MES BIEN CHERS FILS

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Plaisir, besoin, ivresse, tourment, drogue, obsession, compulsion, consolation et éclats de rire... bref, ECRIRE !!! Ecrire ma vie, vivre mon écriture. Chaque jour et toujours. Pour ma Joie qui ... [+]

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 MES BIEN CHERS FILS © (hommage à Benoît XVI, homophobe émérite)
 
 
Cette allocution confidentielle de l'ex-Souverain Pontife décédé le 31/12/2022 fut prononcée à l'automne 2005 dans le salon San Bartolomeo du palais du Vatican (Cf. l'édition — expurgée — de l'Osservatore Romano du 5/11/2012). Fidèlement rapportée à l'auteur grâce à l'amicale complicité de Paolo Gabriele, ex-majordome du pape, cette homélie, après quelque vingt ans de censure vaticane, est enfin divulguée et traduite aujourd'hui par Dom Bellinus. 
Tout est dit sur la viscérale homophobie intériorisée de ce triste Pontife, néanmoins tempérée par son sens aigu de l'humour.
 
 
 
Discours de Benoît XVI
à un groupe de pèlerins gays
le 25 novembre 2005 à Rome
 
 
 
MES BIEN CHERS FILS,
 
 
C'est pour Nous une félicité, que dis-je, une félicité, une Grâce, de Nous adresser à vous ce soir, en ce temps de l'Avent – Adventus, temps de la venue de Notre-Seigneur que nous allons accueillir à Noël. Certes, notre rencontre, bien chers fils homosexuels,  est insolite et c'est pourquoi Nous avons tenu à la rendre discrète, non pas au cours de l'audience pontificale du mercredi, mais dans l'intimité de nos appartements, afin que nul ne soit scandalisé. Car malheur à celui qui scandalise un de ces petits, il vaudrait mieux lui attacher au cou une meule de moulin et le précipiter dans la Géhenne éternelle.
 
À l'instar de notre divin Maître dont Nous relayons ici la Voix, nous vous accueillons ce soir pour vous dire que  Nous vous aimons, tels que vous êtes, vous les brebis perdues du grand Israël, les biques les plus indignes et les plus peccamineuses du troupeau que votre Bon Pasteur néanmoins chérit. Dans cette homélie pour le temps de l'Avent, voici le message que Benedetto, votre Souverain Poncif, veut vous transmettre : quel que soit le destin des introvertis, leur indignité mais aussi leur souffrance, et bien qu'ils soient le rebut du genre humain, l'opprobre des deux cités maudites et que leurs actes soient par nature essentiellement pervers et illicites, Nous ne jugeons pas, Nous ne condamnons pas, Nous compatissons, nous faisant les plus humbles parmi les humbles, serviteur des Serviteurs du Christ et nous vous disons solennellement aujourd'hui, contre vents et Marais : ne vous lamentez pas, ne désespérez pas car Dieu est amour, Dieu vous chérit même si ses voies sont impénétrables et Nous souhaitons de tout cœur que son message de tendresse paternelle vous atteigne au fondement de votre espérance puisque, disait l'Apôtre, là où le péché abonde, la Grâce surabonde. 
 
Puisque ce soir, Nous l'avons dit, c'est l'insolite qui nous réunit, contact exceptionnel, audacieux, curieux... pour ne pas dire ignominieux, c'est ce thème de l'inédit que Nous avons choisi comme message de notre homélie : Dieu nous interpelle au cœur de l'événement le plus humble. Dans la rencontre la plus inattendue, il pétrit nos âmes et ensemence notre foi à l'ombre du quotidien. C'est déjà le thème de Noël : Emmanuel, Dieu avec nous ! Oui, Dieu se dévoile et se donne là où l'on ne l'attend pas car, disait encore l'Apôtre, tout est grâce au cœur de votre disgrâce. Pour preuve, mes bien chers fils, Nous voudrions, afin que votre conversion soit patente et que se tende jusqu'au ciel l'énergie de votre repentance, Nous voudrions donc vous citer trois témoignages : trois rencontres humaines singulières, trois anecdotes prosaïques au travers desquelles le Seigneur s'est frayé un chemin jusqu'aux iniques que vous êtes. Providence inouïe. O felix culpa ! Ce sont des événements tout simples qu'on m'a livrés en confusion, plus exactement en confession. Nous aurions sans doute dû les conserver dans le secret de notre alcôve... pardon, de notre chapelle privée mais nous avons pensé que ces témoignages de vie pouvaient vous édifier, car il n'est point de secret que le temps ne révèle. Révélation, telle est bien la pointe de la Vérité dont Nous sommes le garant, l'acmé du message dont nous sommes le dépositaire : le Verbe s'est fait chair (même si triste est la chair)... le Verbe s'est donc fait chair et il a planté sa tente parmi nous. In principio erat verbum et verbum caro factum est.
 
Notre premier témoignage émane – vous allez sourire, mes bien chers fils, mais c'est la stricte vérité ! – notre témoignage émane donc d'un cambrioleur, un modeste truand, presque inoffensif qui sévit néanmoins encore aujourd'hui en pillant les villas d'Ostie. C'est malgré tout un brave homme et, Nous qui connaissons bien les arcanes de la Banque du St Esprit, nous nous amusons souvent de son touchant amateurisme. Un jour, juste avant de lui donner l'absolution, (à l'époque, Nous n'étions que vicaire en Bavière ; ce n'est que plus tard que le lascar Nous suivit en Italie), bref, Nous avions été ému par la mésaventure qui lui était arrivée. L'homme était en train de cambrioler une maison, quand il entendit soudain une voix « C'est mal ce que tu fais, Jésus te regarde et il va venir. » Notre Zachée moderne se retourne interloqué et voit un perroquet qui lui répète – «  C'est mal ce que tu fais, Jésus te regarde et il va venir. » Le cambrioleur rétorque alors : «  Tu sais, moi, j'en ai rien à foutre de Jésus... » Pardonnez-moi, mes fils, mais la vérité historique m'oblige à rapporter ces propos, aussi choquants soient-ils. Edulcorons-les néanmoins afin de ne pas scandaliser le moindre de ces bambins. L'homme rétorque donc : « Moi, de Jésus, peut m'en chaut mais dis plutôt, comment tu t'appelles, mon coco ? » — « Je m'appelle Alexandre, c'est mal ce que tu fais, Jésus te regarde et il va venir. » — Arrête de me casser les couilles... pardon, arrête d'exacerber ma trop humaine patience, dis-moi plutôt, Alexandre, c'est un drôle de nom pour un perroquet, non ? » — « Et Jésus, c'est pas un drôle de nom pour un pitt bull ? » La parabole est authentique mais ne dit pas si le mauvais larron fut converti pour de bon après que la Grâce l'eût cruellement mordu.
 
 Deuxième exemple, chers fils indignes, de l'effet de surprise que le Seigneur peut vous réserver. En ce temps-là, j'étais théologien à Stuttgart, un assez bon théologien ma foi, si j'en crois les médias. Je m'interrogeais beaucoup à l'époque à propos de l'éthique, – la morale, c'est vraiment formidiable ! – principalement sur cette question : l'inversion est-elle essentiellement perverse ou intrinsèquement perverse ? Nuance pouvant justifier l'abstinence. (Vous savez, la théologie, ce n'est pas sorcier : aussi simple que dieu et dieu font trois !) Bref, revenons à notre témoignage : voici ce qui arriva à notre beau-frère qui Nous confia un jour sa mésaventure. Nous ignorons d'ailleurs comment il osa s'abandonner à un tel aveu mais nous étions alors tous deux jeunes, nous nous aimions beaucoup, c'était aussi la fête de la bière toujours propice aux confidences... Bref, pour votre édification, mes bien chers-fils, voici la rencontre que fit le beau-frère du futur pape, telle qu'il Nous la narra. Siegfried – notre bauf  s'appelle, pardon s'appelait Siegfried... oui, Siegfried est mort hélas dans les années quatre-vingt dix. Comme il était très catholique, il suivait les prescriptions de nos prédécesseurs en matière de morale sexuelle. Puisqu'ils ont mis le préservatif à l'Index, mon beau-frère prenait la bulle papale au pied de la lettre... alors forcément... à force de s'arrêter dans les aires d'autoroute, même avec le doigt protégé... Nous ne vous l'avons pas encore dit ? Siegfried était routier. Il reliait l'Allemagne de l'Ouest et la France deux fois par semaine, heureux de vivre, chantant à sa manière les louanges du Seigneur. Épanoui dans sa cabine, rendant hommage à sa... bref, il était joyeux et psalmodiait nuit et jour. « J'ai un beau camion, je vais à Dijon, je m'appelle Siegfried et j'ai un gros bide ! » Notre feu beau-frère, comme vous le constatez, était un être simple, un peu fruste, très attachant au demeurant. Heureux les pauvres d'esprit ! Bref, il Nous raconta avoir pris un jour une religieuse en stop et mon cher Siegfried – honni soit qui mâle y pense –  aurait bien voulu suivre un tantinet l'appel de la Nature... bref se la faire, pardonnez-moi mes frères, mais la religieuse, craignant, après avoir vécu en vierge, de finir en sainte, ne se laissa pas si facilement lutiner et lui répliqua d'une voix doucereuse : « Mon frère, j'ai juré de rester pure et je ne peux trahir ce vœu. Seulement comme vous êtes serviable, je veux bien avoir une relation avec vous, non par concupiscence mais par reconnaissance, mais il faudra faire cela par derrière afin que je conserve ma virginité. » Notre beau-frère se dit que c'est toujours mieux que rien et il accepta les conditions. Siegfried arrête donc son camion peu après Strasbourg et, sur le capot rutilant, rend céans hommage à la nonne en l'honorant postérieurement, selon ce qui avait été convenu. Quand il repart, tout guilleret il reprend son refrain : "J'ai un beau camion, je vais à Dijon, je m'appelle Siegfried et j'ai un gros bide ! » Arrivé à destination, s'étonnant que son auto-stoppeuse, placide et apparemment ravie, fût demeurée silencieuse, le camionneur lui demande : « Mais, ma sœur, vous n'aimez pas chanter ? Vous n'êtes donc pas comblée ? » Alors la religieuse, rayonnante de bonheur, entrouvrit la portière, bondit sur l'asphalte et quitta feu le beau-frère du futur Benedetto en lui chantant : « Je vais m'amuser au bal costumé, j'ai bien pris mon pied : je m'appelle Roger ! » D'où notre question qui demeure pendante et enfle encore davantage sous la poussée de la putative préméditation : enculage de poids lourd, est-ce essentiellement ou intrinsèquement peccamineux, poil aux pneus ?
 
Vous riez, mes bien chers fils ? D'aise, vous vous esclaffez ! De contentement, vous vous battez les flancs ? C'est bien, c'est saint : sur la voie de la repentance, l'humour est le début de l'errance. Mais il se fait tard et Nous devons conclure. Nous vous livrerons un dernier témoignage évangélique, tout aussi exemplaire, montrant que Dieu notre Père se terre au fond de vos ornières. Un mot encore : Nous n'ajouterons pas de conclusion à notre pontifical sermon. Il convient de laisser à Dieu lui-même le mot de la fin : à tout Seigneur, tout honneur. Alors, redoublez d'attention, fils très chers, écoutez, méditez, priez, priez sans fin – les oraisons jaculatoires, c'est pas fait pour les chiens ! – suppliez et méditez l'épilogue de cette rencontre du troisième type où, tel Yahvé dans le Buisson ardent, pour vous, pauvres manants, l'Inédit de Dieu daigne entrebâiller l'huis de son Paradis.
 
C'est sœur Greta elle-même qui m'a rapporté l'anecdote, elle est donc authentique. Sœur Greta est notre sœur – véritablement notre sœur, pas pour du beurre, nous l'avons fait venir de Traunstein et elle est aujourd'hui à notre service, lingère chef au Vatican et sous-secrétaire de la Commission Pontificale chargée de la question de la Réduction de la Femme – bref, voici ce qu'elle Nous narra. Début octobre, elle a rencontré près de Castel Gandolfo un brave abbé, plus tout jeune, grand amateur de safari, un saint homme un peu hors-normes mais Nous l'aimons bien (Nous venons de le nommer nonce apostolique en Thaïlande car il connaît bien ce pays, y séjourne souvent, apprécie beaucoup la jeunesse comme fin expert en tourisme pastoral). Bref, voici la discussion que m'a rapportée hier matin Greta, doublement sœur, Nous l'avons dit, de lit et en Jésus-Christ. 
 
– Et oui, ma sœur ! lui avouait le saint prêtre, un rien penaud. Que voulez-vous, c'est ma faiblesse : j'aime la chasse !
– Mais vous n'y pensez pas, mon Père ! protestait sœur Greta. Ce sont des créatures du Bon Dieu que vous massacrez !
– Oh, pas tant que ça... je rentre souvent bredouille. Mais si ça vous inquiète, accompagnez-moi, demain après les vêpres. 
 
Et bien soit ! Le lendemain, le prélat et la nonne battirent la campagne. Soudain, le monsignore voit un lapin, épaule, le vise, tire et... le rate.
 
– Ah, nom de Dieu ! J'ai raté le lapereau...
– Mon Père ! Allons ! Mais vous jurez !
– Certes, ma sœur, je le confesse, à vous, future papesse. C'est plus fort que moi, mais je vous promets que... Oh ! un jeune faisan ! 
Le prêtre tire, mais rate le faisan.
– Ah ! nom de Dieu de bordel de Dieu ! J'ai raté le faisan !
– Mais enfin ! Mon Père ! Contrôlez-vous ! Et votre âme éternelle alors ? Qu'en faites-vous ? Dieu vous punira.
– Oui, ma sœur, je sais bien mais je... Là ! un jeune et tendre chevreuil ! PAN ! PAN ! Ah !  nom de Dieu de sacré nom de Dieu de putain de bordel de merde ! J'ai aussi raté le chevreuil !
 
À cet instant... mes bien chers fils, soyez attentifs, je vous prie : à cet instant précis, les cieux se chargèrent de nuages menaçants ; une troupe d'archanges vengeurs obscurcit l'horizon. Au son de la trompette, un éclair vint alors frapper de plein fouet... la nonne exsangue qui s'affaisse sur la lande. Et du haut des nues une voix irritée se fit entendre :
 
«  BORDEL DE NOM DE MOI, J'AI RATÉ LE CURÉ ! »
 
 
_________________________________
 
Mes biens chers fils ©2022
Tous droits de traduction, de reproduction et d'adaptation
réservés pour tous pays.
 
Périgueux, 31/12/2022.
 
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