Petit Jean

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En compétition

J'ai toujours aimé lire. Il y a peu de temps, j'ai commencé à écrire et c'est devenu une nécessité pour moi. J'aime ce temps passé devant mon clavier, je ne vois pas filer les heures. Crée  [+]

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Cinq avril 1922
— Léonie, va vite te coucher ma fille ! Demain matin, je pars tôt à la gare de Saint-Agrève pour recevoir le petit que l’Assistance publique nous envoie. Je dois y être avant six heures.
— Qui vous emmène, Mère ?
Angèle lui répondit tout en préparant ses vêtements pour le lendemain :
— C’est Pierre. Il se lèvera à quatre heures et demie en même temps que moi et il attellera le cheval pendant que je finirai de me préparer. Mais tu devras t’occuper de tes deux petites sœurs.
— Avez-vous préparé un biberon de lait pour le nourrisson que vous ramènerez  ?
— Non, je le ferai juste avant de partir en même temps que celui de ta sœur Juliette.
Et tu prépareras la bouillie d’Antoinette. Pense à ajouter un peu de sucre sinon, elle n’en veut pas !
Angèle prit un panier dans lequel elle déposa une couverture de laine et un drap bien blanc. L’assistante sociale était très stricte sur la propreté ! Puis elle sortit de la grosse armoire de bois la robe qu’elle mettait le dimanche pour aller à la messe ainsi que ses chaussures de cuir. Elle n’en possédait qu’une paire qu’elle utilisait pour les grandes occasions. Le reste du temps, elle préférait porter ses sabots de bois. Elle sortit également sa pèlerine et son chapeau qu’elle posa avec précaution sur une chaise et alla se coucher.
Le lendemain, le jour n’était pas levé lorsqu’elle monta dans la jardinière* que Pierre, son fils, venait d’atteler. Le cheval s’ébrouait avec vigueur, pressé de prendre la route pour se dégourdir un peu les membres.
Assise dans la carriole qui cahotait sur le mauvais chemin de terre, Angèle pensait aux enfants qu’elle avait déjà accueillis. Elle les élevait comme les siens. C’était le troisième qu’elle allait chercher. Elle allaiterait le nourrisson en même temps que son propre bébé grâce à l’abondance de son lait. Ensuite elle le garderait jusqu’à l’âge de quatre ans. En compensation, l’Assistance publique lui remettait un petit pécule qui lui permettait de joindre les deux bouts. Toutes les femmes du pays faisaient comme elle.
Ils arrivèrent à la gare bien avant l’heure, mais ce n’était pas un problème, car Angèle avait prévu un petit déjeuner. Elle tira du sac une bouteille de café au lait enveloppée dans du papier journal et des tartines beurrées qu’elle avait serrées dans une boite en fer. Ce repas improvisé calma leur faim et fit passer le temps sans qu’ils s’ennuient. Elle venait juste de finir de tout ranger quand ils entendirent les sifflements du train :
— Tiens, le voilà ! Il est bien à l’heure ! s’exclama Pierre.
Angèle se hâta vers la gare où une autre nourrice attendait déjà. Elle tenait par la main un petit garçon de quatre ans environ, les yeux pleins de sommeil. Angèle le regarda en souriant, mais il cacha son visage dans la jupe de sa nourrice.
La grosse locomotive arriva en soufflant un nuage de fumées noires puis ralentit dans le hurlement aigu des freins et enfin s’immobilisa le long du quai. Les deux femmes cherchaient l’assistante sociale parmi les voyageurs qui descendaient du train, mais elles ne la virent pas. Angèle entendit une voix crier son nom et aperçut une main qui s’agitait à la fenêtre d’un wagon. Elle s’y rendit en courant accompagnée de l’autre nourrice tirant derrière elle le petit garçon.
L’assistante sociale l’apostropha par la fenêtre ouverte :
— Hé, bonjour Angèle ! Comment va la santé ?
— Bien, Madame, je vous remercie.
— Alors, vous avez un enfant de plus ? Cela vous en fait combien ?
— Neuf, Madame.
— C’est vraiment beaucoup, vous ne trouvez pas ?
Angèle soupira :
— C’est vrai, mais il nous faut bien prendre tout ce que le bon Dieu nous donne !
— Certes, mais Il vous en a déjà donné pas mal !
L’assistante sociale avait ouvert complètement la vitre et elle passa par la fenêtre un nourrisson qu’elle remit à Angèle.
— C’est un garçon, il s’appelle Jean, il a quinze mois, mais en paraît la moitié. Je pense qu’il ne va pas vivre. De toute façon, il ne marchera pas, car ses jambes sont atrophiées. Enfin, ma brave Angèle, faites pour le mieux !
L’assistante sociale se tourna vers l’autre nourrice :
— Louise, faites-moi passer ce grand garçon et dites-lui d’arrêter de pleurer !
La nourrice prit le petit dans ses bras et lui murmura :
— Tu seras très sage Xavier ! Je dois te laisser à la dame alors il ne faudra pas pleurer et montrer que tu es très courageux !
Elle l’embrassa et le souleva. L’enfant se mit à hurler et à se débattre de toutes ses forces. La nourrice, sur le point de le lâcher se tourna vers le chef de gare pour l’appeler à l’aide. Il arriva en courant et le petit fut remis prestement à l’assistante sociale. Celle-ci le déposa sans ménagement sur la banquette en bois du wagon et lui enjoignit sèchement de se taire. Louise pleurait à chaudes larmes en entendant Xavier sangloter dans le wagon, mais la femme lui tendit un autre nourrisson et donna à chacune un petit dossier à garder précieusement, car il contenait toutes les informations concernant les bébés.
Le chef de gare siffla le départ et la grosse locomotive s’ébranla lourdement dans un bruit de ferraille.
Angèle, toute retournée par la scène à laquelle elle venait d’assister, rejoignit Pierre qui attendait assis sur le banc en bois de la jardinière. Il l’aida à monter, encombrée qu’elle était du petit Jean qui hurlait de toute la force de ses poumons.
— Évidemment, elle ne lui a rien donné à manger. Il a faim ce petit ! gronda Angèle en pensant à l’assistante sociale.
Elle sortit le biberon du panier et ôta l’épaisse couche de papier journal qui l’entourait. Le lait était juste à la bonne température. Le bébé, affamé, se jeta sur la bouteille et la tenant à deux mains commença à téter comme un forcené au point de s’étouffer d’aller trop vite.
— Doucement, Jean, tu as tout ton temps maintenant !
L’enfant, surpris par cette voix douce, observa Angèle avec attention, puis rassuré, continua à téter plus calmement. Quelques instants plus tard, repu et confortablement installé sous la pèlerine d’Angèle, il dormait. Elle grommela entre ses dents tout en berçant l’enfant :
— Et l’autre folle qui pense que tu ne vas pas vivre ! Tu verras mon petit, à nous deux, nous allons te sortir de là, et alors que cette vieille bique sera trois pieds sous terre depuis longtemps, toi tu auras toujours bon pied bon œil !
Tandis que le soleil se levait sur l’horizon, le solide cheval blanc trottinait régulièrement sans secouer la jardinière. Pierre interrogea Angèle :
— Tout s’est bien passé, Mère ?
Angèle, encore sous le choc, laissa exploser sa colère :
— Quelle mauvaise femme cette assistante sociale, c’est une sans-cœur ! Elle n’est même pas descendue sur le quai pour nous remettre les bébés et prendre le petit Xavier, elle nous a fait passer les enfants par la fenêtre du wagon ! Oh Bosseigne ! si tu avais vu le chagrin du pauvre petit et il avait tellement peur ! C’est une honte !
De retour à la ferme, Angèle retira le lange de l’enfant pour le changer. Le tissu était humide, malodorant et crasseux. L’enfant n’avait pas dû être changé depuis deux jours au moins ! Elle constata alors avec effroi qu’il était tout petit et que ses deux maigres jambes étaient difformes. Elle le prit sous les aisselles et tenta de le mettre debout, mais ses jambes s’effondraient sous lui incapables de tenir droit son pauvre petit corps couvert de piqûres de puces et de croûtes. Elle demanda à Léonie de préparer un bain dans la bassine de fer et malgré les cris affolés de l’enfant le trempa doucement dans l’eau tiède. Il se débattit de toute la force de ses petits bras puis il se détendit peu à peu et cessa de crier pour taper des mains dans l’eau de son bain.
— La famille d’où il vient ne le lavait donc jamais ? On dirait que c’est son premier bain ! observa Léonie.
Au bout de quelques minutes, Angèle le retira de l’eau et le confia à sa fille. Celle-ci l’enroula dans une serviette propre et chaude et le promena dans la cuisine tout en chantonnant. Pendant ce temps, Angèle alla chercher quelques onguents qu’elle avait préparés elle-même à partir des herbes et fleurs dont elle avait le secret puis elle en enduisit le petit corps de Jean qui se laissa faire sans broncher. Enfin elle observa longuement ses jambes, les souleva, les plia au niveau du genou, chatouilla le dessous du petit pied ce qui fit rire l’enfant pour la première fois. Elle comprit que sa précédente famille avait l’habitude de le langer de manière très étroite afin de l’empêcher de bouger. Ainsi ligoté, il pouvait rester de très longues heures seul, on n’avait pas besoin de s’en occuper !
— On va te sortir de là Petit Jean. Ce sera peut-être long, mais je te promets qu’on y arrivera !
Angèle reprit son rythme quotidien avec un enfant de plus. Antoinette et Juliette marchaient depuis plusieurs mois et couraient de tous côtés alors que Petit Jean qui avait à peu près le même âge restait assis sur sa couverture sans bouger. Il riait de leurs jeux et aurait bien voulu se joindre à elles, mais ne le pouvait pas. Chaque jour, Angèle lui massait longuement les jambes avec ses onguents puis elle le posait doucement sur le sol tout en le tenant sous les aisselles afin de lui apprendre à marcher. Mais il relevait ses pieds en gigotant et en criant.
À la ferme, ils étaient nombreux pour le promener et il y avait toujours un volontaire pour jouer avec lui ou le tenir pour le faire marcher. Petit à petit, ses jambes devinrent plus fortes, plus solides et plus droites jusqu’au jour où il quitta les bras d’Angèle pour rejoindre Juliette et Antoinette occupées à jouer un peu plus loin. À partir de cet instant, ces trois-là ne se quittèrent plus !
Les quatre années passèrent très vite.
Une nuit, alors qu’elle ne réussissait pas à trouver le sommeil, Angèle se mit à penser au petit Xavier. Il devait avoir huit ans maintenant. Qu’était-il devenu ? Elle savait que dans certaines familles, les enfants « placés » étaient mal nourris, mal soignés et même parfois battus ! Avait-il été confié à une bonne famille ? Elle n’osait imaginer le contraire. Elle entendait encore ses hurlements et ses sanglots de désespoir quand il avait été séparé de sa nourrice ! Il devait beaucoup l’aimer ! Elle réalisa alors qu’il lui faudrait bientôt rendre Petit Jean à une assistante sociale froide et indifférente qui lui donnerait rendez-vous à la gare et lui demanderait de le lui passer par la fenêtre du wagon ! Elle était convaincue que cet enfant fragile, chétif et maigrichon ne supporterait pas la séparation. Il lui était très attaché, lui faisait confiance et la suivait comme son ombre. Chaque fois qu’elle avait rendu un enfant, elle avait pleuré pendant plusieurs jours et pensait sans arrêt à ce que pouvait ressentir un petit qui ne comprend pas pourquoi on l’a abandonné ! Comment pourrait-il alors faire confiance aux adultes qui l’entourent ?
Après avoir longtemps ruminé toute seule, elle décida d’aborder le sujet avec son mari, un soir dans le lit clos. Elle lui exposa la situation et insista sur le fait qu’on ne pouvait pas abandonner Petit Jean qui en mourrait de chagrin ! Et elle ne le supporterait pas ! Il réfléchit un long moment en silence puis lui répondit :
— Fais comme tu l’entends, je sais que tu feras bien !
Un immense sourire illumina le visage d’Angèle !
Quelques mois plus tard, Angèle se rendit seule à la gare de Saint-Agrève. Lorsque le train arriva, l’assistante sociale lui demanda pourquoi elle n’avait pas amené l’enfant. Angèle très émue, la gorge serrée et la peur au ventre lui donna toutes les explications. La femme lui répliqua d’une voix glaciale :
— J’espère que tu es sûre de ta décision, Angèle, car nous ne te confierons plus aucun autre enfant, jamais ! Celui-ci, tu peux le garder, mais tu ne toucheras plus d’argent pour sa pension. Et quand il aura quatorze ans, il faudra nous le rendre sinon ce sont les gendarmes qui viendront le chercher !
Angèle rentra chez elle tout à fait satisfaite : dix ans de répit, c’était toujours bon à prendre !
La vie continua paisible avec ses joies, ses peines et ses soucis. Petit Jean grandissait au milieu de tous les autres. Bien que toujours petit et mince il courait à travers prés et bois, attrapait les truites à la main dans les ruisseaux, montait sur le dos du cheval et courait après les poules. Dès l’âge de dix ans, il participa à tous les travaux de la ferme. Lors des moissons, accompagné de Juliette et d’Antoinette, il apportait le vin et le café aux hommes et au moment des vendanges on pouvait les voir courir tous les trois entre les rangées de vignes avec leur petit panier rempli de raisins qu’ils allaient verser dans la benne en bois posée sur un tombereau tiré par les bœufs. Il ne fut jamais aussi fier que le jour où Pierre lui confia l’aiguillon pour mener l’attelage !
Ce temps heureux aurait pu se terminer lorsque l’assistante sociale envoya un courrier demandant à Angèle de conduire Petit Jean à la gare pour le lui remettre afin qu’il soit placé dans une autre famille. Il avait alors quatorze ans et devait quitter l’école pour aller travailler à l’usine ou dans une ferme. Mais Angèle, fine mouche, lui répondit par une lettre dans laquelle elle lui expliquait qu’elle employait Petit Jean comme ouvrier agricole avec un salaire et un contrat en bonne et due forme. On ne pouvait donc pas le lui retirer !
Petit Jean resta à la ferme jusqu’à sa majorité puis il trouva du travail à Lyon comme cantonnier, mais resta toujours proche de sa famille. Célibataire et sans enfants, il participait à toutes les fêtes et les repas organisés par ses sœurs et en particulier par Juliette et Antoinette. Il veilla sur Angèle jusqu’à sa mort lui apportant régulièrement des gâteaux et autres douceurs pour améliorer son quotidien.
Après qu’il eut pris sa retraite et au lieu d’en profiter paisiblement il accepta de recueillir chez lui un arrière-petit-fils d’Angèle. Âgé de quinze ans, ce garçon venait de perdre sa mère et n’avait plus de père depuis longtemps. Petit Jean, adepte d’une éducation traditionnelle et stricte, rencontra des difficultés pour élever cet adolescent en souffrance et rebelle. Il le garda néanmoins jusqu’à sa majorité, lui évitant ainsi d’être placé dans un foyer.
Il est lui-même décédé à quatre-vingt-quinze ans, accompagné jusqu’au bout de sa vie par le fils d’Antoinette qui, à son tour, a veillé sur lui.


Ce texte est tiré de faits réels librement adaptés par l’auteur


*La jardinière est une voiture hippomobile à deux roues, ouverte, légère, tirée par un cheval ou, selon les dimensions, par un poney ou un âne. Comme son nom l’indique, elle servait principalement aux jardiniers pour se rendre à leurs jardins, en revenir, et transporter leurs diverses productions et leurs outils.

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Line Chatau  Commentaire de l'auteur · il y a
Cette histoire part de faits réels: les enfants de l'Assistance Publique confiés à des mères nourrices de familles paysannes leur étaient retirés au bout de quatre ans pour qu'ils ne s'attachent pas à la famille ni la famille à l'enfant. Certains étaient bien traités mais passaient généralement après les enfants de la famille et d'autres étaient carrément maltraités. Le passage de l'enfant par la fenêtre du wagon est réel. Toutes les assistantes sociales ne se comportaient pas comme cela mais certaines n'avaient que peu d'empathie pour les enfants qui leur étaient confiés le temps d'un voyage. Petit Jean a bien existé et sa vie s'est bien déroulée comme écrit dans le texte.
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Mireille Bosq · il y a
J'en reconnais bien le parfum d'authenticité pour avoir abordé ce sujet au cours de mes études universitaires. Non seulement les enfants qui arrivaient avaient déjà beaucoup souffert, car bien des mères qui les confiaient, femmes de commercants ou d'artisans, travaillaient elles-mêmes. De plus, beaucoup de nourrices d'accueil coupaient le lait avec de l'eau pour faire plusvde orofit. La mortalité était très élevée on s'en doute. Heureusement, certaines familles d'exception avaient du coeur ! Beau sujet. Je vote.
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Line Chatau · il y a
Merci Mireille pour ce complément d'information. Le sujet est vaste et mérite plus qu'une nouvelle pour en faire le tour!
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Tess Benedict · il y a
Une belle histoire qui évoque presque un siècle en quelques lignes. La vie à la campagne est très bien décrite (mes grands parents étaient paysans), et la liberté laissée aux enfants, qui les aide à grandir. J’ai beaucoup aimé.
Lisez mes textes si vous avez quelques minutes.

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Line Chatau · il y a
Merci Tess Benedict pour ce commentaire plein de sagesse et de bienveillance. C'est avec plaisir que je vais me rendre sur vos textes.
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Tnomreg Germont · il y a
Je crains malheureusement que cette triste époque n'est pas totalement révolue même si des améliorations ont été apportée. Merci pour ce triste rappel
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Ikouk OL · il y a
Une bien belle Histoire qui nous renvoie dans la passé! Heureusement que les. AS ne se comportent plus comme cela aujourd'hui. Ma voix et je vous invite à lire La chartreuse sur mon profil
(https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/la-chartreuse)

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Line Chatau · il y a
Merci Ikouk OL. Oui des progrès ont eu lieu, heureusement et les AS ont beaucoup évolué! J'irai lire dès que possible et avec plaisir ''La Chartreuse''.
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Virgo34 · il y a
Des épisodes douloureux, un beau texte chargé d'émotion.
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Jeansais · il y a
Belle et attendrissante histoire qui nous rappelle que l'amour maternel n'est pas un instinct comme nous l'explique Élisabeth Badinter dans son livre "L'amour en plus":
Elle y rappelle les mots de Montaigne dans les Essais: " j'ai perdu deux ou trois enfants en nourrice, non sans regrets mais sans fâcherie..."
ou encore ceux de Rousseau : "La mère allaitait d'abord ses enfants pour son propre besoin; puis, l'habitude les lui ayant rendus chers, elle les nourrissait ensuite pour le leur..."

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Line Chatau · il y a
Merci Jeansais! Je suis ravie que ce texte vous aie plu. Ce problème des enfants de l'Assistance Publique me tenait vraiment à coeur ainsi que le traitement indigne qui leur était souvent fait!
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M. Iraje · il y a
Une profonde compassion dans cette évocation néanmoins douloureuse. Mais les temps ont-ils réellement changés. ... ?
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Sylvanas Windrunner · il y a
Un de tes meilleurs textes selon moi, bien que je ne sois pas sûre de mon objectivité. C'est vraiment intéressant d'en apprendre plus sur le passé de nos grands-parents et de leur famille.
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Line Chatau · il y a
Merci ma Sylvanas, ce que tu as écrit me touche beaucoup!
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jusyfa *** Julien · il y a
Une histoire chargée d'amour et d'émotion, ta plume est excellente c'est un régal de te lire,
bravo Line.
Julien.

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Line Chatau · il y a
Merci Jussyfa je suis ravie de te retrouver après ma longue absence!

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