Nuits d'été

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Finaliste
Jury
Je passe mes nuits sur Internet à la recherche d’un rêve d’évasion, et j’ai été attiré par des femmes superbes habillées en dominatrices, armées de fouets, capables d’obtenir que tout homme se soumette à leur pouvoir. Leurs images de déesses me fixent par l’écran en m’invitant à mille perversions, en triomphant sur mes obsessions... J’ai connu ainsi une jeune dominatrice qui se fait appeler Mélissa. Elle m’a séduit par ses petits pieds magnifiques, des véritables chefs–d’œuvre, capables de me tourner fou. C’est l’extase d’en aspirer le parfum capiteux de pleines narines, de les embrasser, de les caresser dans ma bouche, et quand ils foulent mon corps. Je me suis aussitôt rendu au fait que je ne pouvais que sucer les bouts de ses orteils comme des biberons, passer ma langue sur tous les doigts de ses pieds, lécher avec passion ses plantes, ses talons, ses chevilles.
J’aime bien qu’elle me piétine ou quand elle taquine ma chair avec ses hauts talons tranchants, alors que je gis sur la pelouse de son jardin. Elle me pousse de la pointe de sa botte jusqu’aux orties qui poussent au bout du jardin. La démangeaison, dans ces cas, me fait garder son souvenir au moins pendant cinq jours.
Je me réveille en sueur dans mon lit, au cœur des nuits, rêvant d’embrasser les pieds de ma maîtresse. Je rêvé ma nounou habillée en dompteuse, très élégante : une salopette noire aux brandebourgs dorés, les cuisses gainées par des bas résille, des bottes à talons hauts, saisissant un long fouet, qui claque à deux pouces de mes fesses. Ses longs cheveux, noirs comme la nuit, se balancent dans les airs dans un rythme hypnotique.
J’ai enfin le sentiment d’avoir trouvé ma place, sous le contrôle du fouet de ma dompteuse personnelle. Je jouis d’obéir et d’exécuter ses ordres, et – si je n’étais pas prêt et précis – d’en souffrir la punition bien méritée.
Elle sait qu’elle pourra m’avoir tout à fait à sa disposition avec un simple signe de la tête, ou un claquement de doigts. Une femme consciente, comme les demoiselles d’honneur d’antan, qu’il suffira la vue de sa cheville à découvert, offerte à mes baisers, pour faire de moi une natte, gisant au sol à son service, prêt à toute commande. Je vais passer mes soirées devant l’écran de mon ordinateur, ou devant la télé, en rêvant les pieds de Mélissa.

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