Pandolfo

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En compétition
Image de Été 2020

Tu as atteint le bout du rouleau, il ne te reste plus rien entre les mains, juste le p’tit tube cartonné, me dit la petite voix.

Pourtant quelque chose vibre encore, juste là au fond de ma poche, alors je me laisse une dernière chance. Sur l’écran, un numéro en 04, je marque une pause, le temps que ça s’éclaircisse. Après ce que j’ai avalé, mon cerveau n’est plus qu’un cerneau de noix enrobé de miel.

Dans ma tête, je dessine un hexagone, le 04 c’est le quart sud-est. Peut-être l’Ardèche ?
La possibilité qu’elle m’appelle de sa résidence secondaire est une probabilité infime, surtout à trois heures du matin, mais je décroche. Je ne dis rien, à l’autre bout, une voix d’homme, nasale, directive.
— Pandolfo ?
— Oui ?
— Vous êtes sûr que tout va bien ?
Debout sur le tabouret de bar, j’essaie de garder mon équilibre, mes jambes flageolent.

Je réponds :
— C’est compliqué.
— Qu’est ce qui est compliqué Pandolfo ?
— La situation
— Je comprends Pandolfo, les temps sont difficiles.

La voix reprend :
— Voici l’adresse du rendez-vous : demain, 11 h, Terrasse du Patio, place des fêtes, Paris 19.
— Très bien…
— Surtout, pensez à emmener l’œuf.
— Att…

Il raccroche
Tu as encore foutu la main dans un guêpier…
Je ne m’appelle pas Pandolfo et je ne sais pas de qui il peut s’agir, mais je ne sais pas dire non. J’essaie de descendre du tabouret de bar, sous mon poids l’assise pivote légèrement, puis le tabouret danse d’un pied sur l’autre jusqu’à ce que j’arrive à poser un pied sur le parquet flottant.

Je m’assois sur le canapé, je regarde la corde accrochée à la tringle à rideau, je suis trop crevé, je m’en occuperai demain. Cette nuit je n’ai plus d’énergie, même pour ouvrir le clic-clac, je me
contente de la configuration canapé. Je me penche vers la table basse, je saisis un stylo, je griffonne au dos d’une boîte de médocs qui traîne : 11 h, Le Patio, Place des fêtes, œuf.
Pourquoi un œuf ?
Extinction des feux, je m’écroule, je tire le vieux plaid sur mes épaules, odeur mêlée de tabac et de livarot, je somnole.
Pourquoi un œuf ?
J’ai des fourmis dans les jambes, je me relève pour aller pisser. Je bois une gorgée d’eau au robinet, elle a un goût de dentifrice, j’ai un frisson, la nausée n’est pas loin.

Je programme l’alarme de mon téléphone pour 9 heures. Cette fois j’ai mon compte, je pique du nez, une fois, deux fois, puis c’est le grand noir.
Le haut-parleur du téléphone hurle « It smell like teen spirit », ma main part à sa recherche comme une araignée aveugle, bingo. Je me fais couler un café. À côté du grille-pain je tombe sur la lettre que j’ai écrite hier matin, je la relis, dans le paragraphe dédié à la musique des funérailles, je barre « Stairway to heaven », à la place je note « à réfléchir ». Je m’assois dans le canapé, je mets 2 sucres dans ma tasse de café, des petites bulles remontent à la surface, comme les emmerdes à l’heure du réveil.

Pandolfo
Un prénom italien, ça ne me dit rien…
11 h, café le Patio, place des fêtes.
C’est à 30 minutes en métro, sur la ligne 11.
Un œuf…
Je me lève, j’ouvre le frigo, il me reste une boite de 6 œufs. Leurs couleurs varient du beige clair au beige foncé, mais je ne sais pas lequel prendre, quelle importance ?
Am stram gram, j’en prends un les yeux fermés, je le soupèse. Finalement je prends toute la boite et je la glisse dans mon sac à dos.

Je n’ai rien à me mettre, je vide la corbeille de linge sale pour trouver un jean mettable. Dans la penderie, il reste une chemise. Je claque la porte, je cours jusqu’au métro République, à mi-chemin, un vieux jette une poignée de miettes sur le trottoir, une volée de pigeons s’abat autour de moi, je fais un écart, je sens la boite d’œufs qui ballote à l’intérieur du sac.
À République, je prends la ligne 11. Dans la rame, toujours le même type qui vend des plans du Père-Lachaise, je pourrais être là, à sa place, à quoi ça tient le destin.
Tant qu’il y a du mystère il y a de l’espoir, c’est ce que tu penses depuis toujours non ?
L’heure du rendez-vous approche, je ventile, je pense « ne pense à rien », ça ne marche pas. Je cherche un Xanax dans la poche intérieure de ma veste, mais je ne trouve qu’un briquet et un trombone. Je pense à Cécile, j’ai envie de l’appeler, elle ne me répondra pas, mais je pourrais écouter le son de sa voix quand je déclencherai le répondeur de son téléphone.
N’y pense même pas !
Il reste une station avant Place des fêtes, je mets mon portable en mode selfie pour voir quelle tête j’ai. Je souris, j’ai quelque chose entre les incisives, je n’ai pas pris le temps de me brosser les dents, je me les cure avec le trombone. Il me reste 10 minutes pour rejoindre la terrasse du café, je ne suis jamais venu ici. À la sortie de l’escalator, je tombe sur un flot de badauds, c’est jour de marché.
Je suis le courant puis je sors de la cohue entre 2 étals de fringues. J’atterris sur une esplanade en chantier cernée de tours de 30 étages.
Je repère la brasserie sur Google map, devanture noire, grande terrasse, juste à côté d’une pharmacie, je repère la croix verte, je suis à 2 pas.
Il est 10 h 48, sur la terrasse du Patio c’est presque désert.

À quelques mètres de moi, une jeune femme devant un Perrier, smartphone sur l’oreille. Une gamine tout près d’elle arpente la terrasse sur sa trottinette, sa fille peut-être. Un serveur tatoué entre en scène, je commande un double café.
11 h, je pianote sur la petite table ronde, ma voisine semble absorbée par sa conversation pendant que la môme s’éloigne. Sur l’esplanade, des silhouettes, c’est peut-être lui ? ou peut-être elle ? Puis non, ils bifurquent, changent de trajectoire au dernier moment ou ne font que passer.
À 11 h 5, je regarde mon téléphone, rien, je me racle la gorge, la voisine me regarde, je la regarde, elle tourne la tête. Une main tatouée (un carré, un triangle, un rond) dépose mon double café sur la petite table ronde, je n’ai pas vu le serveur arriver.
L’odeur du café me donne des palpitations, j’aurais dû prendre un thé pêche. Je vérifie que la boite d’œufs est bien dans le sac alors que je suis sûr qu’elle y est. Je l’ouvre, 6 petites têtes, glabres, beiges, intactes. Je referme.
Toujours rien. Un courant d’air fait glisser des feuilles mortes sur les dalles, elles voltigent ensemble dans un tourbillon de poussières et de papiers gras et le tout vient mourir au pied d’un parasol. C’est mauvais signe.
« PAULA ! » hurle la femme, je sursaute comme jamais, un type vient de saisir la gamine juste avant qu’elle n’atterrisse sur la route, je me retourne, la gamine se prend une raclée puis la femme la prend dans ses bras.
— Pandolfo ? Une voix dans mon dos, accent indéfinissable.
Je fais volte-face, plantée devant moi, une femme, petite, nez d’aigle, yeux bleus, cheveux blancs.
— C’est moi. 
Bref moment d’incompréhension dans son regard, vite dissimulé. Elle saisit une chaise à la table d’à côté et la tire jusqu’à moi sans me quitter du regard. Elle s’assied, ses yeux clairs ne me lâchent pas. J’attends, je veux lui dire qu’elle ressemble à Samuel Beckett, encore une idée à la con.
Je ne dis rien.
Elle me fixe, bref coup d’œil de haut en bas, forte impression qu’on ne peut rien lui cacher, ni l’arrière pensée, ni le fond de poche, ni le tatouage honteux derrière l’épaule. Je suis nu, j’attends la
sentence.
— Tu l’as ?
Je réfléchis.
— Oui.
Je me penche vers le sac à dos, je fais glisser la fermeture éclair, je saisis la boite et je la pose doucement sur la table ronde. Beckett plisse des yeux, un truc a l’air de la chiffonner, ça sent mauvais. Elle me regarde, elle attend, je sens que je dois ouvrir la boite, je l’ouvre, le soleil se pose sur les 6 crânes d’œufs.
Regard perplexe de Beckett.
— 6 ?
Je déglutis, elle le voit, regard plus profond, plus intense.
Elle tend sa main au-dessus de la boîte.
— Lequel ?
Je les regarde un par un, je pointe mon index au pif, mais l’air sûr de moi.
— Bien.
Elle dépose une boite noire sur la table, la déclipse, elle dépose l’œuf dans un écrin bleu. J’essaie de ne montrer aucune surprise.
Elle referme la boite, la replace dans son sac, puis sort une autre boite, jaune, qu’elle dépose sur la table. Elle l’ouvre, au centre un œuf, les yeux bleus se braquent à nouveau sur moi.
— Il est à toi !
Je le prends, je le soupèse, ses yeux se plissent à nouveau, je le place dans ma boite, dans le compartiment vide.
Elle place son sac sur ses épaules.
— Vous pouvez rentrer chez vous Pandolfo…
Elle s’éloigne, je regarde sa silhouette se rapetisser jusqu’à ce qu’elle disparaisse, avalée par l’entrée du métro.
Il y a 6 compartiments dans la boite à œufs, 2 rangées de 3, j’essaie de me souvenir où j’ai placé l’œuf, dans un des compartiments du milieu je crois, mais je ne me souviens plus lequel, tous les œufs ont les mêmes teintes de beiges, aucune taches remarquable, aucune fêlure, rien. Sur la table d’à côté, la femme plie la trottinette et laisse une pièce sur la table avant de partir.
— Les pique-niques sont interdits, Monsieur ! lance le serveur.
Il pense que je vais gober les 6 œufs à l’heure du déjeuner.
— Non, je m’en vais. Je vous dois combien ?
De retour à l’appart, je dépose la boite sur la table, pas d’accident, les œufs sont intacts. Je retire les 2 du compartiment du milieu, je les fais rouler dans ma main, j’explore leur coquille, je tombe sur le marquage, 08/05/19 à l’encre rouge, sûrement la date de conso. Je cherche sur l’autre œuf, pareil, marquage rouge, même date, je vérifie les autres œufs, tous ont le même code, même date, même couleur. MERDE.
Le portable vibre sur la table basse, un numéro en 04 s’affiche sur l’écran, j’attends, à la 3e sonnerie, je me dis qu’il va laisser un message et que je l’écouterai plus tard, à la cinquième sonnerie
je décroche.
— Pandolfo ?
— Oui.
— Il semblerait que l’œuf que nous vous avons transmis soit défectueux, vous devez nous le ramener impérativement.
J’essaie d’éclaircir ma voix, sans succès.
— Tout va bien Pandolfo ?
— Oui.
— Ludomil vous attend ce soir à 19 h, à l’entrée du Taxiphone Bahia situé au 124 rue de Belleville, il vous reconnaitra, vous lui donnerez l’œuf.
L’homme raccroche.
Je le sens, l’étau qui me serre le crâne, c’est celui des embrouilles, des initiatives foireuses, j’ai envie de rire et de pleurer.
Tu t’enfonces, c’est toujours pareil avec toi, tu ne fais rien pour changer le cours des choses.
Je vais lui rendre son œuf à cet enfoiré, je n’en veux pas… Je remets les œufs dans la boite, l’un d’eux glisse, roule sur la table et cogne le cendrier, il tourne sur lui-même. Il tourne sur lui-même… Je le saisis, je le fais tourner sur lui-même. Une vraie toupie. Je fais tourner les 5 autres, mais ils tournent tous au ralenti… Un seul est cuit, l’œuf de Beckett est un putain d’œuf dur ! Te voilà bien avancé. Je place l’œuf dans la boite, je la glisse dans mon sac.
Un œuf défectueux, ça ne rime à rien, je ne sais pas ce que ces types en font, peut-être un jeu, un œuf qui doit circuler de main en main. En début de chaine, il y a surement un cinglé qui s’amuse comme un gosse, peut être qu’il visualise le cheminement du coco à travers le monde…
Je note l’adresse et l’heure du rendez-vous sur la paume de ma main. Je mets une alarme sur mon portable.
Je n’ai pas faim, je veux juste dormir. Le canapé rouge ressemble à une bouche immense prête à m’engloutir, ça me va. Je m’enroule dans le plaid, je m’abandonne. Je nage dans un demi-sommeil, les bruits de la ville s’immiscent dans mes rêveries, ils y créent leurs propres histoires, leurs propres sensations, un chien aboie au loin, un motard met les gaz, je me réveille en sursaut et je me rendors aussitôt.

L’alarme sonne, je ne sens plus mon bras, je le secoue comme un membre mort, je me suis endormi dessus… J’attends qu’il retrouve ses esprits.
Je prends la direction du métro, sur le quai un type vomit dans son chapeau, ça sent le vin aigre, je m’éloigne à l’autre bout du quai. Les portes se referment, je prends le sac sur mes genoux, je me demande qui est Ludomil, je cherche sur mon smartphone, c’est un prénom slave. Ça me fait penser à un anxiolytique, mais je ne sais plus lequel, ça me reviendra, je les ai tous essayés, tous mélangés…
Je sors à Belleville, il pleut à verse, je remonte jusqu’au numéro 122, je m’abrite sous le store de la brasserie en face, j’attends.
À 19 heures il n’y a personne devant le taxiphone, les clients vont et viennent, mais pas de Ludomil. Rien sur le téléphone, ça va être comme la dernière fois, une arrivée par surprise. Au fond c’est ça qui me plait, cette incertitude. La pluie vire au crachin, puis en gouttelettes d’eau légères qui montent et descendent comme des flocons de neige.
Je perds patience, j’entre dans le taxiphone, le vendeur a une fleur de lotus tatouée sur la pomme d’Adam. Je lui demande s’il connait Ludomil, il me fait répéter trois fois le prénom. Fait mine de chercher puis fait la moue. Ça commence à sentir la filouterie.
En sortant, je fais quelques pas jusqu’au numéro suivant, je m’assois sur une marche d’escalier, je serre mon sac entre mes jambes, sous mes yeux, l’étiquette SNCF du week-end à Brest, encore accrochée à la fermeture éclair. Écrit au feutre noir : mon nom, mon prénom, mon adresse, mon téléphone…Crois-moi, ça n’a pas du échapper à Beckett.
J’ai envie de me baffer, mais la migraine commence à me ronger le cerveau. Je descends la rue comme un dératé, la boite d’œuf ballotte dans mon sac, je m’en fous. Je cavale dans les escaliers, je fonce tête baissée dans le métro. Tu les as pris pour des cons tu vas payer.
En bas de l’immeuble, RAS, pas de lumière, rien, j’attends, 15 minutes derrière un abribus, rien ne se passe. Je monte, la porte est bien fermée, pas de traces d’effractions. Je pose une oreille contre la porte, rien, je reprends mes esprits, j’ai presque envie de chialer, je reste là, la main sur le chambranle, juste bon à écouter mon cœur pulser comme un fou, à sentir la sueur glisser en fines gouttes sur mon front, sur mon dos. Ils sont peut-être encore là, à l’intérieur, à fouiller toute ta vie.
Après le tour de clé, je pousse la porte d’un doigt. Au premier coup d’œil rien ne semble avoir bougé là-dedans. L’impression que tout est nickel. Je me pose dans le canapé, j’ai besoin d’une claque, je me sers un verre de Rhum, c’est tout ce qu’il me reste… C’est Cécile qui me l’avait offert, au retour d’un voyage à la Martinique. Je me vautre dans le canapé, je prends une lampée de Rhum, c’est comme une boule de feu sous le plexus, je suis dans du coton, et puis je le vois, écrasé sur un coin de table, un mégot, et là tout se noue à l’intérieur de moi.
Je me relève, trop vite, je chope un vertige, c’est puissant, je dois m’appuyer sur la table pour reprendre pied…
Vérifie la salle de bain…
La porte est fermée.
Sur la table basse, mon portable clignote.
Regarde qui t’a laissé un message…
Je m’approche doucement de la salle de bain, je n’entends rien, juste le ronronnement du frigo derrière moi, j’essaie de transformer ma peur en colère, en rage, en folie totale, en autre chose que de la peur. Je vais ouvrir cette putain de porte, me jeter à l’intérieur comme une grenade dégoupillée, je ne sais pas ce que j’y trouverai, mais je lui arracherai les yeux, je plongerai ma main
dans ses entrailles, je lui boufferai le foie… Je prends ma respiration, je hurle comme un taré, je latte la porte, c’est vide. Y a que moi dans le miroir au-dessus de l’évier, j’ai l’air d’un dément. Pas d’autres planques possibles dans ce studio minuscule.
Regarde qui t‘a laissé un message…
Je prends le portable, BIIIIP, je n’ai bientôt plus de batterie, je regarde le journal des appels, je crois rêver !
Cécile t’a appelé.
Elle m’a appelé et je n’ai rien entendu, mes tripes se nouent…
Elle t’a laissé un message tu dois l’écouter.
Je fais le 888, mes doigts tremblent, j’ai peur de faire une fausse manip.
« C’est Cécile, est ce que tu peux me rappeler ? »
Quelque chose ne va pas… Je fais défiler les contacts du carnet d’adresses, Cécile, j’appuie sur le téléphone vert, ça sonne.
Quelqu’un a dû prendre ton PC portable, il n’est plus sur le bar, toute ta vie est dedans.
Ça décroche.
— Cécile ?
— Mathieu ? Qu’est-ce que tu veux ?
— Cécile, dis-leur que j’ai l’œuf, je vais le rendre, j’ai fait une err..
— Mathieu, mais de quoi tu me parles ?
— J’ai fait une erreur avec un œuf défectueux, mais je vais la réparer, ne les laisse pas te…
— Mathieu c’est quoi ces conneries !
— ÉCOUTE-moi, ne les laisse pas te faire du mal Cécile, je n’ai pas entendu la sonnerie quand tu m’as ap…
— Mais je ne t’ai pas appelé Mathieu, je ne t’ai pas APPELÉ !
— Je suis désolé Cécile, je n’ai pas entendu ton appel, j’aurai…
Elle a raccroché c’est foutu.
Je la rappelle, je tombe sur sa messagerie.
Ne te mens pas, elle pense que tu es devenu taré.

J’ai encore un vertige, je prends le broc d’eau, je l’écrase sur l’écran du téléphone, les fêlures dessinent une toile d’araignée, c’est presque beau. Toi aussi tu es fêlé, maintenant tu sais ce qu’il te reste à faire. La corde est toujours accrochée à la tringle à rideaux, tout s’embrouille dans ma tête. J’ai besoin d’un verre d’eau fraiche, j’ai déjà la main sur la poignée du frigo quand je vois les post it jaune et vert :
"Colis à récupérer chez Bahia Telecom Rue de Belleville", qui a écrit ça ?
"Rappeler Pandolfo Benedetti pour les œufs fermiers"
Le jambage du P, ce mélange de cursives et de lettres capitales c’est toi.
Pas de doute, je reconnais mon écriture.
Tout s’embrouille dans ton cerveau…
Je vacille, je pleure, ça ne s’arrête pas, ça doit être le contrecoup, je m’essuie les yeux avec une feuille de Sopalin, c’est bientôt la dernière, quand ce sera le bout du rouleau, il ne me restera plus
que le petit tube cartonné entre les mains, après on verra…
On verra ?
On verra si je me laisse une dernière chance.

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Keith Simmonds · il y a
J'ouvre le bal pour cette histoire envoûtante, pleine de suspense et qui nous tient en haleine du début jusqu'à la fin ! Une invitation à accueillir “l’Exilé” qui est également en compétition pour le Grand Prix Été 2020. Merci d’avance, et bonne journée ! https://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/lexile-1

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