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Marguerite

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Tout allait mal, elle venait de perdre son emploi de lingère, son petit ami l'avait laissée tomber pour une autre, ses voisins la toisaient de haut, ses copines ne lui adressaient plus la parole, l'épicier se sauvait quand elle arrivait dans son échoppe.
Sur son épaule, non ce n'était pas un tatouage, mais une marque en forme de lys imprimée dans sa chair. Elle avait couché avec un apothicaire de ses amis, celui-ci n'attendait que ça pour la dénoncer, il s'avait que le roi lui avait demandé sa main.
Les gardes du roi l'avait trainée sur la place publique. Après 20 coups de fouets, elle subit la flétrissure. Morgane s'évanouit de douleur en sentant la morsure du fer rouge sur sa peau. Elle se réveilla sous les quolibets de la foule en colère : "sale petite trainée", "misérable folle", "vilaine menteuse".
Son frère de lait lui proposa de l'épouser, mais elle était tellement honteuse qu'elle l'envoya ballader.
La pauvre fée Morgane avait été victime d'un coup de "braguette magique", pas de baguette mais de braguette. L'apothicaire jaloux avait réussi à percer son secret, c'était bien une fée ! Il savait qu'en la mettant dans son lit ce serait plus facile de lui faire du mal. Il mit un philtre d'amour dans sa boisson en prononçant un mot magique pour qu'elle soit toute à lui. Morgane qui n'avait jamais été aimée tomba de haut quand elle apprit ce qu'il lui avait fait. Elle perdit tous ses pouvoirs. A présent, elle était une mortelle comme les autres.
Morgane se terrait dans sa mansarde. Il fallait qu'elle parte rapidement. Bientôt les mauvais gars du village viendraient tambouriner à sa porte, comme l'autre fois. Fort heureusement le curé qui passait par là réussit à les mettre en fuite. Sinon elle n'aurait pas donné cher de sa peau, elle aurait été certainement battue et violée.
La nuit commençait à tomber, Morgane prit quelques effet, se revêtit de sa capeline et se munit de sa crosse de bois. Elle jeta un œil dehors : les ruelles étaient désertes, tous les volets étaient fermés. Refermant la porte doucement derrière elle, Morgane sortit en rasant les murs. Il fallait qu'elle atteigne la forêt. Elle trouverait certainement une petite cabane abandonnée. Et puis non, c'était trop risqué, ils finiraient par la retrouver.
Arrivée à la forêt elle prit le chemin qui menait au village voisin.
Elle marchait depuis quelque temps, quand elle entendit au loin des bruits de sabots, elle se retourna et vit un carrosse qui approchait, vite elle s'aplatit dans les herbes hautes. Le carrosse s'éloigna, Morgane poursuivit sa route. Elle marchait depuis quelques heures mais elle n'était pas fatiguée, la peur lui avait donné des ailes.
Devant elle, une forme s'approchait, on aurait dit quelqu'un, Morgane se cacha dans un fourré, c'était un jeune homme armé d'un bâton accompagné de son chien. Viviane trembla et retint son souffle, si le chien la trouvait, c'en était fini d'elle. Mais l'homme le tenait en laisse. Elle attendit qu'ils soient loin pour sortir de sa cachette et continua sa route.
Il faisait moins nuit, un hameau se dessinait dans le lointain, encore un peu de temps et j'y serais se dit Morgane, rassurée.
C'était un joli village avec des rosiers partout. Morgane avisa une grange ouverte et se cacha dans paille où elle s'endormit. Quand elle se réveilla la nuit commençait à tomber, elle avait dormi toute la journée ! elle mordit dans le morceau de pain qu'elle avait apporté et but à la mamelle le bon lait chaud d'une vache. Elle ne pouvait pas rester, ceux du carrosse qu'elle avait croisés pouvaient la reconnaître. Elle résolut de poursuivre son chemin jusqu'au prochain village.
Elle cheminait déjà depuis quelque temps quand elle vit au loin comme une poussière, puis des bruits de sabots, c'était des chevaliers qui arrivaient ! Le cœur battant, elle se dissimula derrière un arbre en dérangeant une chouette qui poussa des hou, hou, hou... Un papillon de nuit lui frôla la jour, un mulot débusqué courrut se cacher. Morgane sortit de sa cachette et poursuivit sa route. La fatigue commençait à la gagner, elle avait beaucoup de mal à mettre un pied devant l'autre et fit une halte dans un bosquer de noisetiers. Elle reprit sa route, la lune complice l'éclairait : la silhouette d'un clocher se profilait à l'horizon. Je suis bientôt arrivée, se dit-elle.
Je jour commençait à se lever, arrivée dans le village qui n'était en fait qu'une rue. Morgane, à bout de souffle s'écroula par terre en gémissant. Une femme ouvrit ses volets et la vit.

- Mon enfant, que vous arrive-t-il ? dit la femme en l'aidant à se relever,

- Je ne sais pas Madame, répondit Morgane,

- Vous ne pouvez pas rester là, dit la femme en la soulevant.

La femme la fit asseoir, et, devinant qu'elle avait faim sortit une miche de pain, en coupa quelques tranches qu'elle mit devant Morgane avec un bol de lait et une assiette de fromages. Morgane ne se fit pas prier et mangea avec appétit. Son repas terminé, ses yeux se fermaient malgré elle. Morgane luttait pour ne pas s'endormir,

- Vous êtes trop fatiguée pour continuer votre route, acceptez mon hospitalité, je vais vous montrer votre chambre. Avant je vais tirer de l'eau pour faire chauffer votre bain, lui dit la femme.

- Vous êtes très bonne, le bon Dieu vous le rendra.

Mes prières ont été entendues, je suis bien tombée, se dit Viviane qui regardait autour d'elle.
La maison était bien tenue, tout reluisait de propreté ; un rouet muni d'une quenouille garnie de laine attendait devant la fenêtre.

Une odeur agréable de rose se répandit dans la pièce, Morgane se glissa dans l'eau chause du baquet et se savonna. Son hotesse lui donna une serviette en lui tournant le dos.

- Je vais vous montrer où vous allez dormir,

la femme lui montra une chambre où trônait un lit surmonté d'un énorme édrondon.

- Quelle belle chambre ! dit Morgane,

- C'était la chambre de ma fille avant qu'elle ne se marie. A présent elle vit à mille lieues d'ic et je ne la vois guère plus. Voici une chemise pour dormir et une robe pour demain, poursuivit la femme.

A peine couchée, Morgane tomba dans les bras de Morphée et rêva de sa mère. Adolescente, elle aimait faire la grasse matinée le dimanche, et sa mère lui apportait son petit-déjeuner sur un plateau. Tout allait bien en ce temps-là, elle connaissait l'insouciance de la jeunesse avec une mère aimante.
Toc, toc, toc... Morgane ouvrit un œil, il faisait jour, le soleil filtrait à travers les interstices des rideaux, les petits oiseaux chantaient, la porte s'ouvrit et elle vit sa mère s'approcher avec une tasse de chocolat fumant et des croissants sur un plateau. Morgane se frotta les yeux, oui, c'était bien sa mère !

- Bonjour ma fille, tu as bien dormi ?

- Bonjour Maman, ah, si tu savais le cauchemar que j'ai fait ! j'étais poursuivie par les chevaliers du roi, ils voulaient me torturer, j'ai réussi à m'échapper et une gentille dame m'a secourue,

- Ce n'est pas étonnant, hier soir, tu as regardé "Milady et les trois mousquetaires", et tu aimes bien ce genre de film,

- Ah, oui, c'est vrai, répondit Morgane. Mais dans mon rêve, c'est drôle, tu sais, le fils du pharmacien dont je suis éprise ressemblait à l'apothicaire méchant qui m'avait dénoncée !

- C'est un Dom Juan fini, surtout ne sort pas avec lui !

C'est peut être mon subconscient qui veut me prévenir songea Morgane en trempant un croissant dans son chocolat...
Des rumeurs s'étaient répandues à son sujet ; il aurait promis le mariage à une jeune fille et l'avait laissée tomber. Humiliée, celle-ci avait quitté la ville. Une autre fois, il s'était arrangé pour que sa fiancée du moment le surprenne au lit avec une conquête. Il avait même séduit une femme qui voulait prononcer ses voeux ; il avait été rossé par ses frères. Mais rien ne l'arrêtait. C'était le chéri de ses dames et leurs regards admiratifs flattaient son égo. Il était beau, plus beau qu'un dieu...
D'habitude, elle ne faisait pas attention aux racontars. Il était très sociable, voire gentil.
Elle se promit de faire très attention. Sa mère qui s'était mariée vierge, lui vantait les vertus de la virginité. En ce temps-là, les femmes mettaient un point d'honneur à veiller à leur réputation. Ce n'était pas aussi idiot qu'on pouvait le croire, c'était même un conseil avisé. Cela lui éviterait bien des inconvénients...


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Utilisateur désactivé · il y a
Rêve ou cauchemar, ceux-ci ont toujours un fond de vérité, ++ 1
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Pabauf · il y a
L'idée est séduisante, mais le texte mériterait, à mon avis, d'être retravaillé pour être plus dense et plus clair, aller à l'essentiel. Certains événements qui se répètent (elle se cache au passage de quelqu'un sur la route, elle arrive dans un village...) alourdissent la narration sans vraiment la faire progresser.
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Marguerite · il y a
Merci Pabauf pour votre sincérité, vos conseils, c'est constructif. C'est dommage que vous ne soyez pas près de moi !
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Emma · il y a
Le rêve dans le rêve... J'ai bien aimé l'idée. Sans doute pouvez-vous resserrer un peu le texte pour lui donner plus de force, mais j'aime vraiment bien cette façon de faire des boucles.
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Marguerite · il y a
Votre commentaire m etrès fait plaisir. Qu'entendez-vous par "resserrer un peu le texte", (supprimer des interlignes ?) et ""faire des boucles", j'attends avec impatience vos conseil avisés.
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Emma · il y a
Je vous répondrai en message privé mais dans quelques heures !
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