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Petite fleur des champs

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La petite paysanne ,penchée sur la botte de paille ,peinait à lier de ses petits doigts, les gerbes de blé. Pourtant il fallait finir le travail ordonné par le propriétaire du champs ,avant que midi ne sonne.Ensuite elle irait se rassasier d'une soupe de choux ,claire sans viande, sa famille était si pauvre ,que seul un morceau de pain accompagnerait, ce frugal repas.
Puis elle repartirait au champs ,pour y travailler jusqu'à l 'Angélus.
L 'après midi le soleil avait cogné si fort ,que la petite avait ses joues brûlantes.
Ils étaient six autres enfants à travailler dur derrière leur mère. L' une fauchait, l'autre rassemblait les blés en bottes ,et les enfants les liaient.
Puis ils fallait les porter sur le dos jusqu'à la charrette .
Le soir tombé ,la famille priait ,et se mettait au lit,dès que la chandelle avait brûlé jusqu 'au trait, tracé, par le père, elles étaient coûteuses, et,il fallait tout économiser.
Derrière la masure, le père entretenait son petit potager,et élevait quelques poules ,un canard, et quelques lapins,voilà toute la richesse de la famille Martinet.
Le père un solide gaillard, pêchait l 'anguille ,de nuit,et vendait alors pour l'aubergiste du village ,ses modestes prises.
La mère filait aussi la laine, après les travaux des champs,quand l'hiver approchait, et vendait des pèlerines sur le marché, ainsi que des paniers ,tressés de ses mains,avec l'osier récolté l été .
L'hiver fût rude, cette année là, où petite fleur des champs ,atteignit sa neuvième année,et,sa mère se retrouva grosse .
Le père gémit ,en invoquant ,une bouche supplémentaire à nourrir.
Lysette la mère, promit à son mari,de doubler son travail de vannerie, et de tissage ,mais le père ne se calmait point.
Alors la petite qui entendait son père se plaindre ,sortit de son lit et vint se blottir contre sa mère, s' approcha de son visage ,et lui chuchota à l 'oreille.
Le lendemain Lysette et petite fleur des champs,prirent la route du château, elles s 'étaient rendue toutes deux ,chez monsieur le curé.
Après avoir longuement observé la fillette, Monsieur le curé les accompagnèrent au château.
Ils fûrent tout trois accueillis par la châtelaine elle même,qui semblait ravie de voir la petite ,accompagnée de sa mère, et ,de monsieur le curé .
Après avoir servi un gâteau sec, et, une liqueur d 'angélique, les trois grandes personnes avaient pris leur décision.
Pendant ce temps ,fleur des champs ,admirait la pièce principale du château ,où ,ruisselait des trésors inconnus de la fillette ,ses yeux parcourait les murs,où de grandes toiles représentaient les scènes de leur vie ,aux champs,d'autres, des portraits sévères ,dans des costumes d'une autre époque.De lourdes tentures ornaient de hautes fenêtres ,des verres de cristal, et, de la porcelaine fine ,étaient disposés délicatement derrière des meubles vitrés,de lourds tapis sur le parquet, étouffaient les bruits de pas.
Une tapisserie prenait tout un pan de mur ,et, un bon feu de bois réchauffait l''atmosphère ,de ce lieu ,empreint de grande solennité.
La châtelaine s 'approchant de la petite ,lui fît signe de la suivre jusqu'à la grande cuisine,où attendaient trois grosses femmes portant de longs tabliers blancs,et bonnets ,ornés de dentelles.
La châtelaine leur confia la fillette ,et celle ci rejoignit monsieur le curé et madame Martinet,puis rassurant la mère de fleur des champs que désormais sa petite ,serait sa protégée, et deviendrait la meilleure pâtissière de tout le comté.
Monsieur le curé ,et Lysette, prirent congés de la châtelaine, celle ci leur affirma, qu'ils pourrait voir l 'enfant quand bon leur semblerait.
Lysette prît la parole sur le chemin du retour .
"Monsieur le curé, je vous suis infiniment reconnaissante de ce que vous faîtes pour notre famille,vos recommandations à la baronne de Saint-Ange me sont allées droit au coeur ,notre enfant chérie sera choyée, élevée et formée pâtissière du château ".
Ils se quittèrent, l'un, rentrant au presbytère, l'autre ,reprenant le chemin vers son logis.
Arrivée à la modeste maisonnée, Lysette ne vît pas son mari,elle l 'appela de son prénom, "Paul?" Pas de réponse, alors elle sortît, fît le tour de la maison, et ,se figea telle une statue ,Paul ,son mari, le pêcheur d'anguille, le père de ses trois petits s'était pendu ,sur la grosse branche du noyer .

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Bernadette Lefebvre · il y a
Merci atal Android ça me va droit au coeur
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Atal Andy · il y a
On s y croirait bravo
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