Pour quelques dollars de plus

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Je suis un vrai mix international: maman iranienne, papa russe, vécu à Rome, élevée à Paris, et devenue suisse depuis cette année. Je réside à la montagne, j'aime la nature mais j'ai besoin de ... [+]

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Pour une poignée de dollars.

31 décembre - Los Angeles.
Je veux entrer en 2013 en belle compagnie. Musique, alcool, danse, qui sait, rencontre ?

Soirée privée ouverte au public... Coût : 150 dollars.

L'adresse de la maison, « The Mansion » dont on voit les photos sur tous les réseaux antisociaux, est secrète. Aucune voiture particulière n'aura accès à la demeure de Tristan Odigié qui assure une immense campagne de comm' pour laisser croire que sa récente célébrité mérite déjà l'anonymat !

Le prix du sésame inclut le transport. Une aubaine !

21h30, je me rends au rendez-vous. J'en veux pour mon investissement : billet, robe lamée à usage unique, sandales dorées jetables, pochette assortie, collants pailletés, faux bijoux.

Côté température, c'est l'Alaska en Californie. C'est sûrement mon âge qui me rend frileuse : je suis la seule en manteau au milieu d'une horde de poules faisant le pied de grue.
Talons : 20 cm de haut ; Jupes : 15 cm de court.

Le troupeau dans lequel je tente une infiltration est composé de jeunes gens âgés au mieux de 20 ans de moins que moi, au pire de 30 et en moyenne d'une génération !
Avec leurs jambes interminables, dénudées et réhaussées, je me trouve à hauteur de mammelles, le nez au niveau du téton.
Les garçons sont coiffés façon stu-stu-studio line ! Les autres souffrent d'alopécie précoce et ont tondu leurs duvets résiduels.

Le bus navette (ce n'est pas une interminable limousine ?) pointe son pare-chocs.
Foin des idés reçues, les américains ont le sens des traditions et se sont transmis de cowboys en yankees, de démocrates en républicains, la technique infaillible de l'attaque de la diligence !
En moins de temps qu'il n'en faut pour que j'exhibe mon laisser monter, je suis happée, tirée, piétinée (béni sois-tu talon compensé, à une décade près j'étais bonne pour l'aiguille !), saisie fermement par la manche (erreur le manteau !) et poussée de mains en bras jusqu'à me retrouver en queue de queue !
Le bus béant, dégueulant de gorges dépoitraillées démarre sans fermer ses portes de crainte de coincer un sein au coulissage !
Un deuxième shuttle roule à sa rescousse prêt à déporter une deuxième fournée de candidats à leur session de fin d'année. Je n'ai même pas le temps de le voir arriver, je reçois une bouffée de pets d'échappement en pleine figure.

A 23h30 le froid de canard était toujours vivant.
300 paires de jambes attendent la prochaine traversée.
Un shuttle people ! Il y aura des victimes, c'est certain, ils vont passer les vieux par-dessus bord.

Je me retire, je me replie, je renonce ! Place aux jeunes !

Chambre d'hôtel, une autre poignée de dollars, deux demi bouteilles de champagne pour une solitude entière...

Happy new year folks!

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