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Chaïma Miyla

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Conseil : lire d’abord le tome 1 sinon vous risquez de pas comprendre grand-chose 


Je sentais ma dernière heure arriver.
- Vous voulez me tuer ? Alors allez-y ! Et dépêchez-vous !
Sur ceux, je fermais les yeux en attendant à ce qu’il m’abatte. Mais il ne tira pas. Il eut un petit rire sournois.
- Tu vas mourir, t’inquiète pas pour ça. Mais d’abord, je vais te révéler un autre secret, et ensuite je te prouverai que je dis la vérité.
- Quel secret ?
- Vois-tu, dans ma jeunesse, j’ai déjà violé et tuer derrière trois jeunes filles. Personne n’a jamais retrouvé les corps. Eh bien aujourd’hui, ça en fera quatre.
Je me levais aussitôt. Il se releva à son tour. Je reculais prudemment. Il s’avança lentement vers moi, son revolver toujours à la main. Coûte que coûte, il fallait que j’arrive à m’en emparer. Il s’avançait vers moi.
Je soulevai une chaise et la lançait sur lui. Il se baissa pour l’esquiver mais il eut malgré tout le réflexe que j’attendais : il détourna le regard pour regarder où tombait la chaise. A la seconde même où il me quittait des yeux, je lui sautais dessus. Nous tombons tous les deux à la renverse. J’attrapais le revolver avec ma main droite. Il le tenait toujours. Je le giflais avec ma main gauche. Soudain, il m’envoya un coup de coude dans le foie. Sous l’effet du choc, je lâchais le revolver. Il se releva et me frappa le crane avec. Je ne renonçais pas pour autant.
C’était de la folie, il était bien plus fort que moi et je le savais. Mais je savais le sort qu’il me fixait. Et ça me donnait la détermination de me battre jusqu’au bout. Je le serrais à la gorge en essayant de l’étrangler. C’était de la folie. Il avait toujours le revolver en main.
J’entendis un coup de feu et je ressentis aussitôt une immense douleur à la jambe gauche. Je le lâchai et tomba sur le sol. Il se releva.
- Toi, t’es dure comme chienne ! Hurla-t-il. Tant pis pour toi, je vais devoir te plomber l’autre jambe et les deux bras avant de te casser le cul ! Et après seulement ; je te tuerai ! Mais d’abord, t’auras ma bite dans le cul ! Ça, tu peux en être sûre, sale chienne ! Tu vas la sentir !
Cette fois-ci, je perdis définitivement tout espoir d’en sortir. J’avais la jambe gauche en sang, une balle dans le genou et je ne pouvais plus bouger. Soukayna, ma fille. Je vais faire comme mon père. Je vais laisser une fille orpheline. Sauf que Soukayna n’a que moi comme parent. Son père n’est plus là. Maman est trop vieille pour la garder. Soukayna va finir dans un orpheSoukaynat.
A cette idée, j’éclatais en larmes. Meunier le vit. Sa seule réaction fut d’éclater de rire comme le pauvre type qu’il était. Je fis un effort surhumain pour me relever. Pas moyen. Ça le fit rire encore plus.
A ce moment, Souleymane entra.
- Wesh, Thomas, t’as du Sprite ?
Il me vit étendue par terre. Il n’a pas entendu le coup de feu. Et pourtant, Dieu sait qu’il a fait du bruit. Les murs devaient être insonorisés – ou alors il a déjà la bière, le con. Une sage précaution de notre légiste psychopathe. A mon avis, je ne devais pas être la première à se retrouver dans ce cas de figure.
- Thomas... qu’est-ce que tu lui as fait ?
J’espérais que Souleymane allait le désarmer. En tout cas, il était mon dernier espoir.
- Ecoute, Souleymane, lui dit Meunier, je vais t’expliquer. Cette salope a sorti un couteau et elle m’a menacée avec. Je devais bien me défendre. Je n’allais pas la laisser me...
- Souleymane, hurlais-je, ce n’est pas vrai ! Il ment !
- Ta gueule ! Hurla Meunier.
En même temps qu’il parlait, ce sale type dirigea son revolver sur moi.
- Avoue que tu mens ! Avoue !
Souleymane s’interposa.
- Thomas, je suis désolé, mais là tu vas trop loin !
- Personne ne sait que vous êtes ici, cria-t-il en riant, alors je peux vous crever tous les deux ! Et toi aussi, si tu ne me laisses pas buter cette chienne, je te tue ensuite ! Et si je ne la fourre pas elle, je te fourre à sa place ! A toi de voir !
- Jette cette arme !
Meunier, pour toute réponse, éclata de rire et donna un coup de revolver à Souleymane qui tomba à la renverse. Ce type était un fou. Un psychopathe avec des pulsions graves.
- Je vais te crever ! Je vais tous vous crever ! Dit-il en riant.
Souleymane se releva aussitôt et sauta sur Meunier. Les deux hommes tombèrent à la renverse. Ils se battaient au sol lorsque j’entendis un coup de feu. Souleymane se releva.
- Thomas ? Thomas !
Meunier était mort. La balle était partie. Et il l’avait reçu dans le ventre. Souleymane se pencha vers moi.
- Anissa ? Anissa, ça va ?
- Oui ! Oui, ça va ! Vite, appelle le SAMU.
- Mais... et moi ?
- Tu n’’as rien à te reprocher ! Tu m’as sauvé la vie et tu étais en légitime défense quand Meunier est mort. Appelle la police et le SAMU.
- D’accord !


***


Un mois s’était écoulé. Je pu sortir de l’hôpital. Pendant tout ce temps, je n’avais que très peu de visites. Maman, Omar, Zohra, Moussa et Souleymane, venu prendre des nouvelles. Et Soukayna. Ma petite Soukayna, que j’avais confiée à sa grand-mère. Elle ne savait pas pourquoi j’étais à l’hôpital. Surtout, nous avions tous évité de lui dire que je m’étais fait tirer dessus. Ça n’aurait pas arrangé les choses. Elle était beaucoup trop petite pour entendre des choses pareilles.
J’ai été convoqué à la police avec Souleymane pour expliquer les causes de cette histoire.
Le commissaire me reçut dans son bureau deux jours après ma sortie de l’hôpital.
- Bonjour, mademoiselle Chalfi. Je suis le commissaire Frantz.
- Enchantée, commissaire. J’ai beaucoup de choses à vous apprendre.
- J’espère bien. Parce qu’on a beau eu enquêter, nous n’avons trouvé aucune raison de votre présence chez le docteur Meunier. Néanmoins, nous vous devons, à vous et à Souleymane, une fière chandelle. Car voilà toute une série de viols et de meurtres résolus. Les murs insonorisés, cette villa isolée, un endroit idéal pour ces crimes.
- Oui, commissaire. Mais moi, c’est une autre affaire qui m’a conduit ici. Souleymane ne vous a pas encore parlé ?
- Parlé de qui ? De quoi ?
- De mon père. Le docteur Nasreddine Chalfi.
- Ah... oui, en effet. Il m’a dit qu’il était question de votre père, mais lui-même ne devait pas en savoir très long à ce sujet car les explications qu’il nous a fournies étaient bien confuses.
- C’est possible. Avant tout, je voulais vous dire que Souleymane n’est pas coupable. Au contraire, c’est lui qui m’a sauvé la vie ! Le seul coupable, c’est Meunier. Et il est mort.
- En effet. C’est bien la version de Souleymane. Vous me confirmez que le coup est parti tout seul, que c’était un accident.
- Oui. Je le jure.
- Très bien. Mais je vous en prie, racontez-moi tout. Pourquoi vous étiez vous trouvé chez ce légiste retraité assassin ?
- Eh bien, vous serez encore plus surpris lorsque vous saurez que votre légiste est en plus du reste, un menteur. Il a autopsié mon père, en 1982, après le prétendu suicide de celui-ci. Mais en réalité, j’ai mené ma petite enquête sur ce sujet et j’en suis arrivé à une conclusion un peu triste mais pour autant réelle : mon père a été assassiné !
- Et vous pensez que c’est Meunier qui a fait le coup ?
- Non. Il me l’a avoué lui-même. Il n’a pas tué mon père. D’ailleurs, il ne le connaissait pas. Et comme il me l’a avoué au moment où il était le maitre de la situation, je ne vois pas pourquoi il aurait menti. Et justement, il m’a avoué avoir menti à la police sur l’autopsie. Il y avait des traces de lutte sur le cou de mon père à qui on a forcé à avaler un tube de médicaments.
- Vous en êtes sûre ?
- J’en suis certaine. Faites une nouvelle autopsie par un légiste de confiance et vous verrez.
- Bien. Compte tenu des circonstances, je veux bien tenter l’expérience.

4. L’enquête de la police

Le mois suivant, le commissaire Frantz me reçoit à nouveau dans son bureau. Il m’apprend qu’une nouvelle autopsie a été faite sur le corps de Papa. Et des traces autour du cou de Papa ont été trouvées. Inconvénient : pas d’empreintes digitales. Le tueur portait sans doute des gants.
J’avais tort sur une chose : ce ne sont pas les médicaments qui l’ont tué. Le tueur lui a fait avaler ces médicaments après qu’il soit mort, pour faire croire à un suicide. Et il a posé la lettre de Tonton Omar sur la table afin de faire croire à un mobile de suicide. Un plan plutôt bien monté.
En revanche, j’avais bien raison sur le fait que Papa a été assassiné. Et sans moi, jamais on ne l’aurai découvert.
Maintenant qu’on sait qu’il y a un tueur, il nous reste à découvrir qui est ce tueur.
- Les suspects, dit Frantz, sont Omar, car il aurait très bien pu déposer lui-même sa lettre, Zohra, qui ne s’entendait pas avec son frère. Certes, ça ne constitue pas un mobile mais qui sait ? Peut-être une querelle particulière. Moussa, qui n’était pas non plus en très bon terme avec Nasreddine qui ne l’appréciait pas. Et Souleymane, bien sûr. Pourquoi serait-il intervenu ? Pour tuer son complice, c’est possible.
- Tenez-moi au courant.
- Ne vous inquiétez surtout pas pour ça !
La police menait son enquête. Mais tout ça ne devait pas s’arrêter là. Il fallait que je découvre cet assassin, moi aussi. Et jamais je n’ai été aussi proche de la vérité que maintenant.


***


Trois semaines plus tard, ma blessure était pratiquement guérie. Le médecin m’enleva le plâtre. Ce docteur n’était pas celui qui m’avait prise en charge. Je le questionnais quant au docteur Nermal, mon chirurgien.
- Docteur... docteur ?
- Docteur Kaïs, à votre service.
- Docteur Kaïs, vous avez des nouvelles du docteur Nermal, qui m’a soignée ?
- Le docteur Nermal est parti s’occuper de sa fille, elle est en train de divorcer.
- Ah. Désolée.
- Il n’y a pas de quoi.
Il hésitait avant de me poser une question qui avait l’air de le préoccuper, à ce que je vois.
- Excusez-moi, mademoiselle, j’ai peur de paraitre indiscret en vous posant cette question, mais...
- N’ayez pas peur, docteur. Dites-moi.
- Votre... votre nom de famille. Chalfi...
- Oui. Eh bien ?
- Sans indiscrétion, vous ne seriez pas la fille du docteur Nasreddine Chalfi ?
Décidemment, mon père connaissait tout le monde.
- Oui. Oui, je suis sa fille, oui. Vous... vous avez connu mon père ?
- Oui, je l’ai connu. C’était un amour, une crème d’homme. Le docteur Chalfi était un type brillant et intelligent. C’était presque mon modèle. Pas comme sa sœur.
- Sa sœur ? Tata Zohra ?
- Zohra, oui. Elle criait, l’insultait. Ils n’étaient pas du tout d’accord, et vers le début des années 80, la tension entre eux a décuplé.
- Vous êtes sûr ?
- Oui. Ma cousine travaillait au cabinet du docteur Chalfi. Et sa sœur avait les clés. Elle pouvait venir quand bon lui semblait. Et elle venait tout le temps l’énerver. Le docteur Chalfi faisait tous les efforts du monde pour rester calme. Mais à la fin, lui aussi finissait par péter les plombs. Pas devant les clients, heureusement.
Le début des années 80. Attends, il faut que je sois sûre.
- Vous vous souvenez de l’année exacte ?
- C’était surtout vers la fin 1981, début 1982 si je me souviens bien. Et en avril 1982, le docteur Chalfi s’est suicidé. A ce qu’il paraît, parce qu’il a appris que ses parents ont été massacrés en Algérie.
1982. Zohra avait les clés. Des tensions. Et les soupçons que j’avais là-dessus. Oui, tout concorde. Il me reste une dernière chose à voir.


***


Il fallait à tout prix que je confirme mon hypothèse avant d’aller en faire part au commissaire Frantz. Je suis allée à la villa de Meunier. C’était devenu un bâtiment du fisc.
Souleymane m’a conduit.
- Pourquoi tu tenais absolument à retourner ici, Anissa ?
- Cette fois-ci, il n’y a personne. C’est sans risque.
- Oui, mais qu’est-ce qu’on cherche ?
- Tu me dis que Meunier avait un journal intime ?
- Oui. Il me l’avait montré mais je n’ai jamais pu en lire même un extrait.
- Et pourtant, moi, je vais avoir besoin de le lire en entier.
- Tout son journal ?
- Non. Le chapitre 1982 me suffira.
Sur ceux, je descendis de la voiture de Souleymane, une petite Volvo rouge assez sale, et je me précipitais à l’intérieur de la villa de Meunier.
J’allais dans la salle à manger pour voir si son ordinateur était encore là. Il n’y était plus. Ça confirme ce que je pensais. L’assassin était au courant qu’il y avait une enquête. Il a donc détruit la seule preuve contre lui : l’ordinateur.
Mais il ne savait pas qu’une autre chose pouvait causer sa perte : le journal intime de Meunier.
Après quarante bonnes minutes de fouilles, je trouvais ce fameux carnet. Souleymane restait immobile à mes côtés. Je feuilletais le carnet et je trouvais les noms qui m’intéressaient. Le nom de Nasreddine Chalfi y était bien. Et celui de la personne que je cherchais y était aussi.
Ça y est. L’enquête est résolue.
Il faut que le commissaire Frantz rassemble tous les suspects demain.

5. L’assassin de Papa

Le lendemain, j’arrivais au commissariat. Soukayna est à l’école. Maman est avec nous. Après tout, cette histoire la concerne, elle aussi. C’est le meurtre de son mari dont il est question.
Frantz vient à ma rencontre. Je lui ai raconté tout ce que j’avais découvert. Mais il m’avait accordé de faire comme dans les films, où le détective se promène dans la salle en expliquant tous les détails et en annonçant le nom du coupable qu’à la dernière minute. Eh bien j’allais faire comme ça, moi.
J’entre donc avec le commissaire Frantz dans une salle du commissariat où se trouvent Maman, Zohra, Moussa, Omar et Souleymane. Je reste debout en face d’eux cinq, assis.
- Je pense que vous vous demandez tous pourquoi vous êtes ici ?
- On ne se le demande, plus, puisque tu vas nous le dire ! Me répond Souleymane.
- Eh bien, j’ai le plaisir de vous annoncer que le meurtre de mon père est résolu. Je sais qui est l’assassin. Car oui, mon père, Nasreddine Chalfi, ne s’est pas suicidé. Comme Tata Zohra me l’avait déjà dit, le coup de la lettre de Tonton Omar qu’il trouve dans la boite aux lettres et qu’il lit comme ça, qu’il apprend que ses parents sont morts et se suicide, ça ne marche plus. Cette lettre est tombée entre les mains du tueur, qui l’a donné à Papa au moment où il a été tué. Et il a été étranglé. Le coupable lui a fait avaler une boite de médicaments après l’avoir étranglé, pour faire croire à un suicide. Et le rapport du légiste a confirmé l’hypothèse du suicide, car le légiste était un criminel corrompu. Mais il n’y a pas longtemps, une nouvelle autopsie a été faite et cette fois-ci, un vrai légiste honnête nous a rapporté la vérité : Nasreddine Chalfi a été assassiné. Et l’assassin est ici présent, aujourd’hui. Dans cette salle !
J’ai adoré faire ça. Surtout de voir la tête des gens, qui se regardent les uns les autres, en s’imaginant que l’assassin est la personne assise juste à côté d’eux.
- Seule une personne qui avait les clés du cabinet de Papa a pu entrer et le tuer. Or, seuls son frère Omar et sa sœur Zohra avaient les clés. Et de plus, il se trouve que l’année de sa mort, en 1982, Papa avait fréquemment de violentes disputes avec Zohra. Ce qui fait d’elle une coupable idéale... mais pour autant, Zohra n’est pas coupable. En revanche, si on s’interrogeait plutôt sur qui était la cause de ces disputes. Un médecin qui a bien connu Papa, m’a dit, et a ensuite rapporté au commissaire Frantz, que Zohra et Moussa s’étaient fiancés en 1981. Et Papa n’aimait pas du tout Moussa, qui à l’époque était un alcoolique toxicomane !
- Je ne te permets pas ! Cria Moussa.
- Restez assis, Moussa, dis-je, vous ne l’êtes plus aujourd’hui. Mais à l’époque, vous l’étiez. Et Papa s’était opposé à votre mariage avec Zohra. Vous aviez bien vu qu’elle hésitait. Alors pour éviter d’être séparé d’elle, vous avez volé les clés de votre fiancée un soir, et vous êtes entré dans le cabinet de Papa, vous l’avez étranglé et ensuite, vous avez déposé la lettre d’Omar, qui l’a fait envoyer à Papa par la poste, à son cabinet. Et le légiste Thomas Meunier était votre ami ! Vous êtes allé au lycée ensemble !
- C’est faux ! Hurla Moussa.
- C’est vrai, répondis-je, calmement, et j’en ai la preuve. C’est dans le journal intime de Meunier.
Sur ceux, je sortis le journal que je montrais au prévenu. Moussa ne dit plus rien.
- Vous êtes démasqué. Vous avez pris son ordinateur pour être sûr de ne pas vous faire trahir mais vous ignoriez qu’il avait un journal intime. Et il dit précisément que c’est vous qui l’avez soudoyé pour qu’il mente à la police quant à l’autopsie en échange de dix mille euros plus votre silence sur ses activités de pédophilie.
Zohra a regardé Moussa. Celui-ci ne peut plus nier. Les preuves sont là. C’est bien lui qui a tué mon père.
- Moussa ! Qu’est-ce que tu as fait ? Demande Zohra à Moussa. Elle était aux bords des larmes.
- C’était pour toi, Zohra, dit Moussa, ton frère s’opposait à notre union. C’était... c’était la seule solution. Je suis désolé.
- C’était mon frère ! Hurla Zohra, cette fois en éclatant en sanglots. Mon frère ! Et tu l’as tué !
Moussa soupire.
- T’es fière de toi, petite chienne ? Me lança-t-il.
- Oui, lui répondis-je fièrement, parce qu’aujourd’hui, même si rien ne me ramènera mon père, au moins j’aurai la fierté d’avoir démasqué son assassin que je sais dès à présent en prison pour une bonne dizaine d’années !
Je me tournais vers le commissaire Frantz.
- Commissaire, emmenez-le !
Dire ça pour l’assassin de mon père. Peu de gens ont pu un jour dire ça dans cette circonstance. Frantz passa les menottes à Moussa que deux policiers emmenèrent avec eux en prison.
Maman me sauta au cou. Zohra me pris la main tandis qu’Omar me caressa les cheveux.
- Je suis désolée pour toi, Tata Zohra, dis-je, mais au fond, c’est mieux que tu continues à vivre avec un assassin sans savoir qui il était vraiment.
- C’est vrai, me dit Zohra. Je n’ai pas de rancune. Au contraire, je te trouve très digne de ton père.
Je souris. Souleymane restait dans un coin, à me regarder en souriant. Je m’avançais vers lui.
- Souleymane, lui dis-je, je n’ai pas oublié tout ce que tu as fait pour moi, toi aussi. Et ma petite Soukayna a besoin d’un père. Alors est-ce que tu accepterais de faire de moi la femme la plus heureuse au monde ?
Souleymane me pris les mains.
- Oui, dit-il.
- Mon chéri, murmurai-je.
Je le serrais contre moi. Ce soir, Soukayna ne sera pas orpheline. Au contraire, elle aura à nouveau deux parents. Et moi, j’aurai enfin cette satisfaction que je n’ai pas eue depuis onze ans. Enfin, aujourd’hui, je peux dire sans me tromper que Papa est fier de moi.

Epilogue

Mon mariage avec Souleymane, deux mois plus tard, a été un moment inoubliable. Tata Zohra était invitée. Tonton Omar aussi. Et Soukayna avait l’air d’avoir très bien adopté son nouveau papa. Et cela réciproquement. C’est elle qui nous apporta nos alliances devant le maire.
- Papa...
A-t-elle marmonné en donnant son alliance à Souleymane.
J’ai embrassé Souleymane. Toute cette histoire était à présent oubliée.
Cependant, lors du repas de famille durant lequel je mangeais à la même table que Maman, Omar, Zohra et bien sûr Souleymane (Soukayna était à la table des enfants), je vis passer au loin une ombre qui m’était familière.
Qui était-ce ?
Je décidais de me lever, prétextant une envie d’aller aux toilettes. J’allais vers l’endroit où j’avais vu disparaître cette ombre.
C’était le recoin d’un mur sombre. Je regardais à nouveau. Je ne vis rien. Je décidais de retourner rejoindre mes proches lorsqu’une main s’abattit sur mon épaule.
Je me retournais et je vis... Papa.
Non, ce n’était pas possible !
Papa... Papa, que fais-tu ici ?
- C’est bien, je suis fier de toi, me dit-il. Tu es ma fille chérie.
Je voulu le serrer dans mes bras mais mes bras se refermèrent autour du vide. J’avais rêvé, sans doute. C’était l’explication la plus logique.
Enfin, je laissais échapper une larme et j’allais rejoindre mes proches.
Qui était-ce ? Etait-ce vraiment Papa ?
Avais-je rêvé ?
Avais-je vraiment vu Papa ?
Je ne le saurais sans doute jamais.
Même s’il y a parfois des fois où on arrive à trouver, à revoir quelque chose, la plupart du temps, c’est la part d’incertitude en nous qui l’emporte.


Fin (ou pas, on verra bien...)
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Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

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The Marcheur Blanc · il y a
Assez différent du tome 1 mais toujours sympa a lire
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Khaoula Souini · il y a
Dans cette 2ème partie je retrouve ton style introverti de FLA quelle belle surprise!
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Carolina · il y a
Franchement bien, encore un nouveau style que je te connaissais pas mais qui te réussit parfaitement
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Ismahane KETURA · il y a
Je préfère cette fin au début, j'y retrouve plus ce que j'ai aimé chez toi le coté sentimental. Une like bien mérité
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Samira AlKalhouni DeSeimar · il y a
Cette fin me rappelle le génial FUCK LES AUTRES ! Rien que pour ca mon année littéraire est faite merci Chaïma
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Arnold · il y a
Pas mal du tout cette fin, t'aurais juste t'abstenir pour l'épilogue qui n'apporte pas grand chose sinon c'est parfait
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Samia Gms · il y a
J'avoue être un peu déçu de cette mort de Nasreddine, c'est pas que c'est mal imaginé mais je m'attendais a quelque chose de vraiment plus extraordinaire que ça surtout en sachant dans quels délires fantastiques survenus en plein monde réel tu nous a déjà si souvent entrainé. Ca reste quand même une bonne lecture, bravo pour l'idée et la manière dont tu l'as racontée. En espérant relire de nouveaux romans très vite
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Léonidas · il y a
Enfin, depuis que j'ai lu le tome 1 qui s'arrête pile au moment crucial j'arrêtais pas d'y penser et a me demander comment Anissa allait s'en sortir et qui a tué Nasreddine, ça fait déjà des questions en moins lol. Pas du tout déçu de ce tome 2 au contraire, c'est super bien pensé et toujours aussi bien raconté du Chaïma comme j'aile. Mets le en papier sur Lulu je l'achète tout de suite !
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Sytoun · il y a
Bien ficelé, l'énigme.
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Arman R. Medjin-Scénary · il y a
Soulagé d'avoir vu comment ça se termine avec cette ordure de légiste.
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Chaïma Miyla · il y a
Je ressens comme une forme d'amour pour toi envers ce personnage lol
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