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« Nos chemins vont se croiser à nouveau, Norbert Dragonneau. »

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Camille Dubois

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LAURÉAT
Sélection Public

Poudlard, Septembre 1908.
Les première année descendaient du Poudlard Express, c’était une nouvelle rentrée, une nouvelle année. Leta était excitée, soulagée d’être enfin arrivée, Poudlard était la liberté qu’elle n’avait jamais eue chez elle. La fillette de 11 ans, grimpa avec empressement dans les barques qui allaient l’emporter dans sa nouvelle maison. Elle fut vite rejointe par deux autres futurs élèves, un garçon, blond, fin et qui regardait avidement le lac noir. Ainsi qu’une autre fille rousse qui avait l’air de passablement s’ennuyer. Par magie, les barques enfin pleines se mirent à avancer. Leta regardait son reflet dans le lac, si calme, qu’elle pouvait compter toutes les taches de rousseur. Alors le garçon prit la parole, sans vraiment la regarder.
« Si tu continues à te pencher de la sorte, tu risques de tomber. Tu auras peut-être la chance d’être rattrapée par le calamar géant. »

Lorsqu’il parla de la créature sous-marine, une lueur s’alluma dans ses yeux, la fillette remarqua bien qu’il avait l’air d’en savoir bien plus qu’il n’osait le dire. Depuis sa plus tendre enfance, elle était passionnée par les animaux magiques, alors bien sûr, ce calamar géant attisait sa curiosité. Avec une moue innocente figée sur son visage, elle voulut en apprendre plus.

« Un calamar géant tu dis ? On connaît sa taille ? Quelqu’un l’a déjà observé ? »
Le blondinet haussa les sourcils, étonné qu’une fille d’apparence si soignée, s’intéresse aux créatures qui hantaient le lac. Mais il répondit, d’après ses connaissances, aux multiples questions de la fillette.

« J’ai lu quelques petites choses sur lui, dans l’histoire de Poudlard. Et mon frère m’en a parlé, il est élève à Poudlard depuis quatre ans. Peut-être que tu l’apercevras durant l’année scolaire. »

Mais Leta ne voulait pas attendre, elle voulait être la première à voir ce calamar géant, esquissant un petit sourire, elle chuchota à l’intention du garçon, elle ne voulait pas que d’autres l’entendent.

« Alors prépare-toi à prendre des notes, on va être les premiers à le voir ce calamar. »
Et sans réfléchir, et sans que le petit blond ait le temps de comprendre le sens de sa phrase, Leta bascula tête la première dans le lac. Les premières sensations furent mauvaises, le froid glacial de l’eau saisit la fillette, ses vêtements se gorgèrent d’eau et l’entrainèrent vers le fond. La brune voulait couler, elle entendait vaguement qu’on criait au-dessus d’elle. Leta commença à paniquer, l’air manquant dans sa poitrine, lorsque quelque chose l’attrapa par la taille. Par la barbe de Merlin, c’était un tentacule ! Et en moins de deux secondes, la fillette fut remise sur la barque, mouillée mais en sécurité. Leta sentit qu’on lui mettait une cape sur les épaules et elle entendait comme dans un brouillard qu’on lui parlait.

Tremblotante de froid, elle releva la tête et s’aperçut qu’ils étaient arrivés devant le château. À sa droite, le garçon blond la regardait, comme si elle était folle, et avec un peu d’admiration, il fallait le reconnaître. Il lui murmura avant qu’ils ne s’avancent pour suivre le groupe :

« A vu de nez, je dirais bien 5 mètres. Bien joué. Je m’appelle Norbert Dragonneau, et toi ?
-La prochaine fois, il faudra apprendre un sort pour le mesurer. Leta Lestrange, enchantée » répondit elle, grelotante mais heureuse de s’être fait un nouvel ami.

Les deux enfants continuèrent à bavarder, remarquant à peine les décorations de la grande salle. Le calamar géant était un sujet bien plus passionnant. Mais ils furent bien obligés d’arrêter lorsque le choixpeau commença sa répartition. Norbert fut le premier, et après quelques secondes, le garçon fut envoyé à Poufsouffle. Leta en fut déçue, elle savait au fond d’elle qu’elle n’aurait jamais sa place dans la maison de la loyauté. Et toute sa famille était Serpentard, elle savait que ses parents seraient furieux si elle était répartie autre part. Lorsque son tour fut venu, le choixpeau fut à peine mis sur sa tête qu’elle l’entendit clamer Serpentard. Son cœur fit un énorme bond, elle était contente, la maison de l’ambition lui convenait tout à fait, mais elle glissa tout de même un regard vers la table des jaunes et noirs. Bien vite, elle repéra le blondinet, qui lui souriait en applaudissant, apparemment sa répartition n’avait rien changé pour lui. Alors le poids qui s’était installé sans qu’elle ne s’en rende compte, s’envola. Elle sourit en retour et rejoignit les Serpents.

Poudlard, Septembre 1909.
« Leta, on va se faire punir ! Ce n’est qu’en première année qu’on monte sur les barques ! Et tu le sais ! »

Norbert peinait à rejoindre son amie, qui sitôt descendue du Poudlard Express, s’était précipitée vers le lac noir. La jeune Serpentard lui avait raconté son plan en large et en travers, et il le connaissait aussi bien qu’un tentacule d’Horglup, mais il essayait toujours de raisonner la fillette.

Cela faisait maintenant un an qu’ils étaient devenus les meilleurs amis du monde, passionnés tous deux de créatures magiques, ils ne manquaient pas une occasion d’en voir une. Et comme le répétait la Lestrange, le jour de la rentrée était et restait le meilleur moment pour étudier le calamar géant. La vipère ne manquait pas d’ambition, elle voulait être la première à rédiger un bestiaire complet sur les créatures les plus dangereuses du monde magique. Et Norbert l’aiderait bien sûr, moins impétueux que son amie, il se réservait pour celles qu’elle délaissait car trop « gentilles ». Pour sa part, il ne pensait pas qu’un niffleur était si gentil que ça, surtout lorsqu’on se mettait en travers de son chemin vers l’or, mais comme toujours il suivait son amie.

Son amie qui, d’ailleurs poussait une première année pour s’installer royalement dans une barque. Norbert soupira, s’excusa envers la fillette, puis rejoignit Leta. Heureusement le garde-chasse qui s’occupait de la traversée ne les avait pas remarqués, il les connaissait bien à force de les retrouver à trainer là où ils ne devraient pas aller. Deux première année rejoignirent leur embarcation et avant qu’ils ne puissent parler, la Serpentard exposa calmement les faits :

« Nous ne sommes pas en première année, si vous ouvrez votre bouche, je vous lance un sort qui collera votre langue à votre palet jusqu’à la fin de la répartition, compris ? » Les deux enfants hochèrent la tête, paniqués. « Très bien. Bon. Mon ami et moi-même, sommes deux futurs magico-zoologistes, et pour faire avancer nos travaux nous avons besoin d’un volontaire. Voyons, toi. Rien de plus simple pour participer, saute dans le lac. »
Et sur ces dernières paroles, la jeune Lestrange sourit, angélique, Norbert se retint de lever les yeux au ciel. Son amie pouvait être réellement méchante parfois, pourtant il adorait ses petites mises en scène. Il adressa un sourire d’excuse à la première année, et avant qu’elle ne puisse rétorquer, Leta la poussa à l’eau.

« Tu aurais pu attendre qu’elle dise oui, quand même Leta ! », s’exclama le Poufsouffle. Mais il n’avait pas l’attention de la fillette, elle fixait l’eau d’un air avide, attendant. Et en quelques secondes, la première année fut de retour dans la barque, trempée jusqu’aux os, mais Leta l’avait à peine remarqué, ce qu’elle fixait c’était l’énorme ombre sous la surface de l’eau qui était reliée directement au tentacule salvateur. Elle marmonna quelque chose avec sa baguette à la main, et un grand ruban mesureur s’occupa du reste. En à peine 5 secondes, la vipère avait le renseignement qu’elle voulait, et ne se priva pas de s’en vanter jusqu’à l’arrivée de la barque. Une fois arrivés, les deux enfants se glissèrent dans la grande salle, prétendant s’être perdus. Chacun à sa table, pourtant Norbert voyait distinctement les lèvres de Leta articuler encore une fois :

« Cinq mètres soixante ! Je te l’avais dit ! »

Poudlard, Janvier 1910.
Les élèves de troisième année venaient de sortir d’un fabuleux cours de défense contre les forces du mal, et comme toujours Leta était à côté de Norbert. La jeune adolescente était étrangement silencieuse, et Norbert savait que cela n’augurait rien de bon. Lorsque son amie se taisait, alors il savait qu’elle était entrain de fomenter encore un de ses plans qui les attiraient toujours dans les ennuis. Et après ce cours, Norbert voyait très bien ce qui se tramait dans la tête de la sorcière.

« Ne me dis pas que tu veux voler l’épouvantard du professeur Dumbledore, Leta. »
La jeune Serpentard leva les yeux, surprise, cela l’étonnait de voir comment le Blaireau arrivait toujours à deviner ses pensées les plus profondes. Effectivement, elle pensait encore à cet épouvantard, quel sujet d’étude merveilleux il ferait pour son livre ! La rusée voulait en apprendre plus, et faire quelques expériences avec cette créature, expériences que le professeur n’apprécierait forcément pas. Elle esquissa son plus beau sourire angélique, et répondit à son ami, comme toujours en toute sincérité, ou presque.

« Tu imagines tout ce qu’on pourrait faire avec un épouvantard ? Il manque tellement d’informations dans notre manuel de défense contre les forces du mal, ce serait rendre un service à l’école que de l’étudier. »

Dragonneau soupira, il savait que même s’il essayait de l’en dissuader, une fois que la vipère avait une idée dans la tête, il ne pouvait que l’accompagner en essayant de s’attirer le moins de problèmes possible. De son côté, Leta voyait bien qu’elle avait gagné, et imaginait déjà comment elle pourrait prendre cette armoire et la transporter dans un endroit à l’abri des regards.

Finalement, après quelques jours à imaginer un plan, la Lestrange décida qu’il était plus sage de s’introduire un soir dans la salle de défense contre les forces du mal déserte, faire ses petites expériences avec Norbert et laisser là l’épouvantard. Tout était réglé, l’heure du rendez-vous, bien après le couvre-feu, une diversion pour le professeur, et un tableau dressé avec soin dans son carnet pour en apprendre plus sur la créature. La diversion, à la grande surprise de la Serpentard, était imaginée par Norbert. Grâce à la complicité d’un autre Poufsouffle qui lui devait une faveur, il devait entrainer le professeur assez loin grâce à une excuse des plus réalistes : un autre épouvantard sévissait dans le château.

Les deux adolescents ne rencontrèrent aucun problème à s’introduire dans la salle, et pas plus pour repérer l‘armoire qui avait servi pour le cours. Leta s’approchait avidement, Norbert était plus en retrait, moins confiant que sa camarade, mais baguette en main il était prêt à respecter les instructions de miss Lestrange. Avant de laisser sortir la créature, Leta voulait en savoir plus sur sa forme, et grâce à plusieurs sorts qu’elle avait appris pour l’occasion, elle essaya tant bien que mal de rendre translucide l’armoire.

Mais la jeune fille n’y arrivait pas et le temps filait. Lorsque Norbert lui rappela, elle lui lança un regard noir, avant de consentir à laisser sortir l’épouvantard. Étant derrière l’armoire, la créature se dirigea en premier vers le Poufsouffle, et sans surprise car il l’avait déjà vu durant le cours de défense contre les forces du mal, se transforma en copie de lui-même attablé à un bureau impeccablement rangé. Le Blaireau commença à se sentir mal, oppressé, signe que l’épouvantard avait remporté la victoire, mais il n’esquissa pas encore un geste, Leta avait été claire, il devrait attendre pour savoir combien de temps une victime pouvait supporter la vision de son cauchemar personnel. Mais tout ne se passa pas exactement comme prévu, car soudain la porte s’enclencha, et dans la seconde Leta se montra à l’épouvantard, qui décida qu’il préférait s’attaquer à elle. N’ayant pas eu l’occasion de tester sa peur, et donc une de ses motivations pour ce soir, la Serpentard vit l’épouvantard se transformer en son père. La jeune fille eut un frisson non contrôlé, le regard qu’il lui adressait, sa main droite tendu pour frapper, et la gauche serrant la baguette qui lui jetterait un sort pour la punir. Car elle s’était encore échappée, elle s’était encore conduite d’une mauvaise manière, pas de la façon d’une riche héritière sang pure. Leta était pétrifiée, honteuse, tremblante de peur, son père allait lui faire payer. Elle se recroquevillait déjà, attendant les coups lorsqu’elle entendit une voix grave crier :
« Ridikulus ! »

Et l’épouvantard se transformait sur le coup en ballon pour être propulsé dans son armoire. La Serpentard repris tout de suite ses esprits, se maudissant déjà, car elle avait reconnu la voix qui l’avait sauvée. Et sans surprise, lorsqu’elle se retourna, elle vit derrière elle, le regard effrayé de Norbert qui savait qu’ils allaient tous les deux avoir de gros ennuis ; et le professeur Dumbledore.

Mais alors que la jeune fille attendait les remontrances et la sanction inévitable, elle fut surprise de la douceur du professeur qui lui tendait... du chocolat ?!

«  Mange, tu te sentiras mieux après. » lui dit il avec douceur, avant de reprendre plus fermement : «  J’espère que vous avez une bonne raison, miss Lestrange et Mr Dragonneau de venir en pleine nuit rendre visite à mon épouvantard et envoyer Mr Jones me distraire ? »

Leta accepta le morceau de chocolat et le partagea avec Norbert qui se tenait à ses côtés, elle allait adresser un de ses regards au Blaireau pour qu’il se taise mais avant qu’elle ne puisse faire quoi que ce soit, il la devança et dit avec sa gentillesse naturelle :

« Leta et moi voulions juste étudier plus en détail ce fascinant épouvantard que vous avez là, professeur. C’était tellement tentant. Pardonnez-nous. »

Leta ne dit rien, consciente que sur le moment il valait mieux laisser le jeune homme parler. Avec sa fougue, elle avait tendance à empirer les choses. Donc, elle acquiesça donc mollement, affichant l’air le plus désolé qu’elle avait en réserve. Heureusement, le professeur Dumbledore n’était pas connu pour sa grande sévérité, et après avoir enlevé des points à chacune de leurs maisons pour la forme, il les raccompagna à leurs dortoirs respectifs.

Leta fut la première à être déposée, et à son grand étonnement, Norbert s’empressa de l’enlacer pour lui dire bonne nuit. Ils ne s’enlaçaient jamais d’habitude, limitant leur contact à quelques poignées de main et tapotement d’épaules. Mais en entendant le murmure du Poufsouffle, la vipère eut un petit sourire, il n’y avait pas qu’elle qui était rusée. Elle acquiesça discrètement, et après avoir dit le mot de passe rejoignit sa salle commune. Lorsqu’elle se coucha, bien plus tard que ses camarades de dortoirs, les paroles de Norbert raisonnaient encore à ses oreilles :

« 10 minutes pour moi, 3 minutes pour toi. La revanche pour bientôt ? »

Poudlard, Mars 1913.
Trois années avaient passé depuis l’accident de l’épouvantard, sans se faire prendre cette fois-ci, les deux amis étaient retournés quérir les informations. Maintenant, en sixième année, les adolescents n’étaient plus que de simples amis, sans le dire vraiment, les inséparables étaient devenu si proches qu’avec l’adolescence, les sentiments étaient naturels. Pourtant, ni l’un ni l’autre n’avaient encore franchi le pas. Par peur de briser une amitié si forte, les deux élèves ne s’étaient pas encore avoué leurs sentiments pourtant respectifs. Les expéditions dans la forêt interdite se faisaient de plus en plus nombreuses, Leta voulait toujours s’approcher au plus près du danger, ou du moins des créatures dangereuses.

Et pour le plus grand malheur de Norbert, la forêt interdite en était remplie. Mais pour une fois, la Serpentard lui avait donné rendez-vous dans le parc, non loin de la maison du garde-chasse de Poudlard. Elle voulait lui montrer, disait-elle dans le morceau de parchemin qu’il avait reçu, sa dernière acquisition. Norbert était un peu inquiet, acquisition pour Leta pouvait être un sort utile à la capture ou l’étude des bêtes fantastiques, ou encore une de ces créatures qu’elle avait réussi à attraper on ne sait comment. Et plus il s’approchait, plus il distinguait une caisse brune, c’était donc la deuxième option. L’adolescent soupira, qu’est-ce que Leta avait encore déniché ? Et vu le sourire dément qu’elle avait sur le visage, ce n’était pas un simple botruc.

« J’espère que tu as amené le carnet ! Tu ne vas pas en croire tes oreilles ! » S’exclama-t-elle dès qu’il fut à sa hauteur. Ses longs cheveux bruns étaient rassemblés en une queue-de-cheval lâche, son écharpe vert et argent était enroulée autour de la caisse, comme pour étouffer quelque chose. Norbert s’inquiétait de plus en plus, son amie pouvait les entrainer dans de vrais ennuis parfois, et il ne doutait pas que ce soit le cas maintenant.
« Allez aide moi, on va l’emmener dans une classe vide. Tu vas voir, il est fabuleux. »
C’était donc un « il », et malgré ses appréhensions, il aida son amie à transporter la caisse qui n’était pas légère du tout. Durant le chemin, le Poufsouffle essaya de tirer les vers du nez de Leta, mais sans succès. Tout ce qu’il avait pu en tirer c’était un sourire amusé. Alors il se tut, et attendit qu’ils soient enfin dans la salle de classe.

« Alors tu vas me dire ce que tu as introduit dans Poudlard, cette fois-ci ? »

Avec une moue espiègle, la Serpentard enleva son écharpe, et ouvrit la caisse. Elle s’éloigna assez vite, plus vite que Norbert qui sursauta et fit un bond lorsqu’une sorte de furet sortit de la caisse. Le Poufsouffle écarquilla les yeux, il avait tout de suite reconnu le Chartier pour avoir lu quelques lignes dessus. Il ne fut donc pas étonné de l’entendre jurer et pester contre les deux élèves qui l’observaient. D’ailleurs, Leta avait réussi à trouver un Chartier avec un vocabulaire assez rempli en matière d’insultes. La vipère n’en perdait pas une miette, inscrivant dans son carnet toutes les paroles du furet vociférant. Celui-ci commença à perdre patience, et une fois épuisé son stock d’insultes, il voulut mordre les élèves. Heureusement, Norbert fit apparaître un bouclier pour les protéger, lui et Leta. Une morsure de Chartier pouvait être très douloureuse et surtout porteuse d’une maladie dangereuse. Donc à éviter.

Les deux élèves restèrent là un moment, étudiant les réactions du Chartier, son vocabulaire et d’autres caractéristiques qu’ils jugeaient pertinentes. Soudain, la porte pourtant verrouillée par un sort de Leta, s’ouvrit violemment. Et contrairement à ce que pensait Norbert, ce n’était pas un professeur, mais un élève. Une élève, même, une Gryffondor de leur année, Suzanne Miller. Celle-ci entra, et leur dit, sans remarquer le furet :

« Tiens, tiens, qui voilà. Encore Lestrange et Dragonneau. Encore fourrée dans une sale histoire ? Sortez de là, avant que je ne le dise à un professeur. »

Et alors, avant que Leta ou Norbert puissent réagir, le Chartier qui s’était rapproché, se jeta sur la figure de la Gryffondor. Elle essaya de se débattre, mais fou de rage grâce aux bons soins des adolescents, il griffa, mordit le beau visage de la jeune fille. Alerté par le bruit, ou par le cri de Leta, le professeur de sortilège qui passait par là, réagit et stupefixia le furet.

« Miss Lestrange, Mr Dragonneau, vous restez là. J’emmène miss Miller à l’infirmerie. »
Il prit la jeune fille, couverte de sang, dans les bras et courut en direction de l’infirmerie. Un silence s’installa dans la salle de classe maintenant vide. Tout s’était passé si vite, Leta était sous le choc, Norbert aussi. Il pensait aux conséquences de leur petite entorse au règlement. Ils allaient se faire exclure, c’était sûr. Leta leva un regard effrayé vers lui, murmurant :

« Mon père va me tuer. Norbert, promets-moi que je pourrais rester chez toi si on se fait exclure. Si je rentre, mon père me tuera. »

C’était une des rares fois où elle paraissait fragile. Norbert, après six ans d’amitié, savait que son père serait capable du pire, elle n’en parlait quasiment pas. Mais le Poufsouffle, à force d’écoute et de patience, avait compris. Il acquiesça et pris dans ses bras la jeune fille tremblante. Au bout de quelques minutes, des bruits de pas se firent entendre. Comme le redoutaient les adolescents, le directeur Black avait été appelé. Son expression leur glaça le sang tel un épouvantard. Un petit espoir naquit dans l’esprit du Poufsouffle lorsqu’il vit le professeur Dumbledore qui l’accompagnait. Il se dirigea vers le Chartier stupefixié, et sans un mot le mis dans la caisse qu’il ferma. Alors le directeur prit la parole, glacial :

« Vous savez ce que vous risquez jeunes gens. En plus d’une infraction au règlement, c’est une violation des lois de protection des animaux du Département de contrôle et de régulation des créatures magiques, et pour conclure vous avez mis en danger la vie d’une de vos camarade. Je me vois dans l’obligation de vous exclure de Poudlard.»

Leta hoqueta, ses grands yeux écarquillés, Norbert en avait mal au cœur. Il ne pouvait pas laisser faire ça. Sa camarade ne pouvait pas se faire exclure, alors pour elle, il inspira et commença :

« Mr le directeur, professeur, j’assume entièrement les responsabilités de cet accident.
-Norbert... commença Leta, mais le Poufsouffle la fit taire d’un regard,
-Leta a essayé de m’empêcher d’introduire ce Chartier au sein de l’école, mais je voulais absolument l’étudier de plus près. C’est entièrement de ma faute. »

Norbert sentait que la Serpentard voulait ajouter quelque chose, alors il lui serra la main, et la pria d’un regard de le laisser continuer. Il voyait dans ses yeux le combat entre la pensée qu’elle allait peut-être s’en sortir et faire porter le chapeau à son ami le plus cher. Alors contre toute attente, le professeur Dumbledore, qui avait toujours bien aimé le jeune homme, prit la parole :

« Mr le directeur, si vous permettez, Mr Dragonneau a toujours été un très bon élève, même si son penchant pour l’étude des créatures en tout genre à peut-être dépassé les limites. Mais une exclusion est sûrement à reconsidérer, des heures de retenues et 100 points en moins pour Poufsouffle devraient suffire à mon humble avis. »

Au grand étonnement de Norbert, le directeur qui semblait déjà lassé de la scène, acquiesça.
« Faisons ceci. Mais à votre prochaine incartade, Mr Dragonneau, ce sera l’exclusion. Et j’enlève 50 points à Serpentard, miss Lestrange l’avertissement vaut pour vous aussi. Ce sera un mois de retenue pour vous, et jusqu’à la fin de l’année pour Mr Dragonneau. »

Et sans plus de cérémonie, il s’en alla, laissant les deux adolescents et le professeur Dumbledore seuls. Celui-ci n’était pas joyeux comme à son habitude, il semblait déçu.
« Je vous ai évité l’exclusion, j’attends un meilleur comportement, maintenant. »

Et il sortit de la pièce, sans plus de cérémonie. Leta, elle, semblait revigorée : comme toujours, ils arrivaient à s’échapper. Pourtant Norbert était las, et il le fit savoir à sa camarade :
« Je pense que nous devrions arrêter nos expériences jusqu’à notre majorité. Imagine si tu avais été exclue aujourd’hui ; ta famille t’aurait reniée, ou pire. »

La vipère, contrairement à l’attente de Norbert, se mit à rire :
« Arrêter ? Mais Norbert tu es fou ? Nous sommes si près du but ! C’est pour le plus grand bien tout cela, et ce n’est pas une petite erreur qui va nous faire arrêter ! Toutes nos recherches, elles ont un but, un but bien plus important que ça ! »

Norbert se sentit blessé, Leta réagissait comme si cette agression n’était pas importante, comme ci, ils ne venaient pas de risquer l’exclusion il y a peine de cela quelques minutes.
Les jours suivants furent pires, les meilleures amis, pour la première fois, eurent des véritables disputes. Leta voulait continuer, Norbert en avait assez. Il aimait toujours les créatures fantastiques et voulait leur dédier sa vie, mais pas à Poudlard. Une énième dispute juste avant la fin de l’année mit fin à une amitié de six ans.

Paris, 1926.
Une jeune femme lisait dans un café, un journal, et on aurait pu croire que les images bougeaient. Un article paraissait retenir son attention, il parlait d’un sorcier qui avait réussi avec force et courage à capturer le dangereux mage noir présent à New York : Grindelwald. La sorcière caressa du bout des doigts le visage gêné du courageux sorcier, pris en photo dans son éternel manteau bleu, sa valise à la main, qu’elle savait magique. La photo était en noir et blanc, mais Leta connaissait ce visage par cœur, ces cheveux blonds.

Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas eu de nouvelle de Norbert Dragonneau, si ce n’est par le biais de son frère auquel elle était fiancée depuis un an maintenant. Mais en revoyant ce visage qui avait tant fait battre son cœur d’adolescente, la jeune femme murmura pour elle-même :
« Nos chemins vont se croiser à nouveau, Norbert Dragonneau. »

PRIX

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Artvic · il y a
Hautement mérité ! 🌹😉 Bravo
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Claire · il y a
Héhéhé, c'est qu'à force de dire que tu écris bien, que l'histoire est chouette, que tu retransmets bien les personnages et que tu as bien choisi la moquette, je n'ai plus grand chose à dire à part : bravo Camille ! J'espère que ce sont ton chemin et la victoire qui se croiseront à nouveau !
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M. Iraje · il y a
BRAVO pour ton podium !
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Aurélien Azam · il y a
Toutes mes félicitations, Camille ! :D
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Camille Dubois · il y a
Merci beaucoup! :D
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Maour · il y a
Toutes mes félicitations !
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Camille Dubois · il y a
Merci!
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Djany · il y a
félicitations même si j'arrive un peu en retard (vacances obligent) je vois que vous êtes Lauréate et je vous dis bravo ... Merci pour votre passage sur ma page
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Camille Dubois · il y a
Merci! Et mieux vaut tard que jamais ahah ! Bonne vacance et merci pour le passage :D
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Manon Deblauwe · il y a
Super histoire !
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Camille Dubois · il y a
Merci :D
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Patricia Burny-Deleau · il y a
Félicitations !!
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Camille Dubois · il y a
Merci beaucoup :D :D
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Diane Sakakini-Châtillon · il y a
Allez Camille! Toutes mes voix!
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Camille Dubois · il y a
Merci beaucoup :)
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Potter · il y a
Je viens de relire ta nouvelle et je l'ai encore une fois adorée ! Tu mérites largement le premier prix !
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Camille Dubois · il y a
Merci, dommage que ton oeuvre n'est pas été Lauréate, elle est tout de même magnifique! Peut être l'année prochaine!
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