Objectif natation

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1)La préparation



Ça faisait maintenant trois heures que je nageais dans l’immense Océan Atlantique. L’eau était froide mais heureusement j’avais sur moi une combinaison qui m’empêchait de ressentir cette sensation désagréable. J’étais déjà éloigné des côtes mais je pouvais encore les voir au loin. Mon point de départ était la plage de Mimizan ma ville natale. J’avais commencé à la brasse de manière à ne pas m’épuiser immédiatement. Pour le moment j’étais toujours en forme et je comptais bien le rester jusqu’à ce soir avant de manger le plat délicieux qui m’attendait.
A quelques mètres de moi un bateau naviguait tranquillement, c’était là que je pourrais dormir paisiblement et mangez des rations de pâtes en quantités. Par chance je connaissais quelqu’un qui savait naviguer et qui pouvait donc m’accompagner dans ce projet. Mon frère Jean avait obtenu son permis bateau il y a environ cinq ans. Il n’était pas marin mais il venait régulièrement nous voir et en profitait pour faire un tour sur l’océan. Cette fois-ci, c’était de longues vacances qu’il avait pris pour venir avec moi. Bien sûr, nous avions achetés les provisions nécessaires pour la durée du voyage.
Je ne me contentais donc pas d’une séance de natation hebdomadaire. A vrai dire j’avais un objectif précis. Ca pouvait paraître fou étant donné que je devais traverser l’océan atlantique, le tout à la nage. Et oui rien que ça. Quand j’ai annoncé mon idée à mes proches ils m’ont tout de suite pris pour un fou. A vrai dire c’est plutôt normal lorsqu’on annonce ce genre de choses les gens n’ont pas tendance à prendre ça au sérieux, surtout dans mon cas. Je n’avais jamais été très sportif et j’avais du pratiquer la natation pendant deux ans tout au plus. Et j’étais loin d’être le plus fort de mon groupe. Je connaissais les nages basiques : brasse, crawl, dos crawlé. J’avais voulu tenter le Papillon mais c’était bien trop physique pour moi. Mon cardio était mal en point et mes bras en compote.
A part cela ma vie était tout ce qu’il y avait de plus normal. J’allais en cours, je jouais aux jeux vidéos, je traînais sur Facebook. Certes ce n’était pas merveilleux mais je m’en contentais. Et je pouvais rester comme ça longtemps. Il est vrai qu’on est tranquille dans notre zone de confort. On attend que les choses viennent à nous rien de plus compliqué. Sauf que nous finissons toujours par être largué sur quelque chose. Il suffit de voir les gens sur les réseaux ou même de les entendre parler. Et la on voit tout ce qu’il font. Ca peut-être une année à l’étranger, des compétitions sportives, des concerts etc... Alors oui beaucoup de gens se bougent mais beaucoup d’autres ne font rien. Mais en voyant ceux dont la vie était active je ne pouvais m’empêcher de les envier. Mais plus tard la motivation qui s’était éveillé s’était très vite éteinte, puis elle se rallumait mais je ne faisais toujours rien, bref ma réflexion alternait entre ces deux options. Puis un beau jour Antoine l’un de mes meilleurs amis à remporté un prestigieux championnat de surf. Il avait ramené la coupe à l’université fier de lui et ne cessait de la brandir. Les gens le félicitaient. J’étais content pour lui. Mais au fond de moi j’était un peu jaloux. Moi aussi je voulais gagner quelque chose qui est le fruit de mon travail. Le fait qu’un proche à moi est réussi quelque chose de grandiose m’avait plus touché que les stars ou personnes moins célèbres qui racontaient leur parcours. En tout cas c’est suite à cela que je me suis mis à réfléchir très sérieusement.
Malheureusement je n’avais pas de talents particuliers. Je n’étais pas une tête à l’école. Rien de catastrophique mais je n’étais pas Albert Enstein ni Maupassant. Quant à la musique c’était une très mauvaise idée. Mon père m’avait inscrit à la guitare une année mais le prof avait vite fait comprendre que l’apprentissage allait être difficile. Je n’avais pas vraiment l’oreille pour les notes et je trouvais qu’il y avait trop de cordes. Mon niveau de dessin n’allait pas plus loin que les bonhommes basiques que l’on fait en CP et en ce qui concernait le domaine culinaire, j’arrivais tout juste à faire bouillir des pâtes.
Le sport était envisageable. Je n’avais pas une condition physique très impressionnante mais j’aimais ça. J’avais tout essayé sans jamais trouver celui qui me correspondait mais au final tout cela m’avait donné de l’expérience et un minimum de force et d’endurance. Disons qu’entre tous les domaines c’était le moins pire. Alors j’ai opté pour ça.
Restait à choisir le sport. Je voulais quelque chose d’accessible qui plus est pas trop cher. J’ai alors cherché mais le choix était rapide. J’habitais au bord de la mer, et il y avait une piscine à dix minutes de voiture et l’entrée valait quatre euros pour les moins de Vingts-Cinq ans. Le choix était fait.
Bien évidemment il fallait établir un entraînement sinon autant rentrer sur un ring pour la première fois contre Mike Tyson.
J’avais donc décidé de m’entraîner tous les jours excepté le dimanche. J’alternais entre mer et piscine. Je nageais une heure par jour au grand minimum. Le seul inconvénient dans toute cette histoire c’était mes études. J’étais en terminale et je me devais de réussir le fameux baccalauréat auquel j’avais échoué l’année passée. Après vingt minutes de vélo pour rentrer chez moi la motivation pour travailler ne se réveillait pas tout de suite. De plus si j’essayais de m’y mettre je n’aurais pas arrêté de penser à nager. Alors il était préférable de faire mon sport avant de me mettre au boulot. Et puis c’était meilleur pour la concentration. Après m’être dépensé comme un champion, j’étais paré sur les cours.
Mes parents n’avaient pas l’air d’être enthousiaste vis-à-vis de mon idée. Ils ne cessaient de me répéter que le bac était plus important que si je faisais ce « défi stupide » comme ils l’appelaient, je serais bon à rester au lycée une autre année. Je leur disais que je maîtrisais la situation mais ça ne semblait pas les convaincre pour autant. Je ne pouvais pas leur en vouloir ils remplissaient leur rôle de parents responsables. Quant à mes potes n’y avaient pas cru mais avaient finit par me dire « tu es fou mais on est avec toi », même chose pour ma sœur cadette et mon frère aîné.
Je m’étais créer un nouveau compte Facebook sur lequel je racontais mon projet. Alors oui certain auront beau penser que je fais ça pour me rendre intéressant. Alors certes ils n’ont pas totalement tort mais je souhaitais juste le partager avec d’autres. Un bon moyen d’interagir avec des gens. Je ne passais pas mon temps à me mettre en scène, je racontais l’essentiel.
Les entraînements étaient dur. Parfois quand je ressortais je n’avais qu’une envie : m’écrouler sur le lit et dormir toute la journée. Mais malgré ce que je m’étais imposé je faisais toujours en sorte d’avoir une vie de lycéen. Je voyais toujours mes amis, nous faisions toujours des fêtes mais c’était plus rare dorénavant. Surtout que je ne pouvais picoler comme autrefois. Je me contentais de quelques verres. Pour faire plus simple j’avais un planning chargé, et pas le temps de traîner.
A présent je poussais sur mes bras et mes jambes dans cet immense océan. Je me sentais comme une aiguille dans une botte de foin voir mieux, un insecte dans une prairie. Mais malgré ma petite taille je défiais l’océan, cet espace qui composait 70%¨de la surface du globe. Rien que d’y penser je frissonnais.
J’avais l’impression de ne pas avancer. Pourtant je mettais toutes mes forces pour aller de l’avant. Mais le courant et les vagues n’étaient pas facile à défier. Ca épuisait vite. Heureusement c’était la fin de la journée. Quelques minutes plus tard, je remontais sur le bateau et me posait sur un transat spécialement installé pour moi.
- « C’est super ça ! » disait mon frère.
Je lui répondais d’un hochement de tête tout essoufflé. J’étais content moi aussi mais ce n’était que le début. Bizarrement je ne me sentais plus aussi déterminé qu’avant. La journée avait été fatigante et je me disais que si cela se reproduisait tous les jours ça risquait d’être très difficile. Heureusement toutes ces mauvaises idées s’envolèrent quand mon frère approcha avec une assiette de pâtes. Je m’assis sur la petite table pour dévorer mon repas. Je ne lâchai pas un mot avant de terminer totalement. Mon meilleur ami Henri se tenait pas loin. Il avait décidé de venir avec nous au dernier moment. Ma famille le connaissait bien et ça les avaient rassuré de savoir que mon frère ne saurait pas tout seul pour rester près de moi. En plus il savait me remotiver. Si besoin il pouvait plonger à l’eau quelques instants et m’encourager. Il ne l’avait pas encore fait mais je savais que j’aurais besoin de lui tôt ou tard.
Une fois mon repas terminé je me mettais à discuter avec Henri. Celui-ci avait toujours des tas de choses à raconter et c’était tant mieux. Je pouvais oublier ma journée épuisante et rigoler un peu. Nous n’étions pas branché sur nos téléphones contrairement à d’habitude. Cette virée en mer était une occasion de se reconnecter à la nature. Finalement mon idée aura profité à d’autres. Une bonne chose.
Me coucher tôt faisait parti de mes contraintes pour le succès de ma mission. Je fermais les yeux un peu après vingt-trois heures, mais j’avais le temps de voir le coucher de soleil sur la mer. Une chose qu’on ne peut rater de son vivant. Ensuite je ne tardais pas à fermer les yeux. Henri lisait souvent des vieux bouquins et mon frère restait là à regarder l’eau, jusqu’à ce qu’ils fassent trop sombre pour y voir clair.
J’avais mis mon réveil à 8h pour prendre mon petit déjeuner déjà préparé. Par la suite je faisais donc mes échauffements et je me jetais à l’eau. J’adoptais ce rythme tous les jours. Cette fois-ci Henri se jetait à l’eau pour me remotiver. Il est vrai que certaines fois j’étais à bout. Quand je faisais des pauses j’avais toujours besoin de manger un petit quelque chose pour me relancer. La natation demande beaucoup d’endurance et de force, c’est connu. Imaginez un peu ce que ça donne en mer.
Malgré ma souffrance je tenais jusqu’au bout. Parfois ils me hissaient pour que je remonte tellement j’étais à bout. Mais j’étais content car je finissais ce que je m’étais imposé. Et la distance parcourue commençait à être impressionnante, enfin à mes yeux. L’avantage de cette aventure, c’était que je ne m’étais jamais endormi aussi vite. C’était tellement physique. Impossible de rester éveillé plus de cinq minutes après l’effort.


2) Projet raisonnable?


C’était un mardi je crois. Enfin pour être sincère j’avais un peu perdu la notion du temps en mer donc je ne sais plus le jour exact. Je nageais quand je ressentais une petite douleur. Au premier abord je ne me suis pas vraiment inquiété. C’était le risque du sport. Sinon autant rester chez soi devant une série à l’eau de rose. J’ai donc continué jusqu’à la fin de la journée. Je n’en avais pas parlé à mes compagnons d’aventures, pensant que c’était sans importance. Pourtant le soir même, je me sentais faible, mais je me disais qu’avec un bon repas et une bonne nuit je me réveillerai comme neuf.
La journée d’après s’est avéré être un enfer. Mes bras et mes jambes me faisaient mal, je m’essoufflais vite et je n’arrêtai pas de faire des pauses toutes les heures. Mon frère m’avait demandé si ça allait, je lui répondais oui. C’était faux bien entendu, mais j’avais envie de réussir je ne voulais pas m’arrêter là. Je n’étais pas debout à 8h le lendemain. Henri m’avait secoué mais je n’arrivais pas à me lever. Il m’a alors dit que je pouvais roupiller un peu plus s’il y avait besoin. Ce que j’ai fait. Une fois de retour dans l’eau j’avais de plus en plus de mal à effectuer les mouvements. J’avançais mais deux fois moins vite. Je me battais pour ne pas reculer à cause du courant.
L’énervement me faisait remettre en question mes actions : pourquoi j’avais besoin de faire ça ? Qu’est ce que j’avais besoin de prouver ? Justement. Je voulais montrer que j’étais quelqu’un moi aussi. Je voyais des gens faire des choses super et moi à côté, j’étais une vraie larve. J’avais besoin de montrer ce que je savais faire, de me prouver que j’étais capable d’agir. Bon sang il n’y avait aucun mal à ça ! Cependant la panique qui commençait à me gagner me faisait tourner la tête.
C’est alors que mes forces m’abandonnèrent. Dans un dernier élan, je réussis à lever ma main bien haut pour avertir les deux autres. Ensuite je sentis mon corps s’enfoncer dans l’eau. Si un requin passait par la, il aurait pu m’avaler tout cru sans même que je puisse m’éloigner d’un mètre. Heureusement pour moi, les mouvements qui venaient vers moi n’étaient pas ceux d’un squale mais de mon frère qui me prit par la hanche et me ramena jusqu’au bateau.
- «  He frangin qu’est ce qui t’arrives bon sang ? ».
Je n’avais pas de réponse à cela. Mon frère m’ordonna de rester sur le bateau et de ne rentrer dans l’eau sous aucun prétexte. J’avais terminé mon parcours pour la journée mais je sentais bien que si ça se reproduisait je terminerais pour de bon. Ils ne pouvaient me laisser prendre le risque de mourir pour aboutir mon aventure.
J’avais repris des forces la journée suivante et il n’y eu aucun incident. Henri et mon frère avaient hésité à me laisser y aller. Je leur avais assuré que ça irait et ma détermination les avaient convaincu. Ils avaient tout de même rapproché le bateau pour me venir en aide rapidement si besoin.
Mes bras et mes jambes me firent souffrir de nouveau, puis ce qui devait arriver arriva. Même chose que la dernière fois. Bien que je me débattais pour continuer ma traversée mon corps abandonna toute lutte et je me retrouvai sous l’eau . Et cette fois-ci je vis une énorme forme à quelques mètres de moi. Un requin sans aucun doute. Par chance l’échelle du bateau était tout près de moi et je réussis à l’attraper. Ensuite on me hissa et je me retrouvai allongé et épuisé. Je restais là au moins deux bonnes heures avant de réussir à me relever. J’allais m’installer sur le transat et me tut pendant toute la soirée. Mes deux compagnons devaient être aussi dépité que moi puisque la soirée fut muette.
Le lendemain nous repartions. Mais dans l’autre sens. J’avais pris la terrible décision d’arrêter. C’était terminer. En réessayant ce matin j’avais mes membres endolori et mon frère était venu me chercher avant que je m’essouffle totalement et que je mette à couler encore une fois. Je n’avais pas envie que ça recommence. Je ne voulais pas que mon frère et Henri continuent cette aventure avec la peur de me voir en difficulté. Et puis surtout je n’avais pas la force. Je fatiguais trop vite et je n’avais plus la force de nager normalement. J’avais tenu quinze jours et j’étais à moins de la moitié du trajet qui nous faisait arriver sur la côte Américaine. Nous avions prévu de rester quelques jours là-bas et refaire le plein de nourriture. Pour ce qui était du carburant, Jean en avait plusieurs réserves dans la cale. Au moins nous ne resterions pas bloqué en mer.
J’ai du annoncé mon échec sur les réseaux. Mon histoire avait intéressé beaucoup de personnes en fin de compte. J’avais le cœur brisé quand je racontai la fin de l’aventure, une mini-vidéo qui expliquait les raisons de ma défaite personnelle. Durant le retour je ne parlais pas beaucoup, mais j’essayais de ne pas fondre en larmes et de garder la tête haute. C’était mon seul projet réel, la seule chose qui avait eu du sens. Et puis c’était tombé à l’eau. Je me répétais que malgré
cela mes amis et ma famille seraient toujours avec moi et que je n’étais pas seul au monde. Mais ma fierté en avait pris un coup et je me sentais incapable de faire la moindre chose correctement. Avec ses pensées, le trajet du retour fut bien long. Henri et Jean essayaient pourtant de me remonter le moral et je leur en étaient reconnaissant. Même si je broyais du noir ils éclaircissaient un peu mes journées.
Une fois rentrés sur la terre ferme, Jean s’occupait des formalités du bateau et Henri retournait aider ses parents à la boutique de vêtements. Quant à moi je passais mes journées sur le canapé à regarder des films et des séries auxquelles je comprenais vaguement quelque chose. Comme j’avais obtenu le bac quelques semaines plus tôt mes parents me laissaient tranquille comme ils l’avaient promis. Cependant mon attitude de ces derniers jours ne leurs plaisaient pas. Mais comme ils me disaient souvent « On te donne des conseils mais tu es grand tu en fais ce que tu veux ». Au moins j’avais la paix. Je n’avais envie de voir ni de parler à qui que ce soit. Je risquais d’être désagréable. C’était mieux pour moi et pour les autres.
Un matin j’entendis la sonnerie retentir. Toute ma famille était là. C’était sans doute Henri. Il est vrai que je ne l’avais pas vu depuis qu’on était rentré. J’aurais sans doute dû. Je ne me sentais pas correct envers lui. J’allais me lever du canapé quand ma mère fut plus rapide. Elle ouvrit la porte et le type juste devant n’était pas Henri. Elle le fit entrer et je distinguais un type grand et blond.
- «  Tom je crois que ce monsieur veut te parler » dit-elle. Elle lui proposa de boire quelque chose mais le type refusa poliment.
Je lui fis signe de s’installer sur le petit canapé juste en face de moi. Il s’exécuta et se présenta. C’était le professeur de natation de la piscine ou j’avais effectué des cours. Il venait d’arriver cette année et prenait la place de Mr Doum, mon ancien instructeur que j’avais eu durant ma courte période de natation. Je n’en avais d’ailleurs pas de bons souvenirs.
- «  Ecoute Baptiste commença mon interlocuteur. Ce que tu as entrepris était courageux, vraiment ! J’ai suivi ton histoire sur Facebook. Tu t’es fixé un entraînement, tu l’as respecté et la traversée de l’Atlantique n’est pas aisée même pour les nageurs les plus aguerris. Mais c’était trop risqué tu n’étais pas assez expérimenté. Mr Doum m’a parlé de toi. Tu n’étais pas le meilleur mais tu ne lâchais pas le morceau ! Le seul problème c’était que tu n’écoutais pas assez. Tu te précipitais. Et je le vois aussi maintenant. Deux ans en club et six mois tout seul ne suffisent pas à faire de toi un nageur accompli.
Il n’avait pas tort. J’aurais du prendre plus de précautions. J’avais à peine regardé des tutoriels Youtube sur la nage ou même comment gérer sa respiration. J’aurais pu décider de le faire après plusieurs années de natation alors que j’avais foncé tête baissée.
- «  Pourquoi tu t’es lancé dedans exactement ? me demanda-t’il en me regardant droit dans les yeux.
En réalité j’avais une motivation bien précise que je n’avais pas révélée au grand jour. Je ne l’avais dit à personne. J’avais peur d’être ridicule et puis ça me semblait impossible à dix-neuf ans. Malgré tout j’avais gardé cette idée dans un coin de ma tête et je m’y étais toujours accroché.
- «  Je veux essayer d’être nageur pro ».
Je pensais qu’il allait éclater de rire mais il continua à me regarder sérieusement.
- «  Pourquoi tu n’as pas repris des cours ? Ca demande des années ce genre de choses ! »
- «  Comme vous l’avez dit je ne suis pas patient. Je voulais essayer ma propre méthode, être indépendant. Mais j’ai bien conscience qu’il faut en passer par là vous avez entièrement raison »
- «  Qu’est ce que tu fais l’année prochaine ? »
- «  Je vais en faculté sur Bordeaux. ». J’avais choisi la grande ville la plus proche. J’espérais faire un maximum de soirées et voir autre chose que ma petite ville éloigné du monde.
- «  Très bien. Si ça t’intéresses je connais des instructeurs là-bas qui ont comme moi suivit les événements. Il m’arrive de m’y rendre j’ai de la famille là-bas. Je ne pourrais pas t’entraîner mais je connais des gens qui seraient ravis de le faire. »
- «  Vous ne pourriez pas m’entraîner ? »
- «  Disons que je pourrais passer quelquefois mais je ne suis pas sûr que l’on se croise souvent. Mais tu reste la cet été ? »
- «  Oui enfin il va sans doute falloir que je trouve un gagne-pain mais je suis disponible ».
- «  Parfait. Si je te vois demain c’est que tu es prêt à t’entraîner. Je ne garantis pas de faire de toi un champion mais je peux te faire viser des compétitions régional si tu fais bien ce que je te dis. Tu es déjà vieux il va falloir rattraper ton retard. Bon sur ce je te souhaite une bonne journée du travail m’attend !
Je me levai pour lui serrer la main.
- «  Merci beaucoup coach ! ».
Il sourit. « A demain alors ». Il salua mes parents et referma la porte. Cette même porte qui, quand je la franchirai, m’offrira le champ des possibles.
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