Mécaniquement vôtre

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Mathieu a perdu connaissance.

Il s'est évanoui, sous le choc. Ou plutôt sous le coup de la peur. La peur de mourir, suite à un incident mécanique qui aurait pu le propulser hors de la route, voire pire, le faire entrer en collision avec un camion chargé d'explosifs.

Dam ! Le guide ne pouvait-il pas vérifier, avant de le prendre dans sa voiture, que les freins fonctionnaient bien ? N'a-t-il pas l'obligation, même dans ce coin paumé, d'avoir un véhicule en bon état ?

Il a choisi cet homme parmi les nombreux guides de montagne proposant leurs services d'expert pour voir les reliefs de près, en toute sécurité promettent-ils.

"Monsieur, je vous montrerai des recoins peu connus. Vous serez un privilégié. Vous ne le regretterez pas", l'avait convaincu le guide.

Enclin à croire ces inepties, Mathieu se laissa attendrir par le discours. Il ne voulait pas faire preuve de scepticisme "bien que je les connais ces combines d'autochtones, prêts à vendre leur femme pour quelques sous", pensa-t-il.

Il savait en montant dans le 4x4 qu'il serait probablement emmené aux endroits stratégiques pour le commerce local, là où les habitants reconvertis dans le tourisme local s'amènent entre eux les clients qui, dans l'euphorie de l'aventure inédite pour un occidental, dépensera son argent pour prouver que lui, contrairement à ses relations (amicales ou pas), est parti à la rencontre du monde. Que c'est un brave, un courageux. Mais son guide ne lui a pas menti sur la prestation. Il est immédiatement parti vers une destination originale.

- Je m'appelle Talman, monsieur. Bienvenue à bord.
-... Merci. Talman ? Ce prénom a une signification particulière ?
- Oui, monsieur. Dans notre pays Talman veut dire "redresseur de torts", celui qui fait la justice, la bonne, celle que l'on estime légitime en dehors de lois. Je suis né en pleine guerre et les bébés étaient rares, surtout avec la restriction des naissances pour éviter la sous-nutrition de mon peuple. Ma mère a accouché alors que mon village était bombardé. Quand les soldats sont entrés dans la hutte, ils ont ordonné le cessez-le-feu. C'est comme ça que le village a été épargné et qu'il tient encore debout aujourd'hui.
- Vraiment ?
- Non, je vous fais marcher. Talman est un prénom aussi courant que vos Kevin, Emma, Marion, Nicolas et j'en passe. Ça ne veut rien dire, mis à part que ça sonne bien. A l'école, il y avait trois Talman dans ma classe. Nous étions douze.
- Je vois...

Mathieu fut d'abord été intéressé par les histoires de son guide jusqu'à ce qu'il se sente mal à l'aise. Et puis il ne l'avouerait jamais, il avait été berné. Et il détestait ça ! Les récits de Talman ne ressemblaient en rien à ce qu'il espérait entendre des us et coutumes des habitants.
Il avait quitté la femme officielle qui partageait sa vie depuis deux ans après l'annonce de la grossesse tout juste découverte. Il ne pouvait pas encore assumer une telle responsabilité dans sa vie. Sa carrière démarrait tout juste.

"Quand j'aurai eu ma promotion, que je serai associé, alors oui, on aura un enfant. Je veux que tu avortes. Sinon toi et moi, n'y pense plus, avait-il exigé. Et comment as-tu pu tomber enceinte ? Tu prends la pilule, n'est-ce pas que tu la prends ? Ne me dis pas qu'il t'est passé par la tête, ne serait-ce qu'une fois, de l'arrêter ? Et sans me le dire !"

Il avait claqué la porte, laissant sa compagne en pleurs sur le palier.

- Ecoutez Talman, je n'ai pas envie de connaitre vos désespoirs passés, présents ou à venir. Faites-moi juste voir le panorama sur les hauteurs. Que je constate par moi-même de la grandeur de votre pays. C'est tout ce que je veux. Si vous vous taisez, je vous payerai le double.
- Si vous le souhaitez monsieur. Vous allez passer à côté d'anecdotes et de lieux historiques. Certains sont tristes certes, mais d'autres vous auraient fait sourire. Tenez, un jour, c'était la fête du village et...
- Talman ! s'écria Mathieu. Je vous ai dit de la fermer et de rouler. Exécutez-vous. Point.

Le guide se tut à son tour. Dans l'habitacle régnait une ambiance contrastée avec l'extérieur : à l'intérieur un vent glacé pénétrant les veines, dehors une brise douce et agréable ; dedans un nuage noir prêt à éclater si Talman ne se comportait pas comme le voulait Mathieu, à l'extérieur les rayons d'un soleil doux se faufilant à travers les hauts cèdres, pins et chênes.

Talman poursuivit donc la route serpentant entre les flancs de la montagne et le vide de plus en plus abyssal. Arrivé au point le plus haut où pouvait aller un véhicule, Talman s'arrêta à un petit belvédère. Il coupa le moteur.

Mathieu sortit machinalement du 4x4 en laissant ses affaires (téléphone portable, porte-monnaie, bouteille d'eau, appareil photo) sur la banquette arrière.

À cette altitude, vous ressentez d'abord une compression des poumons par la cage thoracique. Puis, après plusieurs minutes, la respiration se fait légère. Vous vous trouvez comme pris d'une narcose, ce phénomène touchant certains plongeurs lorsqu'ils franchissent un seuil de profondeur propre à chacun.

Mathieu fut pris d'un vertige. Ce n'est pas ainsi qu'il s'évanouit. Ce vertige-là lui fut agréable, doux, apaisant. Le touriste relâcha enfin la pression qu'il faisait partager à tous ceux croisant son chemin – sans atteindre néanmoins la sérénité de Talman.

Ce qu'il avait devant ses yeux devint un paradis sur Terre. Une vue à couper le souffle dans ce bout du monde. Il ne se souvint pas de cet apaisement quand il "reprit connaissance". Le Mathieu aigri, en colère, insatisfait, en opposition permanente avec les autres, avait repris ses droits.

- Talman ! l'invectiva-t-il. Que m'avez-vous fait ? Ensorcelé ?
- Non monsieur. J'ai gardé mes distances comme vous l'avez demandé, répondit le malheureux qui devait regretter d'avoir pris ce client.
- Pourquoi suis-je ici alors ? Où est le 4x4 ? Vous ne comptez pas me tuer dans cette forêt, dites ? J'ai des relations vous savez. On viendra me chercher et ils feront vite le lien entre vous et moi. Réfléchissez bien mon vieux...
- Monsieur, je n'ai aucunement envie de vous tuer. Le 4x4 est plus bas. Les véhicules sont interdits dans ce sentier. Vous êtes parti très sereinement jusque-là. Donc je vous ai suivi pour qu'il ne vous arrive rien. Vous étiez en extase devant le paysage...
-... !?...

Talman avait un peu – c'est un euphémisme – modifié la vérifié. Mathieu pris de narcose était persuadé d'être un singe. Il s'était engouffré dans le sentier en prenant la posture de l'animal accroupi, les poings au sol. Il ne parlait plus ; seuls des gémissements sortaient de sa bouche lorsqu'il faisait un effort surhumain tel qu'avancer rapidement à quatre pattes, grimper aux arbres (ou plutôt essayer), attraper des insectes en plein vol (même les singes ont du mal).

- Talman, ramenez-moi au village. C'en est trop pour moi. Je n'ai pas signé pour tout cela.

Le duo atypique remonta dans le 4x4. Mathieu n'allait pas tarder à voir sa vie changer...

Le village d'où ils s'étaient en quelque sorte choisis l'un l'autre se trouvait à 15 kilomètres, sur 500 mètres de dénivelé. Comme à son habitude, Mathieu ne disait mots.

Dans le rétroviseur, Talman l'observait discrètement. Le guide n'avait jamais eu affaire à un tel spécimen, un homme aussi peu avenant, bien qu'il se soit un peu intéressé à lui au début de l'excursion. Un homme si retranché dans sa connaissance du monde. Pourtant, Mathieu ne devait pas avoir plus de 30 ans. Sa génération a appris la tolérance, le respect, la politesse. Comment cette personne pouvait-elle à ce point être rongée à l'intérieur ?

Soudainement le véhicule s'affola. Talman ne pouvait plus le contrôler. Le véhicule accéléra !

- Talman ! Ralentissez ! Ce n'est pas drôle, cria Mathieu d'une voix crispée.
- Ce sont les freins monsieur. Ils ont lâché !
- Quoi ?! Talman, faites quelque chose, bon sang ! Je ne veux pas mourir ici. Je vais être père.
_ La voiture est au point mort, elle s'est bloquée. Nous devrions ralentir..., dit tout sereinement Talman.
_ Tirez le frein à main !

Talman s'exécuta. Il empoigna le frein et tira d'un coup sec.

Celui-ci lui resta dans la main.

- Oh mon dieu ! Ça ne ralentit pas !, paniqua Mathieu.
- Il ne reste plus qu'à prier monsieur, lui dit Talman alors que la voiture continuait sa descente infernale sur une route sinueuse aux multiples virages.

Mathieu se plaqua contre les sièges. Il s'agrippa du mieux qu'il pouvait et ferma les yeux. "Tout va bien se passer. Tout va bien se passer. Garde ton calme", se murmurait-il en suffoquant.

- Talman, j'ai peur !

Il rouvrit les yeux au pire moment. Le 4x4 fonçait tout droit sur un camion en sortie de chantier.

- On n'aura pas le temps de l'éviter ! Talman, Je... ne... me sens... pas... bien...

Les yeux de Mathieu roulèrent dans leurs orbites. On ne décelait plus que le blanc, assorti à la pâleur de sa peau. C'est là que Mathieu perdit connaissance.

La voiture stoppa sa course avant la collision avec le camion. Talman avait freiné.

Mathieu se réveilla sous une tente médicalisée. Le médecin prit sa tension (encore faible). Il écouta son cœur (190 pulsations par minute). On lui amena une boisson sucrée qu'il but lentement.

- Comment a-t-on pu nous en sortir ? demanda Mathieu à Talman, venu voir l'état de son client.
- C'est un miracle, monsieur. Nous étions en roue libre, nous filions à toute vitesse. Je devais tourner le volant très rapidement pour ne pas finir dans le ravin. Nous avons eu la chance de ne croiser aucune voiture, sinon c'était le crash assuré.
- Le camion... A-t-on évité le camion ?
- De justesse, monsieur. Nous avons fait du deux-roues latéral. C'est à ce moment que vous vous êtes évanoui. Je suis passé sur l'accotement. Par chance, le terrain commençait à être plus plat, on a ralenti légèrement. Je me suis souvenu d'un endroit où l'on pouvait perdre plus de vitesse. J'ai tourné à droite et je vous passe les détails. Pour résumer, on a foncé droit sur des sacs de farine stockés dans une grange ouverte, ce qui nous a arrêté. Pauvre famille. Ils ont perdu leur réserve sur un an...
- Et nous, Talman, répliqua Mathieu. Vous y pensez ? On a failli mourir.

Le guide resta debout sous la tente, face à Mathieu, à l'écouter sans réaction. Il observait simplement l'homme chamboulé. Son zèle était impressionnant. À croire que les deux n'avaient pas vécu le même drame.

Mathieu se leva d'un bond, déterminé. Le tournis le ramena à sa condition actuelle. Il marqua une pause puis chercha ses affaires.

- Où est mon sac, Talman ?
- Où l'avez-vous laissé la dernière fois ?
- Dans la voiture, je crois... Allons-y.
- Non ! dit sèchement le guide. Restez ici, je vais le chercher pour vous. Vous devez vous reposer.
- Me reposer ? Je vais bien. Je dois appeler ma femme, arranger les choses. La vie est courte...
- Promettez-moi de ne pas bouger, lui supplia Talman. Je me dépêche.

Moins de cinq minutes après, Talman revint avec le sac à dos de Mathieu qui s'en empara sans un merci et se rua à l'extérieur. Talman le suivit.

- Ça ne répond pas. Elle doit m'en vouloir. J'espère qu'elle va bien et qu'elle n'a pas suivi mes ordres. Bon dieu, je suis un être abject, Talman.
- Sans cet accident, vous ne l'auriez pas réalisé. C'est finalement une chance.
- Une chance ? S'insurgea Mathieu. Vous plaisantez ! J'aurais préféré le comprendre sans que ma vie soit en péril. Vous êtes vraiment étrange...

Mathieu marqua une pause.

- Et vous, comment allez-vous ? poursuivit-il. C'est vrai quoi, je n'étais pas le seul dans la voiture.
- Euh... Je...
- Mais bon, vous avez gardé votre calme dans l'agitation. Heureusement que vous connaissiez la route. Avec un autre, on n'aurait pas survécu...

Pause à nouveau.

- Ne dites à personne ce que je m'apprête à faire...

Mathieu s'approcha de Talman et l'enlaça avec tendresse. À la fin de la courte mais très significative étreinte, Mathieu le regarda et le remercia d'un mot sincère, du fond du cœur.

La technique par le choc donnait de bons résultats...

"...sinon je reviendrai vous le faire regretter", lui chuchota à l'oreille Mathieu.

... malgré quelques signes de rechute.

- Au revoir, Mathieu.

Dans l'avion de retour, Mathieu eut des flashes de l'accident. Noir. La boite d'embrayage qui casse. Noir. La voiture qui accélère. Noir. Les virages menaçants. Noir. Le frein dans les mains de Talman. Noir. Le mal de cœur.

Mathieu eut des frissons. Il tenta de se reprendre car il ne voulait pas faire une scène en plein vol. Il pensa à sa femme et au bébé qu'elle portait. Pour sa future famille il irait mieux.

Il avait laissé un message à sa bien-aimée, lui annonçant son heure d'arrivée et son repentir.

Dans le hall de l'aéroport, personne. Au téléphone, le répondeur. Encore.

Chez lui, personne non plus. Pourtant les affaires de Jess n'avaient pas bougé. La cafetière était chaude, il sentait sa présence récente.

Mathieu s'inquiéta. Lui était-il arrivé quelque chose ? Il ne supporterait pas de la perdre. Il contacta sa belle-mère, dernier recours en cas d'urgence. Jess était censée le retrouver à l'aéroport fit-elle savoir. Pour qu'ils s'expliquent. Mathieu n'avait oser lui demander pour le bébé, trop effrayé à l'idée que Jess ait commis l'irréparable, ou qu'elle ait gardé ce secret.

Son enfant ne serait pas un secret. Il l'exposerait fièrement autour de lui. Il serait présent à chaque instant, jusqu'à son dernier souffle.

Mathieu se frotta les tempes. Attendre là lui était impossible. Retourner à l'aéroport, risqué. Et si jamais elle revenait entre-temps à l'appartement ?

"Tant pis, je tente !"

Le jeune homme partit en trombe, dévala les escaliers, son casque à la main et grimpa sur sa moto dans le garage. À l'heure de pointe, c'était le moyen de transport le plus pratique.

La mécanique fonctionnait à pleins turbos. Sa spontanéité lui donnait de la force et du courage. Il voulait partager au lieu d'agir égoïstement.

Mathieu croisa un taxi en sens inverse dont il trouva au chauffeur une ressemblance avec Talman. Décidément, ce guide avait eu un fort impact sur lui.

Dans la circulation, Mathieu ressentit à nouveau un vertige, vestige de l'accident. Il dévia sur la gauche et manqua de rentrer dans une voiture qui klaxonna en braquant à droite. Immédiatement il fit de même pour se remettre sur la bonne voie. À pleine vitesse, sa roue avant de moto se détacha, le propulsant dans le bas-côté. Sa roue fila sur l'asphalte.

À l'hôpital, un bébé est né sans son papa.

Une femme a accouché seule.

Le petit garçon a deux mois.

Trois étages plus haut, Mathieu était dans le coma. Sa respiration était lente, son pouls stable. D'un coup, ses constantes médicales s'agitèrent. Mathieu ouvrit les yeux. Le petit garçon avait huit semaines.

Mathieu s'était évanoui, plus longtemps que lors de l'épisode montagnard. Il était resté inconscient huit mois, presque l'équivalent d'une grossesse. Ses membres étaient fracturés mais avec la rééducation il pourrait remarcher.

Jess ? Où est Jess ? C'est pour elle qu'il s'était fracassé, elle devait venir le voir !

Sa femme entra dans sa chambre d'hôpital moins d'une heure après sa demande. On l'avait prévenue. Mathieu fut subjugué par le petit qu'elle portait dans les bras.

- C'est ton papa, dit-elle au garçon. Je te présente ton fils, s'adressa-t-elle à Mathieu. Il s'appelle Simon, comme ton deuxième prénom.

Chacun avait oublié les drames passés pour se concentrer uniquement sur l'essentiel : l'amour qu'ils se portaient. Ils formaient un tout, indissociable.

Mathieu dut rester à l'hôpital en convalescence. Il apprit, à sa grande surprise, une étrange visite.

- Un homme est venu à votre chevet, lui annonça l'infirmière tout en le lavant. Il était à vos côtés chaque jour de 15 à 17 heures. Il faisait des sortes de rituels avec des gargarismes et des "um". D'ailleurs il a eu un véritable fan club à l'hôpital. Les patients venaient assister à ces séances particulières. Certains, guéris, affirment que c'est grâce à lui. Il n'a jamais voulu dire son nom. C'est un ami à vous ?

Mathieu chercha parmi ses relations qui correspondrait à ce profil évoqué par l'infirmière. Et là ce fut la révélation : Talman ! Ce ne pouvait être que lui, cet énergumène par qui tout avait commencé, le point commun à tous ses malheurs et bonheurs engendrés après la tempête.

Il eut soudain une seconde révélation : à leurs adieux dans la montagne, Talman l'avait appelé par son prénom. Jamais Mathieu ne le lui avait dit, surtout qu'en voyage il utilisait toujours son pseudonyme Gontran Delamarche... Et ce calme, trop extrême pendant la descente infernale... L'état du 4x4, il ne l'avait même pas vu. Qui sait si la fin du trajet était vraie puisque lui était dans les vapes ?

L'absence de Jess à l'aéroport : elle lui avait expliqué que ce jour-là, elle avait pris un taxi qui était en bas. Elle était sortie par le garage car il y avait un déménagement dans l'immeuble. Le taxi s'était trompé d'aéroport, ils devaient retraverser toute la ville. Sur place, les deux amants s'étaient manqué. Elle apprit pour Mathieu et fut dévastée.

La roue de moto de Mathieu s'était détachée. Serait-ce un coup monté ? Qu'est-ce que Talman était venu faire en France ?

L'accident (le premier à la montagne), a marqué un avant et un après dans le comportement de Mathieu. Avant, il aurait fait appel aux plus grands détectives pour mettre la main sur celui suspecté d'avoir tenté à deux reprises de le tuer ; il aurait remué ciel et terre pour cette quête jusqu'à mettre sa vie en suspens pour l'attraper.

Mais il n'en fit rien.

Il ressentit une forte vague de chaleur à son encontre. Il avait eu besoin de ce choc pour y voir clair. L'accident (le deuxième cette fois) avait permis à Jess d'être sûre de l'amour inconditionnel pour Mathieu. Avorter, elle y pensait toujours le jour où ils devaient se revoir. Talman (ou le chauffeur) lui avait fait changer d'avis en la laissant parler, tel un psy. Il n'avait pas eu beaucoup d'efforts à faire car Jess avait plein de choses sur le cœur, et quoi de mieux qu'un inconnu pour exprimer ses maux ?

C'était un peu cela, le pouvoir de Talman : faire ressortir l'intégralité de ce qui était en nous, et nous faire devenir des êtres meilleurs. Mais pour cela, Talman usait de la thérapie par le choc. Très brutale.

Mathieu l'accepta. Si ce n'était pas très conventionnel ni légal, Talman avait réuni une famille. Seul cela comptait.

De retour chez lui, trois mois plus tard, Mathieu retrouva ses deux amours. Ils vivraient ensemble les étapes de la vie, quoi qu'il advienne.

Le nouvel homme s'installa sur le canapé. Il voulait regarder les photos prises lors de son voyage, en souvenir "du bon vieux temps".

Stupeur quand il vit défiler des images de lui, persuadé d'être un singe...
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