Pacte d'enfer

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Plus envie de lire et encore moins d'écrire... Merci à ceux qui passent encore sur ma page et pardon si je ne vous réponds pas. Prenez soin de vous ! J'apprends la cyberattaque, quelle ... [+]

Image de Imaginarius - 2018
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Encore ce bruit...
Cela faisait maintenant une semaine qu'ils avaient emménagé avec Victor, leur fils de 8 ans, dans cette magnifique maison entourée d'un grand jardin.
Eulalie regarda avec envie son mari qui dormait toujours profondément alors qu'elle souffrait d'insomnies récurrentes qui lui pourrissaient la vie.
Sept nuits à entendre le cliquetis des touches d'une machine à écrire, le bruit si caractéristique des retours du chariot... Eulalie était persuadée que quelqu'un tapait un texte dans la pièce située juste au-dessus de leur chambre.
La première nuit elle avait réveillé son mari mais le bruit avait aussitôt cessé, il n'avait rien entendu. Pour la rassurer, ils avaient fouillé la maison et n'avaient trouvé personne ni aucune machine à écrire.
Pierre s'était recouché en râlant que ses insomnies lui jouaient des tours mais Eulalie avait juré avoir entrevu deux ombres qui se serraient la main.
- Tu devrais vraiment aller demander un truc à notre médecin pour t'aider à dormir un peu.
Pierre s'était rendormi, la laissant face à ses angoisses.

Eulalie ne pouvait s'empêcher de repenser à la vieille dame qui les avait accostés lors de leur visite pour louer la maison :
- Pensez à votre petit garçon, il va vouloir vous le prendre et vous ne serez pas de taille à lutter. Partez pendant qu'il en est encore temps !
L'agent immobilier était intervenu en la chassant et en la traitant de vieille folle. Eulalie et Pierre avaient haussé les épaules ne prêtant aucune attention à ces élucubrations et avaient signé le bail les yeux fermés, trop heureux de cette aubaine : un loyer dérisoire pour une maison de rêve tout près de leur entreprise et de l'école de leur fils. Ils ne pouvaient rêver mieux !

Le cliquetis des touches s'arrêta soudain et Eulalie, tous les sens en alerte, entendit le bruit d'une chaise qu'on repousse et des pas au-dessus de sa tête. Elle pensa à Victor qui dormait à l'étage et sans réfléchir bondit hors du lit, attrapa la lampe de poche sur sa table de chevet et se précipita dans sa chambre où elle le trouva paisiblement endormi. Elle tendit l'oreille mais tout était de nouveau silencieux.
S'armant de courage, elle alla ouvrir la porte du bureau. Dans le faisceau de sa lampe de poche elle vit de nouveau les deux ombres, cette fois la plus petite était debout sur une chaise et se passait une corde autour du cou. L'autre gigantesque et difforme était assise dans un fauteuil et semblait lire un document.
Eulalie, terrifiée, appuya sur l'interrupteur mais dès que la pièce fut éclairée les ombres disparurent. La pièce, pas encore meublée, était entièrement vide.
Elle retourna dans la chambre de son fils, regarda dans l'armoire, sous le lit et ferma la porte à clef avant de s'allonger auprès de lui où elle resta jusqu'au matin.
- J'ai encore entendu taper à la machine cette nuit. J'ai aussi entendu quelqu'un repousser une chaise et marcher à l'étage...
- Voyons chérie, il n'y a pas encore de chaise dans le bureau et encore moins de machine à écrire, tu le sais bien !
- Tu peux déposer Victor à l'école ce matin en allant au boulot ? Tu as raison je vais prendre ma journée et aller chez le médecin pour qu'il me prescrive un truc. Il faut que je me repose, je suis vraiment à bout de nerfs.

Eulalie sortait de la pharmacie quand elle se retrouva nez à nez avec la vieille folle.
- Vous l'entendez taper la nuit sur sa satanée machine, hein ? Tant qu'elle tape c'est bon signe c'est qu'elle n'a pas fini de rédiger le contrat. Les ombres sont lentes... tant mieux, car ensuite elle ira vous prendre Victor pour le lui offrir. Je vous ai prévenus pourtant !
- De qui parlez-vous ? Et pourquoi on voudrait nous prendre Victor ? L'offrir à qui ? Vous êtes complètement folle !
- Je vous parle de l'ombre de mon frère qui s'est suicidé et qui veut offrir Victor en sacrifice au Diable.
La vieille tendit un carnet à Eulalie :
- C'était le journal intime de mon frère.
On m'a saisi la maison car je croule sous les dettes. J'ai supplié l'agent immobilier de ne jamais la louer ou la vendre à une famille avec un garçon de 8 ans...
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21 octobre
Puisque Dieu n'entend pas mes prières, j'ai décidé de m'adresser au Diable. Peu m'importe le prix à payer. Je donnerais ma vie et même mon âme pour sauver mon fils...

15 novembre
Voilà, tout est prêt, je vais donc me donner la mort ce soir en échange de la guérison de Marc. Je n'ai pas peur, je suis heureux. Il va vivre !

16 novembre
Il m'a rendu visite au moment où j'allais me pendre. Il a ricané et m'a dit :
" Marc sera guéri de son cancer au moment où tu te suicideras, comme convenu, mais ton ombre sera condamnée à errer dans cette maison jusqu'au jour où un autre garçon de 8 ans viendra y habiter.
Ton ombre devra alors rédiger un contrat entre elle et moi, elle s'engagera à ôter la vie de cet enfant pour régler définitivement ta dette envers moi. Sinon Marc qui sera devenu un beau jeune homme mourra.
Ton ombre enlèvera l'enfant à ses parents pendant leur sommeil et ira le jeter du haut de la falaise pour me l'offrir en sacrifice.
Serrons nous la main aujourd'hui pour sceller ce pacte."

17 novembre
Ce soir, je ne serai plus et Marc sera guéri.
Mon ombre veillera sur lui tout au long de sa vie.
Je lègue ma demeure à ma sœur à qui je demande expressément qu'elle fasse en sorte que jamais aucun enfant de 8 ans ne vienne y vivre. Puisse-t-elle y parvenir sinon mon ombre n'aura pas le choix..."

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