PLUME FATALE

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Depuis 5 jours que je suis de retour à Deux Baleines, je n'arrive pas à comprendre ce que Ruth trouve de particulier à son copain.

Dans son courriel de 3 pages que j'ai reçu il y a environ 6 mois, elle me racontait qu'elle avait trouvé l'homme de sa vie.

Franchement, je me demande si ma cousine ne devient pas folle avec ces 65 ans. Qu’est-ce qu'elle a pu trouver à cet homme. Ce Marc, maigre comme un clou et qui, d'après les dires, n'avait qu'un simple billet de cent francs belge comme fortune à leur rencontre.

Je suis sûre que ce grippe-sou de Marc en veut à son argent et que Ruth a peur de passer sa vie seule dans sa villa.

Pour creuser ce mystère, j'invite ma cousine à venir prendre le thé chez moi, juste quelques heures entre femmes.

Comme d'habitude, Ruth est toujours pressée, comme si elle avait sans cesse un chronomètre en main. Toujours avec son air aristocrate. Malgré sa richesse elle mène une vie simple.

Il était 9 h 10 lorsque nous nous sommes installées au jardin pour prendre le thé. Je ne voulais pas me montrer trop intéressée par Marc et leur liaison.

- Comment vont tes activités ?
- Marc s'assure de la gestion du garage et il fait le suivi à la quincaillerie. Moi, je m'occupe uniquement de la librairie.
- Formidable, c'est le grand amour entre vous.
- Oui, je suis heureuse. J'ai trouvé l'homme de ma vie.
- Mais, n'a t-il aucun problème par rapport à ton âge ?

Elle me regarde droit dans les yeux, sourit tandis qu'elle s'essuie les lèvres.

- Au début de notre relation j'avais un peu peur parce qu'il a 32 ans .
- Quoi, 32 ans ! Je pensais qu'il en avait 36.
- Non, 32 ans. Il m'a dit que l'âge n'est pas important dans une relation. Deux êtres ne doivent pas s’infliger une punition si entre eux l'amour règne.
- Bien sûr, mais tu n'es pas de la même condition sociale que lui.
- Peu importe, on s'aime. Il a les mots justes pour me parler, il est très attentif il se soucie de moi et pour couronner le tout il est un dieu au lit.

À ces mots je me questionne: Marc est-il si effectivement doué au lit ?

- Vraiment !
- Oh que oui. La première fois qu'on a fait l'amour, on ne vivait pas encore sous le même toit. Il m'avait invitée à son appartement et m'avait préparé un dîner, c'était une soirée romantique.

Je ne voulais pas perdre une virgule de ce que Ruth me racontait. Elle est douée pour donner des détails. J'étais tout oreille. Ma cousine était tellement précise, la façon dont Marc l'avait enlacée sur le canapé, comment il l'avait emmenée dans la chambre.

Incroyable mais vrai, je transpirais et sentais soudain un désir monter en moi. L’envie folle d'une relation sexuelle immédiate et exigeante s’empara de mes pensées. Un mec comme lui, aussi maigre avec son physique passe-partout pourrait-il vraiment faire atteindre l'orgasme ?

- Elise, Elise
- Oui
- On dirait que tu es ailleurs.
- Non, non, je t'écoute.
- En tout cas, je l'aime beaucoup, j'ai trouvé l'homme que je cherchais et je suis prête à faire tout pour le garder.

C'était à mon tour de lui sourire.

- Je te souhaite bonne vie à deux.
- Merci, oups j'ai failli oublié, tiens c'est à toi.
- C'est quoi cette enveloppe ?
- Ouvre la.
- Une invitation à un cocktail, mais tu pouvais la faire par émail ou juste un appel.
- Tu sais que je suis de la vieille école. J’espère que tu seras présente. Je dois te laisser j'avais promis à Marc de rentrer avant midi.

Nous nous sommes séparées sous des embrassades et j'ai promis à Ruth d'être là à sa fête.

Durant ses 4 jours avant le cocktail, je réfléchissais à la façon de séduire Marc et l'attirer dans mon lit. Malheureusement il a repoussé toutes mes avances. Un jour, je lui ai même dit que personne ne serait au courant de notre aventure. Il m'a répondu si, moi.

La veille du cocktail, je me demandais comment atteindre mon but. Parce que, moi, Elise Laplache quand je désire quelque chose je l’obtiens.

7 heures s'affichaient à l'horloge tandis que je pénétrais dans le salon principal. Il n'y avait pas beaucoup de gens. Par contre, les sommités de la ville brillaient par leur présence sans oublier le commissaire et madame le maire. Moi même, j'avais une seule mission, un seul but, conquérir le coeur de Marc ou du moins l'avoir dans ma couche.

Les salutations et le groupe qui jouait au début, au fond de la salle ne m'intéressaient pas. J'étais venue spécialement pour lui, j'utilisais toutes les astuces pour me trouver de temps en temps seule avec lui.
Je cherchais à me faire valoir auprès de lui, lui faisant du genou, dansant avec lui en me frottant contre son corps, lui prenant la main pour lui faire toucher mon cœur en la posant sur mes seins.

La plupart des invités voulaient avoir de mes nouvelles, comment avait été mon séjour, si j'avais rencontré le grand amour. Tout cela m'ennuyait. Mon seul réconfort c'était d'admirer ce bel homme en smoking qui serait à moi.

Mais qu'est-ce qui m'arrive, suis-je en train de tomber amoureuse de Marc ?

Ruth me faisait signe de la rejoindre au bureau, sous le regard de Marc.

- Ma chère Ruth, mes félicitations. Je dois te dire que ton cocktail est une réussite. Les mets sont succulents et les vins très raffinés.
- Pourquoi te colles-tu à mon copain ?
- Comment ça ?
- Arrête de faire comme si tu ne comprenais rien. Je t'ai vue avec lui, tu lui as même pincé les fesses au bar.
- C'était juste pour jouer.
- Pour jouer. Je te connais si bien. Tu étais très réputée pour voler les amoureux de tes amies.
- Et alors, soyons sérieuses Ruth, tu penses que Marc va rester avec toi. Tu as déjà 62 ans, tu es vieille.
- Tu resteras toujours une salope.
- Salope ou pas, je suis belle, j'ai 38 ans et j'ai de l'argent. Donc, oublie Marc. Va de préférence te chercher un papi, un homme de ton âge.
- Espèce de marie couche toi là.
- Pouff, tu connais mon slogan ma chérie, quand je désire une chose je l’obtiens.

Je ne prêtais même pas attention à Ruth. Son visage changea de couleur. Tranquillement je savourais les delicieux petits fours tout en prenant une gorgée de vin.

Tout se passa si vite. Pendant que ma bouche était pleine, Ruth sous l'effet de la colère en profita pour me donner plus de 8 coups de son stylo plume avec rage à la carotide.

Tout en râlant, j'arrivais à ouvrir la porte pour m’effondrer sur Marc. Les invités paniqués remarquaient que le visage et les mains de Ruth étaient couverts de sang et elle tenait l'arme du crime.
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Joj Jojo · il y a
Bien fait pour elle...ohoh!
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Ivens Desvallons · il y a
Finalement, cette fille-là prénommée Élise n'est pas si lâche;
Pourquoi pas Élysée à la place de Laplache?

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Revce · il y a
Elysée ????
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Roosevelt Cilly · il y a
J'aimerais avoir la suite mon ami. Toutes mes félicitations mon vieux!
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Revce · il y a
Patience Roosevelt.
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Shakespeare Gregony · il y a
Perdu dans la narration j'en avais oublié le titre...tellement que c'est bien charpenté. Bravo !!!
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Revce · il y a
Merci Gregony