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Image de Harry Potter 2016
Image de Fanfiction Harry Potter
« Je vais te raconter une histoire qui m'est arrivée... Personne n'en n'a jamais rien su, à part mon mari, Severus, Hagrid... et Harry bien sûr... »

La jeune femme passa une main affectueuse sur son ventre, sa plume à la main, un sourire nostalgique aux lèvres à l’évocation de ce souvenir...

« C'était mon premier Noël à Poudlard. Le Noël avant l'heure qu'on passe juste avant les Vacances... Une petite fête pour saluer le départ des externes. Un vent glacial faisait tourbillonner une myriade de petits flocons dans le ciel et le froid enveloppait de sa langueur quiconque sortait du château. Je me rappelle chaque détail : la vue magnifique sur le lac au bord de la forêt, mon chat jouant avec les cristaux de glace, le bruit de mes pas qui crissait sous la neige immaculée... J'étais sortie avec Harry juste avant le repas de Noël pour réfléchir à tous les événements qui avaient bouleversé ma vie. A cette époque, je ne réalisais pas encore ce qui m'arrivait. Tout s'était passé si vite. Severus qui m'apprend que je suis une sorcière, mon départ de la maison, le quai 9 ¾, le poudlard-Express, le château, la rentrée, Gryffondor, les professeurs, les cours... Tout était si irréel, extraordinaire ! Ainsi donc, plongée dans mes pensées, je ne m'étais pas aperçue que je m'étais éloignée de l'allée principale pour longer la forêt. Ah, la forêt... tant de mystères concentrés en ce lieu... Je ne m'y étais jamais aventurée puisque le moindre pas dans cette partie de la propriété était sévèrement sanctionnée. Et ça m'arrangeait bien, car elle me faisait peur. On la disait peuplée de monstres et d’êtres saugrenus qui aspiraient au calme d'une vie sans soucis, et si un humain se risquait à troubler leur tranquillité, eh bien il... euh... en fait, on ne sait pas trop ce qu'il devenait. Mais malgré la peur et la nuit tombante, je ne fis pas demi-tour. La curiosité et mon envie de solitude m'avait poussée ici et le besoin d'aller plus loin se faisait sentir. Je perçus soudain entre le bruissement des feuilles la musique harmonieuse d'un quelconque ruisseau et je m'imaginai de suite une clairière magnifique, traversée par les flots bruyants dont l'astre de la nuit dans toute sa splendeur se refléterait élégamment sur l'eau, scintillante entre les arbres blanchis par la neige. Je me mis alors en quête de cet endroit de rêve. Ne disait-on pas que la douce mélodie d'une source tranquillise les esprits ? Et moi qui avais besoin de calme et de solitude pour me retrouver, je me dirigeai aveuglément vers cet havre de paix idéalisé, seulement guidée par l'étrange musique...

Le ruisseau, je l'ai trouvé... Il était gelé et sous sa couche de glace, on pouvait voir le mouvement de l'eau prisonnière s'échapper par quelques interstices. Mais il n'y avait pas de jolie clairière, ni de Lune magnifique, cachée par les masses cotonneuses remplies de neige. Seulement les arbres dont les ombres menaçantes grandissaient de minute en minute et la neige blanche et froide qui me léchait les pieds jusqu'aux mollets. Alors que mon courage m'abandonnait et que je m’apprêtais à faire demi-tour, un énorme ''plouf'' suivi d'un miaulement roque me figea sur place. Harry s'était aventuré sur le cours d'eau gelé et la mince couche de glace avait cédé. Mon chat était emporté par le courant !

Harry, c'était le second chat de la famille. Mes parents me l'avaient donné pour qu'il me suive et veille sur moi à Poudlard. C'était le seul lien qui me rattachait à mes parents. Je l'aimais, et j'aurais tout fait pour le sauver ! Et il était à cet instant accroché à une branche, luttant contre le courant qui s'était libéré dans un craquement de glace brisée.

Tandis que je courais vers le bord du ruisseau, manquant de tomber plusieurs fois, entravée par la neige traîtresse, je cherchais dans ma robe ma précieuse baguette en saule ; mais c'était peine perdue : je l'avais laissée dans le dortoir des gryffondors. Penses-tu, pour aller manger, qui aurait cru que j'en eusses besoin ? Harry poussait des miaulements affolés qui déchiraient la nuit et je le rassurais comme je pouvais, lui criant que j'allais le sauver... mais c'était plus facile à dire qu'à faire... je ne voyais pas d'autre solution que de le ramener à la nage et je craignais qu'au lieu d'un noyé, il y en ait deux. Mais pas question de l'abandonner à la merci des flots furieux. Alors que je m’enfonçais déjà dans l'eau glacée, une main ferme me tira violemment en arrière. Indignée et furieuse, je me retournai, prête à aboyer sur l'inconnu qui m’empêchait de voler au secours de mon chat. Un garçon à lunettes et aux cheveux ébouriffés : c'était James. De l'ombre oppressante des arbres arrivait un autre élève aux cheveux de jais qui tranchaient avec le teint blafard de son visage : C'était Severus. Tous les deux avaient été attirés par mes cris. La seule chose qui me vint à l'esprit fut de me demander la raison de leur présence ici. Moi qui pensais être la seule à être sortie dans le froid de ce soir d'hiver... Mais ma préoccupation première était de sauver Harry, et non de répondre à cette question. Mon chat avait d'ailleurs de plus en plus de mal à s'accrocher à sa branche. La glace avait totalement fondue sous l'eau libérée, laissant la place à d'énormes colonnes d'eau dévastatrice. Le ruisseau qui ne faisait pas plus de deux mètres à mon arrivée, s'était révélé être une rivière de cinq bons mètres de large. « Vous avez votre baguette ? » ai-je demandé aux deux garçons, pleine d'espoir. Severus a secoué la tête tandis que James sortait précipitamment la sienne en bois d'acajou. Mais avant même qu'il ait pu esquisser un geste, la branche à laquelle Harry s'accrochait, ayant résisté vaillamment aux assauts répétés du courant, avait rendu les armes et se faisait entraîner sans plus de résistance dans les rapides.

« Accio ! »

Mais il était trop tard. Mon chat était trop loin et le sortilège d'attraction de James trop faible pour qu'il puisse faire son effet.

Je me rappelle notre poursuite acharnée au bord de la rivière, notre course entre les arbres, pataugeant dans la poudreuse jusqu'aux genoux, nos combats contre le froid, les troncs déformés par les ombres et les ronces squelettiques... mais malgré les efforts de mes camarades et de moi-même, nous avions perdu la trace de Harry.

« Ne t'inquiète pas, je vais lancer un sort de pistage » avait dit James avec assurance. «  Tu sais faire ça ? Tu n'es même pas capable de lancer un Accio correctement... » avait répliqué Severus en lui lançant un regard haineux. J'ai levé les yeux au ciel. Ces deux-là ne pouvaient pas se voir.

Lily immobilisa sa plume au dessus du papier et regarda par la fenêtre. Severus Rogue... Il avait fait les mauvais choix, et elle n'avait pas pu l'en empêcher... Elle n'avait même pas été capable de lui pardonner...

«  Écoutez, vous feriez mieux de revenir en suivant le cours d'eau, où vous finirez par vous perdre. Rien ne vous oblige à m'aider. » leur lançai-je en m’arrêtant. « Viens avec nous, ton chat est perdu de toute façon... » a fait Severus en haussant les épaules mais, voyant l'expression outrée et furieuse de mon visage, il essaya maladroitement de se rattraper : « Enfin,... je veux dire... je suis sûr que s'il s'en sort, il reviendra au château... Alors ce n'est pas la peine de risquer ta vie : en t’enfonçant dans la forêt, tu risques de rencontrer les bestioles qui y habitent et on a plus de chance de se perdre et de mourir de toutes les façons possibles que de revenir indemne. » Mais voyant mon air borné, il finit par céder «  il n'est pas question de laisser tomber les recherches, mais je te préviens, je ne te laisserais pas continuer seule » Et comme si ça ne suffisait pas, James a rajouté son grain de sel : « Ce n'est pas mon genre d'abandonner une jeune fille en détresse dans la forêt »... ce qu'il lui avait valu le regard mauvais de Severus. Comme si j'avais besoin de lui. Qu'est-ce qu'il était arrogant à l'époque !

Finalement, James a lancé son sort de pistage, et nous l'avons suivi en se démenant dans la neige et les herbes hautes. Quelle équipe on faisait : un frimeur et un pessimiste qui ne peuvent pas se sentir, et une fille sans baguette qui a perdu son chat ! Rajoute la neige, le froid, la nuit, Harry et la Forêt Interdite, et tu as les parfaits ingrédients pour passer un Noël inoubliable !

En marchant, je leur ai demandé ce qu'ils étaient venus faire ici loin du château. Severus m'a montrée les herbes qu'il récoltait pour ses potions alors que James prétextait une promenade tardive.

Lily étouffa un rire. Et dire qu'elle l'avait cru à l'époque ! Elle n'avait même pas remarqué le sac de nourriture à son bras, ni l'énorme Lune qui, entre deux nuages, laissait voir son profil bien rond. Pourtant, il lui avait bien semblé entendre le hurlement lugubre d'un loup-garou. Elle se doutait bien que, ce jour-là, il revenait de la Cabane Hurlante où il y avait sans doute laissé Remus Lupin. Ce qu'elle ne s'expliquait pas, c'était l’absence de Sirius et de Peter cette nuit-là... peut-être étaient-ils encore en retenu ?

Au bout d'une bonne demi-heure, nous nous sommes détournés de la rivière pour nous enfoncer dans la forêt. Je n'étais pas rassurée. Et si nous ne retrouvions plus le chemin du retour ? J'allais dire à James de faire demi-tour quand il s'exclama en montrant quelque chose sur le sol « Regardez ! Des traces ! » En nous approchant, Severus et moi, nous pûmes voir des empreintes dans la neige : elles ressemblaient bien à celles de mon chat. Quel soulagement. Harry était vivant et il était même sorti de l'eau ! Nous avons suivi la piste jusqu'à une espèce de hutte en bois. A sa vue, n'écoutant que mon cœur, je me suis précipitée vers l’abri précaire. Harry devait être mort de peur et tremblant de froid ! Mais un étrange grognement m’arrêta net devant la fragile cabane. Une silhouette bien plus grande que celle de mon chat remuait derrière les branches. J'eus la présence d'esprit de faire demi-tour et de courir aussi vite que possible. Juste à temps : La bête a bondi vers moi en rugissant. Les garçons restaient pétrifiés devant le terrible monstre et je les attrapai au passage pour les entraîner à ma suite. La fuite ne fut pas aisée : la neige faisait tout ce qui était en son pouvoir pour nous ralentir et la nuit d'encre qui nous entourait de son manteau ne nous arrangeait pas. Mais pas question pour James de lancer un lumos : la lumière aurait tôt fait d'orienter le monstre et nous n'aurions eu aucune chance de le semer. Un coup d’œil derrière moi : il nous suivait de près. Heureusement pour nous, il était lui aussi ralenti par la neige. « C'est un sphinx ? » ai-je crié à Severus tout en courant. Ce dernier avait secoué la tête « C'est une Manticore ! » Je n'avais jamais entendu ce terme auparavant mais ce n'était pas vraiment le moment de demander des précisions pour enrichir ma culture générale... Surtout qu'elle m'aurait été inutile si je m'étais fait rattraper par le Sphinx-Manticore. « James, sers toi de ta baguette ! » ai-je hurlé dans sa direction mais ce dernier a riposté « on ne peut pas la tuer, sa peau la protège des sortilèges ! » Severus est alors intervenu : il a sorti de sa poche un petit sac qu'il a jeté par terre, puis il s'est adressé à James : « Quand je te le dirai, enflamme le sachet ». Nous nous étions éloignés de quelques mètres quand Severus s'est époumoné « FEU ». James s'est alors retourné en brandissant sa baguette « Incendio! ». Le sort fit mouche et le sachet, qui se trouvait à présent sous la hideuse créature, a explosé dans une multitude d'étincelles. La détonation assourdissante nous a projetés à terre tandis que la bête, touchée au ventre, a laissé échapper une longue plainte. Et pendant qu'elle hurlait en se frottant sur la neige pour apaiser son mal, nous nous sommes relevés et, les vêtements trempés, les garçons et moi avions pris nos jambes à notre cou.

Appuyée contre un arbre, haletante, j'essayais de calmer mon cœur affolé. « Nous l'avons semée » a murmuré James dans un souffle. Ce dernier avait allumé sa baguette d'un discret « Lumos », éclairant nos visages rouges et suants. Severus a renchérit « Je me disais aussi que ces empreintes étaient bien grosses pour un chat... » puis il s'est tourné vers James : « tu sais lancer ton sort de pistage comme moi jeter un sort sans baguette. » James allait répliquer quelques paroles empoisonnées quand je les interrompis en demandant ce qu'était une Mantigore. Après un petit silence, James a récité la définition d'un manuel : « Une tête d'homme, un corps de lion et une queue de scorpion qui secrète un venin mortel. Une peau résistante à presque tous les sorts connus, niveau de dangerosité élevé à 9. » Puis il s'est adressé à Severus. «  Qu'est ce que tu as mis dans ton paquet pour que ça lui fasse aussi mal ? » L'interpellé a alors sorti une feuille violette en forme d'escargot « Leur point faible, c'est leur ventre ; et cette plante, une fois en contact avec leur sang, les brûle atrocement ». Bien qu'impressionnée, je ne lui demandai pas comment il connaissait tout ça. J'étais bien lasse. Un silence pesant s'installa, seulement troublé par les respirations sifflantes et le bruissement des feuilles par le vent. Quelquefois, un hurlement résonnait autour de nous, renforçant notre sentiment de faiblesse et d'impuissance face à cette vaste étendue d'arbres qui paraissait vouloir nous garder en son sein. Même si chacun se félicitait d’être en vie, tous savaient que la situation devenait critique : nous étions perdus et aucun ruisseau n'était là pour nous guider. C'était la pire chose qu'il puisse nous arriver (à part mourir, bien sûr, mais ça ne saurait tarder si on ne faisait pas quelque chose). Et c'était sans compter le chat perdu qui, malgré nos efforts, n'avait pas montré le bout de son museau. Je fus la première à me secouer « Il faut rentrer » me suis-je exclamée avec force. Mais Severus m'a refroidie en rétorquant : « Et comment ? » Je ne me démontai pas pour autant : « Déjà, en se bougeant de là ! Allez, un peu d’optimisme, non de non ! On dirait qu'on est déjà mort !» Severus balaya mon argument d'un revers de main « Dans la nuit noire, dans la neige et le froid, perdu dans une forêt abritant les plus dangereux et les plus terribles monstres que la terre n'ait jamais comptés, et sachant que les chances de s'en sortir sont quasiment nulles, comment être optimiste ? » « Lily a raison, intervint James, même si on n'a peu de chance de s'en sortir, ce n'est pas une raison pour se laisser aller, a attendre qu'un monstre vienne nous dévorer ! Au moins, on mourra debout ! » J'ai levé les yeux au ciel en faisant la moue. Quel optimisme... « Peut-être pouvons nous se repérer aux étoiles ? » ai-je suggéré ; mais Severus a fait un geste vague en levant les yeux. Même si les arbres laissaient entrevoir une mince partie du ciel, les nuages étaient trop denses pour nous laisser un quelconque espoir de se repérer. « Je sais ! me suis-je écriée brusquement, James, fais-moi voler ! Au dessus des arbres, je pourrais voir de quel côté est le château ! » Une étincelle d'espoir venait de naître dans les yeux de mes deux camarades.

Un long cri a précédé mon envol. Bien qu’ayant déjà volé sur un balai, être propulsée par le sort maladroit de James n'avait aucun rapport. Malgré les flocons qui gênaient ma visibilité, je pus apercevoir les lointaines lumières du château. Je me rappelle m’être écriée « hourra ! » avant de tomber en hurlant vers le sol. Mais James m'a rattrapée in-extremis et nous reprîmes notre difficile progression, priant pour que les habitants de la forêt ne nous causent d'autres soucis. Je commençais à fatiguer. Notre course haletante, le froid et la nuit avancée pesaient sur mes épaules et traversaient ma robe de sorcière jusque dans mes os. Je ne pensais pas m'en sortir sans engelure mais nous savions maintenant où aller et l'espoir était revenu... Un sifflement, un bruit sec sur un tronc d'arbre. Une flèche venait de se figer dans un arbre à quelques centimètres des yeux de Severus, en tête du groupe. Ce dernier, stoppé net dans son élan, failli être renversé par James qui marchait derrière lui. Il s’apprêtait à l'invectiver quand il avisa la flèche. « Là ! » Je montrais du doigt les ombres qui s’avançaient entre les arbres. Je crus d'abord à des chevaux, mais des chevaux pouvaient-ils lancer des flèches ? Assurément non. C'était des centaures. J'avais entendu dire que ces créatures étaient des êtres intelligents. De ce fait, j'ai hésité entre la fuite et la tentative de négociation. Mais voyant l'état de mes camarades, j'optais pour la deuxième solution. Nous étions tous éreintés, usés par les conditions météorologiques et par notre marche forcée. Nous étions incapables de fuir. Et à quoi bon courir, s'ils avaient des flèches ? De plus, une aide était la bienvenue ; ça valait le coup de tenter sa chance.

Lily hocha la tête en grattant le papier. Auparavant, elle n'avait jamais vu de centaure de sa vie, comment aurait-elle su que c'était leur meilleure chance de salut ? En plus, cette flèche ne leur était absolument pas destinée : ses camarades et elle les avaient interrompus au milieu d'une partie de chasse et le projectile avait seulement raté sa cible.

Après avoir parlé avec les centaures, ils ont accepté de nous conduire auprès du garde-chasse. Je peux aujourd'hui affirmer avec fierté avoir fait partie des trois seuls élèves de Poudlard à être montée sur un centaure. Mais même si notre escapade se terminait bien et que la fin de nos péripéties me soulageaient, j'avais peur de la réaction des professeurs. Le garde-chasse allait sûrement tout rapporter au directeur et j'étais sure de perdre ma réputation d’élève modèle. Sans parler des retenues qui nous attendaient. Et Harry... il était perdu pour de bon... A cet instant, j’espérais de tout mon cœur qu'il ait survécu pour que, même loin de moi, il puisse s'adapter au dangereuses conditions de la Forêt Interdite.

Nous arrivâmes bientôt à l'orée de la forêt. La nuit était bien avancée et un vent glacial s'était levé, nous frigorifiant sur place. Quand je vis cette petite cabane rustique, une petite boule d'angoisse s'installa au fond de ma gorge. Mais quel genre d'homme vivait là, à l'écart de tout, dans un confort rudimentaire et proche d'un endroit si dangereux ? J'avais le vague souvenir de l'homme imposant de deux mètres qui m'avait conduite avec les premières années devant la porte de Poudlard. Comment allait réagir le garde-chasse en apprenant que nous avions transgressé l'interdiction d’accès à la forêt ? L'homme en question était justement en train de bricoler sa clôture. Sous la neige ? Dans le froid et le vent ? Un soir de Noël ? Cet homme était vraiment spécial. Il est venu à notre rencontre, a salué les centaures et a engagé la conversation avec eux. Mais ces derniers n'aimaient pas s'aventurer hors du couvert des arbres et ils ne s'attardèrent pas. James, Severus et moi, nous nous retrouvâmes seuls devant le géant qui nous observait d'un air réprobateur. Puis, contre tout attente, il fit un grand sourire en nous invitant dans sa cabane.

La jeune femme retint un rire. Et dire qu'elle avait eu peur d'Hagrid !

A l’intérieur, c'était petit, mais c'était chaud et confortable. On était loin des rudes bourrasques glacées remplis de flocons et de l'atmosphère pesante et humide de la forêt. Nous nous installâmes devant le bon feu de cheminée, frigorifiés dans nos vêtements mouillés. Puis, mis en confiance par la bonne humeur du brave homme, j'ai commencé le récit de nos aventures. Hagrid m'a écoutée religieusement et lorsque j’eus terminé, j'ai ajouté que je regrettais d’être allée dans la forêt et d'y avoir entraîné mes deux camarades, surtout que notre sauvetage s'était soldé par un échec. Je déplorais la perte de mon chat. J'étais désespérée et j'ai fini mon monologue un sanglot dans la voix. A côté de moi, les deux garçons bougeaient sur leur chaise, gênés. Quand à Hagrid, il s'est levé et sans un bruit, s'est approché d'un cageot en bois. Il l'a pris dans ses lourdes mains et me l'a tendu en disant simplement : « c'est lui ? ». Dedans, roulé en boule dans un coussin, Harry dormait tranquillement, baignant dans la chaleur du feu. Quel choc quand je l'ai vu là, sommeillant comme un bienheureux, moi qui le croyais quelques minutes plus tôt perdu et effrayé dans la neige ou pire, noyé, mort de froid dans le torrent glacé... Quelle émotion ! Mais si moi, j’étais sur un petit nuage, lui n'a sans doute pas apprécié d'être réveillé aussi brutalement et serré aussi fort. « Mais... ? Il est venu directement ici après s’être démené dans l'eau ? » a fait Severus, étonné. Hagrid a secoué la tête. « Ce chat n'a jamais été dans la rivière. Il n'était pas mouillé quand je l'ai trouvé, à peine s'il avait quelques flocons dans sa fourrure. Je pense que... enfin, il est possible que... » Hagrid passa une main sur sa barbe brune, pensive. Puis il s'exclama « ... Vous avez dû être piégé par l'épouventard qu'on a libéré il y a quelques jours. Il se cachait dans l'armoire d'une salle de classe et empêchait les cours de se dérouler normalement. » « Un épouventard ? » ai-je fait dans mon ignorance des animaux magiques. «  Ce sont des créatures qui prennent l'apparence de tes peurs pour s'en nourrir. Il a du voir que tu tenais énormément à ton chat et il en a prit l’apparence dans la rivière... » m'a expliqué James. Il a renchérit en dardant ses yeux marrons sur Severus « Ce qui veut dire que ni mon "Accio", ni mon sort de pistage ne pouvait marcher puisque la cible n'était pas celle que je croyais. » Sevrus a ronchonné puis lui a tourné le dos, bouillant de rage. « Et bien, tout est bien qui finit bien ! a fait Hagrid dans sa bonne humeur en se frottant ses énormes mains, et maintenant, il est temps de rentrer... » Là, ça se corsait. Mais ni Severus, ni James ni moi ne pouvions y échapper. Pénétrer dans la Foret Interdite était assez grave pour mériter une convocation chez le directeur et trois ou quatre heures de retenue... « Mais ne vous inquiétez pas, j'ai plus d'un tour d'en mon sac » a continué Hagrid en brandissant un étrange parapluie rose.

Lily s'est arrêtée d'écrire et a posé sa plume sur la table. Quel magnifique souvenir que ce jour-là. Ils avaient réussi à éviter les problèmes en passant par un passage secret situé sous le saule cogneur. Severus s'y était glissé comme une ombre et elle n'avait même pas pu lui dire au revoir. Et James, toujours aussi arrogant, lui avait demandé en s’ébouriffant les cheveux s'il voulait qu'il la raccompagne. Lily s'est levée en fermant son journal. « Je me raccompagnerais moi-même » avait-elle répliqué en lui tournant le dos... Qui aurait cru qu'aujourd'hui, il serait son mari ? La jeune femme descendit les marches qui menaient à sa chambre. James était dans le canapé, en train de lire La Gazette du Sorcier. En la voyant, il s'écarta pour lui laisser une place sur le divan. Puis il s'exclama en voyant son ventre rond : « Alors, comment il va, notre petit bonhomme ? » Lily répliqua en s'asseyant « Comment sais-tu que ce sera un garçon ? » James hocha la tête d'un air de connaisseur « L'intuition... » a-t-il fait en levant un doigt en l'air. « Et comment va-t-on l'appeler d'ailleurs ? »

Pourquoi elle avait proposé ce nom ? Parce qu'il symbolisait la seule fois où James et Severus avaient uni leurs forces ? Parce que c'était, en fin de compte, le plus beau Noël de sa vie ? Ou parce que le hasard et le destin avait réuni pour un soir trois élèves de première année pour leur donner une chance ? Une chance de quoi ? De faire les bons choix ? De se rapprocher ? De s'entre-aider dans un moment critique ? De tout cela, elle ne savait pas ce qui était vrai, ou ce qui l'avait poussé à dire ça. Mais les paroles prononcées étaient là :

« Et si on l'appelait Harry ? Harry Potter... ça sonne bien, non ? »
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Keith Simmonds · il y a
Bonjour, Pépémalou! Vous avez voté une première fois pour mon haïku, “En Plein Vol”, qui est en
Finale pour le Grand Prix Automne 2016 et je viens vous inviter à renouveler votre appréciation pour lui. Merci d’avance et bon dimanche!

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Patricia Burny-Deleau · il y a
Un texte captivant, bien dans l'esprit de la saga où on retrouve les héros avec plaisir.
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Marine Donnadieu · il y a
J'ai beaucoup aimé ton histoire Pépémalou! Il y a des fautes à déplorer (concordance de temps notamment) mais ton texte se lit bien dans l'ensemble, et j'ai aimé l'originalité de ton histoire. C'était aussi sympa de découvrir le trio inattendu James-Severus-Lily qui rappelle agréablement et de façon assez amusante le trio Harry-Ron-Hermione! :D
J'ai beaucoup aimé le fait que tu aies intégré une manticore dans ton histoire, je trouve que c'était plutôt bien vu, et j'ai bien aimé le passage de la course-poursuite avec le monstre, ainsi que les piques que se lancent James et Severus, et les répliques délicieusement arrogantes de James!
Bonne chance à toi, et encore bravo!

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Keith Simmonds · il y a
Superbe et bien agréable à lire, ce texte! Bravo! Je vote!
Mon haïku, EN PLEIN VOL, est en compétition pour le
Grand Prix Automne 2016. Je vous invite à venir le lire
et le soutenir si le cœur vous en dit! Merci d’avance!
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/en-plein-vol

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Joëlle Brethes · il y a
On oublie totalement les quelques coquilles tant ce texte est (sur)prenant. Bravo, Pépémalou, et... bonne chance !
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Juliette Marjani · il y a
Merci pour ce récit étonnant qui m'a transportée en douceur du début à la fin. J'ai eu un moment de confusion avant de comprendre qu'Harry est le chat de Lily. J'ai bien aimé vos pointes d'humour ("eh bien il... euh... en fait, on ne sait pas trop ce qu'il devenait."). J'étais en phase avec vos personnages transis de froid et de fatigue dans leur marche forcée (bien que surprise que Lily ait pu marcher sous la neige dans une robe mouillée). Les évocations de la Manticore et de l'Epouvantard créent des rebondissements intéressants. Merci pour cette lecture, je vote avec plaisir pour votre oeuvre.

Votre avis sur mon texte m'intéresse aussi: http://short-edition.com/oeuvre/nouvelles/le-potter-qui-en-cachait-un-autre