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Moustique a disparu

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Loudecyr

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Le mystère de la chambre jaune, le chien jaune, la lettre écarlate, le rouge et le noir, le bleu du ciel, la jument verte, un taxi mauve. Antoine hésitait entre tous ces titres. Perché sur un escabeau, la main droite occupée à essuyer un reste de suie déposé sur une soucoupe abandonné là négligemment. Il avait très envie de lire quelque chose de nouveau, un roman léger, pour le changer de ses livres ardus, de ses ouvrages d’auteurs sérieux, de philosophes poussiéreux, des écrits parfois abscons de têtes bien faites et bien pensantes.

Il entendit des pas dans le couloir, des pas rapides, une petite voix qui chantonnait, il releva la tête, se tourna à moitié, prêt à descendre. Le grattement sur sa jambe gauche depuis qu’il s’était levé le reprit, il ne lui prêta pas attention. Tous les matins, pratiquement aux mêmes heures, cela le prenait. Cette sensation était vraiment agaçante. Un jour il se déciderait à faire quelque chose.

Céline arriva, ouvrant grand la porte provoquant un courant d’air croustillant qui sentait les odeurs mélangées de courgette, de tomate, d’échalote, et autres légumes du jardin.

- hum, ça sent la ratatouille, chic, chic lança Antoine qui examinait le dos particulier d’une petite cuillère où se lisait une inscription byzantine.
- As-tu croisé Moustique le questionna Céline, le regard fatigué.
- Hélas non, il doit flâner quelque part sur un chemin avoisinant, il doit musarder tel qu’on le connaît, il aime bien se promener, se dégourdir les papattes.
- Ah mince, s’exclama-t-elle, puis, elle ferma la porte. L’odeur envahissait doucement la pièce, aussi tendrement que l’aurait fait une libellule pour s’attirer les faveurs d’un mâle. Le silence frémissait entre eux.
- Au fait Rastignac a-t-il appelé ce matin, cela fait quatre jours qu’il n‘a pas eu sa piqûre, c’est bizarre. En même temps qu’il disait cela, le garçon descendit de son escabeau et vint se mettre debout devant la cheminée où tout un lot de petites tasses faisait figure de collection.
- Non, rien, aucun coup de téléphone, je suis très surprise. Brusquement elle s’interrompit. Antoine l’avait compris à demi-mot. Il lui fit un geste codé. Dehors le jardinier aux grandes oreilles passait et repassait devant les fenêtres aux rideaux tirés. Il avait l’ouïe tellement fine qu’il aurait pu entendre un chant d’oiseau dans les arbres à presque deux kilomètres de distance. Dans l’obscurité, la nuit, il entendait distinctement tout ce qui se passait dans le village, une chaise qu’on déplaçait dans une maison voisine, des outils qu’on rangeait, une conversation à voix haute.

Antoine et Céline avaient établi entre eux toute une série de gestes mystérieux que personne ne pouvait comprendre. Le jardinier leur paraissait suspect tellement il aimait parler et écouter ce qui se disait, mais il était dans la maison depuis tellement de temps qu’on ne pouvait l’enlever. C’était comme si on avait changé de place le grand fauteuil en tissu bleu nuit du grand salon où l’oncle Hubert venait s’asseoir le soir tombant, tous les jours. Il était bien assis, à rêvasser en fumant la pipe qui faisait de belles volutes pendant que le tictac de la pendule dorée au style Napoléonien rythmait la fin de la journée languissante.

- Tiens ! Etienne est dehors, il amène le lait, il boîte ce matin, remarqua Céline.
- Bon sang cria Antoine qui précipitamment ouvrit la porte, courut dans la maison jusque sur le pas de la porte et se précipita dans le jardin. Il fit un signe discret à l’homme qui tira la langue, elle avait une grosse tache verte au bout. Antoine comprit tout de suite. Il prit les bouteilles de lait et alla les mettre au frais dans la cuisine. Puis, préoccupé, il monta dans son petit bureau et se mit à noter plusieurs lignes d’une fine écriture serrée dans son carnet couleur jaune paille. Quand il eut fini, il but de l’eau fraîche au robinet, passa sa main dans ses cheveux et se massa le ventre de longues secondes.

Céline était sortie du séjour, avait pris le couloir pour se rendre au premier étage et se replonger dans son travail minutieux qui l’attendait et qu’elle avait laissé quelques instants en repensant à Moustique. Elle aurait bien aimé l’avoir à côté d’elle ce petit chien aux facéties toujours surprenantes, aux mimiques à faire fondre l’oncle, la cuisinière et surtout elle. Antoine, lui n’aimait pas les chiens. Il préférait les chats. Il avait passé toute son enfance entouré de chats, son préféré, Gobilou lui manquait terriblement. On l’avait retrouvé mort dans le jardin sans savoir ce qui lui était arrivé, à quelques mètres de l’animal on avait trouvé un objet insolite dans l’herbe, à moitié recouvert de terre. C’est le jardinier qui avait trouvé le chat sans vie, il avait aussitôt prévenu les deux adolescents de sa découverte. Antoine et Céline s’étaient précipités près de l’animal, la jeune fille qui faisait des grands cercles en marchant près du chat avait trouvé l’objet par hasard. Antoine avait été très affecté par la disparition de Gobilou, celui-ci avait quatre ans, il était très joueur. Il aimait beaucoup chasser des plus petits que lui dans le grand jardin.

Seulement Céline ne se souvenait plus du nom de cet objet. Elle réfléchit un instant. Elle pourrait demander à Antoine, il devait s’en rappeler. Mais elle hésita, elle n’allait pas le déranger à nouveau. Elle lui demanderait plus tard. Dehors le vent s’était levé et faisait du bruit, une fenêtre mal fermée claquait, une porte aussi à l’étage inférieur. Un couple de pies volait entre les arbres hauts, elle les regarda, admirative, puis se replongea dans sa lecture.

Ils ne se revirent qu’au moment du déjeuner, mais ne purent parler tranquillement car l’oncle était là avec des invités, deux messieurs en costume qui parlaient fort et n’arrêtaient pas de se resservir à boire. Heureusement que l’oncle Hubert avait été prévoyant en boisson, il devait bien les connaître. Les invités avaient à peine adressé la parole aux deux jeunes gens qu’ils voyaient pour la première fois. Antoine savait cela parfaitement, et se disait que s’ils revenaient une fois prochaine, il saurait bien trouver une idée pour les dégeler, il susurra quelques mots à l’oreille de Céline qui pouffa discrètement. Hubert, assis en face d’elle la regarda de son air irrité puis continua de déguster sa viande en faisant de gros morceaux qu’il mâchait longuement. Le repas se traînait, les trois hommes n’arrêtaient pas de discuter, avec des sourires entendus, de gros rires stupides, des mines réjouies. Céline soupira doucement en clignant de l’œil vers Antoine. Ils savaient bien aussi que l’oncle était très à cheval sur les bonnes manières à table, la discrétion, le respect des règles. On finissait le plat de résistance, le fromage allait être servi dans un instant. Antoine pensait qu’il leur faudrait encore une demi-heure avant de pouvoir sortir de table. Ils se regardèrent longuement l’un et l’autre, leurs yeux disaient la même chose, ils s’ennuyaient fort. Ni l’un ni l’autre n’aimait les façons de faire des deux imbéciles qui s’étaient échoués à leur table

Ils auraient préféré manger sur le pouce, dans la grande cuisine, avec Chantal la cuisinière qui faisait le service. Elle était enjouée et tous les trois s’appréciaient beaucoup. Chantal était au service d’Hubert depuis de nombreuses années, moins que le jardinier, qui lui avait vu Angèle, la femme d’Hubert, dépérir de plus en plus et finalement partir pour toujours après une maladie très éprouvante pour elle et son mari. C’est elle qui avait recueilli les deux adolescents depuis neuf ans, elle avait été extrêmement perturbée par la disparition de leurs parents et spontanément s’était proposée, généreuse qu’elle était, pour les héberger et leur donner un second foyer. Enfin, le repas fut terminé, les trois hommes passèrent au salon où le café fut servi, Antoine et Céline en profitèrent pour s’éclipser et allèrent dans le jardin où ils purent se dire ce qu’ils voulaient sans que l’oncle les entende.

Sur le coup de trois heures et demie, les deux messieurs repartirent, on entendit le doux ronronnement de leur grosse voiture qu’ils avaient garé non loin de la maison. Hubert rentra dans la maison et monta s’allonger un long moment dans sa chambre au second étage. Céline s’installa dehors avec une revue pendant qu’Antoine sortait sur son vélo pour faire un petit tour au village voisin qui se situait à presque six kilomètres. Jacques, le jardinier, quitta à vélomoteur la maison, il n’avait pas de voiture et il ne les aimait pas. Depuis qu’il avait eu un accident avec l’une d’entre elles, cela lui était resté en travers, aussi était-il très vigilant sur la route. Pour des déplacements plus importants, il prenait le car en serrant les dents, la peur au ventre. Quand il partait pour des destinations plus lointaines, il prenait le train, mais cela était rare. Chantal dans sa chambre se reposait en écoutant la radio, attendant l’heure de préparer le repas du soir.

Vers quatre heures et demi Hubert sortit de sa chambre, la bouche un peu pâteuse, il avait terriblement soif, il descendit lentement l’escalier de son pas lourd, et alla dans la cuisine pour se servir un grand verre d’eau. Il n’avait rencontré personne dans la maison, cela ne le surprenait pas, mais il eut la sensation qu’il manquait quelqu'un qui aurait dû être sur ses talons. Le chien, c’était lui... il se mit à l’appeler, « Moustique, Moustique ». Aucune réponse et aucun bruit de pattes sur le sol. Après s’être rafraîchi, il sortit et continua d’appeler. Céline à moitié endormie se réveilla et se leva péniblement. L’oncle arrivait près d’elle appelant toujours l’animal.

- Je t’ai entendu appeler Moustique, mais depuis ce matin je ne l’ai pas vu, je ne comprends pas.
- Où est-il ce chien ?... Pourquoi ne me l’as pas tu dis ce matin ou après le déjeuner ? Et où est Antoine, je ne l’ai pas vu non plus dans la maison.
- Il est parti à vélo au village, il rentrera tout à l’heure, par contre pour Moustique je ne sais pas.
- Ce serait bien de le retrouver, j’espère qu’il n’est pas très loin. Où est Jacques, il l’a peut-être vu lui...
- Je l’ai entendu partir après m’être installé ici pour lire, ça fait déjà un bon moment.
- Il est parti tôt aujourd’hui, comment ça se fait ?
- Je ne sais pas moi, je ne le surveille pas, il est assez grand.
- Oh, je sais, je sais. Ce qui m’embête c’est de ne pas voir Moustique, j’aimerais bien le retrouver. S’il te plaît Céline, préviens Chantal pour qu’elle nous aide à le trouver, j’ai un mauvais pressentiment, on ne sait jamais. Hubert la laissa et se mit à appeler le chien en parcourant le grand jardin. Céline ennuyée monta au second étage où elle trouva Chantal assise fermant les yeux pour mieux apprécier la musique, la grande musique qu’elle aimait. Cela la ramenait des années en arrière.

A regret elle abandonna Schubert, mit ses chaussures et accompagnée de Céline elles sortirent de la maison. Au loin elles entendirent Hubert qui appelait toujours. Ils cherchèrent longtemps le chien qui ne voulait pas se montrer, pendant une bonne heure ils regardèrent dans le jardin et autour de la maison, ils demandèrent aux voisins s’ils avaient vu Moustique quelque part, mais on leur dit que non, qu’ils n’avaient pas vu leur petit chien. Antoine qui revenait du village fut invité à le chercher également. Mais en vain... Hubert bougonna longtemps puis se tut, Céline s’inquiéta, Chantal pensive les laissa pour aller préparer le repas du soir, Antoine sensible à la peine de sa sœur la consola en lui disant qu’il allait revenir, que c’était une question d’heures. La soirée passa assez tristement, Moustique ne revint pas.

La journée du lendemain fut un peu plus morose, un peu plus terne, il manquait le chien qui parcourait les pièces et gambadait dans le jardin. Son absence ne passait pas inaperçu, chacun et chacune pensait qu’il allait revenir d’un moment à l’autre. Au début de l’après-midi, Hubert de plus en plus inquiet par sa disparition prit sa voiture et se mit à parcourir les routes avoisinantes pour voir s’il le trouvait. De temps à autre il s’arrêtait et sortait, regardant les alentours à la jumelle, les braquant sur des petits chemins, des endroits éloignés, s’égosillant à l’appeler, mais comme il ne se passait rien il rentra très contrarié à la maison. Il s’assit lourdement dans son fauteuil préféré et maugréa : « je ne comprends pas pourquoi il est parti, quel mouche l’a piqué, il est bien ici, nous l’aimons tous, il le sait. » Il disait cela comme si Moustique était plus qu’un chien, presque un enfant qui avait fugué et s’était enfui pour aller vivre autre chose ailleurs. Alors il resta silencieux et ni Antoine ni Céline n’osaient le déranger dans ses pensées, ils faisaient juste quelques commentaires laconiques et prudents.

Ils savaient bien que ce jeune chien qui avait trois ans en avait remplacé un autre plus grand, plus fort, un berger des Pyrénées très affectueux qui passait beaucoup de temps à l’extérieur, Hubert l’emmenait avec lui pour faire de longues promenades, Oslo avait un magnifique pelage et il était impressionnant, Hubert qui l’aimait énormément avait été très affecté quand son chien mourut de vieillesse, âgé d’un peu plus de neuf ans, il avait alors acheté Moustique, plus petit, plus malicieux, un Scottish noir élégant. C’est un an après avoir fait l’acquisition de ce nouveau compagnon que sa femme était définitivement partie, Hubert avait reporté son affection sur ses deux neveux mais aussi sur ce petit chien qui le lui rendait bien. Il aimait profondément les chiens et ne se voyait pas vivre sans un compagnon à quatre pattes.

La soirée fut ennuyeuse pour tout le monde. Céline était plongée dans un livre. Hubert distrait regardait à peine la télévision. Antoine alternait entre le petit écran et la lecture d’une revue qu’il posait sur la table ou sur ses genoux. Son esprit n’était pris par rien. Au bout d’une heure de ce petit manège à moitié distractif, ce fut Céline qui déclara qu’elle allait se coucher. Les deux hommes l’imitèrent et à dix heures tapantes la maison s’éteignit.

Le lendemain matin, juste après le petit déjeuner, Chantal lisait le journal local dans la cuisine, elle n’avait pas encore desservi les couverts dans la vaste salle à manger où dix personnes auraient pu se retrouver autour de la table. Son regard fut attiré par un gros titre en page cinq, elle lut rapidement l’article qui était court. Puis elle répéta « bon sang, c’est pas possible, c’est incroyable, bon sang de bon sang ». Elle resta un bon moment à fixer la feuille ouverte, les titres, la publicité où une jeune femme dénudée et au regard assez lascif posait à côté d’une voiture de sport. Elle comprenait à moitié ce qui s’était passé...

Tout à coup elle se leva, prenant le journal avec elle et se précipita dans la pièce où Hubert, Antoine et Céline devaient encore se trouver. Elle poussa la porte bruyamment et tous les trois se retournèrent en même temps. Chantal articula « Moustique, il est, on l’a pris, il est parti, ah les salauds ! Les saletés » et elle tendit le journal à la première main qui l’attrapa. C’était celle de Céline, elle regarda, vit le gros titre, lut en diagonale et muette tendit le papier à Hubert qui lut à haute voix une partie de l’article pour Antoine et pour eux tous. « Nous conseillons aux propriétaires d’animaux d’être très vigilants. En ce moment et ce depuis trois jours une bande organisée, se déplaçant en voiture dans notre région s’en prend aux chats et aux chiens qu’ils trouvent non accompagnés. Ils possèdent différentes techniques pour les attirer, les appeler et finalement les enlèvent, les chargeant dans leurs véhicules utilitaires. Nous pensons qu’il s’agirait d’une bande affiliée à un réseau dont l’activité principale est la fabrication et la vente de fourrure. Cette pratique est interdite en France, mais néanmoins des groupes peu scrupuleux et... » Il ne put pas finir, jeta le journal à terre et cria « ah les fumiers, les salopards, les tortionnaires........Moustique, mon petit Moustique ».

De rage, il s’en prit au journal qu’il piétina de longues secondes, il le déchira avec ses pieds en tournoyant sur lui-même. Sans dire un mot, il le mit en charpie. Antoine qui aurait voulu lire l’article entièrement se dit qu’il achèterait le quotidien au village dans la matinée, une fois l’émotion passée. Ils étaient complètement abasourdis par l’annonce de cet événement qui mettait un terme malheureux à la recherche du chien de la maison. Céline répétait doucement « pauvre bête, mon pauvre petit chien, petit boutdchou adoré, c’est pas possible, je peux pas y croire, c’est pas vrai, on va le retrouver, c’est pas possible on va le retrouver, je peux pas y croire, pauvre petit chien, Moustique adoré ». Elle se mit à sangloter, anéantie, éperdue d’amour pour ce chien qu’elle aimait énormément et qu’elle ne reverrait jamais plus. Hubert la prit dans ses bras pour la consoler.

Chantal interdite s’assit, pas une larme ne coulait sur son visage durci par la colère, une froide colère qui se transforma petit à petit en une rage intérieure, en un bouillonnement invisible. Seuls ses poings se crispaient et ses bras tremblaient. Antoine marchait de long en large triturant sa bouche, ses joues, son cou. Il s’arrêta et d’une voix forte les maudit. « De la fourrure avec des chiens, des chats !! Des imbéciles, des sans-cœur qui ne savent même pas respecter une vie. S’ils traitent comme ça des animaux, il ne faut pas s’attendre à ce qu’ils traitent bien leurs enfants, leurs femmes, leurs maris. De la fourrure, mon cul oui !! C’est de la merde, des foutaises ». Chantal leva les yeux vers lui. C’était la première fois qu’elle l’entendait parler comme cela. Hubert surpris par ce langage châtié et consolant toujours sa nièce affirma « j’en rachèterai un autre, pas un petit, un gros, un qui saura se défendre, à poil ras, pas un beau mais un teigneux, un berger ou un doberman, j’en rachèterai un autre, et celui-là ne sortira pas seul ou alors avec l’un de nous ».

La table du petit-déjeuner était toujours encombrée, il restait du café dans une tasse, quelques morceaux de pain traînaient, deux pots de confiture n’étaient pas refermés, sur le pot de lait en porcelaine jaune, quelques gouttes glissaient sur son flanc et formaient de petites traînées blanchâtres. Le silence fut interrompu par un bruit de pas venant de l’extérieur. C’était le jardinier qui venait pour les aider à chercher le chien. Il n’avait certainement pas lu l’article et il fallut bien lui dire ce qui s’était passé. Moustique n’avait pas disparu, il avait été enlevé, vendu, dépecé. Il n’était plus dans la maison, il était ailleurs. Seule sa belle fourrure lui survivrait...

Ce fut Antoine qui annonça la nouvelle au jardinier. Il était sorti pour lui dire, un vent très fort s’était levé et faisait voler la poussière du chemin. Ils fermaient à moitié les yeux pour se protéger, une main sur la bouche pour en avaler le moins possible. Mais Antoine avait préféré sortir en ayant pris soin de ramasser le journal qu’il tenait en boule à la main. Des petits morceaux s’envolèrent, poussés par le vent qui s’engouffrait par les fenêtres ouvertes. Sur le parquet de la salle à manger, restaient encore des fragments du journal qu’Antoine n’avait pas pu ramasser et que rejoignirent de petits résidus de papier entrés par la fenêtre grande ouverte.
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