Peau bleutée

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En compétition

Aime les mots. Courts, longs, angoissants, tendres, alambiqués, drôles, violents, absurdes… Aime quand les mots se rencontrent et racontent des histoires… Aime les entendre, les lire et les  [+]

Image de Été 2020

Tu as mal dormi. Une nuit agitée. Dans ton rêve, ta mère, ton père, Trân, Hoan et Khai, étaient sur le chemin près de la maison. Ils marchaient vers le fleuve, leurs paniers remplis de poissons, de légumes et de fruits. Tu voulais les rejoindre, mais au fur et à mesure que tu avançais, la distance qui les séparait de toi devenait de plus en plus grande et tu avais beau crier, ils ne t’entendaient pas. Tu t’es réveillée en sursaut. Les battements de ton cœur trop rapides, tes membres mous comme une poupée de chiffon. Tu n’as pas appelé, tu es habituée, tu sais ce qu’il faut faire. L’interrupteur sur ta droite, la petite boîte en plastique, le cachet, le verre d’eau. Attendre, concentrée sur ta respiration. Ensuite, tu as éteint la lumière et, privée de bruits familiers, seule, dans cette chambre aux murs roses qui n’est pas la tienne, tu es restée étendue, les yeux ouverts, jusqu’à ce que tu aperçoives les premières lueurs du jour derrière la fenêtre. Le premier soir de ton arrivée, tu as pleuré lorsque la femme a voulu fermer les volets. L’impression d’étouffer. Là-bas, chez toi, il n’y en a pas. Juste quelques tissus accrochés que le vent soulève.
Le bruit de la chasse d’eau. L’homme tousse et se racle la gorge. Les pleurs de la petite fille, la voix du garçon et celle de la mère. Tu attends le bruit de leurs pas dans l’escalier pour repousser la couette et te lever. Tes pieds s’enfoncent dans l’épaisse moquette. Tu enfiles tes chaussons rouges avec des fleurs de lotus brodées sur le dessus. Le tissu est usé et les couleurs passées. Depuis que tu es là, tu t’habilles toujours avant de descendre, mais aujourd’hui est un jour spécial.
Bonjour Thiên Kim, disent-ils lorsque tu entres dans la cuisine. L’homme et la femme ne t’embrassent plus. Tu as eu l’air tellement surprise la première fois. Cela ne se fait pas dans ton pays. Tu murmures : Bonjour. Bonjour et merci, les seuls mots appris. La femme s’appelle Annie. Elle t’a donné un carnet sur lequel chacun dessine pour se faire comprendre. Elle installe Manon, leur petite fille, dans une chaise haute. Des yeux bleus et des boucles blondes, à l’opposé de toi et de tes frères et sœurs. Tu t’assois à côté d’Hugo, le garçon. Le premier jour, il a dessiné un gâteau avec six bougies. Tu as compris qu’il avait six ans, trois ans de moins que toi. Annie dépose un sachet dans ton bol et verse l’eau bouillante dessus. Tu observes les petites bulles à la surface. Rien à voir avec le thé que tu bois là-bas. Pas le même goût, pas la même couleur. Ta mère utilise des feuilles fraîches, vert tendre. L’homme te sourit. Il est très grand, beaucoup plus grand que ton père. Quand il se lève, tu as l’impression que son corps peut se déplier à l’infini. Ici, au petit-déjeuner tout est sucré. Chez toi, tu manges des soupes de nouilles, de légumes, de viande ou de poisson, des patates douces que ta mère fait bouillir, accompagnées de riz gluant mélangé à la mangue. Depuis trois jours tu as dû apprendre à vivre comme eux, manger assise sur une chaise, utiliser les couverts, le contact froid du métal dans ta bouche. Le petit-déjeuner terminé, tu te lèves et tu imites leurs gestes. Tu mets ton bol et ton assiette dans cette drôle de machine qui fait la vaisselle. Lorsqu’elle est remplie, Annie appuie sur un bouton. Tu entends un ronronnement comme celui d’un animal puis le bruit de l’eau.
Avant de partir avec son père à l’école, Hugo te tend une feuille de papier. Il a dessiné un personnage avec de longs cheveux noirs comme toi. Sur la robe, il y a un gros cœur rouge avec une bouche qui sourit. Tu joins tes paumes, inclines la tête, puis tu plies le dessin et le mets dans la poche de ton pyjama. La porte claque, tu restes immobile dans la cuisine. Tu regardes l’horloge accrochée sur le mur, ronde avec un cadre argenté. Tu observes les aiguilles. Huit heures. On t’a expliqué le décalage horaire. Tu calcules dans ta tête. Cinq heures de plus dans ton pays. Tu les imagines là-bas, dans la maison sur pilotis faite de bois, de bambou et de chaume. Ta mère debout devant le réchaud fait sauter les légumes. L’odeur de friture qui se mêle à celle du gingembre, de la coriandre et de la citronnelle. Hoan et Khai, tes deux frères, se disputent comme toujours la place sur la natte, ta petite sœur Lan Anh, assise sur le sol, agrippe le pantalon de ta mère tandis que Trân, ton autre sœur installe les bols et les baguettes. Tu sursautes au contact de la main sur ton épaule. Annie t’explique avec des gestes qu’il faut aller te préparer. Tu voudrais lui dire ce que tu ressens, mais le manque et la peur ne se dessinent pas sur une feuille de papier. Tu hoches la tête et tu la suis dans l’escalier. Dans la salle de bain, tu te déshabilles, recouvres tes cheveux avec le bonnet en plastique pour ne pas les mouiller et prends le flacon rouge avec un bouchon noir. Celui que t’a donné Lucie, la femme aux cheveux roux frisés avec la peau parsemée de petites taches brunes, qui parle ta langue et traduit ce que dit le médecin. Elle t’a expliqué : il faut savonner tout ton corps, puis te rincer. Ne t’inquiète pas si ta peau devient orange, c’est normal. Tu ouvres le robinet de la douche. Cela t’étonne encore toute cette eau qui se déverse à l’infini. Tu la regardes tomber sur ta peau bleutée.

Peau bleutée, le surnom que t’ont donné les garçons et les filles de ton village. Ce n’est pas le bleu éclatant du ciel. Le tien est triste, délavé, et teinte de gris ta peau caramel. Les autres enfants avec tes frères et ta sœur jouaient, couraient, grimpaient aux arbres. Toi, tu n’avais pas le droit, tu devais rester calme. Tandis que dans le fleuve, ils s’éclaboussaient, criaient et riaient, tu te tenais à l’écart, de l’eau jusqu’à la taille, juste pour te rafraîchir.
Avant qu’elle sache pour ta maladie, ta mère t’emmenait avec Trân, ta sœur cadette, au marché flottant de Cai Rang vendre les fruits, les légumes et les poissons pêchés par ton père. Tu montais dans la barque, celle avec les yeux rouge et blanc peints de chaque côté de la coque. Deux yeux protecteurs contre le mauvais sort. Assise à l’avant, à côté de Trân, le dos contre les paniers, tu observais les reflets argentés de la lune à la surface de l’eau et tu écoutais les milliers de petits bruits autour de toi amplifiés par la nuit. Parfois l’un d’entre eux te faisait sursauter. Tu te retournais et la silhouette de ta mère debout tenant les rames te rassurait. L’arrivée au marché, le lever du soleil teintant le ciel de rose et d’orangé, les bateaux chargés de légumes et de fruits colorés, les odeurs, les voix des femmes et le bruit autour de toi comme le bourdonnement d’insectes. Après, ta mère n’a plus voulu que tu viennes avec elle. Trop dangereux, trop fatigant. Elle te laissait chez Lin Yao, la voisine, et tu la regardais partir dans la nuit avec ta sœur.
Tu allais avoir six ans lorsque c’est arrivé. Ce jour-là, ta mère, le ventre arrondi, arrosait le potager et avec Trân tu courais autour des plantations. La voix fâchée de ta mère. Elle criait, mais tu n’écoutais pas. Soudain le manque d’air, l’impression d’étouffer. Tu te souviens de Trân qui tournait autour de toi, de son rire, ta bouche ouverte cherchant l’air comme un poisson hors de l’eau. Puis, plus rien. Lorsque tu as repris connaissance, tu étais allongée sur la natte. Elle doit faire des examens à Hô Chi Minh, a dit le docteur. Pour la première fois, tu as pris l’autocar. Un grand bus vert qui crachait de la fumée noire. À chaque arrêt, de nouveaux arrivants, certains portant des paniers, d’autres des cages avec des poules ou des canards. Assise sur les genoux de ta mère, tu as vu le paysage changer au fur et à mesure du voyage. L’arrivée dans la grande ville. Chaleur étouffante, klaxons, voitures, mobylettes, vélos. Effrayée, tu as serré la main de ta mère et tu as lu dans son regard qu’elle aussi n’était pas rassurée.
À l’hôpital, le médecin a posé des questions après les examens. Elle a toujours été fragile, a dit ta mère. Elle s’essouffle vite. Elle a parlé de la boisson que préparait Lin Yao. Une boisson amère qui piquait la langue, qu’on te donnait dès que tu te sentais faible. Le médecin a hoché la tête. Son cœur est malade, il faut l’opérer, mais il y a déjà une longue liste d’attente, a-t-il dit. Ta mère a émis un drôle de son, comme si quelque chose était coincé dans sa gorge. Le médecin a noté ton nom tout en bas de la liste et a donné des médicaments. Il a dit que tu devais faire le moins d’effort possible et qu’il faudrait revenir. Quand tu es rentrée chez toi, tes parents ont brûlé un bâtonnet d’encens pour demander l’aide aux ancêtres et tu as déposé des offrandes et des fleurs à côté du Bouddha.
Trois semaines plus tard, tes frères jumeaux sont nés. Ta mère les portait dans son dos, leurs deux petits corps collés l’un à l’autre dans le tissu. Parfois elle te les confiait. Tu t’allongeais à côté d’eux sur la natte et tu écoutais leur respiration régulière. Tu as soufflé d’autres bougies, malgré ton cœur malade. Le ventre de ta mère s’est encore arrondi. Quand tu n’étais pas à l’école, tu essayais de l’aider. Déposer les fruits et les légumes dans les paniers, étaler le riz pour qu’il sèche, mais tes gestes étaient lents, maladroits et très vite tu t’essoufflais. Ta mère agacée te repoussait. Parfois ses mots te faisaient mal : tu ne sers à rien, laisse-moi faire ! Elle croisait ton regard et la caresse de sa main sur tes cheveux te demandait pardon.
Tu es retournée plusieurs fois à l’hôpital. Un jour, le médecin était accompagné d’un homme, grand, le teint pâle, s’exprimant dans une langue étrangère. Le médecin a parlé de l’association. Une opération en France, tous les frais pris en charge. Le regard inquiet de tes parents, leurs hésitations. Huit semaines, dans un pays si loin. Une chance pour elle d’avoir une vie meilleure, a dit le médecin.
Il a fallu attendre longtemps, presque un an, pour tout mettre en place, et ta vie a changé. Toi, la petite fille fragile toujours à la traîne, tu es devenue importante aux yeux des autres enfants. À l’école, ceux qui t’avaient délaissée, t’entouraient, te posaient des questions. Les yeux brillants, ils imaginaient, comme toi, cet autre pays, la grande ville avec la tour Eiffel et le voyage à travers les nuages dans un de ces avions que l’on apercevait parfois très haut dans le ciel survoler le Mékong. À la maison aussi, on en parlait. Tu étais au centre des discussions. Tu n’étais plus l’inutile, mais celle qui peut guérir.
Le matin de ton départ, ta mère a brossé tes longs cheveux noirs. Tu te souviens du contact du peigne sur ton crâne puis ses mains agiles faire la tresse, l’odeur de sa peau, un mélange de lait sucré et d’épices. Dans le sac en tissu, tu as mis tes vêtements et tes chaussons. Par-dessus, ta mère a posé le cadeau pour ta famille d’accueil. Des mangues, des mangoustans et des fruits du dragon enroulés dans du papier journal. La grosse voiture noire est arrivée. Ta mère a pris ta petite sœur dans ses bras et vous êtes tous sortis devant la maison. Au moment du départ, tu as cligné des yeux pour ne pas pleurer. Tu as regardé leurs mains s’agiter tandis que la voiture s’éloignait et lorsque leurs visages ont disparu, tu as laissé couler tes larmes.

Tes vêtements sont dans le placard, pliés, bien alignés. Sur l’étagère du bas, ceux que tu as emportés, trop légers pour ici. Sur celle du haut, ceux achetés avec Annie dans le grand magasin. Tu enfiles un pantalon en jean, le tee-shirt avec un arc-en-ciel dessiné sur le devant et une veste rose molletonnée. Tu as laissé tes cheveux attachés. Tu prends ton sac en tissu, dans lequel tu as mis quelques vêtements de rechange, une trousse de toilette et le livre sur Paris que t’a donné Annie. Il y a quelques jours, tu as fait les mêmes gestes sous le regard attentif de ta mère, mais le voyage aujourd’hui sera plus court que le premier. Tu descends l’escalier et poses ton sac à l’entrée. À l’étage tu entends les voix d’Annie et de Manon. Tu ouvres la porte qui donne sur le jardin. Il est petit, entouré de grands murs. Chez toi, lorsque tu t’assois sur les marches en bois devant la maison, tu peux voir le fleuve bordé par les mangroves et admirer le coucher du soleil. Tu regardes tes mains, tes mains devenues orange et tu as soudain froid.
Tu t’es assise sur la banquette arrière de la voiture, à côté de Manon. À travers la vitre tu regardes le ciel. Toujours le même depuis ton arrivée. Un ciel froid, presque blanc, sans oiseaux. Tu aimerais voir celui de ton pays, bleu indigo et le jaune éclatant des fleurs d’abricotiers. Entendre le cri des cormorans au-dessus du fleuve, sentir le vent tiède souffler sur ta peau, les odeurs d’agrumes et d’épices. Tes yeux se brouillent, tes mains tremblent. Tu les serres l’une contre l’autre. Manon pousse un cri, tu te retournes. Du doigt, elle montre sa peluche tombée par terre. Tu la ramasses, la lui tends. Elle agrippe ta main. Tu sens sa paume chaude contre la tienne et cela te rassure.
L’arrivée à l’hôpital. Tu as voulu porter ton sac. Tu marches derrière Annie, tu te diriges vers l’ascenseur. Le tintement comme une clochette lorsque la porte s’ouvre. Comme la première fois, tu hésites à avancer. La légère pression de la main d’Annie sur ton épaule. Tu entres. L’impression étrange au creux de ton ventre puis de nouveau la clochette. Le médecin est là avec Lucie, la dame aux cheveux roux. Bonjour Thiên Kim. Tu veux voir ta chambre ? Tu hoches la tête et tu les suis dans le couloir. Tout est blanc dans la chambre, les draps, les murs, le sol. Le médecin parle et Lucie répète les mots dans ta langue : dans une demi-heure, on t’apportera ton repas et cet après-midi nous reviendrons pour te parler de ton opération. Si tu as besoin de quoi que ce soit, tu appuies sur la sonnette qui est ici. Annie t’aide à ranger tes affaires. Avant de quitter la chambre, elle te saisit les deux mains et te regarde. Ses yeux brillent et les tiens deviennent troubles. Elle ouvre ses bras et tu te précipites contre elle.

Annie est partie. Tu sors de la poche de ton pantalon le dessin d’Hugo et le petit Bouddha en bois sculpté que ta mère t’a donné et tu les poses sur la table de nuit. Tu t’allonges sur le lit, tu fermes les yeux, tu retournes là-bas sur les bords du Mékong et la petite fille que tu aperçois court, court très vite sur le chemin.

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Constance Delange · il y a
ce texte est magnifique, le thème évidemment est touchant, l'écriture fluide et simple et tous les personnages terriblement reels sans aucune caricature.Bravo
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Sandra Dullin · il y a
Merci Constance. Heureuse de vous avoir touché.
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BertoX · il y a
En espérant que ça marche !
Beau récit

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Sandra Dullin · il y a
Merci pour votre lecture !
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Nelson Monge · il y a
La narration à la seconde personne apporte une force originale à cette histoire simple très agréable à lire.
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Sandra Dullin · il y a
Merci Nelson pour votre lecture !
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Chloé Goupille · il y a
Un aperçu de la vie ordinaire et extraordinaire de cette petite fille qui donne envie d'en connaître bien plus ! Bravo
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Sandra Dullin · il y a
Merci Chloé !
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Nili ROBERTS · il y a
Un texte très émouvant. De belles images évocatrices. J'aime aussi la narration à la deuxième personne. Très réussi.
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Sandra Dullin · il y a
Merci Nili. Heureuse que vous ayez aimé ce type de narration.
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Paul Thery · il y a
Excellent ! Une belle écriture pour ce récit très touchant.
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Sandra Dullin · il y a
Merci Paul pour votre visite.
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Pingouin · il y a
Beaucoup de sensibilité dans ce texte
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Sandra Dullin · il y a
Merci d'avoir été touché.
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Didier Poussin · il y a
Pour la survie d'un ange
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Sandra Dullin · il y a
Merci Didier.
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Stéphane Sogsine · il y a
Un récit aussi intense que touchant. Le choix d'en faire une adresse à la deuxième personne du singulier ajoute à l'intimité de la relation avec cette gamine dont le narrateur décode les sentiments et les sensations. Une écriture parfaitement maîtrisée qui tient le lecteur en haleine. Efficace !
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Sandra Dullin · il y a
Merci Stéphane ! Je suis heureuse que vous ayez ressenti cette intimité.
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Randolph · il y a
Une maîtrise de l'écritute, au service d'un récit d'une intensité digne de ce pays. Bravo !
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Sandra Dullin · il y a
Merci beaucoup Randolph !
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Randolph · il y a
J'ai écrit ce que je pense ! Et vous ai laissé un message en MP...

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