Où va le monde ?

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J'ai toujours su qu'un jour je dirais NON Ce jour est venu le 1er octobre 2015 Voilà Il ne faut savoir que cela  [+]

Ce matin j’écoutais la radio.

Depuis peu, j’aime bien le faire, maintenant que j’ai un peu de temps, maintenant que je ne cours plus pour être au bureau dès 7 heures du mat’ et que je ne rentre plus à 21 heures complètement cassé par des heures de stress.

Mais à y réfléchir, était-ce réellement une souffrance ? Je me pose cette question quand j’entends les nouvelles de ce monde qui part en vrille, petit à petit, de façon insidieuse mais constante, comme chaque goutte remplit un vase d’une contenance limitée, et qui finira par déborder, inévitablement.

Certains diront, en lisant ces mots, qu’ils participent de la morosité ambiante qui serait, elle, la cause de tous nos malheurs. Peut-être oui, peut-être que c’est vrai, et qu’un peu d’optimisme conduirait à se sentir mieux dans nos vies, dans nos familles, nos sacro-saintes familles, avec nos proches, nos collègues, nos voisins de palier que souvent nous ne connaissons même pas.

Tiens voilà, là encore, un de ces principes à la con qui érige au rang du mérite le fait de connaître ses voisins. Au point même de devoir organiser officiellement une journée pour les fêter, nos chers voisins !
Mais bon sang, foutez-nous la paix un peu avec notre façon de vivre ! Oui je sais, la vie en société a besoin de codes, de règles, pour faire face à l’entropie constante qui tend à déchirer tout ce que nous nous épuisons à construire. Mais l’excès tue l’initiative.

Si j’ai envie d’aller voir mes voisins, il me suffit d’ouvrir la porte de chez moi, de toquer à la porte de chez eux, et de leur dire bonjour avec un grand sourire aux lèvres qui ravirait le plus fermé des visages habitué à être emmerdé par tous ces colporteurs qui sonnent aux portes, un calendrier par-ci, des produits ménagers par-là, des surgelés un jour, des aspirateurs dernière génération un autre.

Moi je me contente de ne pas mettre la musique trop forte, quoique de temps en temps j’avoue... Ils vont finir par aimer Camel, Marillion, et là en ce moment même, Pendragon.

Je ne mets pas mon sac d’ordures odorantes sur le palier devant leur porte. Oui, je le descends systématiquement au local poubelles, où d’ailleurs il m’arrive de les croiser et de leur dire bonjour. A l’odeur de leur sac on les connaît un peu non ?
Ils ont mangé du poisson visiblement, ou serait-ce des fruits de mer ? Ils doivent aimer la mer alors... Peut-être faudrait-il que je leur parle ? On pourrait partager cette passion aquatique sans chlore, n’est-ce pas Miss, pour la mer, pour l’océan, qui sait ? C’est fou ce qu’un sac d’ordures pourrait être plus social qu’une sonnette de porte !

Bon, où j’en étais ? Ah oui, ce matin, j’écoutais la radio. Bourdin direct. Le truc bien lourd, bien gras parfois, révélateur de notre magnifique société occidentale de progrès social en tous genres.

J’ai une chance infinie. Celle d’avoir, à présent et pour quelques mois encore, ce temps de pause. Alors j’écoute le monde et ses turpitudes.

Aux nouvelles ce matin, la réforme du Code du Travail. Tout le monde a un avis assuré sur ce sujet. Il y a les « pour sans concession», et les « contre sans concession». Ils sont tous persuadés d’avoir raison. Je regrette qu’il n’y ait pas de « tout contre », parce que ce serait un pas vers les autres, comme celui que l’on est prêt à faire vers les personnes que nous aimons le plus au monde.

Curieux paradoxe du langage d’ailleurs : je suis « tout contre » toi. Cela signifie-t-il qu’il est impossible d’aimer d’une façon absolue sans être, au final, contre l’autre ? Contre ou tout contre d’ailleurs !

Mais revenons au Code du Travail. Qu’en dire ? Je n’en sais rien. Quelle solution pour lutter contre le chômage de masse comme ils disent ? Je n’en sais rien.

Inventer des mots, on fait cela à chaque fois. La flexisécurité que diable ! La flexisécurité ! Un problème, une solution en un mot : la FLEXISECURITE !
Ouah ! Bien trouvé !

On va en débattre des jours, des semaines, des mois. Les gens vont descendre dans la rue pour hurler « Hollande on va te donner de la flexisécurité tu vas voir ! », ou encore « Valls on va t’apprendre à danser en trois temps : 1, 2 et 3 dehors ! ». Mais ce n’est pas parce qu’ils hurleront qu’ils auront raison pour autant.

Qui a la solution ? Je n’en sais rien. Vous, vous savez peut-être. Moi, je n’en sais rien.
Peut-être que le partage serait la solution. Et peut-être faudrait-il d’abord essayer de partager ses idées, avant de vouloir les imposer aux autres. Mais personne n’en sait rien, et personne n’a le courage de l’admettre.

Aujourd’hui il est honteux de ne pas « savoir ». Aujourd’hui il faut « savoir » pour exister, même si, au final, on ne sait pas. Parce qu’ainsi on peut avoir une reconnaissance sociale, un petit pouvoir de pacotilles, avec même quelquefois le sentiment sincère d’être utile aux autres. Mélange de toutes les valeurs morales et amorales. Allez savoir où se trouve la vérité...

Il est beaucoup plus facile de dire ce que l’on ne veut pas, que de dire ce que l’on veut. Alors oui, avant de vouloir imposer, peut-être faudrait-il d’abord poser sur la table ce que l’on veut collectivement, pour en faire un objectif commun à atteindre. Imposer est le contraire de poser.

Mais cela demande de la sincérité, du renoncement à ses avoirs, et ça je ne suis pas sûr que nous soyons prêts à le faire. Ni vous, ni moi. Alors, soit on finit ermite au Tibet, soit on devient Trump. Triste avenir dans les deux cas.

Après le Code du Travail, les abattoirs bio du Vigan dans le Gard. Et cette question sous-jacente : faut-il devenir végétarien ? Comme d’habitude, on en revient tout de suite au « tout ou rien ».

Aux « anti-abattage » je demande, au-delà des problèmes de chômage de la filière qui ne manqueront pas de survenir, comment envisagent-ils de régler la surpopulation animale à venir. Ils réguleront les naissances ? N’est-ce pas pire ? Ils finiront par abattre, sans manger la viande, donc en générant des tonnes de déchets, etc etc etc...

Aux « pro-abattage » je demande s’ils sont fiers de ces procédés monstrueux de certains de leurs collègues, et de faire le ménage dans leur profession. Il ne suffit pas de s’offusquer, il faut ouvrir les portes des abattoirs, rendre public ce qui s’y passe. Arrêtons de faire l’autruche. Sinon nous finirons comme elles, en steak d’un menu trappeur.

Là encore, je n’ai pas la solution. Elle se trouve sûrement au milieu des deux positions. Consommer raisonnablement, durablement, en gérant les justes besoins. L’excès tue l’initiative. D’ailleurs on peut se poser la même question pour l’Homme sur Terre.

Sinon, les Belges vont fermer leur frontière pour ne pas que les migrants, ou plutôt les réfugiés qui vont être expulsés de la jungle, viennent les envahir. Je veux ici rassurer les Belges, nos amis. Les migrants ne connaissent pas les frites. N’ayez pas peur !

Entre ces trois sujets qui posent de vraies questions sur nous et notre avenir, j’entends la polémique sur les propos « ô combien désobligeants » (c’est bien dit n’est-ce pas ?) d’un footballeur du PSG. Même « une », même traitement de ce sujet par la presse. Les jeux du cirque du 21ème siècle...

Alors oui, où va le monde ?

Je vais baisser le son de ma chaîne hifi.

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