Pablo

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Depuis quelques temps, Pablo, trente ans, est chez lui.
Enfin « depuis quelques temps », ce n’est pas tout à fait exact. D’ailleurs, un fait, un calcul, une heure, c’est exact ou ça ne l’est pas. Ce n’est jamais « pas tout à fait » : c’est blanc ou noir, c’est tout ou rien, c’est parler ou se taire. Ça, c’est un des grands principes de son père, à Pablo. C’est comme ça, c’est tout. Et à parler ou se taire, pour Pablo en face de son père, c’est plutôt toujours « se taire ». Même si « plutôt toujours », ce n’est pas possible non plus. Alors, pour être exact, c’est « toujours se taire ».

Être, au présent, à la 3e personne. C’est fou, n’est-ce pas ? Comme on peut se retrouver dans l’habitude de soi, sans avant, sans après, et n’être alors plus que spectateur. Comme une phrase, une conversation, dans laquelle on sait devoir s’interdire un mot, pour éviter la répétition, pour éviter de froisser l’autre. Mais irrémédiablement, on y revient, car la force de cette habitude, l’attraction exercée par cet interdit, est supérieure à celle de notre volonté.
Par exemple, Pablo, il y a quatorze mois, neufs jours, six heures et sept minutes, était au cœur d’une dispute avec Marie, sa petite amie. Et le cœur, ou l’habitude du cœur, a tout fait basculer quand, après une déclaration plutôt réussie, proche de vaincre la colère et les doutes de Marie, Pablo s’est cru arrivé en ajoutant « je veux être avec toi, parce que je t’aime, Marine ! ». Marine, son ex d’il y a des siècles. Le lapsus avait toujours fait rire Marie, de par l’embarras dans lequel il mettait Pablo. Mais cette fois, cette erreur d’un prénom, d’un mot, d’une syllabe, de presque rien, a tout annihilé en une fraction de seconde. Depuis « Marie » n’est plus qu’un prénom de plus à ne pas prononcer pour Pablo, quand il se dispute à nouveau avec le genre féminin.
Le spectre de l’habitude l’a emporté sur la volonté de Pablo. Un spectre, on ne sait jamais vraiment de quoi il est fait, ni d’où et pourquoi il surgit. Alors, répondre à ces questions, quand soudain il sort de l’esprit : bon courage !
Mais par rapport à la volonté tendue vers « autre chose », qui n’est faite que d’idées vagues, de projets remuants, de désirs écumeux -c’est-à-dire rien- l’habitude a au moins pour elle d’avoir rempli un passé, d’en avoir fait une masse informe composée d’acquis, de sécurités, d’anxiétés évanouies, de souffrances terminées, de peines résolues. Et spontanément, qui se porte volontaire pour souffrir, pour se risquer à de nouvelles blessures ?
Ce spectre de l’habitude, pour l’exorciser, il faut recourir à un genre de magie rare et génial, dont il est bien difficile de trouver la formule. Ainsi, on s’en remet à la facilité : laisser le fantôme errer alentours, céder à l’habitude.

Et si « depuis quelques temps, Pablo, trente ans, est chez lui » sonne tout à fait inexact, c’est autant parce qu’il en a déjà l’habitude, que parce qu’il n’est pas seulement chez lui, mais aussi chez ses parents.
Autrement, Pablo s’appelle bien Pablo, et Pablo a bien trente ans.

Les circonstances étant ce qu’elles sont -ce qui ne veut pas dire grand-chose- Pablo passe le plus clair de son temps à la maison. Il est revenu du boulot un soir, annonçant : « bon, je suis au chômage technique » mais sans trop en dire plus, car sa mère se serait jetée sur les détails pour faire fleurir les questions, et son père aurait pris la parole sans intention de la donner (un peu comme la mort, dans le Code pénal) avec un sermon façon « je parle et tu te tais », variante de l’habituel « parler ou se taire ».
Donc, pour ne pas avoir à se taire, Pablo a préféré ne pas trop en dire sur cette histoire, et puis il est monté dans sa chambre. Ce qui revient à se taire, mais quand même, ce n’est pas tout à fait pareil.

En vérité, Pablo cause de « chômage technique » mais c’est aussi parce qu’il n’a pas bien compris ce que son chef lui a balancé comme explications. Pour Pablo, « chômage technique » englobe la conclusion de l’entrevue : « en gros, on n’a pas de travail à te donner, tu peux rester chez toi jusqu’à la fin de ton contrat, salut ! ». Alors Pablo, pas contrariant, il reste chez lui.

Factuellement, de l’extérieur, une journée de Pablo, chez lui, c’est assez simple.
Le matin, il regarde son téléphone, se lève, descend, ouvre le frigo et prend de quoi manger un bout sur la terrasse, face à la piscine. Puis il rentre, salue ses parents qui boivent un café, trie ses déchets et met le reste dans le lave-vaisselle. Ensuite il remonte, ouvre son ordinateur. Pendant que l’ordinateur finit de s’allumer, il consulte à nouveau son téléphone. La matinée passe, sa mère vient le voir de temps en temps, jusqu’à l’appeler pour déjeuner. Souvent, Pablo dit « d’accord » mais déjeune plus tard, seul. Il rejoint sa chambre, son ordinateur et son téléphone, et l’après-midi s’écoule.
Le soir n’est pas très différent. On l’appelle mais il mange après, seul. Puis il va jeter un œil sur ce qui passe à la télévision, allumée dans le salon, où ses parents font fauteuil à part, échauffement pour la nuit, durant laquelle ils feront de même avec les chambres.
Pablo ne regarde pas souvent la télévision, et n’a de toute façon pas les mêmes goûts que ses parents. Alors il dit bonne nuit et retourne à sa chambre, où il retrouve téléphone et ordinateur, qu’il éteindra d’ici quelques heures.

Tout cela est en effet assez simple, et n’a d’ailleurs pas grand intérêt à être raconté.
Sauf que, concrètement, de l’intérieur, une journée de Pablo, chez lui, ça n’a rien à voir avec ce qui vient d’être raconté.

Le matin, Pablo ouvre les yeux, et les referme. Il a beau se tourner, changer de position, l’oreiller ne lui rend pas le sommeil. Son cœur bat trop fort. Alors Pablo prend son téléphone, mais ne trouve aucun message, car ses copains ont aussi leurs habitudes, car il ne pose pas non plus de questions. Les applications ne délivrent pas de grandes informations. C’est aussi parce que Pablo a déjà plus ou moins tout consulté -plus qu’il n’a lu- il y a quelques heures, avant de dormir.
Oui, Pablo a pris l’habitude de traîner sur son téléphone le soir avant de dormir, plutôt que de se plonger dans un livre. Oui, certains diront que c’est très mauvais, que « la lumière bleue, il n’y a rien de plus nocif pour le sommeil ». Mais ces gens qui sont certains, ils ne cherchent pas à savoir ce qui se passe dans la tête de Pablo. Quand on est certain, il n’y a plus à chercher. Ça, le père de Pablo aurait pu le dire.

Le père de Pablo, d’ailleurs, il boit son café du milieu de matinée en disant des banalités à sa femme, et voit son fils rentrer de la terrasse. Pablo entend sans écouter, et se dépêche de quitter la pièce, avant que sa mère ne demande « qu’est-ce que tu vas faire aujourd’hui ? » ou que son père, justement, ne lui prodigue de précieux conseils de vie, ou ne l’invite à contacter « Alan Hoitelier, dont l’activité de contentieux juridiques dans la garantie décennale du ciment chinois est en plein boum ». Or, Pablo fait dans le génie civil, comme le voulait son père il y a dix ans, et le contentieux du chinois pris dans le ciment, ça lui passe au-dessus.
Du coup, au-dessus, à l’étage de sa chambre, il file s’y réfugier en vitesse. Il allume son ordinateur et regarde son téléphone. Personne n’a écrit, sauf Yann, son petit frère, qui lui envoie une photo de sa fille Louise -la filleule de Pablo- sur son tricycle dans un parc parisien, avec le petit mot « des nouvelles d’ici. J’espère que tout va bien, je t’embrasse ». Pablo répondra plus tard, que tout va bien, et qu’il emmènera Louise faire du vélo en montagne, un jour.

Le soleil brille à travers la fenêtre que sa mère a ouverte pendant qu’il prenait son petit-déjeuner. Il la ferme avec lassitude, et laisse les stores à demi ouverts. Les bruits de taille-haie du voisinage l’oppressent, et la chaleur lui comprime la poitrine. En plus, la lumière aveugle son écran d’ordinateur, sur lequel une série de notifications de sites d’emploi fait son apparition.
Il ouvre quelques pages, consulte les annonces -essentiellement anonymes- comme on le faisait dans le journal il y a quelques décennies, quand internet n’existait pas.
Il en sélectionne quelques-unes, en écarte pas mal d’autres. A vrai dire, il se projette assez mal dans ce qu’il lit. Pablo n’est pas un littéraire, alors écrire des lettres pour se vendre... Il n’est pas non plus très éloquent, alors ce n’est pas dit qu’au téléphone ou de visu, il se projetterait mieux, dispensé de l’effort d’imagination. Mais au moins, il y aurait du concret.
Mais il n’y en a pas. Il n’y a qu’à faire comme tout le monde : renseigner ses données personnelles, son parcours, son « plan de carrière » sur la flopée de sites de recrutement le redirigeant. Il y a quelques temps, il s’est pris un fou rire devant une page qui lui indiquait « Veuillez patienter, nous vous redirigeons ». Et c’est précisément le verbe « rediriger » qui l’avait fait se marrer à gorge déployée, au point que sa mère, inquiète, rapplique. « Rediriger, mais ça ne mène nulle part ! ». Bien que fier de son mot, il avait refusé d’expliquer à sa mère, qui ne l’aurait plus lâché d’un cheveu, angoissée que son fils ne devienne fou, seul face à son écran.

En définitive, Pablo a plutôt raison -n’en déplaise à son père qui, lui, a toujours pleinement raison- ça ne le mène jamais bien loin tout ça, sauf dans cette mer intérieure qu’on appelle « Les eaux du découragement ».
A la suite de ces démarches, on ne lui répond presque jamais, ou bien un « cabinet RH » lui soumet une série de tests, qu’il réalise consciencieusement. Et puis tout à coup, de nouveau, on ne lui répond plus.
Il y a aussi les offres sur lesquelles il a la présence d’esprit de ne pas répondre, lui, soucieux de ne pas décevoir les espoirs de l’employeur. Elles ont souvent le même intitulé :
« Cherche Assistant.e travaux F/H » et le contenu se développe fréquemment de la même façon « en tant qu’assistantE, vous avez le sens du service, êtes ordonnéE, consciencieusE, rigoureusE, organiséE, discrètE et prêtE à vous investir, etc, etc ». C’est-à-dire une série d’adjectifs voulant plus ou moins tous dire la même chose. Mais, ces employeurs-là sont des gens importants et se fichent un peu du sens de l’annonce, tant qu’elle est bien accordée au féminin. Non, vraiment, Pablo, il voudrait bien travailler, mais il se voit mal en jupe. Et puis même, ces employeurs-là n’ont sûrement pas en tête de se voir assistés d’un beau bébé blond d’1m80, barbu et trapu. Même en jupe.
Pablo se disqualifie d’entrée, en attendant la prochaine compétition. Dans ses journées, peut-être Pablo attend-il un peu trop...

Cela dit, maintenant, dès le milieu de matinée, il n’attend plus grand-chose, usé par trop d’impersonnel, et de trop se sentir hors-jeu, pour ne pas dire hors-sujet. Un peu comme ces écrivains, tellement inélégants qu’ils ne peuvent plus s’empêcher de mettre des « on » dans toutes leurs phrases. C’est on ne peut plus clair : Pablo brasse du flou quand il cherche du travail, et on ne peut pas le lui reprocher d’en avoir sa claque. On ne peut même que le comprendre, sa nature se nourrissant d’actes, de réalisations, et non de pensées ou de projections intellectuelles. Attention, il ne s’agit pas de faiblesse d’esprit, ni d’un manque d’intellect.
L’action est simplement la voie, pour Pablo, par laquelle fleurissent la confiance, l’estime de soi et, plus loin sur le chemin, la joie.

Chaque jour, environ à cette heure-là, quand son énergie s’effrite et qu’il s’affale dans son fauteuil à roulettes, il souffle comme d’un dernier soupir, et regarde les objets meublant sa chambre de petit garçon.
La joie, il la sent chez l’enfant des photos, il la reconnaît sur le visage de l’ado, là, au sommet du Mont-Blanc avec son cousin. Il ne voit qu’elle, dans ces images de montagne, ces constructions de cabanes, ces sessions de mécanique sur son vélo, ou ces sorties infernales dans les Alpes, encore, avec ce grand copain qu’il ne voit plus depuis trop longtemps.
Il ne voit plus. La visibilité est nulle, comme dans une brume tombée tout à coup en haute altitude. Mais Pablo ne peut pas prendre le recul nécessaire : il trébucherait, il tomberait. La joie, il la voit dans ces objets, ces images d’un passé doré. Il ne s’apitoie pas pour autant. Il ne se dit pas qu’il n’y a plus la joie. Il se dit simplement « c’était avant ».

Toutefois, arrivé à ce moment de la journée, Pablo cède à la tentation, qu’au fond il sait pourtant vaine et futile. De dessous de vieux livres, il sort quelques CD-ROM qu’il a cachés des fouilles de sa mère, en insère un dans son ordinateur, et il plonge.
C’est un plongeon sans espoir de trouver quoi que ce soit. Mais cette action est si ressemblante à celle qu’il éprouvait plus jeune, il se sent si près d’effleurer cette époque baignée d’insouciance, qu’il joue. Evidemment, il ne joue pas tout à fait, et son père le dirait mieux que personne : dans la vie, on ne joue pas.
Mais en mettant de côté son devoir de trouver un travail, devoir auquel il ne trouve ni sens ni reconnaissance, il actionne le levier du refus. Et au prix d’une bonne cuillère à louche de culpabilité, il se paie une sensation d’oubli, d’abandon, en quête d’un avant inaccessible peut-être mais qui lui fait, au moins, perdre le contrôle pour trouver du soulagement.
Certains, bien assis sur leurs certitudes, jugeront. Certains autres comprendront.

Assis sur son siège, lui, Pablo répond « d’accord » à l’appel du déjeuner. Mais il ne descendra que plus tard. Car il s’alimente autrement. Dans le jeu, il ingère du vide, mais étrangement, ce vide a la vertu de le régénérer.
Les heures passent, Pablo a déjeuné, Pablo est remonté, Pablo joue à nouveau.
En bas, on appelle à dîner. Son téléphone affiche quelques messages, d’amis prenant des nouvelles, et même quelques appels, ou des mails de refus. Pablo en a vu les aperçus, mais n’a rien lu, rien répondu. Il s’est laissé absorber, volontairement, et ce renoncement lui a permis de traverser la journée sans souffrir trop.
Mais l’heure avancée de la soirée, l’appel du dîner, ces messages, ils le ramènent au réel. Surtout, ils lui font penser « demain », et ce mot fait s’estomper tout intérêt au parfum du jeu qui, pourtant, l’a maintenu vivant toute la journée. Pablo saborde sa partie, supprime les sauvegardes, désinstalle tout, puis range ses vieux jeux d’où il les a sortis il y a dix heures de cela.
Dans l’élan de destruction, de mise à terme, il se dit vaguement que demain, il n’y reviendra pas, que demain sera différent. Et sans trop le savoir, dans cette journée, il a refusé, il a rejeté, il s’est nié peut-être aussi, et il a détruit. Autrement dit, il a caressé tous les ressorts qui permettent à un homme, en les retournant, de ne plus subir sa réalité mais de la refaçonner.
Pablo ne s’en rend sûrement pas compte. Il distingue l’euphorie de la décision, il se rappelle à lui-même, oui. Cependant, il lui faudra probablement une véritable amorce, un déclencheur, pour lever le rideau de dessus ses yeux, et découvrir cette artillerie dont il dispose.

Les détonateurs, comme les explosions qui ont créé cette version de Pablo, on ne les découvrira pas aujourd’hui. Ils lui sont propres, comme à tout individu, et lui apparaîtront. Mais pas ce soir.

Du coup, Pablo descend, et dîne seul dans la cuisine, entre les ronronnements du chat, enroulé comme un turban, sur une chaise, et le brouhaha de la télévision dans la pièce à côté, mêlé aux rires de son père.
Dans l’énergie du soir, le refus de la fin du jour, Pablo se sent suffisamment protégé pour affronter quelques minutes auprès de ses parents. Dans la semi-pénombre, il voit son père sourire au fond d’un fauteuil en cuir, et sa mère sur le flanc, dans le canapé attenant. Ils sont devant un film d’il y a vingt-cinq ans.
Pablo ne fait pas le rapprochement, et son père, tout patriarche réfléchi qu’il soit, n’est pas du genre mesquin. Aussi, il ne réalise pas non plus le cynisme de l’instant.
Mais le visage de sa mère a soudain perdu son sourire, volé par le malaise né de la situation, dans laquelle son époux rit aux éclats en présence de leur fils, en visionnant cette histoire bien connue d’un thésard que ses parents ne supportent plus d’avoir chez eux.
Pablo n’aime pas prendre un film en chemin, et celui-là ne l’inspire pas au point de lui faire changer ses habitudes. C’est pourquoi il dit bonne nuit, sain et sauf de toute remarque ou toute question sur sa journée. On lui répond, affectueusement pour sa mère, distraitement pour son père, et il monte, pour la dernière fois.
Revenu dans sa chambre, il parcourt les mails sans les lire, répond brièvement aux messages, réponses qui n’inspireront pas à ces amis de lui écrire beaucoup à l’avenir.
Puis il s’effondre sur son lit, comme échoué sur le moelleux de la couette et l’oreiller. Pablo a l’air d’un naufragé des temps modernes, le romantisme de l’aventure en moins.
Peut-être sont-ils des milliers, des millions, pourtant, à vivre la même chaque jour, qu’ils travaillent ou non, d’ailleurs. Ils n’auraient besoin de rien, rien que de sortir, de franchir le pas de la peur. Des péripéties, ils en auraient à écrire, s’ils savaient ne pas être seuls, s’ils arrivaient à s’extraire un instant de cette extrême lassitude qui les tient, cet étau d’inertie qui les empêche, malgré eux, non pas de se regarder le nombril et leur tristesse dormante, mais ce qui se trouve sous le nombril.

Pablo, téléphone dans les mains, a l’ivresse du soir dans le sang. Il aurait l’influx pour se poser ces questions, plutôt que de se dire qu’il n’arrivera pas à dormir tout de suite, qu’il lui faudra lire beaucoup d’articles, consulter beaucoup de réseaux, pour enfin sentir tomber la fatigue sur ses pensées. Epuisé, et blessé, aussi, de voir par ces fils d’actualité que le monde prétend tourner sans lui un soir de plus.
Peu importe.
Demain, ou un autre demain, offrira à Pablo ce prisme qui lui manque, pour inventer d’autres jours, d’autres soirs, dorés comme l’était l’enfance, exaltants comme l’adolescence.

Mais il est tard, à présent. Pablo est encore, pour ce soir, comme en dehors de son corps. L’état second du sommeil est là, à l’œuvre. La léthargie des muscles est en miroir de son esprit. Pablo est loin, il s’est endormi. Demain, Pablo se réveillera.
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