MOHAMMED-FRIPOUILLE (d'après Maupassant)

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Charles Dubruel grand-père, passionné de littérature et particulièrement de Maupassant  [+]

À Boghar, nous étions quarante spahis.
Un jour on apprit que les Ouled-Berghi
Avaient assassiné un voyageur anglais
Notre commandant hésitait
À faire justice de ce crime, trouvant
Qu’un Anglais ne valait pas le déplacement.
Or, un adjudant se proposa de châtier
Cette tribu si on lui donnait six spahis
-Je reviendrai ici, au camp, mercredi.
Avec tous les prisonniers
-Pars demain avec les hommes de ton choix
Et si tu ne réussis pas, gare à toi !
Lui répondit le commandant.

J’avais surnommé cet adjudant
Mohammed Fripouille car c’était un vrai fripon.
Mais comme je lui avais été
Toujours dévoué,
Il me choisit pour cette mission
Et me chargea de remettre
À chaque soldat dix cordes d’un mètre
Et de me munir d’une en mesurant cent.

Quand nous avons trouvé le campement
Des arabes, tel un ouragan nous avons galopé
Parmi les femmes affolées
Tandis que les hommes nous enserraient
Nous pressaient, vociféraient.
Mohammed, son turban de travers,
Hurla d’une voix tonnante : « La mort
À celui qui a donné la mort ! »
Puis, avec son revolver,
Il visa le front brun de l’agha,
Le chef indigène, qui, foudroyé, s’écroula.
-La vie sauve à ceux qui se soumettront !
La mort aux autres, nom de nom !

Les cous des survivants
Furent passés dans les nœuds coulants
Formés avec les petites cordes, nouées
Ensuite à la longue corde
De cent mètres. La horde
Des prisonniers ainsi ligotés
Constituait une sorte de chapelet
Humain. Si l’un d’eux tentait
De s’enfuir, le nœud coulant l’étranglait.

À notre retour, l’adjudant
Fut longuement salué par le commandant.
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