Miracle de la chevillette

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Je suis parti à la lumière de la lune.
Ma boussole est à l’écoute de mes sens et me guide.

Je veux déposer devant sa porte les neuf roses que j’ai cueillies pour elle.
Je sais que je tirerai sa chevillette et sa bobinette cherra...

Les sens en éveil, je regarderai cette porte s’entrouvrir lentement,
Comme mue par un mystérieux mécanisme...
Pourvu qu’elle ne se referme pas avant que j’en franchisse le seuil !
J’observe cet huis, immobile... j’écoute... personne ne huit...
Me revient alors la sentence de ce cher Cervantès
« Quand une porte se ferme, une autre s’ouvre. »
Aurai-je quelque atour de Quichotte ?
Je vais frapper à sa porte.
Car si toute porte est de bois, toute femme est de chair.
Il y a des mots gravés sur la porte, trois mots, juste trois mots.
« Béni soit l’amour. »
Trois petits mots seuls mais pas solitaires.
Trois petits mots qui claquent comme une fessée.
Trois petits mots qui continuent dans une caresse.

« Entrez, Mon Chevalier, Mon Prince, la Belle au bois dormant vous espère... »

Cette voix tombée du ciel me fait sursauter.
« N’hésitez pas, entrez par cette porte étroite,
Ecoutez bien, car l’oreille n’est rien de plus qu’une porte.
Passé cet huis, vous suivrez le chemin des neuf muses,
Qui vous conduira aux neuf portes de la belle.
Prenez avec vous les trois petits mots gravés
Et ajoutez-les vôtres, pour qu’ils vous lient. »

Trois petits mots qui lui donneront un orgasme.
Trois petits mots qui lui rempliront le cœur.
Trois petits mots qu’elle aimera partager avec moi.
Trois petits mots qui se déclineront.
Trois petits mots qui se traduiront.
Trois petits mots qui nous lieront
Trois petits mots qui se rejoignent
Les siens, les miens et s’enlacent...
Six petits mots qui se caressent
Six petits mots qui se tendressent!
Trois petits mots qui se chiffreront dans un nombre d’or.
Le nombre d’or de son cœur : 9, comme ses neuf portes...
Je suis le chemin des muses, les roses à la main, l’émotion au cœur,
Le vertige en mon âme, le feu au ventre.
Je sais, je sens, indéfectiblement, que lorsque j’ouvrirai ses portes,
La magie sera partout en elle.

Deux roses pour ses yeux, pour lui donner à voir la beauté de l’amour
Deux autres pour ses oreilles, pour lui murmurer les mots de mon désir et deux pour ses narines, afin de lui offrir les plus rares fragrances de la passion, une autre pour sa bouche à laquelle j’offrirai les saveurs de la vie, les deux autres pour ses portes les plus intimes,
pour y déposer mes hommages.
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