». Je m’appelle donc Marc, Marc Regnier et j’ai une femme qui se prénomme Léa. Des larmes coulent le long de son visage. Elle lâche ma main, se penche, ouvre son sac et en sort un mouchoir. Elle s’assoit sur une chaise à côté de moi. Les jambes que dévoile sa jupe sont longues et fines et la peau est laiteuse. Je sens son parfum, fort, capiteux, il me dérange, je ne l’aime pas. Je préfère celui de l’infirmière. Je baisse les yeux, tripote mes mains, sa présence me met mal à l’aise. Je voudrais qu’elle s’en aille.
— Marc, tu as eu un accident d’avion. Tu te souviens ?
Je dodeline de la tête. Non, non, je ne me souviens pas.
— Nous avons deux enfants. Une fille, Manon, qui a huit ans et un garçon, Lucas, qui a cinq ans. Il adore le foot comme toi. Nous vivons dans une maison avec un grand jardin. On a aussi un chien, Bigboss, un Border Collie...
Elle parle vite, d’une voix entrecoupée comme si elle récitait un texte. Je pose ma main sur son bras pour arrêter son monologue. Stop, ça suffit pour aujourd’hui ! Ça fait beaucoup d’un coup, je n’en peux plus. Elle me regarde et se remet à pleurer.
La porte s’ouvre, c’est l’infirmière qui sent le savon et la pomme verte.
— Madame Regnier, le temps de la visite est écoulé. Votre mari a besoin de se reposer.
Oui, c’est une bonne idée. Laissez-moi seul. Seul, vous m’entendez ! Je suis fatigué.

Ma femme est revenue. Aujourd’hui, elle porte un pantalon bleu et une chemise blanche. Elle n’est pas maquillée, elle a une queue de cheval et ses traits sont tirés. Je constate que des zones sombres se sont installées sous ses yeux. Deux enfants l’accompagnent. Mes enfants. Ma fille Manon s’approche. Les yeux marron, deux tresses et les mêmes taches de rousseur que sa mère. Elle m’embrasse sur la joue, pose sa tête sur ma poitrine et murmure « tu m’as manqué papa ». Cela me fait bizarre d’entendre le mot « papa ». Ma main effleure ses cheveux, j’attends, je ne sais pas quoi faire d’autre, je me sens idiot. Elle relève la tête, son regard est triste. Mon fils Lucas me tend un dessin. Ses yeux sont de la même couleur que les miens.
— Regarde papa, c’est toi et moi.
Sur la feuille il a dessiné un gros cœur rouge et deux personnages, un grand et un petit, qui jouent avec un ballon. En dessous, d’une écriture maladroite, je peux lire « pour mon papa adoré ». Je sens mes yeux se remplirent de larmes.
Ma femme sort de son sac une grosse enveloppe en papier kraft.
— Je t’ai apporté des photos. Le médecin pense que cela pourra t’aider à retrouver la mémoire.
Elle me montre les photos une à une et les commente, m’indique les lieux, les dates. Notre photo de mariage, nous deux enlacés sur une plage, Lucas bébé, Lucas sur mes épaules dans une piscine, moi, déguisé en Père Noël, mes parents, ses parents, le chien Bigboss, Manon dans mes bras, Manon sur son vélo... Une multitude de clichés qui défilent devant mes yeux. Pas le moindre sentiment de déjà vu, aucune sensation, aucun flash, aucun détail. Rien. J’ai l’impression de contempler la vie d’un autre.
Je sens le regard de ma femme et celui de mes enfants posés sur moi, insistants, en quête d’une réaction de ma part, même la plus infime. Ils sont tous les trois à mes côtés, en attente, plein d’espoir. Cela m’est insupportable. Je n’ose pas relever la tête, je veux éviter de lire dans leurs yeux tristesse et déception. Je reste immobile face à ces clichés sur papier glacé.

Ils sont partis. Je regarde par la fenêtre, le ciel est gris. Une nouvelle comptine résonne dans ma tête.
Une araignée, sur le plancher, se tricotait des bottes.
Dans un flacon, un limaçon, enfilait sa culotte.
J'ai vu dans le ciel, une mouche à miel, pincer sa guitare.
Un rat tout confus, sonner l'angélus, au son d'la fanfare.
Je crois que je deviens dingue...

Sur la table de nuit, ma femme a posé des revues. J’en prends une au hasard et la feuillette. Mon regard est attiré par une photo. Un aéroport. Je connais ce lieu, j’en suis sûr. Je regarde de nouveau la photo avec attention et soudain j’ai comme un flash devant les yeux. D’abord une image fixe en noir et blanc qui se dessine. Je porte une valise à la main. L’image s’anime et se colorise. Je suis au téléphone, je marche, je passe des portes, une bleue, une noire, je marche encore, un long couloir... Je suis maintenant dans un avion, je cherche ma place. 198B côté hublot. Une femme s’assoit à côté de moi... Une hôtesse pousse un chariot, me propose une boisson. Je ferme les yeux, j’entends la voix du pilote nous donner les informations de vol. Encore quatre heures avant d’arriver à New York... Réveil en sursaut. À travers le hublot, des éclairs illuminent le ciel. Secousses violentes, l’avion tangue, les moteurs rugissent. Des gens crient autour de moi, j’entends les pleurs d’un bébé... La chute, je suffoque, le masque à oxygène plaqué sur mon visage je respire de toutes mes forces. La femme à mes côtés hurle qu’elle ne veut pas mourir... Choc brutal, j’atterris sur quelque chose de dur, mon corps est écrasé, le contact de l’eau sous ma main. Je veux bouger mais je ne peux pas. J’ai froid, j’ai tellement froid...


— Marc réveille-toi ! Marc !
Une main me secoue. Je me redresse d’un coup, je suis en nage.
— Ça va ? Tu criais dans ton sommeil.
Où suis-je ? Je regarde la pièce. Ce n’est plus la chambre de l’hôpital. Les rideaux mauves aux fenêtres, la lithographie de Kandinsky, les photos des enfants. C’est ma chambre ! Je suis chez moi ! Ma femme est à mes côtés. C’est bien la même personne qui venait me voir à l’hôpital, mais tout est différent. Je la trouve belle. Je l’attire vers moi, je touche ses lèvres, je l’embrasse. Je ne cesse de répéter.
— Léa, je t’aime, si tu savais comme je t’aime !
Mon Dieu, ce n’était qu’un mauvais rêve ! Je me laisse retomber sur l’oreiller et je ris sans pouvoir m’arrêter. Léa m’observe, inquiète.
— Marc, tu es sûr que ça va ?
— Oui, tout va bien, je t’assure. J’ai juste fait un horrible cauchemar. Un accident d’avion, j’avais perdu la mémoire, je ne te reconnaissais plus ni toi ni les enfants, je ne pouvais plus parler, plus marcher. Cela semblait tellement vrai !
Ma femme me caresse la joue, j’enfouis mon visage dans ses cheveux. J’aime son odeur, j’aime sa peau.
J’entends des pas précipités dans le couloir. Mon fils Lucas entre en trombe dans la chambre et saute sur le lit.
— Papa, enfin tu es réveillé ! Regarde ce que Grand-mère m’a envoyé. C’est un disque avec plein de chansons. Elles sont super ! On a commencé à les écouter avec maman. Tu viens, dis, tu viens ?
— Il trépigne depuis une heure. Je te cède volontiers la place. J’avoue que je n’en peux plus de toutes ces comptines, me dit Léa en riant avant de quitter la pièce.
Je souris, elle ne peut pas savoir que moi aussi je les ai entendues.

Installé dans la cuisine je bois mon café tandis que mon fils me fait écouter pour la énième fois « À la pêche aux moules ». Léa entre dans la pièce.
— Marc, je n’arrive pas à retrouver ton costume gris. J’ai regardé dans la penderie, mais il n’y est pas.
— Mon costume ? Pour quoi faire ?
— Pour le mettre dans ta valise. Autrement, tu as celui qui est bleu marine, mais je pense que le gris serait mieux pour ton congrès à New York. À quelle heure est ton avion lundi ?
...
— Marc tu m’entends ?
Tout tourne dans ma tête, je lâche ma tasse. Elle se brise sur le sol.
— Marc, qu’est-ce qui t’arrive ?
Je me lève brusquement et je me précipite dans mon bureau. J’ouvre ma sacoche. Fébrile, je farfouille, je cherche. Ça y est, je l’ai. Sur mon billet, je lis : Paris-New York 14h15 Place assise 198B.

PRIX

Image de Printemps 2016
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Maryline Monteil · il y a
Vous avez merveilleusement bien embarqué le lecteur dans votre histoire jusqu'à la chute ! Heureusement pour nous, l' atterrissage se fait en douceur et nous ne regrettons pas le voyage! J'aime lorsque le récit oscille entre le réel et le surnaturel. Bravo.
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Sandra Dullin · il y a
Merci pour votre visite Maryline. Heureuse de vous avoir fait "voyager" quelques minutes :)
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Verodubroy · il y a
Coucou Sandra,
Contente de lire de tes nouvelles !
Véronique

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Moonath · il y a
mon soutien pour ce voyage tout en finesse...
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Sandra Dullin · il y a
Merci pour ce soutien :)
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Anne · il y a
c'est superbe, avec ce qu il faut de suspens et de mystère jusqu'à la fin !
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Sandra Dullin · il y a
Merci à vous pour votre visite et heureuse que ce texte vous ait plu
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Afnars · il y a
C'est comme le début d'un film qu'il nous semble avoir déjà vu et où l'on pense qu'on va s'ennuyer. Mais la curiosité l'emporte alors on poursuit. Et soudain plus d'ennui, je me sens Marc Regnier. Je ressens presque sa détresse, sa douleur. Alors je suis heureux qu'il, que je me réveille, se réveille qu'il aime sa femme qui est belle et soudain j'ai peur. Moi je dis c'était bien c'était chouette on y retournera chez Sandra Dullin.
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Sandra Dullin · il y a
Merci pour votre visite et votre commentaire :)
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Utilisateur désactivé · il y a
Merci pour le partage de ce texte qui vaut le déplacement. A la fin, j'étais contente d'avoir atterri sans encombre...petite sensation de malaise... Merci !
Si vous voulez me lire, c'est par ici. http://short-edition.com/oeuvre/poetik/humeur-noire Merci !

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Sandra Dullin · il y a
Merci Annelie pour votre visite. Ce sera avec plaisir que je viendrai vous lire :)
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Utilisateur désactivé · il y a
Bonsoir Sandra : je m'accroche à mon siège de finale... Me soutiendrez-vous à nouveau ? Merci !
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/humeur-noire

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Azalée · il y a
On a pas le choix, on est embarqué dès la première ligne... Texte très bien piloté et on n'atterrit qu'à la dernière ligne...+1
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Sandra Dullin · il y a
Merci Azalée. Heureuse de vous avoir fait voyager...
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Moniroje · il y a
Ils ont tout dit... hi hi...
Bravo!

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Sandra Dullin · il y a
Merci, Merci :)
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Utilisateur désactivé · il y a
D'habitude je n'aime pas les textes où le personnage pour finir se réveille et nous dit : "ben, non finalement tout ce que viens de dire ça compte pas". Mais ici j'aime parce que le réveil n'est pas la fin de l'histoire justement. Les quelques phrases suivantes en annoncent une autre, pleine d'angoisse et ça je trouve que c'est très bien vu! En plus, moi qui prend pas mal l'avion, je dois dire que je me suis bien identifié ! Petite crise d'angoisse garantie à chaque fois....
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Sandra Dullin · il y a
Merci Luc ! J'espère que lors de votre prochain voyage en avion je ne serai pas à l'origine d'une trop grande angoisse :)
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Keith Simmonds · il y a
Joli récit bien écrit! Je vote!
Mon poème, Poui en fleur, vient de paraitre pour le Prix du Printemps 2016 et mes deux œuvres, Amour éternel et la Saint-Valentin, sont en FINALE pour le Prix de la Saint-Valentin 2016. Venez les lire ou les relire, et les soutenir si le cœur vous en dit! Merci!
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/poui-en-fleur-1
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/amour-eternel-4
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/la-saint-valenti

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Sandra Dullin · il y a
Merci Keith.
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