Pour trente-cinq mille foulards Hermès

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Quand on en vient à devoir rendre un cadeau à un ami, c’est peut-être signe qu’on s’était trompé sur son compte… Ce texte nous met en

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Je mets le pied à Paris après six mois d'absence et déjà le bruit, la foule, le métro m'épuisent. J'ai rendez-vous près de l'Opéra avec une copine qui veut récupérer un cadeau qu'elle m'a offert plusieurs années auparavant. C'est un foulard Hermès, oui le célébrissime carré en soie, un modèle dessiné par Ledoux. Je l'avais reçu pour mon anniversaire, une pièce de sa collection. « J'en ai des tas ! » se plaisait-elle à me dire pour m'impressionner. Je l'ai très peu porté, car je n'ai jamais eu la patience de le nouer à la façon Hermès malgré les tutoriels ni de suivre les confuses explications de Jenny. Du coup, j'ai renoncé à le porter. Je l'ai remis dans sa boîte et il est resté au fond de mon dressing jusqu'à notre engueulade.

J'ai pris la ligne 14 depuis la gare de Lyon jusqu'au métro Pyramides. Je n'ai pas l'intention de m'éterniser avec Jenny. Je suis ainsi faite. Je ne me venge pas des mauvais comportements, c'est le lien de confiance qui se délite, sans aucune chance de retour en arrière. Après c'est mort, comme disent les jeunes. De toute façon, je m'étais lassée de cette relation superficielle. Jenny ne faisait que parler d'elle, de ses activités tout aussi superficielles, des gens qu'elle avait croisés et patati et patata. Le sentiment pesant de perdre mon temps en sa compagnie prenait le pas sur le vague plaisir éprouvé.

Mon éloignement de la capitale m'avait évité de chercher des excuses pour ne plus la voir. Et lorsqu'elle me téléphonait, j'avais trouvé l'astuce de couper le son de mon appareil pour qu'elle n'entende pas les bruits de fond, ce qui me permettait de poursuivre mes activités pendant son monologue. Ainsi pouvais-je vaquer à mes occupations, échanger avec ma frangine ou un livreur quand j'étais à la maison. Je connaissais son temps de parole, il me suffisait de réactiver mon micro de temps en temps pour dire « hin hin » afin de lui donner l'illusion que j'étais tout ouïe. Et quand elle était repue, elle me disait « bon, je te laisse » en raccrochant.

Mais un jour, j'ai été démasquée ! Elle s'est énervée en s'écriant d'une voix dont les aigus me transpercèrent l'oreille :

— T'écoutes bien hein ? T'écoutes bien là ? Alors, tu vas me rendre tout de suite mon carré Hermès ! Tu n'as qu'à t'en payer un si tu peux ! Tu pourras pas ha ha !

Cette fois-là, j'avais commis l'imprudence de ne pas couper le micro du téléphone et elle m'avait entendu dire à ma sœur « c'est encore Jenny, elle me saoule j'en peux plus d'elle ! ».
Je n'ai pas fait beaucoup d'efforts pour me justifier. J'ai bafouillé des excuses sans conviction en la renvoyant à son caractère difficile. Cette fois, elle avait raccroché sans prévenir et je n'ai pas su si mon maigre plaidoyer avait été à la hauteur de son réquisitoire.

Je stationne devant l'Opéra depuis plus de cinq minutes. Je sens quelques gouttes tomber sur mon visage, la pluie. Ah oui, je suis à Paris ! Par SMS, Jenny m'annonce qu'elle aura quinze minutes de retard. Bon, je vais en profiter pour marcher un peu. La pluie n'est finalement pas tombée et il ferait presque doux pour un mois de février. Je suis contente au fond de revoir la capitale. J'emprunte les Grands Boulevards en fredonnant. Qu'est-ce qu'ils ont, tous ces gens, à faire cette tête-là ? Ah oui, je suis à Paris ! Je passe devant un bar-tabac dans la rue du Faubourg-Montmartre. Au fur et à mesure que je marche, je me sens poussée par une énergie qui m'incite à aller plus loin encore. La magie de Paris prend le pas sur ma mésaventure amicale.

« Super cagnotte de la Saint-Valentin, jouez et gagnez 14 millions d'euros ! » Le bandeau de la grande affiche rose bonbon et rouge vif au double motif de ballons et de cœurs imbriqués m'interpelle. L'association des formes et des couleurs m'enchante et m'invite à la rêverie. J'essaie de diviser mentalement quatorze millions par quatre cents pour savoir combien je pourrais m'acheter de foulards Hermès avec cette somme. Parce que c'est vexant, hein, de devoir rendre un cadeau ! Les passants me bousculent et filent comme des flèches. À Paris, on ne stationne pas au milieu des trottoirs, voyons ! Je me demande combien de zéros contient un million. D'abord diviser quatorze, et autant de zéros que peut contenir un million, par quatre cents. Combien de zéros ? Zut, je ne sais pas. Lister les personnes à qui je les offrirais. Avant tout, jouer ! Cette parade mentale m'affole.

— Madame, vous ne voyez pas que vous gênez ? Alors, poussez-vous !

Ni une ni deux, me voilà propulsée dans le bar-tabac pour céder l'exigu trottoir à la jeune femme et à sa poussette. Je profite du répit que me permet l'espace réservé au présentoir des tickets de jeux pour me connecter à ma calculette. Il faut six zéros pour faire un million. Le résultat affiche 35 000. Trente-cinq mille foulards Hermès, grosse gestion !

— Madame ? me demande le buraliste.

— Un ticket pour le jeu de l'affiche s'il vous plaît, le Loto là, pour la Saint-Valentin !
— En flash ?
— Comment ?
— C'est trois euros la grille.
— Oui d'accord.

Je n'ai aucune idée de ce qu'est un « flash », mais le buraliste a semblé le savoir pour moi. Je repars avec le ticket rangé au fond de mon sac et mon projet Hermès dans la tête.

Il faudra le mener comme un partenariat. Mon imaginaire me porte dans les ateliers de création de la maison de luxe où me sont montrés des dizaines de dessins avec des superpositions de couleurs enivrantes. Choisissons-en trente-cinq ! Il me faut des coloris vivants. Inventez-en ! Je vois des rouges hypnotiques, des jaunes profonds, des mauves attendrissants. Au printemps, on assistera à l'éclosion des bourgeons pour saisir la couleur naissante des fleurs et la reproduire à l'identique. On visitera les champs de tulipes de Provence caressés par la lumière d'avril. On étudiera les reflets et nuances des dahlias du Parc Floral de Paris. Quant aux imprimés, je veux des ballons dirigeables, des chasseurs repentis, des trampolinistes, des jongleurs, la reine Élisabeth II sur une balançoire amoureusement poussée par le prince Philip, un chariot à popcorns, des...

L'alerte sonore du téléphone interrompt ma fantasmagorie. C'est Jenny. Je l'avais complètement oubliée. Je fais défiler ses SMS : « T'es où ? – Tu arrives bientôt ? – Dis-moi où tu es, je gêne ! – Je ne vais pas pouvoir stationner ici plus longtemps ! – Bon, je pars, mais je VEUX récupérer mon foulard ! ». Grâce à l'impatience de ma fausse amie, j'ai plus de deux heures devant moi rien que pour flâner. Je serais bien passée chez mon éditeur pour lui faire coucou, mais on n'a pas rendez-vous. Et puisque ce satané virus a fermé boutiques et bars, je marcherai ! Mon objectif est ambitieux : atteindre l'Arc de Triomphe.

Retour vers l'Opéra, je fais une pause à la Concorde après avoir traversé les Tuileries pour admirer la statue de Strasbourg modelée aux traits Juliette Drouet (1) et faire un clin d'œil au Ritz. J'éprouve un immense bien-être et je mesure ma chance de fouler l'asphalte sacré de la plus belle ville du monde. En remontant les Champs-Élysées, je pense au petit Marcel (2) cherchant sa Gilberte du regard le cœur battant la chamade. Lorsque j'arrive au niveau du drugstore Publicis, je me souviens du petit mineur de Médiavision avec son air mutin dévalant un ruban de celluloïd sous une musique tonitruante, signe du commencement imminent du film.

Je repense au comportement de Jenny même s'il y a bien longtemps que je ne me fais plus d'illusions sur la nature humaine. Les relations entre les personnes sont éphémères et toujours moins riches ou profondes qu'elles ne paraissent l'être. Il ne faut pas trop en attendre. J'ai encore assez d'énergie et de temps pour marcher encore. Je me dirige vers le Trocadéro. Chemin faisant, il me vient l'envie d'aller à Passy. J'emprunte la rue Raynouard et je m'engage dans le large escalier débouchant sur le parc de Passy qui descend jusqu'à la Seine. Même dans ses habits d'hiver la nature est apaisante. Le lieu est presque désert, les équipements sportifs sont rendus inaccessibles en raison du contexte sanitaire. Emmitouflés dans leurs doudounes, quelques enfants se courent après en riant pendant que leurs parents ou nounous les surveillent de loin en poussant la Maclaren à double freinage du petit dernier. Sur un banc, je vide mon sac sans pudeur pour le réordonner. La douceur de la soie du foulard Hermès me caresse les doigts. Je l'étale sur mes jambes pour le regarder dans le détail. Ses couleurs et imprimés me font instantanément voyager dans des pays coupés volontairement du reste du monde. Je lui invente une histoire. J'étudie la perfection de ses bords roulottés à la main. Je le plie en triangle et, d'un geste spontané, le noue à mon cou. Je regarde le résultat avec mon petit miroir de poche. Pas si mal !

J'aurais tellement aimé prendre un verre dans un café. Fichu virus ! Par exemple, un chocolat chaud même s'il n'aurait jamais été à la hauteur de celui que je prends chez Janine, un salon de thé de la plus haute tenue, toujours complet au point que le maire du village a créé des places de parking pour la clientèle qui vient des quatre coins de la région, hiver comme été, irrésistiblement attirée par son chocolat froid avec sa pointe de piment d'Espelette au goût et à la texture uniques. Je m'imagine rappelant le garçon de café pour remplacer ma commande par un indien :

— Vous savez, un Orangina avec
— De la grenadine, oui Madame ! m'aurait-il répondu d'un ton expéditif. Virus démoniaque qui me prive de chocolat chaud, non, d'indien, de boutiques, d'expositions, de liberté. Je me dis qu'il me reste Paris, heureusement, satané virus quand même !

Inconsciemment, j'ai choisi de réserver une chambre dans un hôtel situé à l'extrême opposé de chez Jenny. « Bonsoir Jenny, je suis rentrée à l'hôtel, je te laisserai le foulard à la réception. Je repars demain matin à 8 heures 30 ». Et paf ! Comme je sais qu'elle ne lit pas ses SMS le soir, car ça lui donne des insomnies et qu'il sera trop tôt demain matin pour la voir débarquer à l'hôtel, me voilà bien tranquille. Je parcours le livret d'accueil posé près du combiné téléphonique puis je compose le 9 :

— La réception, bonsoir !
— Bonsoir, j'ai acheté un ticket de Loto, savez-vous comment je pourrais connaître les résultats, je ne suis pas sûre de m'y retrouver sur Internet ?
— Bien sûr, Madame, quel type de Loto avez-vous joué ?
— Oh la la, trop compliqué, laissez tomber, on verra ça demain. Merci quand même !
— Comme vous voudrez, Madame, bonne soirée !

Il est un peu tôt pour commander mon room-service. Pas drôle de devoir rentrer à dix-huit heures, tout juste l'heure à laquelle je me sens d'humeur vagabonde. J'ai envie de bouger. J'aimerais tellement monter dans un autobus, par exemple le 28 pour voir à quoi ressemble le nouveau quartier Martin Luther King ; me faire une nocturne dans un musée en reprenant le même autobus dans le sens inverse jusqu'à l'arrêt Palais de la Découverte. Je passe en revue et à voix haute tout ce que je ferais à Paris sans couvre-feu. Je finis par en ressentir un nœud dans l'estomac. Ciel, je vais pleurer. Je déroge à mon engagement pris de longue date de ne plus jamais allumer un téléviseur. Le programme annonce un épisode de Colombo. Mon dîner se composera d'une soupe de petits pois, de tagliatelles crème et champignons avec un verre de Saumur. Je garderai mon dessert pour plus tard.
Le moral remonte. Je passerai ma soirée avec le légendaire lieutenant de police de Los Angeles et ma tarte au citron meringuée.

Le hall 2 de la gare de Lyon est peu fréquenté. Les voyages d'agrément sont remis à des jours meilleurs. Les personnes en déplacement ou en transit guettent l'annonce de leur train sur le grand tableau lumineux. L'atmosphère est à l'inquiétude et à l'urgence de s'acquitter de ses missions pour retrouver au plus vite la sécurité de l'espace privé. Le wagon est un peu vide, j'en profite pour prendre le siège 52, mon préféré, situé en fond de voiture et près du porte-bagages, que le hasard de la réservation m'attribue rarement, en espérant qu'il ne sera pas réclamé par un passager de dernière minute. En général, ça marche une fois sur deux. Je me risque à m'installer pour la route, ordinateur, livres, carnet de notes, nourriture et boisson. Mon ticket de Loto tombe de l'Éthique (3). Sympa le voisin de me le faire remarquer ! En le remerciant, je lui explique que je ne n'ai pas encore consulté les résultats, que je ne sais pas où les trouver sur Internet parce que je me perds parmi tous ces jeux qui se ressemblent. Je n'ai pas terminé ma phrase qu'il m'annonce les numéros gagnants : 21 7 36 24 49 et le 10 :

— Par contre, il n'y a pas de gagnant du gros lot !

Sans le montrer, je suis un peu déçue même si je me sens ridicule d'y avoir cru. Après tout, qu'aurais-je fait avec trente-cinq mille foulards Hermès !

— Pensez tout de même à faire contrôler votre ticket des fois que vous auriez gagné un lot. Quatre gagnants à 446 000 euros sont annoncés, qui sait si vous n'êtes pas un de ceux-là !

J'admire sa discrétion sachant que la vérification du ticket était à notre portée. Sans doute, n'y croyait-il pas non plus. Je calcule le nombre de foulards Hermès que je pourrais obtenir avec cette somme. Mille cent quinze, l'affaire serait plus gérable, mais si irréelle, voire stupide que je ne prends pas la peine de noter les numéros gagnants. J'ai bien mieux à faire, à commencer par déguster mon paquet de Curly en même temps que le train démarre, tout à mon aise qu'aucun passager ne soit venu réclamer sa place.

Ma frangine m'attend sur le quai. Elle est débrouillarde comme c'est pas permis, la Cécile. Je ne la questionne pas sur le comment elle a réussi à braver les agents de la gare pour venir jusqu'au quai au milieu de tous les interdits instaurés depuis la Covid-19. Elle me fait de grands signes tout en courant vers moi en s'excusant d'avoir failli arriver en retard. Cécile a toujours été la plus gentille des créatures. Si les anges existaient, c'est sûr, elle en serait un. Je l'enlace en m'excusant d'avoir oublié de lui rapporter un cadeau de Paris.

— Penses-tu, ce virus a fermé toutes les boutiques, t'aurais pas trouvé grand-chose, allez, t'inquiètes !

Elle m'a préparé une tarte aux pommes. On passe la soirée à papoter et elle m'annonce un peu gênée que Fabrice l'a demandée en mariage. Bien sûr, j'ai un pincement au cœur parce qu'elle est en train de me dire qu'elle va quitter notre colocation et tout ce qui va avec. Mais je ne veux rien gâcher à son bonheur et je la félicite en l'embrassant de toute mon affection. Pour faire diversion à mon émotion, je lui tends mon ticket :

— Tiens, tu pourras faire vérifier ce ticket de Loto quand tu iras chercher tes clopes s'il te plaît ? S'il est gagnant, ça paiera au moins le mariage. 
— Tu joues au Loto, maintenant ?
— Oh non, juste une fois pour faire un pari avec moi-même. Sûr qu'on n'aura pas le gros lot, mais un passager m'a dit qu'il y avait quatre gagnants à 446 000 euros. Alors, on ne sait jamais !
— Comme tu dis, avec zéro probabilité, on ne sait jamais ! Bon, je regarderai sur Internet tout à l'heure.

Je me propose pour débarrasser la table et m'occuper de la vaisselle. On s'est équipées récemment d'un lave-vaisselle à neuf couverts. Qu'est-ce qu'on a pu rigoler en le choisissant ! Quand on est allées voir les modèles dans les magasins, on a fait plein de bêtises en mettant toutes nos affaires dedans pour se faire une idée plus concrète de leur contenance. Cécile a même fait rentrer ses baskets toutes sales dans le panier du haut. Comme elles ne prenaient pas toute la place, elle a voulu que j'y mette les miennes. Nos bêtises n'ont pas été repérées par un conseiller de vente, mais les clients nous regardaient de travers. N'empêche, grâce à cet épisode, s'occuper de la vaisselle à la maison est souvent l'occasion de nous rappeler nos folles expérimentations.

La perspective du mariage de Cécile me plonge dans la mélancolie. Je veux son bonheur de tout mon cœur, pourtant les larmes qui roulent sur mes joues ne sont pas des larmes de joie. Je vois défiler nos cinq années de colocation additionnées aux dix-neuf à partager la même chambre familiale quand mes pensées nostalgiques s'interrompent brutalement. Une assiette me tombe des mains en même temps que j'entends Cécile crier mon nom. Mon cœur bat si vite que j'ai l'impression qu'un marteau me cogne la poitrine. J'ai la gorge sèche. Je me précipite dans sa chambre, appréhendant le pire.

— Tu as gagné 446 000 euros, Géraldine !

Je ne comprends pas de quoi parle ma sœur jusqu'à ce qu'elle brandisse le ticket de Loto que je lui avais donné à vérifier. Elle hurle les paroles de la chanson de Justin Timberlake « Can't stop the feeling », se connecte à YouTube et la lance à plein volume – les voisins en ont vu d'autres – puis m'entraîne dans une danse frénétique entrecoupée de cris de joie et d'embrassades. Je suis complètement détachée de cette histoire de Loto, encore sous le coup de la frayeur que je viens de vivre, mais cette chanson me surexcite. Nous chantons avec Justin « CAN'T STOOOOP THE FEEELING » en sautant « WHEN YOU DANCE, DANCE, DANCE » et en entremêlant nos cheveux comme nous le faisions enfants, ce qui agaçait notre mère, particulièrement quand nos acrobaties nous prenaient les matins de semaine avant le départ pour l'école.

— C'est heureux qu'on ait un événement à préparer ! me dit Cécile.

— On offrira un carré Hermès à chacune des invitées ! lui lançai-je le cœur léger.


__

1 : Durant un demi-siècle, de 1833 à sa mort en 1883, Juliette Drouet fut la maîtresse de Victor Hugo (1802-1885). Les vingt-deux mille lettres qu'elle lui écrivit tout au long de leur relation témoignent de cet amour inconditionnel.
2 : Marcel Proust (1871-1922)
3 : L'Éthique, de Barouch Spinoza (1632-1677)
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Mijo Nouméa · il y a
J'ai bien aimé ce tout de Paris. Votre écriture vive, enjouée embarque le lecteur jusqu'au point final. Merci :)
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Joëlle Roubine · il y a
Bonjour Mijo, Un grand merci pour votre intérêt et pour votre retour enthousiaste. Belle journée 🙂
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Mijo Nouméa · il y a
De rien, c'est ce que j'ai ressenti et me suis abonnée du coup à votre page :)
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Joëlle Roubine · il y a
Merci, de même.
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Michel Dréan · il y a
Comme quoi, il vaut mieux penser à soi que de penser à soie Joëlle !
Très sympa cette nouvelle !

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Joëlle Roubine · il y a
Effectivement, Michel ! Merci pour votre intérêt. Bien cordialement
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Pierre-Hervé Thivoyon · il y a
Je me suis bien amusé à lire ce texte. Le titre est génial, le calcul improbable et Jenny insupportable. Merci !
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Joëlle Roubine · il y a
Un grand merci à vous, Pierre-Hervé :)
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Marie Laurence Tran Trong · il y a
Bravo, très plaisant à lire, histoire entraînante grâce à la légèreté d‘écriture. Bises Mlo
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Joëlle Roubine · il y a
Coucou Marie-Laurence,
Merci pour ta lecture et ton retour.
Belle année 2022 à toi et aux tiens. Bisous

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Marc d'Armont · il y a
Une histoire alerte et rafraîchissante. Une écriture fluide qui nous ferait faire le tour de Paris avec plaisir (c'est un peu ce qu'on a fait du reste). Bravo Joëlle. Mon soutien.
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Joëlle Roubine · il y a
Un grand merci à vous, Marc. Mes meilleurs vœux pour 2022 !
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Marc OLIVIER · il y a
J'ai voté des deux mains........
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Joëlle Roubine · il y a
Merci, Marc, quel honneur !
Belle année 2022 !

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Marc Olivier · il y a
Bravo Grosses Bises à bientôt Marc
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Joëlle Roubine · il y a
Merci beaucoup, Marc :)
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Myriam Aziza · il y a
Bravo Joëlle ! C’est une très jolie nouvelle que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire. Je t’embrasse, Myriam
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Joëlle Roubine · il y a
Oh très touchée, merci beaucoup, Myriam :)
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Sarah Haddouk · il y a
Ma Joëlle ta plume est a la hauteur de la belle personne que tu es !!! Je savais que tu finirais un jour par écrire et je t en félicite !!! J ai adoré lire ta nouvelle !! C est vivant , c est vivifiant et très personnifiant, on a l impression d être toutes Géraldine et ca ca c est très beau et fort!!!
Bonne continuation ma belle!!!
Miss you!!!

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Joëlle Roubine · il y a
Oh merci, Sarah. On ne peut pas rêver meilleur encouragement à 3 jours du verdict. Merci de tout 💙
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Veronica Canzanella · il y a
Très joli histoire... Il prossimo racconto me lo ambienti a Napoli!! 😘Un bacione cara e Brava!
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Joëlle Roubine · il y a
Merci, Veronica. Quelle bonne idée de raconter une histoire qui se passerait à Naples. J'y réfléchis de ce pas 😉
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Ombrage lafanelle · il y a
Un très bon texte! Mes voix
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Joëlle Roubine · il y a
Un grand merci à vous :)
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Joëlle Brethes · il y a
On peut dire que vous savez manier le suspense ! ;) Bravo.
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Joëlle Roubine · il y a
Merci beaucoup, chère prénomonyme :)
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Armelle Fakirian · il y a
Le genre d'histoire qui met de bonne humeur. Mon soutien pour la finale.
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Joëlle Roubine · il y a
Merci beaucoup, Armelle, pour ce plaisant commentaire et pour votre soutien :)
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Alice Merveille · il y a
Je découvre avec grand plaisir ce texte, cette balade joyeuse dans Paris, un texte porté par une plume alerte et malicieuse ! Mon soutien et bonne finale.
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Joëlle Roubine · il y a
Merci beaucoup, Alice, pour votre commentaire et pour votre soutien ;)
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Fred Panassac · il y a
Une histoire qui n’engendre pas la mélancolie, prend la vie du bon côté, avec ses hauts, ses bas, ses foulards...
Bravo et mon soutien en finale !

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Joëlle Roubine · il y a
Merci beaucoup pour votre commentaire et pour votre précieux soutien, Fred ;)
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Pénélope · il y a
Comme je déteste cette Jenny et les foulards Hermès mais le texte est amusant.
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Joëlle Roubine · il y a
Merci, Pénélope, pour votre lecture. Je vous rejoins sur Jenny, mais le carré Hermès... :)
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Roll Sisyphus · il y a
Ils m'avaient effacé...
Peine perdue, je reviens avec un égal plaisir.
Toutefois je persiste, aussi beau et soyeux soit le Carré d’Hermès point n'est besoin d'aller encombrer les armoires de possibles cadeaux toxiques. La frugalité sait, aussi, être généreuse et bien souvent plus qu'un ticket de loto.
Inutile de vous dire que j'ai beaucoup aimé. Merci !

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Joëlle Roubine · il y a
Il eut été dommage d'effacer un aussi joli retour de lecture. Probablement un bug. 1000 mercis et bravo pour votre pugnacité :)
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Brigitte Bardou · il y a
Grâce à vous j’ai revisité Paris où je ne vais plus et la balade était belle et légère. Quant aux « amitiés » toxiques qui un jour heureusement se défont, je vois très bien de quoi vous parlez. Toutes mes voix pour ce très joli texte.
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Joëlle Roubine · il y a
Un grand merci, Brigitte, pour votre joli retour... venant du presque homonyme d'une de mes idoles :)
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Romane Claren · il y a
Une charmante balade parisienne, tout en fluidité.. On se croirait avec Zazie dans le métro !
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Joëlle Roubine · il y a
Merci beaucoup, Romane, pour vos encouragements et ce très agréable commentaire :)
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François B. · il y a
Merci pour cette belle promenade dans Paris ; pour le chocolat chaud, je vous conseille Angélina ou Carette (votre héroïne n'est pas passée loin, mais cela devait être fermé pour cause de Covid...). Votre texte est apaisant, plaisant et fait du bien (non, je n'utiliserai pas le terme "feel-good" ; saperlipopette... trop tard... je l'ai écrit...). Mon soutien
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Joëlle Roubine · il y a
Un grand merci à vous, François. Et merci aussi pour vos conseils. J'ai eu le plaisir de déguster récemment un fraisier divin chez Angelina ;)
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Les Histoires de RAC · il y a
Très sympa cette histoire qui se lit toute seule ☺♫♪♫☺
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Joëlle Roubine · il y a
Merci, Rac, pour ce commentaire joyeux et musical :)
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Mathieu Kissa · il y a
Un plaisir de lecture ! Admiratif de la légèreté et la fluidité du style.
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Joëlle Roubine · il y a
Merci beaucoup, Mathieu, pour votre commentaire encourageant :)
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Thierry Nakache · il y a
Super récit qui relate aussi combien l'amitié et l'être humain peuvent être compliqués... On aurait peur de ressembler à l'amie qui cherche à récupérer son foulard, et on est bien content de voir que l'héroïne gagne au Loto à la fin, après est-ce que c'est une fiction ou la réalité, ça c'est une autre histoire.
Félicitations à Joëlle Roubine pour sa plume.

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Joëlle Roubine · il y a
Merci beaucoup, Thierry, pour ce retour fouillé. Cette histoire est entièrement inventée. Fiction donc :)
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M. Iraje · il y a
Une belle visite guidée dans une ambiance très parisienne. Du chic sans choc ...
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Joëlle Roubine · il y a
Joli ! Merci, M. Iraje :)
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Anne K.G · il y a
Belle ballade dans Paris et dans la vie de ces deux frengines.
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Joëlle Roubine · il y a
Merci pour votre intérêt, Anne :)
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Arnaud Le Bas · il y a
Jolie histoire :-) Jolie déambulation.
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Joëlle Roubine · il y a
Merci beaucoup, Arnaud :)
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Keith Simmonds · il y a
Belle finale, Joëlle !
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Joëlle Roubine · il y a
Merci beaucoup, Keith :)
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Ginette Flora Amouma · il y a
Bonne finale , Joelle.
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Joëlle Roubine · il y a
Je croise les doigts. Merci, Ginette :)
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Annick Chardine · il y a
On suit la narratrice dans Paris avec plaisir. Bonne chance.
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Joëlle Roubine · il y a
Merci beaucoup, Annick :)
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Dominique Gil-Coste · il y a
Moi qui suis dans le Sud, j'ai passé un bon moment avec vous dans Paris ! Merci pour cette balade. Je vote
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Joëlle Roubine · il y a
Merci beaucoup, Dominique, votre commentaire me réjouit :)
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Chantal Sourire · il y a
Original et documenté, j'aime !
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Joëlle Roubine · il y a
Merci beaucoup, Chantal :)
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J. Raynaud · il y a
j'ai adoré vous suivre dans Paris
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Joëlle Roubine · il y a
Merci, J.M., ça fait plaisir :)
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Georges Saquet · il y a
Bien écrit et captivant ! Mon soutien.
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Joëlle Roubine · il y a
Merci beaucoup à vous, Georges :)
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Carl Pax · il y a
Mon commentaire a disparu avec la cyberattaque, mais je me souviens avoir particulièrement aimé la jolie description des foulards. Et aussi votre description aliénante de la pseudo-amitié entre l'héroïne et son "amie". Je vote mes 5 voix avec plaisir :)
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Joëlle Roubine · il y a
Merci beaucoup pour ce joli retour, Carl, et merci pour les voix, c'est très gentil :)
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Annabel Seynave- · il y a
Je ne sais pas combien de foulards Hermès valent mes voix mais je vous les donne de bon cœur !
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Joëlle Roubine · il y a
Bonsoir Annabel, Vos voix valent beaucoup, un grand merci :)
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Virgo34 · il y a
Assez réaliste... Bonne finale !
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Joëlle Roubine · il y a
Merci beaucoup, Virgo :)
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Felix Culpa · il y a
Un récit prenant et très bien écrit ! Je vote mes 5 voix et je m'abonne à votre page ! Bonne finale !
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Joëlle Roubine · il y a
C'est gentil, Felix, merci beaucoup. Bonne soirée :)
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Bob Pollen · il y a
Bravo pour cette sélection méritée
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Joëlle Roubine · il y a
Merci beaucoup, Bob.

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