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Permanence de nuit - Part 3

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Katedom78

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Il était déjà tard lorsque nous avons quitté le club. J’acceptai l’invitation de Sarah plutôt que de faire la route de nuit.

Après quelques trop courtes heures d’un sommeil lourd d’alcool et de sexe, c’est la main de Sarah qui me réveilla, cherchant à tirer profit d’une érection inconsciente. Elle tourna ses fesses vers moi, et je la pénétrai doucement pour une étreinte matinale et rapide. Il ne lui fallut que quelques minutes avant que je sente ses muscles se tendre puis se dégager de moi.

Quelques instants après, l’eau coulait sous la douche de verre. Je la suivis aussitôt, profitant encore un peu de son corps généreux.

Je décidai de passer chez moi pour me changer. Pas question de reprendre une journée de travail avec mes vêtements de la nuit.

Un rapide coup d’œil à mes emails m’apprit que j’avais gagné plus de dix millions de dollars à une loterie parrainée par Bill Gates et j’hésitai un instant, me demandant si je devais acheter ces pilules miracles proposées à un prix défiant toute concurrence. Une pensée pour la nuit encore proche me permit de considérer que le moment n’était pas encore venu.

Il était plus de 11h quand je débarquais au commissariat. Je fis signe à Patricia que j’allais directement à la machine à café et elle vint rapidement m’y rejoindre. Il me fallut quelques minutes pour partager avec elle ce que j’avais appris sans rentrer dans les détails de ma soirée. De son côté, elle n’avait pas trouvé grand-chose. Elle n’avait pas trouvé de trace d’un lien entre Cécile Lafaye et Sylvie Perez. Cécile, née Lefranc, 45 ans, civilement mariée à Jacques Lafaye depuis un peu plus de deux ans, actuellement sans activité professionnelle, était avant son mariage associée de ShowTime Partners, une entreprise organisant des évènements publics et privés, lancements de produits, séminaires de cadres, mais aussi mariages et anniversaires mondains. Elle a gardé des parts de l’affaire mais n’y exerce plus de responsabilité effective.

Je me dis que Cécile n’avait peut-être pas tout à fait passé la main, juste réorienté la cible de ses activités. Se pourrait-il que son affaire « légale » ait pu servir de paravent à un business de call-girls ?

Nous n’avions pas les moyens ni la compétence pour enquêter là-dessus à notre niveau mais Patricia décida néanmoins de creuser un peu cette piste. Après tout il ne devait pas être trop difficile de savoir si cette société avait bien une activité réelle et quel était le rôle qu’y avait joué Cécile Lefranc.

Pat demanderait donc à son indic informaticien de fouiner un peu pour rechercher des traces de ShowTime sur le web. Pendant ce temps, il me revenait de prendre contact avec les participants de la soirée de samedi.

Pat avait identifié un député et deux journalistes. Un peu trop sensible pour attaquer de ce côté-là. J’avais déjà rencontré le Dr Waukler et je ne pensais pas pouvoir en tirer beaucoup plus à ce stade.

Je m'intéressais à Mathilde Lamothe, 48 ans, propriétaire d’une chaine de magasins d’articles de décoration. Son adresse professionnelle n’était pas trop éloignée et je décidais de tenter ma chance directement, et d’essayer de l’interroger à son bureau plutôt que d’éveiller son attention en lui téléphonant. J’ignorais si elle était au courant des événements tragiques du week-end et espérais bénéficier d’un effet de surprise.

L’heure du déjeuner était largement passée quand je me présentai au siège de la société. L’endroit était plutôt décevant pour une enseigne de ce genre, un entrepôt assez quelconque dans une zone d’activités anonyme. Je remarquais une BMW X5 garée sur l’emplacement identifié « Direction ». Peut-être avais-je de la chance après tout.

Pas de réceptionniste mais un téléphone sur une table et la consigne d’appeler directement le poste de la personne désirée, la crise était donc passée par ici aussi. Je composai le numéro de la première ligne intitulée Direction. Une voix au ton ferme me répondit après quelques tonalités. Pas celle d’une secrétaire. Je me présentais, sans préciser l’objet de ma visite, et demandais à parler à Mathilde Lamothe. Je fus immédiatement invité à monter au premier étage. Le temps que je grimpe les marches, une femme d’allure stricte, vêtue d’un tailleur-pantalon gris m’attendais sur le seuil d’un bureau où elle me signe d’entrer. Une fois encore, je fus déçu par le style et l’ambiance. Pas de moquette, de meubles de prix, ni même d’objets de décoration. Un bureau et des sièges de type Ikéa, des dossiers un peu partout, quelques brochures et catalogues sur un présentoir, rien de tout cela ne faisant penser aux bureaux des PDG que l’on voit dans les films ou les séries télé.

« Vous avez l’air surpris inspecteur, que vous attendiez-vous à trouver ? »

Je m’abstins de lui préciser que le grade d’inspecteur n’existe plus depuis belle lurette, préférant attaquer à froid sur l’objet de ma visite, genre « Que faisiez-vous dans la nuit du samedi 25 juin ? ».

J’eus droit à un retour de volée quand elle me déclara sans détours qu’elle était invitée à une soirée libertine chez les Lafaye.

« Je suppose que vous cherchez à savoir ce qui est arrivé à cette malheureuse jeune femme ? »

Je confirmai et elle m’expliqua qu’elle ne pouvait pas me consacrer le temps nécessaire dans l’instant, me proposant de passer chez elle en fin de journée pour en reparler.

A cet instant, un signal rouge s’alluma entre mes cuisses, le ton de sa voix était resté le même, mais je décodais « Baise-moi ».

Je disposais déjà de son adresse privée, mais je la laissais néanmoins la noter à nouveau sur une carte de visite, peut-être pour ne pas me laisser congédier trop vite.

Moins de quinze minutes plus tard, je me retrouvais dans ma voiture, ne sachant trop comment occuper le reste de mon après-midi. Je choisis de retourner à la boite pour y faire un peu de paperasse mais mon esprit revenait sans cesse sur Mathilde Lamothe. Une rapide recherche sur Google m’avait appris qu’elle était membre de quelques cercles et associations patronales. Quelques photos d’elle lors d’événements professionnels et publics, médailles du travail, réunions politiques et autres sauteries au frais du contribuable. On la voyait au côté du préfet, avec un élu ou un représentant du MEDEF, toujours vêtue de façon classique et assez austère. Une parfaite représentante de l’élite dirigeante, et pourtant je savais que cette femme avait une autre face, que je voulais découvrir.

Patricia n’était pas réapparue mais je ne m’en inquiétais pas spécialement. Mon esprit était ailleurs et je quittais le commissariat avant 19h.

J’usais à nouveau des services de l’ami Waze pour me rendre chez Mathilde Lamothe. Je me laissais guider vers une commune voisine où se succédaient les résidences bourgeoises, villas cossues au fond de jardins clos de hauts murs. Arrivé devant chez elle, le portail ouvert et la BMW devant la maison m’incitèrent à rentrer directement. Je laissais ma voiture à côté du gros 4x4 et montais les quelques marches du perron avant de sonner. Mathilde vint très vite m’ouvrir elle-même.

« Entrez inspecteur ! »

Je la suivis jusqu’à un salon meublé et décoré avec raffinement, dans un style que je jugeais plutôt moderne, probablement des pièces de créateurs.

La femme qui me recevait alors n’avait plus grand-chose de commun avec la responsable d’entreprise rencontrée plus tôt dans la journée. Elle avait libéré ses cheveux qui tombaient en une épaisse toison brune, son maquillage mettait en évidence un regard félin, un regard de grand prédateur, et sa bouche était soulignée d’un rouge brillant, entourant des dents parfaitement alignées.

La tenue de business woman avait fait place à un haut ajusté me permettant d’imaginer une poitrine avenante et sans entraves et un pantalon de cuir lui moulant les fesses dans une seconde peau. Des bottines à talons haut soulignaient la cambrure de sa silhouette. Ainsi vêtue, cette femme était tout simplement irrésistible pour tout individu mâle normalement constitué ainsi sans doute que pour quelques femmes.

Elle m’invita à m’assoir sur un canapé confortable, me proposant un verre pour accompagner celui qu’elle s’était déjà servi. Comme il n’y a que dans les films que les flics refusent un verre «en service», je lui demandais un whisky qu’elle me servit généreusement, sec et sans glace.

Après quelques préliminaires de politesse, Mathilde prit l’initiative, me proposant de parler tout de suite du drame du samedi soir.

Elle m’expliqua très vite qu’elle connaissait bien Cécile Lafaye, ayant eu recours à plusieurs reprises à ses services pour organiser des soirées à l’attention de clients importants. Les deux femmes s’étaient ainsi liées d’une amitié dépassant le simple cadre d’un thé mondain. La clé du succès des soirées organisées par Cécile résidait principalement dans la participation de jeunes femmes et parfois de jeunes hommes alliant un physique et une présentation irréprochable à une disponibilité pleine et entière pour tous les désirs des invités.

Mathilde m’expliqua que Cécile était toujours restée très discrète sur son réseau de contacts, mais dans mon esprit, les connexions étaient en train de s’établir.

Lorsque Cécile avait décidé de prendre ses distance avec ShowTime Partners, après son mariage, elle avait décidé d’organiser des soirées privées au bénéfice des amis de son mari.

Mathilde avoua sans difficulté avoir participé assez fréquemment à ces soirées, à ses dires toujours réussies. Quand je lui demandais si elle avait déjà croisé Natacha auparavant, elle me précisa qu’elle avait en effet été invitée à une soirée ShowTime pour le compte de sa société.

Sans que je lui demande explicitement, elle me décrivit ensuite la dernière soirée. Mathilde m’exposa sans tabou sa conception totalement libre du plaisir sexuel, dans laquelle je retrouvais pour l’essentiel les éléments que j’avais découverts avec mon amie Sarah.

Selon elle, Natacha s’était offerte de son plein gré aux caprices de tous les participants, Cécile Lafaye et elle-même comprises.

Après un épisode BDSM, justifiant les marques relevées par le légiste, la soirée s’était poursuivie par une séance de groupe, hommes et femmes s’affairant sur et dans le corps de la malheureuse. C’est à ce moment que la jeune femme avait eu une défaillance qui devait s’avérer fatale quelques minutes plus tard.

Je craignais de voir le dossier se refermer à ce stade. La mort de Natacha ne pouvait sans doute pas être classifiée comme un homicide, même involontaire, et pourtant je sentais qu’il y a avait sous tout cela des relents de prostitution de luxe. De toute évidence, ShowTime avait constitué une façade honorable pour dissimuler les activités moins avouables de Cécile Lafaye, mais je ne me faisais que peu d’illusions sur le désir de ma hiérarchie de poursuivre plus avant sur un dossier qui ne nous concernait plus.

J’avais terminé mon verre et je m’apprêtais à prendre congé.

Mathilde se leva en même temps que moi, s’approchant bien trop près. Il ne lui fallut qu’un instant, sans un mot, pour se coller à moi, sa jambe s’enroulant comme une liane autour de la mienne. Je sentis ses seins venir se plaquer contre ma poitrine et quand ses lèvres se collèrent sur les miennes, je n’eus aucune envie de résister.

Sa bouche était chaude et gourmande, sa langue s’insinuant, se nouant à la mienne. Ses doigts agiles se glissèrent bien vite à l’intérieur de mon pantalon avant de détacher ma ceinture. Elle me repoussa dans le canapé que je venais juste de quitter, rejetant mes propres mains qui cherchaient son corps.

Je me livrais totalement à son désir.

Pendant que ses mains descendaient le long de mon sexe et plus bas encore, sa bouche prit possession de mon membre érigé et tendu, la langue prodiguant une caresse sensuelle et terriblement efficace. L’échancrure de son haut me laissait apercevoir ses seins qui se balançaient doucement, au rythme de ses mouvements. Je commençais à crever d’envie de les prendre à pleines mains, d’y enfouir mon visage, de caresser son joli cul. Je sentais dans mon dos mes menottes de service. L’envie me vint soudain de m’en servir à mon tour et de jouer avec elle comme elle l’avait fait avec Natacha, mais je préférais entrer dans son jeu à elle.

Sa main droite parfaitement en phase avec sa bouche massait la base de mon pénis tandis que sa main gauche s’était avancée jusqu’entre mes fesses, cherchant à pénétrer plus encore. Je ne voulais pas qu’elle me fasse jouir ainsi. Il me fallait reprendre l’initiative.

Ma position n’était pas favorable, mais mon entrainement pouvait me servir. Il ne me fallut pas un gros effort pour retourner la situation à mon avantage, la mince étoffe dévoilant ses globes à la courbe agréable, dont le contact me confirma bien vite qu’ils ne devaient rien à la chirurgie, ne résista pas longtemps. Le pantalon fut un peu plus difficile à vaincre, mais lui aussi me livra un trésor naturel, une toison pubienne presque vierge que plus rien ne protégeait de mes convoitises. Les lèvres ouvertes d’elles-mêmes n’attendaient plus que mes caresses, le clitoris saillant appelant mon attention, le sexe maintenant proposé à l’investigation policière.

Je me débarrassais de mes vêtements rapidement laissant la jouissance de ma bite et de mon cul à Mathilde, pendant je m’occupais du sien.

Je tétais goulument son clito en lui caressant les fesses, ma langue s’échappant de temps en temps sur ses lèvres au goût charmant. J’explorais son sexe de mes doigts, sentant son corps se tendre lorsque j’effleurais les endroits les plus sensibles, revenant sur le clitoris, le massant doucement, jusqu'à provoquer un orgasme violent, une série de vagues de plaisir secouant tout son être.

L’instant d’après, elle se dégageait pour se placer à genoux, me présentant son cul en présent. Lorsque que je plaçais ma queue à l’entrée de son sexe, elle se jeta en arrière pour l’absorber brutalement, je me sentais délicieusement serré dans le fourreau humide, puis je la baisais lentement, les mains sur ses hanches, pendant un bon moment. Ressentant la montée de mon plaisir, elle interrompit le mouvement, se redressant pour me permettre de caresser ses seins avant de reprendre sa position, écartant de ses mains ses fesses pour me permettre de la prendre comme un homme. Sans effort, mon membre dur pénétrait son cul ouvert. Mes va-et-vient durent se faire plus rapides pour la satisfaire, mes pénétrations plus profondes. Enfin j’explosais en elle.

Elle resta encore un moment dans la même position. Je m’étais retiré et je pouvais admirer sa rosette encore frémissante, la trace de mon intrusion s’écoulant légèrement entre ses fesses.

Je me laissai tomber sur le canapé, ma virilité déclinante, mais Mathilde n’était visiblement pas repue. Ses efforts ne suffisant pas à me redonner la vigueur requise, j’entrepris de la satisfaire de mon mieux, alternant caresses clitoridiennes et pénétrations digitales. Son sexe humide accueillit sans effort deux puis trois doigts puis resserrant la paume de ma main, je m’aventurai plus avant, alors qu’elle ponctuait chacune de mes avancées d’un râle de plaisir. Enfin, Mathilde explosa brutalement, meurtrissant mon sexe et mes couilles dans sa jouissance, son corps cambré par le plaisir se relâchant subitement dans un cri d’extase.

Je suivis machinalement Mathilde jusqu’à la salle de bains pour une douche rapide, mais la séance était terminée.

Je compris que mon rôle de sex-toy s’achevait là, tout comme mon enquête.

Le lendemain matin, Mercier nous convoqua dans son bureau pour faire le point sur l’affaire. Je lui rapportai les éléments judiciaires et je ne fus pas étonné de l’entendre nous expliquer que sauf grosse surprise, le parquet ne souhaiterait probablement poursuivre plus avant.

Il ne me restait donc de cette affaire que le souvenir d’étreintes charnelles aussi intenses que passagères et le goût amer que laisse un dossier trop vite refermé par la chape de plomb de la raison du plus fort.

*** FIN ***
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