Monsieur Paul

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Au-delà des mots passent des ressentis et émotions de toutes sortes. J'aime beaucoup lire mais aussi composer quelques oeuvres poétiques, formuler mes états d'âme du moment. Le verbe est un  [+]

- L'écho du jour ! demandez l'écho du jour !
Le jeune homme qui distribue le journal a l'air excité ce matin. Il faut dire que le scoop est de taille. Le titre à lui seul se passerait de commentaire...
" Un fantôme hanterait les alentours de la mare au diable ".
A la tombée de la nuit, revenant du pays voisin, John, un jeune du village, affirme avoir vu et entendu l'ancien propriétaire d'une maison désaffectée, à proximité de la " mare au diable ". Quand on sait que monsieur Paul, mort depuis des années, est enterré dans le petit cimetière, il y a de quoi frémir.
John aurait tenu conversation avec le " revenant " affirmant se prénommer Paul. Lorsque l'adolescent aurait compris avec qui il s'entretenait, il se serait enfui.
Des ricanements suivis de grognements surhumains lui auraient fait comprendre qu'il était poursuivi. Sur le chemin du retour, " monsieur Paul " aurait parsemé le trajet d'ombres malfaisantes dont les doigts crochus cherchaient à le saisir. Sous le choc, le pauvre garçon a été mis en observation.
- Mon Dieu ! cet article est hallucinant !
- Tu y crois toi à cette histoire de fantôme ?
- Ma foi, un mort qui ressuscite n'est pas affaire courante.
- Il doit bien y avoir explication à cette affaire, mais tout de même, cette histoire insolite n'est guère rassurante.
- Le mieux serait de vérifier par nous-même.
- Brrr ! et si le fantôme existait réellement ?
- Eh bien, il ne nous mangera pas ! certains vivants sont bien plus dangereux que ce pauvre monsieur Paul mort et enterré.
- Alors passe devant, Pierre, je te suis.
Pierre et Jean, nos deux compères, décident de décrypter l'affaire en se rendant sur place. Il s'agit de confirmer ou rétablir la vérité.
La mare au diable est désormais toute proche et la maison de l'ancien propriétaire présente triste mine.
Le vieux toit en chaume aurait besoin d'une bonne réfection et l'encadrement des fenêtres, supportant avec peine des vitres poussiéreuses mériterait bien un coup de pinceau.
Dans le temps, il devait y avoir une porte, mais cela fait belle lurette que chacun a le loisir de pouvoir pénétrer librement dans les lieux sans passer par la case départ.
- Ohé ! quelqu'un se trouve t-il dans les parages ?
- ???
- Le fantôme a répondu qu'il n'était pas là !
- Cette maison est vide et aucun revenant ne se manifeste, pas même l'ancien propriétaire des lieux.
Pierre, le plus hardi, s'aventure au hasard des toiles d'araignées pour déboucher dans cette salle. Un matelas rudimentaire annonce que le lieu a été récemment occupé. Un vieux réchaud siège à côté d'un reste de nourriture. Nul doute, l'endroit abrite quelqu'un et ce n'est pas un revenant qui se nourrit et dort sur un matelas. Où peut bien se cacher celui qui a terrorisé l'adolescent ?
Nos deux compères vont renforcer leur recherche, quand un bruit venant de l'extérieur les fait sursauter. Un homme chevelu, à la barbe grisonnante vient de faire irruption dans la pièce.
- Euh... jeunes gens, veuillez excuser mon intrusion. Je me suis permis de me réfugier dans cette maison qui parait inhabitée. Il pleuvait et je suis sans abri. Je n'avais pas le courage de dormir à la belle étoile, l'entrée était vacante je me suis dit que je pouvais m'y abriter, mais rassurez-vous, je ne fais que passer.
- Vous avez bien fait cher monsieur.. monsieur... monsieur comment ?
- Paul, vous pouvez m'appeler Paul, il y a bien longtemps que l'on ne m'appelle plus monsieur.
- Vous n'avez pas un nom de famille ?
- Oh si, dans le temps l'on m'appelait Paul Dupuis je crois.
- Dupuis ? oh mais c'est merveilleux ! rien à voir avec notre fantôme, n'est ce pas Pierre ?
- Vous dîtes ?
- Ben oui, notre Paul à nous se nommait Darlan, Paul Darlan et non Paul Dupuis !
- Je n'y comprends strictement rien.
- Eh bien monsieur Paul, nous allons vous narrer ce qui se dit au village et en échange vous allez nous donner quelques explications sur la venue hier d'un jeune garçon que vous avez épouvanté.
- Ah ! ce jeune homme qui a pris la poudre d'escampette lorsque j'ai voulu entamer un brin de conversation ? Je ne sais ce qui lui a pris mais, lorsqu'il a entendu mon prénom et que je lui ai dit que j'allais me restaurer et dormir dans cette maison, il est parti comme un fou. Je lui ai entraîné le pas pour le rassurer mais il était tellement apeuré qu'il s'est emmêlé les pieds et a failli tomber. Je n'ai pu m'empêcher d'éclater de rire et Altesse ma chienne, heureuse de me voir enjoué, grognait de contentement.
- Et les bras crochus ? Pouvez-vous nous expliquer monsieur Paul ?
- Quel froussard ce gamin, comment a t-il pu craindre ces quelques arbres jonchant le chemin ? Peut-être bien la lune et quelques lampadaires disséminés éclairaient-elles les branches biscornues ? Ces dernières devaient se répandre en ombres malfaisantes, donnant certainement l'effet de bras gigantesques, ce doit être cela qui l'a terrorisé. Ha ! ha ! ha !
- Pauvre John... Il y a vraiment cru.
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Chrys Demange · il y a
Merci Fred pour votre commentaire. J'ai adoré votre " Chasse au pigeon " et me suis bien amusée tout en saluant bien bas cette oeuvre.
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Fred Panassac · il y a
Une excellente histoire de fantôme bien ficelée. J’ai trouvé que la fin était peut-être trop rationnelle, par rapport aux mystères de l’histoire.

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