MOI-Magali femme de 22 ans

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Je vous invite à lire " Femme " et vous en saurez presque autant que moi sur moi. Permettez de conserver un peu de mystère  [+]

MOI- MAGALI, femme de 22ans




Cependant ma belle assurance du matin s’effritait. Plus le temps passait, plus je doutais. Avais-je le droit de perpétrer cet acte, et les conséquences!. L’instant d’après, ces pensées étaient balayées, j’avais une revanche à prendre sur le sort. Il me fallait essayer! C’était d’une autre présence dont j’avais besoin, mon fils de 4ans me manquait terriblement, il se trouvait chez ma mère à Nantes où il avait fait sa première année scolaire. Tout était plus facile pour lui là – bas, il se plaisait beaucoup chez sa grand – mère et il avait fait son début de scolarité avec une institutrice amie de longue date. Ici, dans ce village,il ne pouvait faire sa rentée qu’à l’âge de 6 ans. J’avais beau savoir qu’il était bien, avoir des nouvelles presque chaque jour, il me manquait terriblement. J’allais le reprendre très bientôt.




En attendant, je me trouvais bien esseulée dans cette campagne,je me languissais quand un grand événement imprévisible allait venir bouleverser ma vie à tout jamais. C’est cette aventure dévoilée seulement à Gallia que je vais essayer de décrire ici avec les détails précieux restés gravés dans ma mémoire.




Ce jour-là, la vieille dame qui habitait la dernière maison de la ruelle vint à passer alors que nous étions au bord du chemin, mon jeune protégé et moi en face de sa maison.

Nous la saluâmes comme à notre habitude. Nous la connaissions coquine, toujours prompte à taquiner les jeunots du coin mais jamais avec moi. Or, ce jour, elle se planta devant nous et appuyée sur sa canne nous dévisagea gravement, longuement, avant de s’exclamer:»quel beau couple:»!. Je lui rétorquais « mais il est trop jeune». Elle répondit illico « pas si jeune que ça» et s’aidant de sa canne s’éloigna nous laissant dans la plus grande perplexité. Je regardais M qui,gêné, n’osait supporter mon regard. Son visage était cramoisi, il avait perdu toute contenance. Pour mettre fin à son calvaire, je préférais m’éloigner. Je tournais les talons et rentrai rapidement chez moi. Malgré tout, le mal était fait pour ainsi dire; Il serait difficile de reprendre des relations normales et faire comme si rien ne s’était passé! La vieille femme, peut-être un peu perverse, avait distillé dans nos esprits des idées incohérentes,dérangeantes,perturbantes..




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Ce que j’envisageais de faire pouvait être désastreux pour de nombreuses personnes y compris moi-même mais l’instant d’après tout était balayé par mon désir d’agir. C’était plus fort que ma volonté,il me fallait le faire,agir! ma raison avait été rayée de mon esprit. L’idée obsessionnelle était ancrée et ne me lâcherait plus. J’en fis mon deuil et la suite me donna raison.




Quelques mois avant ces événements, avec mon mari, nous emménagions dans ce village, ce hameau plutôt, quelques dizaines de maisons disséminées sur une route en forme de T. Celle que nous avions trouvé à louer se trouvait à droite en haut du T. Deux autres maisons complétaient ce chemin dit «La cavée». L’une était mitoyenne par une remise à la nôtre,l’autre était plus loin sur la droite du chemin. Elle était habitée par une vieille dame de plus de 80 ans, Aurélie de son prénom. C'était une italienne qui avait vécue l'essentiel de sa vie à Paris. Elle n'avait pour famille qu'un fils handicapée physiquement. Je n'ai jamais vraiment su la raison et surtout le degré de son handicap mais il était nettement visible. Il marchait la tête penchée et sa démarche était mécanique, tout à fait anormale. De nombreux paysans de la région, peu sensibles à son état se fichait de lui qui de son côté ne parvenait pas à saisir l'extrême convenance des esprits du terroir sur la normalité. Ces gens pouvaient être très cruels dans certains cas.

Il avait installé sa mère dans cette maison qu'il avait acheté et venait la voir quand une occasion se présentait. Il habitait Paris et la distance de ce village avec la gare la plus proche était d'une quinzaine de kilomètres.



3 La maison que nous avions trouvée était une belle bâtisse confortable pour l'époque, elle disposait d'une salle de bain spacieuse et de 3 chambres dont l'une située au RdC. Un vaste salon-salle à manger occupait l'essentiel du RdC, une petite cuisine était accolée. Un long couloir menait à la salle de bain puis obliquait sur la droite pour arriver dans la chambre du bas.



Devant la maison ,un petit terrain bien herbeux mais pas une pelouse ordonnée, tondue comme l'on voit maintenant. Beaucoup de charme naturel. Sur l'arrière, une belle cour avec des dépendances prolongée par un beau jardin potager pour l'instant délaissé. Une belle haie délimitait le jardin des voisins du notre. Par cette cour, on entrait dans la maison et la belle porte de devant destinée je suppose à servir d'entrée n'était jamais utilisée. On entrait par la cour à l'arrière.



J’avais fait la connaissance des voisins immédiats. J’allais prendre le café chaque jour chez ma voisine, une femme ouverte, sympathique. Elle me prêtait des revues populaires genre (Nous Deux). ça me passait le temps qui en ce mois de septembre était splendide. Nous faisions des balades par les petits chemins. Ce n’était pas désagréable mais parfois un peu pesant. Aucune compagnie proche de mon âge sauf une amie de la famille installée à la ville voisine distante d’une quinzaine de kilomètres. Elle avait 36 ans et moi 22, une petite génération d’écart tout de même! elle avait l’avantage primordial de posséder une petite voiture ( une 4cv ) qui s’avérait des plus utile pour les déplacements en campagne. Malgré tout, je la voyais peu ,occupée par sa profession de sage-femme. Elle exerçait à l’hôpital de la ville où elle résidait. Telle était ma vie à cette époque.



Mon mari absent pour son travail (conducteur de travaux) et moi dans une campagne non pas hostile mais inconnue, tentant de m’occuper tant bien que mal. Le matin,je me levais vers 9h , le petit déjeuner avalé, je prenais ma douche, entreprenais un peu de ménage vite expédié, quelques rangements, le courrier , les factures les plus urgentes et j’allais rendre visite à ma voisine pour un petit café. Elle était seule, son homme travaillait et nous bavardions parfois jusqu’à midi. Je me retirais alors car le mari rentrait pour le repas ainsi que le plus jeune fils scolarisé au village voisin. Le couple avait un autre fils de 14 ou 15 ans qui rentrait, lui, vers 15h à vélo de son travail. Je crois qu’il était en apprentissage à la ville voisine où résidait « Gallia « l’amie de ma famille citée plus haut. Ce gamin, il avait 14 ans et demi, c’est lui qui me l’apprit peu après, était très intéressant et avide de connaissances. Dans une autre vie, j’avais été institutrice en école maternelle, j’avais conservé les livres de l’école normale que je lui prêtais.. A mon grand étonnement,il eut vite fait de dévorer tout Zola. De plus, il ne se contentait pas de les lire, à la lecture s’ajoutait la réflexion.

Quand il rentrait, presque chaque jour, il me rejoignait devant la maison où là,assis sur l’herbe, nous discutions durant de longues heures. Je lui faisais commenter certains textes et c’était un plaisir d’échanger le fruit de ses réflexions. Parfois surprenant aussi, j’oubliais souvent en conversant avec lui.. qu’il n’avait que 14 ans. Il faisait preuve d’ une étrange maturité et n’hésitait pas à commenter des sujets plutôt délicats pour son âge. Ainsi,un certain jour, après la lecture de l’œuvre de R.Radiguet (Le diable au corps) je fus surprise de la pertinence des propos qu’il me tînt sur le sujet de l’amour. On pouvait croire en l’écoutant, avec son assurance,qu’il avait une belle expérience en la matière. Prise au jeu de nos réflexions, je ne prêtais attention qu'au développement de l'oeuvre. Ce ne fut que plus tard, couchée sur mon lit que j’y pensais. Vraiment surprenant ce gamin. Par comparaison, mon époux, sur le plan culturel était loin d’être à la hauteur. Nous n’avions d’ailleurs aucune discussion de fond, on peut dire qu’il était parfaitement inculte et c’était mon mari.

Parfois, souvent même nous allions nous délasser sur le chemin de terre, à travers champs, ce chemin longeant un petit bois et menant à une route située à moins d'un kilomètres de notre maison. Il nous arrivait de courir à perdre haleine et de nous retrouver par terre, épuisés de notre course. Ce regain de jeunesse adolescente qui m'avait fait défaut me faisait le plus grand bien. Une fois le souffle revenu, je remettais un peu d'ordre dans ma tenue et nous revenions en bavardant gentiment. N'eut-été son très jeune âge, on aurait pu nous prendre pour un couple.




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Mais,
,
,Fin de la première partie
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Utilisateur désactivé · il y a
Une belle 1ère partie!
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Kiki · il y a
on attend la second partie donc ? J'ai aimé; Ma voix
Je vous invite à aller lire le poème sur les cuves de Sassenage et vous guiderai dans les entrailles de cette terre enchantée et de la cavité magique. MERCI d'avance