Noemie et la grosse nenette

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Qu’elle était malheureuse la grosse nénette de la ménagerie du Jardin des Plantes !

Très, très âgée, la grosse nénette, femelle orang outan en avait vu des visages qui la regardait amusés, des enfants qui criaient dès qu’ils la voyaient. Elle était fatiguée la grosse nénette. Elle aurait aimé rejoindre son pays natal : Borneo. Elle se rappelait petite de ces décors de jungle ; elle s’amusait avec sa tribu à aller de liane en liane ; souvent jouait-elle avec ses frères et sœurs, souvent câlinait-elle sa maman...

Jusqu’au jour où trois individus que l’on appelait des hommes, sorte de grands singes sans poils toujours debout vinrent capturer la fratrie de nénette. Séparée de ses frères et sœurs, elle se souvint pleurer dans cette toute petite cage...et après un très long séjour dans les cales d’un bateau, elle fut vendue à un étrange monsieur et finit par attérir au Jardin des Plantes, à Paris, en Europe, bien loin de sa belle jungle luxuriante de Borneo.

Oui, elle en avait bu des enfants de tout âge. Un jour, elle vit une petite fille...

- Regarde Noémie, la grosse nénette ! lui dit sa grand-mère aux cheveux blancs.

Alors les yeux de la grosse nénette croisèrent ceux de la petite Noémie. La petite fille vit tout de suite l’immense tristesse de l’orang outan. Elle dit à sa grand-mère :

- Mamie, je veux que la grosse nénette soit mon amie. Chaque fois que tu viendras me voir, je veux aller voir la grosse nénette à la ménagerie.

Au fond d’elle-même, la petite Noémie avait compris la détresse de la grosse nénette enfermée dans ce petit zoo. Pourquoi les adultes avaient-ils emprisonné cet animal.

Passèrent les années et Noémie allait toujours voir la grosse nénette avec sa grand-mère. Une complicité était née entre l’orang outan et la petite fille.

L’étrange monsieur qui avait acheté nénette venait aussi la voir. Un jour, Noémie vit une larme couler dans le coin de l’œil de nénette. Nénette était vieille, très vieille et si malheureuse. Même si elle était bien traitée par les vétérinaires de la Ménagerie, elle regrettait sa jungle natale, pensait avec nostalgie à sa pauvre maman, à ses frères et sœurs.

Noémie qui avait compris que l’étrange monsieur travaillait dans le zoo profita du fait que sa grand-mère assise sur un banc était plongée dans un roman pour parler à celui-ci.

- Il faut libérer nénette avant qu’elle ne meure, elle est trop triste ! elle en a marre d’amuser les enfants, elle veut rentrer chez elle !

- Comment sais-tu cela ? lui répondit l’étrange monsieur.

- Elle me l’a dit...avec ses yeux ! lui murmura Noémie.

Alors l’étrange monsieur regarda la petite fille, puis nénette et comprit... C’était de sa faute si nénette était là, enfermée. C’était lui le grand directeur de la ménagerie qui avait acheté la grosse nénette.

- Tu as raison. Nénette a mérité de terminer ces vieux jours dans la jungle...dit-il à Noémie.

Passèrent les jours et les semaines. Pendant que la petite Noémie allait à l’école, l’étrange Monsieur organisait le retour de la grosse nénette dans sa jungle natale. C’était prévu pour le 25 décembre, ce serait en même temps le cadeau de noël de Noémie. Nénette devait rejoindre une grande réserve naturelle à Borneo, où loin du froid elle passerait ses vieux jours.

Le jour tant attendu, nénette fut transportée loin, loin de Paris et, sortie de l’avion, la chaleur de l’Indonésie la saisit. Elle se rappela alors son enfance. Les yeux de la vieille orang outan s’ouvrirent, la tristesse de son regard s’envola. Plus de neige, plus de froid, la grosse nénette avait enfin retrouvé sa liberté.

Peu de temps après, Noémie demanda à sa grand-mère d’aller voir nénette à la Ménagerie. Sa grand-mère lui répondit :

- Noémie, je dois te dire quelque chose... La grosse nénette est repartie en Indonésie dans son Borneo natal ; elle est libre maintenant.

Alors Noémie se mit à sourire, un sourire si profond que sa grand-mère en fût émue :

- C’est grâce à toi, tu as libéré la grosse nénette.

Noémie, tous les soirs en s’endormant, pensait à la grosse nénette. Elle la voyait courir dans la jungle, aller de liane en liane avec ses frères et sœurs retrouvés.
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