Mort ! Mais comment ?

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Jusqu'ici, j'écrivais surtout des sketchs comiques que l'on jouait sur scène avec les collègues du club théâtre. J'ai découvert Short édition et me suis lancé avec délectation dans les  [+]

Image de Hiver 2021

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Le réveil sonne et je suis déjà sous la douche. Pas eu moyen de rester au lit ce matin. Trop excité ! Le premier jour de mon prochain boulot, j’y crois pas, je ne l’espérais plus après tous ces essais ratés. La finance ce n’était pas mon truc, compliqués la bourse, les warrants, les rendements sur actions… Enfin moi, je n’étais pas trop concerné, j’étais à l’accueil… C’est moi qui appuyais sur le bouton pour faire rentrer les clients quand même… Et puis j’ai été remercié comme on dit : un soir juste avant la fermeture j’ai fait rentrer trois personnes qui avaient des masques de Mickey sur la tête… On s’est retrouvés tous ligotés les uns contre les autres, c’était pas agréable, car j’étais tout contre André, le responsable d’affaire qui sue tout le temps… Je leur ai bien expliqué aux enquêteurs que je croyais que c’était Carnaval et c’est pour ça que j’avais ouvert, mais ils m’ont dit que Carnaval c’est au mois de février. On était en juillet… Il y a eu aussi la période commerce dans une grande enseigne de fringues classes ! Mais il y a eu cette pénible histoire de manteau en alpaga emprunté pour un soir et rendu taché… C’est de la faute des copains, ils m’ont fait goûter leur punch après avoir mangé et je n’ai pas supporté… J’ai tout vomi mon couscous sur le manteau. J’étais mal… Le manteau aussi… L’harissa, ça colore bien l’alpaga…
Heureusement, Maman a pris les choses en mains, comme elle dit. Elle m’a inscrit à l’école de police pour que je devienne inspecteur. Je trouvais ça cool « Monsieur l’Inspecteur », comme sur Netflix… Maman, elle m’a raconté, qu’un jour elle a surpris son frère tonton Jacques avec une brebis dans sa chambre à la ferme. Il faut dire que les parents de Maman étaient paysans… Il paraît que tonton Jacques est devenu tout rouge et qu’il disait qu’il s’était rien passé ! Maman l’a cru qu’à moitié. Il avait quand même la culotte sur les chevilles et la brebis elle bêlait vraiment très fort… Il a promis qu’il ne recommencerait plus en la remontant (la culotte pas la brebis ! Quand même…). Maman elle a dit qu’elle ne dirait rien à personne, mais que elle, elle savait…
C’est pour ça quand nous sommes allés voir à l’école de police où tonton est directeur pour m’y faire rentrer, il ne voulait pas au début parce que je n’ai pas le niveau scolaire qu’il disait et que c’était contraire à sa déontologie… Maman, elle ne s’est pas démontée, elle a juste fait : « Bêê... bêê... ».
Tonton s’est occupé de tout : des faux diplômes, des lettres de recommandation… et il m’a fait rentrer en cours d’année à l’école de police. Il a bien fait parce que j’ai terminé major de promo ! Bon, c’est vrai qu’avant chaque interro il passait voir Maman et lui donnait les corrigés… Il a dit à Maman qu’il avait hâte que ça se termine, qu’il allait devenir chèvre…
Il ne faut pas que je sois en retard pour le premier jour. J’ai rendez-vous avec le Commissaire Titude à 9 heures. Je sais qu’il a reçu mon dossier complet envoyé par tonton Jacques et même que tonton il a passé un coup de fil à mon chef pour lui dire comment j’étais bon.
Quand je suis arrivé au commissariat, tout le monde était déjà au courant qu’un nouveau allait arriver. Même le planton m’a dit que le taulier m’attendait et que j’avais de la chance d’avoir été choisi, car le boss c’est une pointure. Arrivé devant la porte du commissaire : Toc Toc…
— Entrez.
La voix est grave, j’entends rien que dans ce mot, l’homme sûr de lui, le chef, l’exemple. Je pousse la porte et je me présente comme Maman m’a fait répéter à la maison.
— Inspecteur NAREF Jean Paul. Au rapport monsieur le commissaire. 
— Pas de ça avec mes gars. Tu diras « Chef » comme tous tes collègues. J’ai vu ton dossier… Eh bien, c’est élogieux. Ne te reste plus qu’à mettre tout ça en pratique.
Le commissaire est interrompu par la porte que le planton entrouvre.
— Excusez-moi chef, un appel d’un gonze qui a vu le cadavre de son voisin chez lui et qui ne sait pas quoi faire.
Le commissaire, enfin le chef se lève d’un bond, s’interroge d’un air soucieux :
— Cécel et Ali sont déjà en opération… 
Se tournant vers moi : 
— Tu va y aller Jean Paul, le planton va t’accompagner et tu me tiens au courant. Allez, on bouge !
Ouah, ma première affaire, je vais les épater, Maman va être contente de moi ! Le planton me tire par la manche pour m’indiquer où sont les voitures de fonction. Il ne reste qu’une Clio blanche.
— Je prends le volant, tu m’indiqueras la route, dis je en démarrant promptement après avoir mis la lumière bleue et le pimpon.
Pas plus de cinq minutes plus tard, rue des Héros, le planton me hurle :
— Stop, c’est au 14, là ! 
Surpris d’avoir été prévenu trop tard, je mets un violent coup de frein pour me garer contre le trottoir sur lequel je monte sans ménagement. La manœuvre fout la frousse à une personne qui s’y trouvait. Ne sachant pas de quoi il s’agit, le gars préfère partir en courant en sens inverse.
Le voisin qui a appelé la police attend devant la maison en question. Je sors vivement de la voiture et j’ordonne au planton :
— Prends la déposition du voisin, je monte sécuriser les lieux.
J’ai vraiment l’impression d’être « Nounours » dans « Engrenages », j’adooore ce métier…
Arrivé dans le salon, je découvre un corps d’homme allongé de tout son long sur le dos. Moi, je n’aime pas trop les morts, mais je m’approche quand même. Il a l’air dead ! Je fais le tour du salon : petite bibliothèque, une bougie bleue « sent bon » se consume doucement, un petit bar. Je l’ouvre et je découvre une bouteille de cognac. Eh bien, je me dis une première affaire ça s’arrose : je sors un verre que je remplis copieusement et repose la bouteille sur le meuble. Hélas la bouteille, placée trop près du bord bascule et vient se fracasser à côté des jambes du macchabée. Panique, affolement en essayant de la rattraper, je bouscule la bougie qui à son tour tombe sur le cognac. Flaoum ! Le liquide s’enflamme : effet omelette norvégienne garanti ! Aïe aïe aïe, vite je dois faire quelque chose. Dans l’entrée j’ai vu un extincteur. Je cours, le saisis et retourne où le mort se carbonise tout en regardant le mode d’emploi sur l’extincteur. Arrivé dans le salon, je me prends les pieds dans le tapis et je sens que tout bascule. Me voilà en mode ralenti, comme sur Netflix pour les cascades importantes : mon corps sans appui est attiré par le sol, les mains toujours autour de l’extincteur qui m’échappe doucement, mais inexorablement. Dans une dernière volonté de bien faire, je l’éjecte avec force vers le haut. Il décrit une jolie volute au ralenti alors que mon corps s’écrase sur le début d’incendie. L’extincteur finit par percuter avec violence le côté droit du crâne du mort. Malgré la violence du choc, celui-ci ne bronche pas. Il est bien mort… Aïe aïe aïe, j’ai tué le mort ! En me relevant, je m’aperçois que ma chute a soufflé le feu. Enfin une bonne nouvelle. Ne reste plus que quelques traces sur le pantalon de la victime. Je récupère l’extincteur et c’est à ce moment-là que les pompiers, prévenus par le planton, arrivent sur les lieux. Sans un mot, un pompier se penche sur le corps, prend le pouls, examine le crâne explosé par l’extincteur et se tourne vers moi en faisant « non » de la tête.
— On vous le laisse, il est mort d’un coup important sur la boite crânienne, je vais mettre cela sur mon rapport, c’est à la police scientifique de bosser… Salut ». Ils font demi-tour et quittent la maison.
« La cucaracha, la cucaracha… »
Mon téléphone me sort de mon mutisme.
— Allo, Jean Paul, où en es-tu ?
C’est le chef !
— Sur place avec le planton qui interroge le voisin ? Je fais les premières constatations…
— Et alors…
— Il s’agit d’un homme qui est décédé… 
— Oui, on savait ! C’est un homicide ? 
— Euh, il semble oui ? balbutiai-je.
Que faire, que dire, pas le premier jour, oh non, Maman va être folle de rage !
Il faut que je dise quelque chose…
— Oui c’est un homicide, la victime a été tuée par un coup… d’extincteur…
Je regarde autour de moi paniqué et je me rappelle du pantalon brûlé !
— Juste après avoir été torturé par brûlure aux jambes.
— Un homicide avec torture, tu as tiré le gros lot Jean Paul. Tu es allé vite en besogne, tu vas t’en occuper… La police scientifique arrive et le toubib de l’IML. On se voit après. Bravo Jean Paul.
Et moi je n’ai pas pu m’empêcher de lui répondre :
— Normal chef, c’est une affaire simple… 
À peine raccroché que je vois débarquer le toubib. La cinquante-cinquaine bedonnante, plutôt sympa à première vue.
— Alors c’est toi le nouveau. Il est où le client ? 
Arrivant près du corps, il se penche et y fait les « papouilles » d’usage. 
—  Il a pris un coup sur le côté droit du crâne avec un objet contondant.
— Je l’ai l’objet contondant toubib ! C’est cet extincteur, regardez il y a une trace de sang dessus.
Je lui montre fièrement l’éteint feu.
— Ouais, tu as raison ! Ça sent le cramé, sniffe-t-il en regardant son pantalon brûlé. 
—  Mais oui, on a dû vouloir le faire parler le lascar. Encore une affaire de drogues. Enfin, c’est pas à moi de dire cela, c’est à toi. Allez je l’embarque à l’IML pour en faire des lasagnes, rigola-t-il.
— D’accord avec vous toubib, c’est une affaire de drogue certainement. Je vous laisse emmener le bébé, je retourne à la maison poulaga.
Cette fois-ci j’avais l’impression d’être le commissaire Moulin…
Le lendemain matin, j’arrive au bureau de bonne heure. Enfin, ce que je pensais être de bonne heure, car le commissaire y est déjà avec tous mes collègues…
— Jean Paul, dans mon bureau !
Hola, même pas le temps de prendre un caoua… C’est l’usine ici.
— J’arrive chef.
Je file voir le commissaire dans son antre.
— J’ai reçu le rapport des techniciens. Pas de trace d’un autre individu dans la maison. Par contre vos empreintes et ADN sont partout, c’est quoi ce bordel… éructe-t-il.
— J’ai fait au plus vite chef, je n’avais pas encore perçu mes gants en latex ni mes surchaussures… je m’excuse.
— Ah oui, c’est vrai, t’as raison… Raymond, notre scribouilleur a fait des recherches concernant la victime. Il est clean. N’apparaît dans aucune base. Et on a trouvé aucune trace… Son dossier médical indique deux attaques cardiaques il y a quelques mois c’est tout ce qu’on a ! me dit-il.
Me voilà presque découvert, oh mon dieu mon dieu ! Que va dire Maman ? Je dois réagir, trouver une solution pour m’en sortir, pour Maman…
— Ça me revient, quand on est arrivé avec le planton, j’ai vu un type qui a filé à toute vitesse à notre arrivée… je murmure en portant ma main au front.
— Important ça ! On va faire un portrait-robot ! J’appelle notre spécialiste, se réjouit le chef. Je n’ai une fois de plus pas pu me taire et ai ajouté, fier de moi :
— Pas la peine, chef ! J’ai un bon coup de crayon. Vous avez du papier et un H4 ?
— Il sait tout faire ! se dit-il à haute voix en prenant un bloc et un crayon dans son tiroir. Installe-toi à mon bureau, j’ai envie de voir cela.
Il se lève et me fait asseoir dans son fauteuil de chef.
Maintenant que je suis installé, il faut que j’y ponde un dessin, mais que dessiner, le type à qui j’ai foutu la frousse avec la Clio, je l’ai à peine vu. En levant la tête, j’aperçois le calendrier des pompiers de la ville type chippendale. Voilà, c’est lui que je vais faire. C’est vrai que j’ai toujours su dessiner. J’ai fait plein de portraits de Maman… Rapidement, le contour est tracé, les proportions respectées, les ombres placées, et le dessin semble être une photo noir et blanc. À peine terminé que le boss s’empare du portrait et va le porter au bureau attenant.
— Portrait robot à distribuer de suite, attention l’individu est potentiellement dangereux.
Il revient dans son bureau, me tend la main : 
— Bravo Jean Paul ! Et bienvenue dans l’équipe ! Maintenant tu me rends mon fauteuil, finit-il en rigolant.
Ouf, je m’en suis bien sorti encore cette fois ! Je vais m’asseoir à mon bureau pour me reposer un peu. J’aurais bien fait la sieste…
Moins d’une heure plus tard, le planton déboule dans le bureau en beuglant :
— Ça y est on l’a arrêté ! Chef on a chopé l’assassin !
Branle-bas de combat dans les bureaux. Un policier arrive en tenant fièrement un homme par le poignet qui a l’air de débarquer de la planète Mars.
— Vite, dans la salle d’interrogatoire. Jean Paul avec moi pour le passage au gril ! lance le commissaire.
Nous voilà dans une salle sans fenêtres avec une vitre sans tain. C’est dingue, j’ai vraiment l’impression d’être dans une série ! Je me surprends même à chercher les caméras qui filment l’épisode.
— Alors, où étais-tu hier après-midi ? Tu ferais mieux d’avouer tout de suite, le juge pourra être clément avec toi. Pour qui tu deales ? assène le commissaire pour le mettre de suite mal à l’aise.
— Mais, pourquoi je suis là ? Je suis de contrainte ce soir à la caserne. Il faut que j’y aille, s’étonne le pompier
— Tais toi ! Où étais-tu hier après-midi ? en tapant du poing sur la table.
— Hier aprèm ? Ça me gêne parce que je n’étais pas seul, c’était mon jour de repos, et je vais sur adopteunpompier.com. Et hier après-midi j’ai été adopté… Vous voyez ce que je veux dire ?
— On s’en fout, accouche ! assène le chef
— Bon d’accord, mais enfin c’est gênant… c’est une femme mariée. Elle s’appelle Émilie…, avoue le pompier bogosse.
Le commissaire fronce les sourcils. N’a même plus besoin de parler pour faire peur. Il est bon le chef !
— Émilie euh, son nom il était drôle… Je l’ai vu sur sa carte bleue quand elle a payé la chambre :
Mitube, Mitude enfin un truc comme ça… dit-il avec un air fiérot.
Le commissaire se liquéfie, il s’arrête de respirer… Et bien sûr, je ne peux pas m’empêcher d’ajouter :
— Titude ? Comme le commissaire pendant que tu y es ! Je crie d’une petite voix que je ne veux pas aussi aiguë.
— Oui, c’est ça ! Émilie Titude. C’est elle, une belle fausse blonde ! exulte-t-il, gestes à l’appui. Le commissaire s’avachit sur sa chaise et dans un souffle :
— C’est elle ! C’est elle la fausse blonde… elle m’avait dit qu’elle allait chez sa mère pour faire des confitures…
Des larmes commencent à perler sur ses joues. Et voilà, je suis de nouveau dans des ennuis, inextricables, poisseux comme de la confiture de fraise… Putain non, pas la confiture ! Je dois prendre les choses en main ! D’abord dégager le pompier.
— Bon, monsieur le pompier, merci beaucoup pour tous ces renseignements qui nous seront très utiles pour l’enquête en cours. Vous pouvez rentrer chez vous. Excusez-nous pour le dérangement. En disant cela, je serre la main du « pompier à adopter » et le dirige fermement vers la sortie. Il ne demande pas son reste et disparaît. Maintenant au tour du Chef.
— Chef vous devez prendre votre journée, je pense que… Émilie a besoin de vous. Si vous le voulez, je m’occuperai de clôturer cette enquête. Allez Chef, séchez vos yeux et allez éteindre ce feu… Euh non pas ce feu… allez régler cette affaire avec madame la Commissaire…
Je le fais se lever doucement, le dirige aussi vers la sortie. Une main sur l’épaule je lui dis :
— Je suis avec vous chef pendant ce difficile moment.
Il me regarde vaguement me prend dans les bras et murmure :
— Merci, Jean Paul. Je t’en prie, garde cela pour toi, je saurais m’en souvenir…
Il me fait une accolade et s’en va en titubant dans le froid malgré le soleil qui darde ses rayons.
Pas de temps à perdre. On n’a plus d’assassin. Tant pis on fera sans. Je fais un rapport comme ils m’ont appris à l’école de tonton Jacques. Les faits, que les faits qu’ils disaient les profs.
— Après recoupements nombreux et précis, nous pouvons affirmer que la victime, maladroit notoire, après le repas, désirant prendre un digestif, a brisé accidentellement sa bouteille de cognac, le liquide alcoolique s’est répandu sur son pantalon et sur le sol. Dans l’énervement de la situation, il fait choir une bougie allumée pour couvrir les effluves de son repas du midi, ce qui provoque l’inflammation du cognac sur le parquet du salon et le bas de son pantalon. La victime, affolée s’est précipitée sur son extincteur qui se trouve dans son entrée, mais en revenant sur le lieu du début d’incendie il glisse sur la flaque de cognac et dans sa chute projette ledit extincteur en l’air en même temps qu’il chute lourdement à terre, ce qui étouffe les flammes naissantes. L’extincteur, par malchance, retombant lourdement, lui défonce la boite crânienne ce qui provoque un arrêt cardiaque qui entraîne le décès de la victime. 
Affaire résolue ce jour, Inspecteur Naref Jean Paul du commissariat central.
Le planton arrive en courant en s’adressant à la cantonade :
— Une femme a été retrouvée chez elle, a priori morte. Qui prend l’affaire ?
— J’ai résolu l’affaire de l’homme maladroit. Je prends la suivante, dis je en me levant. Le planton, tu viens avec moi. On forme une bonne équipe. Et nous voilà à courir chercher la Clio.
Cette fois-ci je fais attention en me garant d’autant plus qu’une petite foule s’est formée devant la maison. J’ordonne au planton (c’est vrai c’est moi le chef…).
— Canalise la foule, je vais voir de quoi il s’agit.
Et je fends la foule pour parvenir à la porte. J’entends une femme qui dit : « Attention, elle a un chien et il n’est pas facile ! »
Dès que j’entre dans la maison, j’entends un grognement qui m’alerte. Je sors mon arme de service, prêt à me défendre contre le molosse. Je découvre le corps allongé : femme, la quarantaine, plutôt classe. Je me penche pour vérifier si elle est morte, mais suis gêné dans la manœuvre par un caniche nain blanc hors de lui qui vient aboyer à mes oreilles. Surpris par l’attaque, dans une sorte de réflexe archaïque, je tire sur le chien pour éviter qu’il ne m’attaque. Ouf, je l’ai loupé ! Le chien apeuré par le bruit devient hystérique et se carapate par la porte d’entrée que je n’ai pas fermée. Je ricane en pensant qu’on n’est pas prêt de le revoir le clebs. Je retourne à mes observations et là, horreur ! J’ai loupé le chien, mais la balle a explosé la tête de mon cadavre. Merde ! J’ai encore tué le mort !
Maman va m’en passer une… Au loin, j’entends les pompiers qui approchent. Vite, il faut que je trouve une solution…
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