Nostalgie d'un soir

il y a
15 min
1
lecture
0
Il y a déjà quelques temps, j'avais eu le merveilleux bonheur d'avoir touché le Nirvana, avec une belle inconnue qui m'avait subjugué. Les jours passaient et je n'arrivais pas à me remettre de cette soirée, toutes les nuits je rêvais d'elle, de son corps, de ses mains, de sa bouche. Elle était partie sans me donner ses coordonnées, ni même son prénom. Je la soupçonnais, d'avoir volontairement omis de me les faire connaître. Pourquoi ? est-ce par jeu, au demeurant cruel pour moi ou n'était-ce qu'une simple aventure pour elle ? Pourtant dans ma tête joue encore sa petite musique de plaisir, je vois encore ses yeux brillants de fièvre, ses mains si délicates et si entreprenantes m'envahir, me triturer, me poussant dans un monde, que je n'avais jamais connu, fait de sensations m'emportant à l'extrême frontière de la félicité.
J'étais complètement déstabilisé par cette aventure d'un soir, j'arpentais jour après jour, soir après soir les rues de La Rochelle espérant une miraculeuse rencontre. Rien, je commençais à dépérir. Une amie me fit remarquer le triste état dans lequel je semblais me complaire. Inquiète, elle commença à me poser des questions sur ma santé, sur le pourquoi d'une telle déchéance physique. Je savais qu'elle avait un faible pour moi, mais aussi qu'elle éprouvait une réelle et sincère amitié envers ma personne. Mais pouvais-je confier à quiconque et surtout à elle le pourquoi d'un tel état? Non je devais garder ce secret au plus profond de moi même, il m'appartenait pleinement. Enfin, un soir je l'aperçue, elle n'était pas seule, une amie l'accompagnait et à ma grande surprise cette amie était aussi la mienne. Je ne savais quelle position adopter, mon cœur me disait court vers elle, ma raison m'incitait à ne pas me montrer, quitte à attendre d'autres occasions, qui, je n'en doutais pas puisqu'elle était d'ici, surviendraient inévitablement, enfin c'est ce que j'espérais.
Mon indécision fut de courte durée, car mon amie, Audrey, m'aperçut et me fit un signe m'invitant à les rejoindre. Fébrile, jambes flageolantes et par un effort suprême sur moi même, je me décidais à les rejoindre. "Salut" me dit mon amie, tiens je te présente une amie Mathilde, même si je n'avais rien d'un conquérant comme l'était Guillaume, dans mon cœur Mathilde était déjà ma reine. Ne sachant pas trop quelle attitude adoptée, je dis, d'une voix chevrotante, "bonsoir, suis Jean-Lou", son regard rieur me déstabilise encore plus. Nul doute qu'Audrey a perçu mon angoisse, plus que ma gène. Chance pour moi, Audrey prend, si j'ose dire, la conversation en main, s'est elle rendue compte à quel point elle m'a été d'un grand secours à ce moment là? Inévitablement je sentais que mon attitude, plus que réservée, installait une relation particulière, ce n'était plus une paire d'yeux qui me scrutait, mais deux. Pour tenter de détendre l'atmosphère, à commencer par me détendre moi même, je propose d'aller boire quelque chose. Bonne idée me disent-elles toutes deux. Je n'osais regarder Mathilde, mais sentais le poids de son regard sur moi, à la fois pétillant et moqueur. J'essayais au mieux de participer à la conversation, mais toujours avec beaucoup de retenue et d'appréhension. Le temps passant je commençais à me sentir un peu plus à l'aise, mal m'en a pris. L'attaque fut fulgurante. En pleine discussion sur les relations hommes-femmes, Mathilde planta son regard dans le mien et décocha sa flèche qui ne m'atteint pas au cœur mais en pleine tête "alors tu m'as déjà oublié " me dit-elle ? Audrey surprise me regarda "vous vous connaissiez"? Au secours, allô maman bobo. Le garçon de café passant par là, je l'interpelle, "un double scotch SVP", rire de Mathilde, même s'il était toujours aussi merveilleux, je le ressentit à mes oreilles telle une série de notes stridentes émises par un violon. "Euh, oui" répondis-je à Audrey, je lui narrais notre rencontre et notre errance dans les rues de La Rochelle, en occultant bien sûr le volet d'après. Mathilde, adorable petite garce, attaqua de nouveau "tu oublies la suite " glissa t-elle sournoisement. Dans ma tête à la limite de l'explosion, j'appelais encore maman au secours. Le garçon arriva à point avec le double scotch, me laissant le temps d'un court mais tellement bien venu répit. Je pris le temps d'absorber une gorgée, puis une deuxième, l'alcool me ragaillardi quelque peu. Je sentais une nouvelle fois le poids des regards de ces deux femmes fixés sur moi. A mon tour de planter mon regard vers elles et leur réponds "mais c'était mon secret, notre secret". Incontestablement les femmes d'aujourd'hui n'ont plus la même retenue pour évoquer les histoires de sexe que leurs parentes jadis. Audrey me dit, "quand même tu aurais pu m'en parler, lorsque je t'ai demandé des nouvelles de ta santé", hésitant sur la réponse à apporter, je m'entendis lui répondre "tu sais dans la vie de chacun, on doit toujours garder un jardin secret, un mystère qui nous est personnel". A son tour Mathilde prit la parole "pourquoi, tu es malade"? là ni tenant plus et oubliant le mal que je risquais de faire à Audrey, je décide de lâcher tout ce que j'avais en moi "oui, malade de toi, malade de ne pas savoir qui tu étais, où tu étais, si j'allais te revoir, malade de ne pas t'avoir à côté de moi, de ne pas pouvoir te toucher, t'embrasser, t'aimer". Je respire un bon coup, reprends mon verre et en avale une lampée, comme on dit. Là touchée, pour la première fois depuis le peu de temps que je la connais, je sens comme une hésitation en elle, à son tour d'éprouver un besoin d'un moment de répit. Ses yeux à nouveau se portent sur moi, ils ne sont plus ni rieurs, ni moqueurs, ils sont plus doux, plus tendres, au point de tant m'émouvoir qu'une larme me vient. Un silence s'installe, au point d'être pesant, tous trois nous nous trouvons mal à l'aise, Audrey qui se sent un peu exclue, moi extrêmement troublé et Mathilde qui ne semble plus savoir quelle attitude adopter. Le silence qui perdure, me semble être une éternité. Enfin Mathilde, se reprend et me dit "j'ai beaucoup aimé notre première rencontre, je n'avais jamais vécue avec une telle intensité ce plaisir que nous avons partagé, moi aussi je souhaitais te revoir". Là bingo, en un instant je deviens le plus heureux des hommes. Devant la mine quelque peu renfrognée d'Audrey, elle me dit "mais j'aime aussi Audrey, elle aussi me fait vibrer de tout mon corps, j'ai besoin d'elle comme j'ai besoin de toi". Heureusement que j'étais assis, car je n'en croyais pas mes oreilles, tellement d'hommes fantasment sur l'amour à trois, que moi qui n'avais jamais osé rêver de ça je me trouvais confronté à une drôle de situation. Certes Audrey était une femme très désirable, mais notre relation telle qu'elle s'était construite ne m'avait jamais fait envisager une relation amoureuse avec elle, j'ai la prétention de penser qu'il n'en était pas de même pour elle.
Là nouveau silence, et de nouveau c'est sur moi que pèsent leurs regards et de nouveau moi qui suis à la peine. A aucun moment Audrey n'a pris la parole, que pense t-elle vraiment de cette situation ? a t-elle vraiment envie de partager sa relation avec Mathilde, qui incontestablement avait pris l'ascendant sur nous ? dans l'amitié que nous avions construit tous deux, avait elle envie d'en changer le contenu ? et moi si amoureux de Mathilde et si respectueux d'Audrey, serais-je en capacité de répondre sentimentalement à cet amour à trois? Que d'inconnus pour l'homme faible que je suis à ce moment précis.
Inconsciemment j'ai ressenti l'impression de devenir le jouet de Mathilde, de ne pouvoir résister à ses désirs quels qu'ils soient, devant elle je me sentais tout petit garçon prêt à obéir à toutes ses envies pourvu que je sois avec elle. J'avais également la sensation que pour Audrey les choses étaient ressenties de la même manière que par moi.
Après un long moment de relâchement, bienvenu pour calmer nos émotions mutuelles, Mathilde décide de reprendre le leadership de cette soirée, "le temps est clair, la mer est haute, de chez toi on doit avoir toujours cette merveilleuse vue, si on allait voir?" Surpris, par cette proposition si soudaine après avoir subi tant d'émotions, je me sentais comme groggy, regardant à peine Audrey, je lui dis, "comme tu veux", Mathilde se retournant vers Audrey, lui demande "tu connais peut-être ?", oui lui répondit-elle avec un sourire, mais pas son lit. Ce petit trait d'humour a complètement détendu l'atmosphère et c'est avec un petit rire communicatif que nous sommes partis tous trois vers mon appartement. Tout le temps du trajet, pour le peu de chemin que nous avions à parcourir pour atteindre mon logement, je ne cessais de penser à la suite qui allait être donnée. Avec des idées contradictoires, à la fois excitantes et chargées d'inquiétudes sur ce qu'allait être mon comportement, ma capacité à dépasser une certaine pudeur, une certaine morale qui venaient de mon enfance, là pas question d'appeler maman à l'aide. Pourrais-je répondre à leurs attentes ? Pourrais-je aimer Mathilde comme l'autre soir sous les yeux d'Audrey? Pourrais -je apporter à Audrey tout ce qu'elle espère en oubliant ce qu'a été notre amitié avec Mathilde à nos côtés? Oui je l'avoue, j'angoissais.
Nous voilà rendu chez moi, incroyable c'est Mathilde la plus à l'aise, je dois dire, d'une certaine manière que cela me délivre de toute pression que, j'avoue, j'aurais eu du mal à assumer. Elle nous fait asseoir, Audrey et moi sommes comme subjugués par cette femme au corps merveilleux, au comportement amenant une grande sérénité et dotée d'un charisme propre à nous laisser guider et emporter là où elle veut.
Faisant monter la pression, elle se dirige vers la fenêtre, pour, comme la première fois, retrouver la magique vue qui s'offre à nos yeux. Elle se penche légèrement pour embrasser l'ensemble Port des Minimes et Oléron. Sa jupe courte étirée vers le haut, nous laisse découvrir le haut de ses cuisses. Pour moi habitué à admirer sans cesse ce paysage maritime, là c'est un tout autre paysage que je redécouvre avec émotion, la splendeur de ses jambes me replonge dans cet état d'extase qu'elle m'avait fait connaître. Le souffle déjà court m'étreint, soudain mon regard, attiré par la perception d'une respiration saccadée émergeant à mes côtés, se pose sur Audrey, à ma grande surprise je la vois elle aussi subjuguée par tant de beauté. Sans le vouloir je dépose un doux baiser derrière son oreille, elle se raidit quelque peu, puis d'un sourire me remercie. Jamais je n'aurais penser oser un tel mouvement vers elle, je la respectais trop en tant qu'amie. Mathilde, sans doute pour mesurer notre émoi se retourna vers nous, un doux sourire sur ses lèvres, comme une invitation à aller plus loin. Une nouvelle fois je me sentais perdu devant la posture à adopter, écartelé entre le désir d'elle et celui de ne pas blesser Audrey par une sorte de désinvolture qu'elle pourrait mal interpréter. Mais je découvrais enfin le vrai visage de Mathilde, une femme véritable, déesse de l'amour, qui veut remplir de bonheur ceux qui ont la chance d'être auprès d'elle. Elle se dirige vers nous, paralysés sur le divan par l'érotisme dégagé par ce moment magique, dépose un doux baiser sur les lèvres d'Audrey, puis sa tendre bouche s'unit à la mienne. Délicatement elle approche le visage d' Audrey vers le mien et soude nos lèvres. Pulsations du cœur, à la limite du supportable. De nouveau son regard se pose sur Audrey, puis ses mains se mettent en action, elle la délivre de son chemisier le fait glisser à terre, Audrey semble pétrifiée et sentant mon regard porté vers elle, n'ose détourner la tête. Mathilde continue sa progression sur son corps, avec habilité elle la délaisse de son soutien gorge, puis prend ma tête et l'entraîne sur les seins d'Audrey. Commençant à véritablement m'intégrer à cette ambiance voluptueuse voulue par Mathilde, du bout de ma langue j'honore ces mamelons fièrement dressés qui me sont offerts. A mon étonnement, je trouve grand plaisir à profiter ainsi du corps de mon amie. C'est à mon tour maintenant de faire l'objet des sollicitations de Mathilde, pour m'encourager à m'abandonner elle prend ma tête, l'attire vers son ventre, m'embrasse sur le crâne, puis sa bouche descend lentement pour s'arrêter sur la mienne. Un doux et long baiser me fait rendre mes dernières armes et débloque mes derniers freins puritains. Tel le chemisier d'Audrey, c'est à mon tour d'en être débarrassé. Sa bouche accompagne sa progression, je ferme les yeux voulant m'imprégner pleinement de ce moment intense. Je sens une main qui s'empare de la mienne, c'est celle d'Audrey qui semble m'encourager à me laisser ainsi dépouiller. A vrai dire, je me demandais si cela était nécessaire vu que j'étais complètement à la merci de Mathilde, mais j'appréciais quand même ce gentil geste solidaire de deux êtres qui se sentaient dominés. De ses deux mains, Mathilde nous pousse et nous met en position horizontale allongée sur ma couche. Que va t-il nous advenir ? Peu d'appréhension mais beaucoup d'attente de notre maîtresse, à cet instant, nous étions véritablement à sa disposition. Changeant de priorité, elle s'attaque d'abord à moi, mon pantalon valse au milieu de la pièce, elle prend les mains d'Audrey et l'oblige à ôter mon dernier sous-vêtement, quoiqu' égaré je n'ai pas eu la sensation qu'Audrey était rétive à cette tâche. Me voilà maintenant nu entre ces deux dames. De nouveau son attention se reporte sur Audrey qui à son tour se voit dépouillée de ses derniers vêtements. Nous sommes nus tous deux, Mathilde d'un pas se recule, nous regarde sans gêne pour elle, mais pas pour nous. Puis tout en se contorsionnant commence elle aussi à se dévêtir. Le spectacle est saisissant, elle se laisse admirer dans son tour de passe-passe, tout en nous observant pour guetter chez nous le moindre signe d'émotion. Là je dois dire qu'elle n'a pas été déçue, ce qu'elle voulait déceler chez nous à cet instant étaient si patent que nous le ressentions ardemment, presque violemment.
Enfin nue, elle aussi, elle vint vers nous, s'agenouillant au dessus de moi, elle présente à ma vue sa féminité, puis se penchant vers Audrey, elle y dépose un baiser en son for intérieur. Audrey émet un petit gloussement de plaisir. Je relève légèrement ma tête pour que ma bouche puisse enfin atteindre sa source de vie. Que j'ai soif de son eau, de son odeur de femme. Puis une nouvelle fois prend nos deux visages, les rapproche et fait que nos bouches ne font qu'une. Là je n'ai plus la moindre hésitation et ce que je n'ai jamais pensé faire se réalise, ma langue se noue à celle qui fut une si grande amie pour moi et qui devient par la volonté de ma reine, une maîtresse dont je veux combler tous les désirs et lui donner les plaisirs qu'elle a tant mérité en me supportant si longtemps.
Mais nous n'étions là qu'aux prémices de ce jeu que nous imposait Mathilde. Continuant à jouer de nous et de nos troubles, elle se libère de mon corps pour se coller à celui d'Audrey. Mille pensées m'assaillent à cet instant, je vois, je sens ces deux femmes s'embrasser, les cheveux blonds de Mathilde, se mélangeant aux cheveux bruns d'Audrey, leurs mains multiplient les caresses et moi comme mis au ban, comme exclu temporairement je ne sais que faire. Mais je ressens tellement de tendresse dans leurs échanges, tellement de complicité, je les vois et les entends éprouver les mêmes sensations, être dans un unisson presque parfait et moi dans mon coin, même si je ne dis rien je goûte de mes yeux un merveilleux spectacle agrémenté d'amour total. Je ne sais si une pareille harmonie, une telle complicité peuvent-être aussi totales entre un homme et une femme? J'en éprouve des complexes. Je me rassure quand même, cela doit être, mais certainement vécu autrement avec un décalage dans le ressenti des émotions et peut être avec une intensité différente.
Je ne peux m'empêcher de laisser mes mains tenter de participer quelque peu à leurs évolutions. Je les laisse se promener sur leurs dos, les contorsions de leurs corps font que mes mains se glissent là où leurs positions le permet. Incontestablement, Mathilde est aux commandes, à vrai dire je n'en suis pas surpris. Un moment le visage d'Audrey m'apparaît, ses yeux sont hagards, elle est au sommet du plaisir, Mathilde glisse sur son corps pour atteindre l'entrée de son jardin secret. J'entends de nouveau cette petite musique de nuit qui m'avait tant bouleversé lors de mes premiers échanges avec Mathilde. Seuls quelques bémols en changent la tonalité. Sous le poids des caresses le corps d'Audrey se cambre, ses seins dressés offrent à mes mains puis à ma bouche le droit de participer à cette farandole. Puis Mathilde d'un regard presqu' impérieux m'invite enfin à participer à leur ébats. Après avoir régalé Audrey d'un somptueux et voluptueux moment, elle se retourne sur le dos, appelle les baisers d'Audrey et m'invite à visiter son mirifique jardin. Que le ciel me tombe sur la tête, au son de leurs gloussements de plaisir, je me dirige vers l'entrée de ce merveilleux parc naturel, qui sied si bien à ce corps divin dont est doté Mathilde. Ce parc bordé de ces petites broussailles toutes frisées que mes doigts écartent délicatement, m'attire à lui, me dit vient l'espace de cet instant je suis à toi. Pour franchir sa porte, je dépose un baiser à l'intérieur de chacune de ses cuisses qui s'ouvrent un peu plus pour permettre à ma langue de goûter son miel. Comme la première fois, je déguste son goût divin, ce mélange d'arômes que la femme nous accorde lorsqu'elle se livre ainsi au plaisir de l'amour. Que dire de cet instant, tout est arrêté, mon cerveau est déconnecté de tous mes problèmes, de ceux de la planète, je ne suis plus sur terre, je suis déjà au paradis. Combien de temps s'est écoulé avant qu'une douce voix m'appelle et me ramène sur terre, sur terre oui mais pour combien de temps? Mathilde s'est redressée, Audrey est allongée à ses côtés, totalement relâchée, les yeux mi-clos. Je la reconnais à peine ne l'ayant jamais connue dans cet état. Mathilde se penche sur moi m'embrasse tendrement, déclenchant des frissons sur moi et me dit "Maintenant tu vas honorer Audrey comme tu viens de m'honorer". Nul doute, que quelques heures plus tôt, j'aurais été incapable de pouvoir accomplir cet acte sur mon amie, trop de liens d'amitiés nous retenaient pour même y songer. Mais Mathilde était passée par là et tout avait changé, plus rien ne pouvait être comme avant. Pourtant, j'éprouvais quelques angoisses, j'étais fou amoureux de Mathilde mais complètement soumis à ses directives, saurais-je donner à Audrey tout ce que, par passion, j'avais pu donner à Mathilde ? saurais-je faire communier nos corps, alors que depuis des années nos esprits eux étaient en complète harmonie ? La présence de Mathilde serait-elle un piment pour me galvaniser ou un frein à mon investissement à lui donner du bonheur ? Saurais-je me montrer à la hauteur de l'extase qu'elle avait ressenti dans sa relation amoureuse avec Mathilde ?
Je n'avais pas suffisamment de temps pour répondre à toutes ces interrogations. Je m'allonge donc près d'Audrey, je cherche sa bouche, je l'avais déjà goûtée. Elle devait se poser elle aussi des tas de questions et semblait en attente de l'évolution de notre échange. Nos bouches de nouveaux s'unissent et je dois l'avouer, j'y prends grand plaisir. Elle me prend le visage avec ses deux mains et m'écrase la bouche libérant, à mon étonnement, toute la passion qu'elle avait pour moi et que je n'avais jamais devinée. Mathilde, me caressant le dos et le bas des reins semblait m'accompagner, m'encourager, à vrai dire à cet instant subissant les baisers d'Audrey je n'en avais plus besoin. Comment ai-je pu ainsi perdre de nouveau la tête avec cette amie de si longue date ? Enfin libérer de tous mes préjugés, j'entamais la descente, non pas de l'enfer mais d'un nouveau paradis. Encore affamé, j'englobais ses seins, ma langue virevoltant autour de ses mamelons qui avaient durcis, pris du volume sous mes caresses. Je sentais les seins de Mathilde faire pression sur mon dos et une main curieuse commencer une exploration de mon séant. A mon tour de laisser ma main se nicher entre les jambes d'Audrey, je sentis l'humidité de son minou, l'appel de son bouton électrisé à subir les caresses de ma langue. Je ne pouvais me dérober à agréer à cette demande et plaquer ma bouche avec force sur ses lèvres situées ci-bas. Comme avec Mathilde, je vois son corps se raidir et s'offrir, ma bouche, ma langue reste au contact de sa flore tandis que mes mains s'emparent de ses seins. Soudainement je sens les seins de Mathilde qui remontent sur mon dos, l'un de ses seins caresse ma colonne vertébrale, puis sa joue contre la mienne, elle me murmure, "maintenant tu vas investir Audrey, elle attend ça depuis si longtemps" un peu surpris, je marque un léger temps d'arrêt dans mon expédition. Les yeux d'Audrey, qui étaient mi-clos, s'ouvrent pour voir ce qu'il se passait, nul doute qu'elle avait ressenti qu'un changement de ma part allait se produire. Je ne pouvais tergiverser davantage sous peine de faire croire à Audrey que j'obéissais à une obligation. J'adoptais la position pour répondre à ce désir. Avec précaution, je commençais à m'introduire en elle, là je découvre la douceur de son gîte, son humidité ambiante qui me trouble au plus profond de moi même. Délicatement j'entame cet acte merveilleux., Bizarrement je prends un rythme de lenteur dans ma progression au sein d'elle, puis de même dans mon va et vient, peut-être que cette amitié profonde que nous partageons, inconsciemment me dicte cette conduite faîte de grande tendresse, de respect mais aussi de plaisir. Voluptueux, quel moment délicieux et magique. Je l'entends, gémir mais avec une telle retenue que j'en déduis qu'elle veut garder ce moment de bonheur si intense en l'intériorisant pleinement. Perdus tous deux, nous n'avions pas remarqué que Mathilde aussi s'activer sur nous, jusqu'à cet instant où ses mains alertes et expertes atteignaient nos points les plus sensibles et sensuels de notre corps. Tel un ensemble orchestral où tous les instruments utilisés déclinent le final, par sa puissance de jouissance, nous avons tous trois ressentis la secousse suprême de l'extase.
Harassés, éblouis, transportés, mais heureux, nous nous laissâmes aller. Par la violence même de ce que j'avais vécu, jambes encore tremblantes, je me laisse glisser sur le sol, Mathilde et Audrey s'allongent sur ma couche. Pour moi le spectacle est encore là, leurs jambes légèrement écartées, me laissent découvrir le charmant paysage de leur féminité, je ne vois pas leur visage, seuls le bout de leurs seins restent à la portée de mon regard. A ce moment précis, je pense au tableau de Courbet, ce peintre du 19ième siècle qui a peint le sexe d'une femme en l'intitulant, le bien nommé, "L'origine du monde" par chance j'en ai deux qui s'offrent à mes yeux. Mon esprit commence à délirer, et à penser n'importe quoi, ainsi à ces romans de science-fiction, qui en s'appuyant sur les découvertes des premiers trous noirs dans l'espace, leurs auteurs brodaient des récits où les trous noirs attiraient la matière pour la faire passer dans une autre dimension qui recréerait la vie. Dans ce délire de ces pensées, intérieurement je souris en pensant au trou des femmes qui attirent tant la matière des hommes pour créer la vie. Compte-tenu qu'il y a des lois universelles, cela démontrerait que l'univers est féminin. Il est vrai que, quelques minutes auparavant, nous étions dans une espace intersidéral où c'est l'amour qui faisait Loi.
Notre retour sur terre, dura un long moment, quand enfin nous commençâmes à reprendre conscience, se lisait sur nos visages comme une sorte de béatitude, de sérénité et de bonheur? J'avais besoin de respirer un peu, je sortis pour humer l'air marin et en profita pour ramener quelques croissants, qui furent joyeusement accueillis. Au bout d'un moment je vis comme un voile qui descendait sur le visage de Mathilde, les femmes disent souvent que nous les hommes ne sommes pas réceptifs à leurs psychologie, mais là, cela m'apparaissait tellement évident, me mettais mal à l'aise et de suite je me posais plein de questions. Que se passe t-il en elle, est-elle déçue?, l'avons nous blessée? en quoi ai-je pu être maladroit? Un silence s'installa entre nous qui commençait à devenir pesant. Enfin Mathilde prit la parole, "j'ai quelque chose à vous dire à tous deux. Ce soir, cette nuit, vous m'avez comblée, vous m'avez permise de vivre ma plus belle nuit d'amour. Je vous en remercie du fond du cœur. Mais je dois vous avouer que pour des raisons professionnelles, je dois quitter La Rochelle et j'ai bien peur que nous ne puissions nous revoir avant un très long moment". Boum, le coup de massue qu'elle vient de nous asséner à Audrey et à moi même. Nous avions commencer à rêver d'une nouvelle vie où tous trois, tout en restant indépendants, nous pourrions revivre de tels moments magiques. Là notre rêve commun s'écroulait. Par respect pour elle, pour tout le bonheur qu'elle nous avait donné, il ne pouvait être question de l'interroger, de tenter de la dissuader de partir ainsi. Une larme apparaît sortie des yeux d'Audrey, moi je me sens de nouveau groggy, mais ce n'est pas par le bonheur vécu, c'est par une énorme tristesse et surtout par une nouvelle appréhension sur le vide qui va s'installer après le départ de Mathilde.
Beaucoup de temps a passé, nous n'avons toujours pas de nouvelles de Mathilde, pourtant elle sait, que notre porte, notre cœur, notre tête et même nos corps sont toujours ouverts à elle. Peut être a t'elle été semer des graines d'amour ailleurs? c'est ce que nous souhaitons ardemment pour elle. Au delà du plus beau souvenir de mon existence à ce jour, elle nous a laissé un merveilleux cadeau, oui depuis cette nuit là nous vivons en couple avec Audrey et nous sommes merveilleusement heureux. Nous n'avons jamais éprouvé l'envie ni le besoin de retenter une expérience avec quiconque d'autre comme celle que nous avons vécue avec Mathilde. Nous ne pouvons pas être jaloux de notre passé amoureux antérieur à notre liaison, puisque le plus beau, le plus grand, nous l'avons vécu ensemble. Aux yeux des autres, nous sommes devenu un couple banal, mais non, ils ne peuvent savoir qu'il y a une telle flamme entre nous, les braises sont encore si ardentes régulièrement attisées par le souffle du souvenir de Mathilde, que ce bonheur nous voulons le vivre passionnément le plus longtemps possible.
0

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,