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Passer à travers (Dresden)

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Leo Pende

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Nuit du 14 février 1945, dans le ciel.

La nuit était totalement noire, seulement quelques éclairs explosaient sporadiquement dans le ciel, comme un flash déclenché d’on ne sait où.
C’était peut-être çà, un photographe, reporter de Dieu, était arrivé avant tout le monde pour voir ce que les hommes avaient prévu de ravager par leur bêtise, prévenu par on ne sait qui.
Sans doute une prière de repentance était elle monté jusqu’au cieux, par un des organisateurs de ce carnage annoncé.
Et Dieu avait dépêché en mission un de ces grands reporters.
Le vol, lui, s’était déroulé tranquillement. La chasse allemande ne s’était pas ou peu montré faisant de cette mission presque une promenade de santé pour l’équipage du bombardier.
Oui, tranquille ce vol par comparaison à ce que les équipages de tous les bombardiers alliés connaissaient depuis le début de la guerre à chaque fois qu’ils pénétraient en territoire ennemi.
Tout était noir aussi à l’intérieur de l’avion et le silence régnait.
Enfin quand on parle de silence c’était plutôt un mutisme. Car malgré tous les quatre moteurs, Rolls royces V12 de 1280 chevaux chacun, faisaient trembler la carcasse du Lancaster de milles petites vibrations, qui pénétraient les corps tendus comme des arcs de l’équipage depuis qu’ils étaient arrivés sur le territoire allemand, et encore plus à l’approche de leurs objectifs.
-cinq minutes, venait d’annoncer le mécanicien navigant, chargé de calculer la trajectoire et de repérer l’objectif.
-là devant...
Ils voyaient déjà le rougeoiement des flammes au sol. Les premières bombes qui avaient était lâché, par la première vague avait embrasé la ville, ceux-ci faisaient des petits points lumineux qui s’allumaient sur le sol.
De plus en plus de point s’allumaient à fur et à mesure qu’ils se rapprochaient de la cible.
Chaque nouveau point lumineux représentait une bombe qui avait explosé en touchant le sol et avait allumé un nouvel incendie dans la ville.
Ce devait être l’enfer là dessous. Chacun avait naturellement en mémoire les dégâts d’un bombardement sur une ville et tous, étaient déjà allé en permission à Londres et avaient vu les dégâts occasionnés par les feux venus du ciel.
Certains même avaient eu la triste expérience de se trouver là au moment d’une alerte. Et pût à ce moment précis savoir et ressentir, la terreur de se sentir impuissant sous ce déluge de feu.
-trois minutes...
-ouverture des trappes...
La tension se faisait de plus en plus forte, la FLAK s’était tue.
Ceux, qui étaient placés dans l’appareil à une position refermé et sans visibilité pouvaient maintenant voir les incendies au sol.
-ce doit être l’enfer la dessous.... avait lâché quelqu’un dans les casques.
Mais personne ne savait qui avait parlé. Ils n’avaient pas fait attention à la voix, ni reconnu qui avait prononcé cette courte phrase. Tous concentrés sur leur mission et éblouis par ce déluge qu’ils voyaient sous leurs yeux.
Les trappes s’étaient ouvertes et les bombes étaient maintenant prêtes à être larguées.
Dès l’ouverture des trappes, un air glacial s’était engouffré dans l’avion le ralentissant.
La traînée que cette dépression avait provoquée, avait était compensée par le pilote par une accélération du régime moteur ; il fallait rester en formation.
Les deux hommes chargés du largage voyaient encore mieux que tout le monde, le sol et ce qui se passait sous leurs pieds, et l’air glacial qui s’engouffrait leur semblait chargé d’une pestilentielle odeur d’un mélange de bois et de chair brûlée, ces odeurs passaient dans leurs narines malgré le masque qui les approvisionnait en oxygène.
Chacun de chaque côté de la cargaison de bombes ; ils levèrent la tête pour se regarder ; et leurs regards se croisèrent, lisant chacun dans les yeux de son compagnon, ses propres pensées.
Ils n’étaient pas près d’oublier ces images là.
-trente secondes...
- largué... go, go... avait crié le navigant.
Les deux compagnons de largage malgré la fascination pour le spectacle sous eux perçurent la phrase et actionnèrent simultanément les manettes de largage.
Le chapelet de bombes aux phosphores se mit à glisser sur la rampe et disparu presque instantanément à leur vue rejoignant leur compagne qui avait déjà fait le malheur sur la ville.
L’avion libéré de son lourd fardeau repris instantanément et d’un seul coup de l’altitude que le pilote anticipa pour ne pas percuter un autre appareil.
-fermez les trappes....
- fermez les trappes....
-mais qu’est ce que vous foutez ?...
La confirmation de fermetures des trappes n’était pas arrivée.
-les trappes... bon dieu... vous les fermez, oui ou merde...
-Commandant...
-on en a une qui est coincée, elle n’est pas partie...
-et...
L’homme forçait et appuyait de tout son poids en secouant la bombe qui devait bien peser 100kg.
-....j’y arrive pas ! La goupille est coincée et ne veut pas lâcher....
Son compagnon d’infortune était passé de son côté maintenant, avec toutes les précautions que demandait le contournement de l’abîme qui étaient sous leurs pieds.
-mais démerdez-vous, il faut la larguer, je veux pas ramener cette merde à la base...
De l’hystérie commencait à paraître dans sa voix, il le savait, il allait devoir prévenir le « squadron leader » de l’incident dans son appareil et percevait déjà toutes les conséquences de ce « putain de bébé resté dans son berceau ».
Prendre la queue de la formation ; c’était être le plus exposé pour le retour quand ils allaient devoir retraverser les zones où la FLAK était la plus active.
Les artilleurs allemands étaient toujours meilleurs sur les derniers appareils d’une formation, ils avaient eu le temps de se faire la main, et ajuster leurs tirs avec les appareils qui les avaient précédés.
C’était comme à la chasse, on finit à force de louper à s’étudier. On repère le problème... on voit mieux ses erreurs de tirs et on les corrige.
Et après ça, s’il était arrivé à rentrer à la base il allait devoir refermer la soute avec la bombe à l’intérieur et devoir se poser le dernier presque à cours de carburant avec une bombe qui risquait de se décrocher avec les vibrations de l’atterrissage et exploser dans l’avion...
Triste avenir en perspective, mourir en plein ciel, d’un obus qui fait exploser votre appareil ou vous pousse à vous écraser au sol avec une bombe qui ne manquera pas de produire son effet.
Ou finir en barbecue géant en se posant en Angleterre.
Dans les deux cas, chaude ambiance....
-démerdez vous... il faut lâcher cette saloperie...c’est elle ou nous les gars...
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