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Peeves et le Baron Sanglant

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Eléna Rubino

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FINALISTE
Sélection Jury

L’atmosphère était agréable en ce début de soirée à Poudlard. Quelques élèves flânaient encore près du lac et d’autres rejoignaient déjà le château pour se rendre dans la grande salle afin de se sustenter. Tout était propice à la joie et au repos après la fin des examens d’une année bien chargée.

Mais pour Rowena Serdaigle, qui était fondatrice et directrice de la maison du même nom, la douceur du crépuscule prenait une teinte funeste. Pourtant, elle se remémorait les merveilleux moments qu’elle avait passés ici en compagnie de ses trois autres amis et fondateurs de Poudlard, Helga Poufsouffle, Godric Gryffondor et Salazar Serpentard. Ils avaient accompli l’œuvre d’une vie, à savoir permettre aux jeunes sorciers d’avoir une éducation riche et pointue dans les principaux domaines de la magie. Et le lieu qu’ils avaient trouvé était propice à l’épanouissement de chacun. En effet, le magnifique château surplombait un immense lac noir et profond et la forêt qui le longeait, s’étendait à perte de vue. Ils avaient même pensé à construire un terrain de Quidditch pour les plus sportifs. Malheureusement, l’entente au sein des quatre fondateurs s’était détériorée lorsque Salazar Serpentard avait annoncé qu’il voulait trier les élèves en fonction de leur famille et de leur lignée, chose que les trois autres fondateurs refusèrent immédiatement. A partir de ce moment, l’atmosphère devint tendue et des événements bizarres, qui affectèrent les trois autres fondateurs, eurent lieu. Rowena se demandait ainsi si Salazar ne l’avait pas volontairement empoisonnée, sa maladie s’étant déclarée juste après l’incident.

 A présent, elle sentait ses forces l’abandonner et s’en alla dans ses appartements se reposer, sa maladie allait sûrement avoir raison d’elle ce soir. Rowena n’avait qu’une seule idée, revoir sa fille Héléna, qui, après avoir volé son diadème, s’était enfuie quelque part en Europe de l’Est.

Elle s’en voulait d’avoir négligé sa fille unique et avait besoin de son pardon pour partir en paix.

C’est pour cela qu’elle appela le Baron à son chevet. Elle savait qu’il se mourrait d’amour pour sa fille et qu’il remuerait terre et ciel pour la conquérir. Même s’il était un peu rustre et prétentieux, c’était la seule personne en qui elle pouvait avoir confiance en cet instant.

- Mon cher Baron, dit-elle à demi-voix, je te remercie d’avoir si rapidement répondu à l’appel de la femme en fin de vie que je suis.

Vois-tu, ma fille unique, Héléna, que je chérie tant, est introuvable et je ne peux me résoudre à quitter cette terre sans lui avoir pardonné…une faute que je ne peux te dévoiler. Je t’en supplie, pars à sa recherche et tu seras grandement récompensé, mais fais vite, car je sens que la grande faucheuse n’est pas bien loin.

- Ma très chère Rowena, j’irai la chercher en enfer s’il le fallait. L’amour triomphe toujours de la mort, je vous le promets. 

Et sur ces paroles, le Baron se prépara à partir à la recherche d’Héléna. Il traversa les couloirs du château en direction des cachots pour rassembler ses affaires mais il n’avait aucune piste concrète. Des bruits disaient qu’elle se serait cachée dans une forêt en Europe de l’est mais rien n’était certain et le temps lui était compté. Il avait grandement besoin d’aide et tout de suite. Au détour d’un couloir il tomba nez à nez sur Peeves, l’esprit frappeur de Poudlard.

 -Peeves, tonitrua le Baron,  encore à préparer un mauvais coup je suppose ?

- Baron, tu me flattes avec ta bedaine flasque mais si tu me mattes je te tape !! hurla l’esprit frappeur en ricanant.

Le baron, piqué au vif, lui répondit : 

- Je te rappelle que la matière que j’enseigne est la magie noire, et que grâce à moi tu existes. Du chaos je t’ai fait venir, au chaos tu retourneras si tu ne m’obéis pas. 

Honteux et amère, car Peeves voulait être libre comme l’air, se confondit en excuses.

- Pardonnez-moi, ô noble humain, je suis le plus vilain des cancres, et je n’arrive pas à votre cheville, je ne …

- Ecoute-moi, l’interrompit le Baron, Rowena Serdaigle se meurt et je cherche sa fille Héléna, pour qu’elles puissent se dire adieu. Je veux que tu obtiennes des informations sur sa cachette, où elle se trouve exactement et vite, car le temps presse.

- Et qu’est-ce que j’obtiens en échange ? lui répondit Peeves de sa voix criarde et en lui offrant son plus beau sourire révélant sa bouche immense.

- Non d’un dragon ! s’exclama le Baron, c’est un ordre. Tu n’es pas en mesure de marchander avec moi, je suis ton créateur, ne l’oublie pas. Si tu ne m’obéis pas, tu retourneras dans l’infini chaos, le rien, où tout le monde t’oubliera. Je ne te laisse pas le choix. 

Peeves, voyant que le combat était perdu d’avance, se résigna à obéir. Tout sauf le chaos, se disait-il.

- Très bien, puisque tu ne me laisses pas le choix, je vais t’aider. J’ai entendu dire par des esprits frappeurs  qu’elle se trouverait dans la forêt près de Tirana en Albanie. Et qu’elle se meurt de honte d’avoir dérobé un objet. Elle refuse de nous dire de quel objet il s’agit mais apparemment c’est quelque chose de très important appartenant à sa mère. 

Le Baron était dubitatif.

- Ce serait donc ce mystérieux objet qui serait à l’origine de la dispute dont m’a parlé sa mère ?  se questionna-t-il. Un objet doté d’une grande valeur apparemment, pour aller le cacher si loin. Si j’arrive à retrouver Héléna et qu’en plus je rapporte cet objet, j’aurai les bonnes grâces de sa mère et pourrai sans problème obtenir la main de ma dulcinée. Le Baron jubilait à l’évocation de cette pensée, il allait faire d’une pierre deux coups.

- Peeves, hurla-t-il, tu m’accompagnes. Je veux que tu me guides jusqu’à Héléna en contactant les esprits frappeurs de cette fameuse forêt. Nous allons la ramener près de sa mère et en profiter pour rapporter cet objet. Nous allons être accueillis en véritables héros, dit-il les yeux brillants d’excitation. 

Il se rendit dans ses appartements pour préparer son plan. Le Baron avait prévu d’atterrir dans une taverne près de la forêt et de la traverser avec Peeves qui lui serait d’un grand secours. Il mit dans sa besace un poignard (il avait sa baguette au cas où un moldu traînerait dans les parages) une fiole contenant une potion qui renverrait Peeves dans le chaos s’il ne lui obéissait pas, et une bague de fiançailles car il comptait faire sa demande et il n’envisageait pas une seule seconde une réponse négative. Il vérifia que sa baguette était dans la poche intérieure de sa longue cape noire et s’approcha de la cheminée.

- Peeves, ma chère créature, dit le Baron d’une voix suave et mélodieuse, ce que nous allons accomplir entrera dans l’histoire ! En route vers notre destinée ! 

Le Baron, accompagné de Peeves, pris la poudre de cheminette, entra dans l’âtre et dit : « Taverne des deux licornes ». Le feu prit une couleur verte et le Baron suivi de Peeves tournoyèrent dans les flammes.

Ils se retrouvèrent dans une taverne miteuse où des voyageurs peu fréquentables faisaient une halte avant de passer par la forêt qui abrite de nombreuses plantes rares ainsi que de très rares spécimens de licornes.

- Mon cher Peeves, nous voilà arrivés à destination. Sens-moi cette bonne odeur de sapin, dit le Baron en prenant une immense respiration.

- Bougre d’idiot, je ne peux pas sentir des odeurs puisque je suis un esprit farceur, se moqua Peeves.

- Insulte-moi encore une fois et je te renvoie directement de là où tu es né. 

Peeves marmonnat quelques insultes incompréhensibles pour l’oreille humaine et suivit le Baron qui s’enfonçait dans les bois.

La nuit venait de tomber et l’obscurité engloutissait toute la forêt. Le silence était assourdissant et le Baron entendait les battements de son cœur. Même Peeves avait cessé de faire le pitre et l’on pouvait lire, pour la première fois de son existence, un sentiment de peur sur son visage.

- Lumos, murmura le Baron.

La faible lueur de la baguette permit d’apercevoir une petite clairière au loin, éclairée par un timide rayon de lune.

- Peeves, essaye de trouver d’autres esprits farceurs, ils connaissent cette forêt comme leur poche et devraient pouvoir nous aider.

- Pas besoin de les chercher, répondit-il, il suffit de les appeler ! 

En disant cela, Peeves se mit à lancer des crabes de feu et à hurler de toutes ses forces :

 

Esprit, esprit

Es-tu ici?

Le gros Baron

Ce fanfaron

Se fait dans’l froc

C’est pas un roc

Y cherche en vain

La douce main

De son aimée

Qui a fugué

Un vacarme tonitruant se répandait dans la forêt ; le Baron, affolé par les crabes de feu, courait dans tous les sens en hurlant. Des hiboux et toutes sortes d’oiseaux effrayés par le bruit s’envolèrent en poussant des cris stridents. 

Peeves avait raison, le tumulte qu’il avait causé avait attiré un esprit frappeur. Il était très laid, avec des gros yeux globuleux noirs, une bouche énorme où il ne restait que quelques dents et portait un horrible chapeau de mousse où tout un écosystème s’était développé.

- Peeves, mon vieil ami, dit l’esprit frappeur d’une voix nasillarde et doucereuse, c’est toujours un plaisir de te revoir. Je crois que tu es toujours l’esprit de notre famille le plus célèbre d’Angleterre ?

- Mon cher Zenun, il est vrai que j’assieds ma réputation depuis quelques décennies et que c’est toujours un plaisir de l’entretenir. HAHAHAHA Poudlard est un endroit merveilleux où tous les coups sont permis : lancer des cannes sur les cancres, faire voler en éclat des encriers pendant les heures de cours ; c’est un luxe dont je ne peux plus me passer !

- Je suis ravi de l’apprendre ! Mais que viens-tu donc faire en Albanie, et qui est ce gros balourd qui t’accompagne ?

- Hélas, dit Peeves en soupirant, tu as sous tes yeux mon créateur, celui qui m’a sorti du chaos et je lui suis éternellement lié comme tu le sais. Il se meurt d’amour pour une voleuse qui a fui devant la honte qu’elle éprouvait à avoir volé sa propre mère ! Moi, je me ris de cette histoire, mais néanmoins je dois l’aider à parvenir à ses fins. Aurais-tu aperçu une jeune femme avec un air hautain et fier ? Je crois qu’elle erre non loin d’ici.

- Tu as raison, je l’ai aperçue pas plus tard que cette après-midi. Elle sanglotait près de la rivière qui longe la clairière et doit encore s’y trouver à l’heure qu’il est.

- As-tu entendu Baron ? dans quelques instants tu retrouveras la femme de tous tes tourments.

Le Baron, qui tentait tant bien que mal d’échapper à un crabe de feu, poussa une exclamation de joie.

- Partons vite de cet endroit maudit et que l’on retourne rapidement à Poudlard, l’aventure, ce n’est décidément pas fait pour moi.

Et il se mit en route d’un pas décidé et rapide vers la clairière.

Peeves se retourna vers Zenoun avec un monstrueux sourire.

- Mon cher Zenoun, je te remercie pour ta précieuse aide. J’attends avec impatience ta venue à Poudlard pour terroriser le plus de sorciers possible. Combiné à mon intelligence suprême, ta présence sera… explosive !

- Avec grand plaisir, tu sais que j’adore effrayer les élèves. Tu es toujours le bienvenu et c’est un grand honneur d’avoir pu t’aider.

Sur ces belles paroles, les deux compères jetèrent des pétards parmi les crabes de feu et semèrent de plus belle la pagaille en signe d’adieu.

Le Baron, qui ne faisait plus attention aux deux acolytes, était plongé dans ses pensées. Comment allait-il persuader Hélèna de le suivre ? Allait-elle accepter sa demande ? Elle l’avait déjà par deux fois repoussée et son ego ne supporterait pas un nouveau refus.

Il était en plein tourment quand il l’aperçut.

Elle ét            ait assise sur une chaise en bronze à l’effigie des Serdaigle, devant une tente beige et un feu de camp. Sa longue robe bleue saphir lui allait à ravir, cela lui affinait la taille et lui donnait une allure de reine. Ses longs cheveux châtains bouclés étaient coiffés d’un diadème et tombaient en cascade sur l’étoffe de sa robe. La pâleur de son visage se mariait parfaitement avec le reflet de la lune.

Un long frisson parcourut le corps du Baron. Il était nerveux car il se sentait ridicule à côté d’elle. Il se sentait gauche et sans intérêt et toute confiance le quitta. Il se rapprocha doucement de l’endroit où elle se trouvait mais il se fit trahir par le craquement d’une branche qu’il écrasa avec son pied.

- Qui est là ? demanda Héléna d’une voix forte.

- N’ayez peur, c’est moi, le Baron. Je viens de Poudlard vous chercher, répondit-il.

Une lueur de colère passa dans les beaux yeux bleus saphir d’Héléna. Elle s’approcha de lui à grands pas.

- De quel droit venez-vous ? Restez en dehors de mes affaires, cela ne vous regarde pas.

-  Calmez-vous ma chère, je ne vous veux aucun mal. Je suis le porteur d’un malheureux message. Votre tendre mère se meurt, et souhaite vous revoir une dernière fois.

Héléna fit un pas un arrière, complètement déstabilisée par ce que le Baron venait de lui annoncer.

- Comment ? dit-elle d’une voix tremblante.

- Je suis navré de vous l’annoncer ainsi mais ceci est la vérité. Votre mère adorée livre son dernier combat, et le fait que vous soyez absente lui cause bien des soucis. Elle m’a aussi chargé de vous informer qu’elle ne vous en veut aucunement pour ce que vous lui avez emprunté.

Le Baron marqua une pause car il sentit qu’il abordait un sujet sensible.

- D’ailleurs, de quoi s’agit-il ?

Héléna, dont les larmes montèrent aux yeux, honteuse d’être ainsi découverte, lui répondit en portant inconsciemment la main à son diadème :

- Cela ne vous regarde pas, mêlez-vous de vos affaires.

Peeves, qui avait suivit toute la conversation caché derrière un arbre, se précipita sur elle et lui vola le diadème.

- Hou la voleuse, elle est amoureuse ! cria-t-il. Voyons voir ce qu’il y a écrit là-dessus.

A la lueur de la lune, il lut à voix haute l’inscription qui était la devise des Serdaigle.

Un grand silence s’abattit sur la forêt. Le temps s’était comme arrêté. Même Peeves, d’habitude si bruyant et moqueur, ne trouva plus rien à dire. Le Baron fut le premier à reprendre ses esprits.

- Vous… vous avez volé le diadème de votre mère ? chuchota-t-il, complètement abasourdi.

Héléna, en pleurs, balbutia ces quelques mots :

-Vous… vous ne pouvez pas comprendre… Vivre toujours dans l’ombre de sa mère… Etre « la fille de… », ne pas exister en tant qu’individu unique mais juste être considérée comme l’ombre d’une personnalité importante. Alors oui, j’ai volé le diadème pour qu’il puisse m’apporter sagesse et intelligence afin de surpasser ma mère qui préfère s’occuper d’une école plutôt que de sa propre fille, dit-elle avec plein de rancœur et des larmes coulant sur ses joues.

- Je voulais être enfin reconnue en tant que personne à part entière. Quel est le mal à cela ? Si je n’avais pas disparu, ma mère se serait-elle souciée de moi ?

- Votre mère vous adore et moi je me soucie de vous, répondit le Baron. Vous ne savez pas à quel point vous m’êtes précieuse.

- Oh que si je le sais, vous me courtisez dans le seul but de vous emparer de la fortune de ma famille et surtout du nom. Le Baron Serdaigle ! Quelle ironie ! Vous n’êtes qu’un être vulgaire, d’une ambition sans limite et qui n’a jamais ouvert un livre. Je parie que vous obtiendrez une récompense si vous me retrouvez moi et le diadème !

Le Baron baissa les yeux et garda le silence.

Héléna le regarda avec un air méprisant et lui dit :

- Vous me dégoutez.

Le Baron eut le cœur brisé. Car s’il est vrai qu’il aspirait à la fortune des Serdaigle, il n’en était pas moins sincèrement amoureux d’Héléna. 

- Ecoutez, dit-il en balbutiant, meurtri par tant de haine, revenons au château et nous discuterons de tout cela calmement. Il est vrai que je comptais vous demander en mariage, dit-il en sortant une bague en argent sertie d’un saphir oval, car je vous aime. Je vous aime d’un amour profond et sincère, que vous soyez riche ou pauvre m’indiffère. Le plus important pour moi est d’être à vos côtés. Cela suffit à m’emplir de joie.

En sortant la bague de son écrin, Peeves se rapprocha du Baron pour pouvoir la contempler et alors que le Baron était entrain de faire sa déclaration, Héléna se rua sur Peeves, se saisit du diadème et s’enfuit à toute vitesse.

- Par la barbe de Gandalf, rugit le Baron, rattrapons-la.

Héléna courrait de toutes ses forces, essayant de distancer Peeves et le Baron. Le sortilège Stupefix que lui lança le Baron ricocha sur un arbre en la manquant de peu. Elle poursuivit sa course de plus belle, traversant les branches et évitant les ronces, le souffle haletant. Elle n’avait pas beaucoup d’endurance et sentait qu’elle ne tiendrait pas longtemps. Il lui fallait trouver une solution au plus vite car Peeves se rapprochait dangereusement d’elle.

- Argh… cria le Baron

Il venait de tomber dans des ronces ; Peeves rebroussa chemin et alla lui porter secours. Héléna en profita pour cacher le diadème dans le creux d’un arbre et essaya de mettre le plus possible de distance entre elle et ses poursuivants.

Le Baron, dont la poursuite ne le faisait plus rire du tout, sortit son poignard pour se libérer des ronces et, fou de rage, traqua Héléna.

- Tu ne pourras pas m’échapper, hurla-t-il. Flipendo !

Le sortilège toucha Héléna de plein fouet qui perdit l’équilibre et tomba tête la première dans un buisson de bruyère. Le Baron en profita pour la rattraper. Elle voulut sortir sa baguette mais se rendit compte que dans sa chute, celle-ci s’était cassée en deux, la plume d’un aigle pendant lamentablement entre les deux morceaux.

- Ca suffit maintenant, dit le Baron en l’attrapant par les cheveux. Je te ramène à Poudlard, hurla-t-il plein de rage.

- Elle n’a plus son diadème, remarqua Peeves.

Le Baron dans sa colère noire ne l’avait pas remarqué.

- Où l’as-tu caché ?

Héléna répondit avec un rire démoniaque :

- Jamais vous ne le retrouverez comme jamais vous n’aurez ma main ! Vous êtes peut-être fort mais vous n’êtes pas très malin. Je préfère mourir plutôt que de vous épouser. Vous prétendez enseigner la magie noire mais vous n’êtes même pas capable de lancer convenablement un sort, et votre égo est aussi gros que votre bedaine. Nul doute qu’aucune femme ne voudra de vous.

- Tue-la père ! tue-la ! murmura Peeves dont les yeux sombres reflétaient la noirceur de son âme. Vas-tu continuer à te faire humilier de la sorte ? Veux-tu être la risée de tout Poudlard ?

Le Baron, pour qui tout venait de s’écrouler, perdit la raison. Fou de rage et de désespoir, il planta sauvagement et à plusieurs reprises son poignard dans le cœur d’Héléna.

Peeves, pris de remords, tenta d’arrêter ses gestes mais il était déjà trop tard.

Se rendant compte de l’horreur qu’il venait de commettre, le Baron hurla de douleur.

- Qu’ai-je fait ? Quel démon m’a ainsi possédé pour t’infliger ce châtiment ?

Mon amour, pardonne-moi, sanglota-t-il.

Le Baron était ensanglanté.

- Je...vous…maudis, toi, le Baron qui sanglote et qui est recouvert de mon sang ainsi que Peeves. Que votre existence ne soit que ténèbres et chaos… dit-elle dans un dernier souffle.

Et elle mourut dans les bras du Baron.

Peeves et le Baron, sanglant, étaient épouvantés de ce qui venait de se passer.

Ils restèrent pendant un long moment muets, atterrés par tant de violence.

Le Baron fut le premier à prendre la parole.

- Ce que je viens de faire… Je ne mérite pas de vivre. Peeves, tu en as trop vu.

Je vais te renvoyer dans le chaos.

- Maître, maître, je vous en supplie, laissez-moi exister. Je ne dévoilerai jamais ce qu’il s’est passé dans cette forêt. Je ferai tout ce que vous ordonnerez mais ne m’anéantissez pas, gémit Peeves en se mettant à genou devant le Baron.

- Pourquoi devrais-je avoir pitié de toi ? Tu m’as entrainé dans la folie et regarde ce j’ai fait ! J’ai tué l’être que je chérissais le plus au monde. Je ne pourrai jamais me le pardonner. Je dois te détruire.

Peeves, pris de panique, n’arrivait pas à trouver des arguments pour calmer le Baron. Il s’affairait à chercher la fiole contenant la potion pour le renvoyer dans le chaos.

- Ecoutez-moi maître, il y a eu assez de sang versé ce soir, rentrons au château. Nous dirons qu’Héléna s’est fait attaquer par des moldus et que nous avons retrouvé son corps ensanglanté dans la forêt.

Le Baron, qui n’avait pas envisagé cette solution, parut rassuré par le raisonnement de Peeves.

- Tu as sans doute raison, dit-il, complètement déboussolé. Ramenons le corps à Poudlard et nous dirons qu’elle s’est fait attaquer par des moldus.

Le Baron pris délicatement le corps d’Héléna et rebroussa chemin pour sortir de cette forêt maudite afin de rejoindre la taverne des deux licornes.

Les deux compères marchèrent silencieusement. La tension était palpable et tous deux se repassaient dans leur tête la scène atroce qui venait de se produire.

Mais la conscience du Baron lui faisait comprendre qu’il ne pourrait jamais vivre avec son geste impardonnable. Il ralentit le pas, laissant Peeves ouvrir la marche et silencieusement posa la dépouille auprès d’un chêne. Il regarda pour la dernière fois les traits de sa bien aimée et dit à voix haute :

- Ce poignard qui t’ôta la vie, va se saisir de la mienne, pour que dans la mort nous soyons réunis.

Peeves, qui entendit le Baron parler, se retourna et le vit se planter son poignard en plein cœur.

Et ainsi naquit la légende du Baron Sanglant.

 

PRIX

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Barbara Reibel · il y a
Toutes mes voix pour vous ! Vous pouvez me soutenir si vous le souhaitez, je concours pour le Prix Faites Sourire avec une nouvelle très très courte L'inconnu du Starbucks : https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/l-inconnu-du-starbucks. Bonne chance à vous !
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Fred Panassac · il y a
Une fanfiction qui se lit comme un véritable thriller sans temps morts. Texte bien écrit, riche d’enseignements sur la saga et les caractères des personnages. Bravo, Elena !
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Bertrand · il y a
un récit bien construit
au final assumé^^+5
bonne finale

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Marie Gauvin · il y a
un grand bravo. mes voix. si jamais vous souhaitez encourager mon oiseau... https://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/loiseau-6
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Eléna Rubino · il y a
Merci, vous avez mes voix pour votre oiseau :)
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Alizée Le Pocher · il y a
Toutes mes voix, bravo pour la finale !

Je participe à la finale du concours Fanart Harry Potter, si ça t'intéresse de jeter un œil ;)
https://short-edition.com/fr/oeuvre/strips/cetait-un-poil-de-chat-7

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Eléna Rubino · il y a
Merci ! tu as aussi mes voix pour ton Fanart :)
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Domitille Charpine · il y a
Je renouvelle à nouveau mes voix !! j'avais beaucoup apprécié cette histoire, bravo et bonne chance !!
J'ai moi même été sélectionné du côté fanart : https://short-edition.com/fr/oeuvre/strips/magic-world-of-harry-potter
Si tu souhaite venir jeter un petit coup d’œil à mon dessin =)

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Eléna Rubino · il y a
Merci :) bravo aussi pour ton beau dessin, tu as mes voix :) bonne chance !
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Hervé Mazoyer · il y a
Mes voix à nouveau...
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Feuille ambrée · il y a
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Eléna Rubino · il y a
Bravo également, c'est une belle histoire :)
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Lolanou · il y a
Je découvre et j'aime. Mes voix
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Zouzou · il y a
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Si vous aimez ' Des rêves d'Iran 'en lice automne

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