Pour la planète

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J'aime les mots, leurs aspects, leurs sons, leurs sens, leurs pouvoirs  [+]

Image de Automne 2020
Quand l’horrible idée naquit dans le cerveau fatigué de Gloria, elle se tenait debout derrière le plan de travail qui donne sur le salon, excédée par le spectacle de son mari hilare devant un talk-show vulgaire et provocateur – il lui expliquerait plus tard, le plus sérieusement du monde, qu’il y avait quelque chose de fascinant à « contempler la déchéance de l’humanité ». Le regard de la jeune femme se posait, pendant deux ou trois secondes sur Manuel, puis sur les mouvements lents mais fermes du large couteau de cuisine qui s’appliquait à découper une courgette en rondelles, revenait à nouveau sur l’homme qu’elle avait épousé, et ainsi de suite.
C’est là que l’image lui vint, dans un éclair d’une troublante clarté. Soudain, la courgette était devenue le sexe en érection de son mari. Il ne pouvait que lui apparaître ainsi, dans sa dureté triomphante, autrefois séduisante et désormais de plus en plus souvent agressive. Au repos, c’était un organe entièrement différent, qui n’avait aucun sens pour elle, pas plus de sens qu’un orteil.
La vision du couteau découpant le membre vivant lui inspira une fascination vertigineuse. La répulsion se mêlait à une puissante jubilation qu’elle ne parvint pas tout à fait à identifier comme telle. Pourtant, ce n’était pas tant qu’elle le haïssait. En réalité, elle ne ressentait plus rien pour celui qui était devenu un inconnu à ses yeux.
Lorsqu’ils s’étaient rencontrés, Gloria avait 17 ans, Manuel 34, et il était alors tout pour elle. Fougueux, plein d’esprit, il lui avait ouvert l’accès au monde des idées. Grand humaniste, il semblait tout savoir, tout décrypter avec une pertinence époustouflante. Il connaissait les noms et les trajectoires de personnages historiques dont elle n’avait même jamais entendu parler, était capable de lui expliquer des théories scientifiques révolutionnaires, des concepts philosophiques passionnants, et de l’émouvoir comme personne ne l’avait jamais fait auparavant. Ils avaient la même vision de la vie, le même respect de l’humain et de la nature.
Il apparaissait aujourd’hui clairement à Gloria que sa propre jeunesse, son naïf enthousiasme l’avaient empêchée de le voir tel qu’il était réellement. Un homme doué pour paraître, dont les belles idées n’étaient jamais mises au service des actes. Combien de fois l’avait-elle entendu pérorer devant ses amis et collègues à propos de leur « mode de vie écolo et zéro déchet », « difficile au quotidien, mais tellement satisfaisant pour l’âme » ? Un sourire carnassier étira les lèvres de Gloria. Ses gestes se firent plus violents.
Qui fabriquait leurs produits d’entretien et d’hygiène ? Qui allait chercher le panier de légumes le jeudi soir en sortant du travail ? Qui était en train de préparer les repas pour la semaine, tandis que lui se délectait de sa propre supériorité ?
Lorsque la jeune femme abordait le sujet, il avançait toujours le même discours bien rodé : « Ma chérie, c’est vraiment mignon que tu t’impliques à ce point, mais je ne te demande rien, tu sais. Et puis, la responsabilité individuelle a ses limites. Tu crois vraiment qu’on arrêtera la catastrophe écologique en prenant des douches plus courtes et en limitant nos déchets ? (Sourire condescendant, suivi d’un air grave.) Non, non, il faut penser à grande échelle. La solution sera politique ou ne sera pas. Tant que les gens voteront pour des idiots, rien ne changera. Le peuple a les dirigeants qu’il mérite. »
D’ordinaire, Gloria se contentait de répondre par une moue dubitative, épuisée et à court d’arguments. Qu’en savait-elle, après tout ? Elle n’avait pas le temps de s’intéresser aux faits et aux études scientifiques aussi profondément que lui. Mais, tandis qu’elle découpait les courgettes, portée par la grâce de l’instant, il lui sembla que son esprit rayonnait de clairvoyance.
Elle ne pensait pas à grande échelle ? Eh bien allons-y, pensons bien commun. Comment parvenir à une société capable d’évoluer en harmonie avec son environnement, dans laquelle la vie et le droit au bonheur de tous les êtres seraient enfin respectés ? Certains humains adoptaient les bons comportements, il y avait donc des raisons d’avoir de l’espoir. Cela devrait passer principalement par l’éducation. Oui, il faudrait réformer tout le système afin d’accélérer l’évolution des mentalités.
Mais comment empêcher les jeunes générations de se scléroser au contact des idées toxiques produites par le capitalisme et la société de consommation ? La culture. Il fallait davantage subventionner les œuvres faisant la promotion d’un monde meilleur, prônant la sobriété et la solidarité. Mais cela ne serait jamais suffisant… Il y aurait toujours des adultes irresponsables pour gangréner le groupe et pervertir les faibles. Penser à grande échelle était décourageant. Comment agir quand l’objectif paraît inaccessible ?
Non, il fallait s’y prendre petit à petit, agir à son échelle et se réjouir des avancées, même si ce n’était qu’une goutte dans l’océan. Alors, que pouvait-elle faire de plus pour hâter l’avènement du monde d’après ? Elle faisait déjà chaque jour de son mieux. Si seulement les gens comme son mari n’entravaient plus les efforts de ceux qui agissaient pour le bien… Oui… Là, il pourrait y avoir une réelle amélioration… Si les gens comme son mari pouvaient disparaître…

Gloria, d’abord effarée d’avoir de telles pensées à l’égard de Manuel, qu’elle avait tant admiré, se sentait gagnée progressivement par l’évidence : ses sentiments pour lui avaient été artificiellement provoqués par un habile magicien, un illusionniste rompu à l’art de masquer la triste réalité. Elle croyait avoir épousé un héros ; elle avait épousé un homme de la pire espèce, de ceux qui retardent le progrès et contre qui on ne peut même pas se battre tant qu’on n’a pas compris qu’ils sont des imposteurs. Et qui, dans l’entourage de Manuel, s’en rendait compte ? Personne. Elle était la seule à le savoir, la seule à pouvoir agir.
Une froide acceptation des efforts à fournir l’envahit. Abandonner la douce chimère. Prendre son courage à deux mains. Gloria savait au plus profond de son être que c’était la bonne chose à faire. Ce ne serait pas si différent de ce qu’elle ressentait lorsqu’elle se mettait au travail malgré l’épuisement, bien décidée à embrasser un mode de vie sain qui impacterait l’environnement au minimum. Ce serait salissant et éprouvant, mais lorsqu’elle se coucherait enfin, elle dormirait du sommeil du juste.
La façon de procéder lui vint assez rapidement, avec la même clarté qui emplissait son esprit depuis qu’elle avait commencé à couper la première courgette. Tandis qu’elle imaginait calmement la suite de la soirée, elle disposait délicatement les rondelles dans un plat allant au four.
Un détail en particulier la chiffonnait : il lui faudrait faire couler un bain, ce qui n’était pas dans ses habitudes. Gloria tentait de négocier avec sa conscience pour alléger par anticipation sa culpabilité à la pensée de l’eau qui serait ainsi gaspillée. « Un mal pour un bien », n’est-ce pas ? De toute façon, il était hors de question de laisser Manuel salir le sol qu’elle avait consciencieusement astiqué la veille. Oui, c’était la façon la plus simple, la plus efficace.
— Mon chéri ? appela-t-elle de sa voix la plus caressante, celle qu’elle utilisait quand elle voulait lui montrer à quel point elle était une gentille épouse.
Il accepta le bain avec joie, sans se douter de rien, évidemment. Ou plutôt si, il se doutait de quelque chose : une lueur lubrique dans le regard du quarantenaire indiqua à Gloria qu’il la soupçonnait d’intentions polissonnes. Tant mieux. La jeune femme enfourna le plat, nettoya le couteau puis le glissa dans la grande poche avant de son tablier. À partir de cet instant précis, le temps se mit à s’écouler comme au ralenti.
Gloria se vit tourner les robinets et observer longuement l’eau couler, tandis que le niveau semblait à peine monter. Quand, au bout d’une éternité, la baignoire fut remplie à mi-hauteur, elle s’agenouilla derrière le côté qui accueillerait la tête de son mari, et l’appela à nouveau, toujours avec le même ton cajoleur.
Lorsqu’elle lui mouilla les cheveux, il poussa un soupir d’aise et se contorsionna pour la regarder amoureusement. Voilà qui ne lui facilitait pas la tâche. Ce n’était pas le moment de reculer. Le couteau semblait vibrer dans sa poche, irradiant une chaleur lourde. La jeune femme rendit son sourire à son mari puis fit doucement mousser le shampoing sec. Du bout de ses longs doigts fins, presque aussi blancs que la mousse, elle exerça une légère pression en petits mouvements concentriques sur le crâne du condamné.
Enfin, Gloria plongea ses mains dans l’eau pour les rincer, glissa la droite dans son tablier et la referma sur le manche, qui brûlait d’une façon qui n’était pas désagréable. Cette brûlure lui disait qu’elle en était capable, que l’objet était son allié, qu’il désirait décharger toute cette énergie. D’un geste sûr, ni lent ni rapide, empreint d’une grâce toute féminine et d’une force qu’elle ne se connaissait pas, elle enfonça le fil du couteau dans la chair tendre, aussi profondément qu’elle le put, juste sous le menton.
Gloria ne fut pas surprise par la quantité de sang qui se déversait à gros bouillons en rougissant l’eau du bain. En revanche, le bruit la heurta violemment, humide et obscène, puis vint l’odeur, capiteuse et écœurante. Son mari n’avait déjà plus grand-chose à voir avec l’homme qu’il avait été. Il ne semblait pas surpris et furieux, comme elle s’y était attendue, mais seulement perdu, tout à son agonie. On pouvait lire dans ses yeux voilés par la douleur une peur primitive et animale.

Soudain prise d’un haut-le-cœur, la jeune femme courut hors de la salle de bains et ferma la porte derrière elle. Le plus facile était fait. Se débarrasser du corps serait probablement bien plus pénible que ce qu’elle avait vaguement imaginé, mais elle n’avait plus le choix, désormais. Elle ne pouvait pas se permettre d’aller en prison. Une fois là-bas, comment pourrait-elle se rendre utile à la société ? Non. Il fallait à tout prix éviter qu’on retrouve le cadavre.
La solution la plus évidente lui sembla la meilleure, d’autant qu’elle ne manquait pas de cohérence : après tout, Manuel ne s’était jamais préoccupé de la quantité de déchets qu’il produisait. Il n’allait pas commencer à s’en préoccuper dans la mort. Gloria devrait donc se débarrasser une dernière fois des déchets de son mari. Elle ne savait pas comment elle allait s’y prendre pour le découper, mais une chose était sûre : elle aurait besoin de plusieurs sacs poubelles.
Elle s’apprêtait à retourner auprès de son mari pour finir le travail, mais se ravisa subitement, frappée par la conscience du gratin qui cuisait tranquillement dans le four. Une petite pause ne lui ferait pas de mal… Et Manuel aurait ainsi un peu plus de temps pour mourir.
Son repas terminé, Gloria revêtit une tenue qui ne risquerait pas de lui manquer plus tard. Elle eut un sourire satisfait à la pensée qu’il s’agissait là d’une excellente occasion de faire du tri. Marie Kondo aurait dit que ces habits ne lui procuraient plus d’étincelle de joie et encombraient donc sa vie – comme Manuel.
La voilà qui était fin prête pour l’infâme besogne. De forts jolis mots pudiques pour décrire une réalité qui n’avait rien de littéraire. Oh non, c’était très concret pour Gloria, qui suait à grosses gouttes en découpant vigoureusement la chair autour des genoux, arrachant sans méthode de gros morceaux sanguinolents pour accéder aux articulations.
Quand elle jugea que les os étaient suffisamment dégagés, elle redoubla d’énergie pour séparer les fémurs des tibias, produisant ainsi coup sur coup deux craquements sonores. Épuisée, la jeune femme fourra les mollets dans un sac poubelle et prit quelques secondes pour souffler contre le mur carrelé, assise, les bras tendus sur les genoux, observant sa peau nue souillée par la chair de son mari. Bon, finalement, il faudrait peut-être relaver le sol de la salle de bains… Mais il ne fallait surtout pas se décourager devant tout ce qui lui restait à faire. Du nerf !
Trois heures plus tard, Gloria se tenait debout, propre et changée, devant trois gros sacs poubelle : un pour la tête et les mollets, un pour le tronc et les cuisses, un pour les bras et les vêtements tachés. Elle avait également nettoyé le sol et l’extérieur des sacs, il ne lui restait donc plus désormais qu’à aller les jeter dans la grande poubelle commune de l’immeuble.

Lorsqu’elle ouvrit la porte du local et découvrit le contenant déjà trop plein pour être fermé, elle pesta, puis se rasséréna : c’était en réalité la meilleure configuration possible. Le lieu était déjà si nauséabond que l’odeur de viande avariée ne paraîtrait pas trop louche. Par ailleurs, les éboueurs passaient le lendemain matin, ce qui diminuait les risques que quelqu’un réalise qu’un cadavre découpé en morceaux gisait dans les ordures du local.
Il fallait seulement procéder à un petit échange. Impensable de laisser les sacs traîner hors de la poubelle. Le contenant était si grand que Gloria dut se pencher à l’intérieur, les bras tendus à l’extrême et le nez agressé par les effluves malodorants, pour en extirper les derniers sacs. Un agacement profond la fit froncer les sourcils : l’inconséquence de ses voisins était sans bornes. Ils avaient déposé là un sac complètement éventré qui déversait ses immondices dans le fond du bac. Celui-ci serait le compagnon de Manuel.
La jeune femme rentra se coucher et s’endormit rapidement, lasse et satisfaite du travail accompli. Tout aurait pu – aurait dû – s’améliorer pour elle à partir de ce moment : sa nouvelle vie devait commencer, sans entraves pour faire le bien. C’était sans compter sur les caprices du destin, qui voulut que Mme Hottin, la voisine du troisième, première porte à droite, réalise avec horreur, au beau milieu de son insomnie, qu’elle avait, en vidant les restes du dîner, jeté par inadvertance son alliance devenue trop grande pour ses doigts squelettiques d’anorexique.
Je vous laisse visualiser l’épouvante sur son visage émacié lorsqu’elle découvrit, en lieu et place des ordures ménagères attendues, la tête poisseuse de son voisin.
Le jour du procès, lorsque le juge, désemparé, demanda à Gloria, d’une voix qui résonna aux oreilles de l’assemblée comme une supplique, « Mais pourquoi ? », la jeune femme se contenta de prononcer ces trois mots, très digne : « Pour la planète. »
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Mireille Bosq · il y a
Très très rouge, ce noir excellent!
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Violette Pogoda · il y a
Merci ! :)
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Nicole Duprat · il y a
Bonjour
Le début m a donné envie de vous lire
Je n'ai plus lâché et cela m'a procuré un grand plaisir de lecture
J'ai beaucoup aimé la description méticuleuse du" découpage "du mari
Le stéréotype dominant d'une soi-disant nature féminine, forcément douce et incapable de commettre le mal est démonté et cela me fait sourire !En fait tout le texte est plein d'humour (la courgette ,le plat dans le four ,la voisine anorexique et la chute finale )Bravo

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Violette Pogoda · il y a
Très contente que ça vous ait plu, merci pour le commentaire :).
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Claire Allouch · il y a
Extraordinaire ! J'ai adoré ! Ça fait vibrer ma fibre féministe.
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Violette Pogoda · il y a
Merci beaucoup Claire ! Oui vibrons avec notre fibre féministe !
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Keith Simmonds · il y a
Mon soutien pour l'originalité et l'humour noir de cette œuvre ! Une invitation à venir soutenir Katherine la Combattante dans sa lutte courageuse et acharnée contre l’épouvantable maladie du cancer du sein. Mes remerciements d’avance !
https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/katherine-la-combattante

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France Passy · il y a
Un personnage qui ne doute pas une seconde. Une future politique Si elle ne se retrouvait pas en prison
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A ALASKA · il y a
Si c'est du second degré (Short n'a pas mis "humour"), je vote; sinon ça fait peur, très peur!
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Violette Pogoda · il y a
BOUH ! (Merci ;))
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Lyne Fontana · il y a
De l'humour noir, et gore, bien mené et bien écrit, avec une meurtrière punie. La morale est presque sauve.
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Violette Pogoda · il y a
Merci ! Je laisse à chacun son interprétation :)
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Flavie Pain · il y a
Drôle et original! Bravo!
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Violette Pogoda · il y a
Merci !
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Paul Jomon · il y a
Quand on parle de séparation de corps entre époux, ça ne veut pas dire qu'il faut en démembrer un. La solution présentée est radicale mais je doute de son bilan carbone. La vraie économie aurait été de nourrir le zoo le plus proche (solution déjà testée dans le Père Noël est une ordure).
C'est brutal et amoral, mais c'est drôle.

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Violette Pogoda · il y a
Haha ! Je doute que Gloria ait envie de mettre les pieds dans un lieu plein d'animaux en cage...
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Paul Jomon · il y a
Oui, certes, l'idéal aurait été l'anthropophagie, mais : 1. il faut un grand congélateur 2. avoir l'art d'accommoder les restes 3. aimer son prochain.
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Violette Pogoda · il y a
Oui c'était ma première idée je dois l'avouer ! Tentant...

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