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Mes parents, sans enfant au moment de leur emménagement, ont eu la chance d’obtenir un logement dans un quartier normalement destiné à des couples en ayant déjà. Ma mère a des problèmes de fertilité et il lui a fallu dix années pour parvenir à m’avoir. Dix années à me rêver et à m’idéaliser. Enfant très éveillée, je fais la fierté de mes parents. Mes premiers mots, je les prononce à six mois. Très rapidement, je m’intéresse au monde qui m'entoure. Je suis fascinée par les adultes et suis impatiente de le devenir. Ma mère m’a donné un de ses anciens sacs à main et je marche fièrement dans les rues, le sac sur l’épaule. Je suis la coqueluche du quartier. Les voisines me regardent avec bienveillance et m’offrent leurs sourires admiratifs. Je suis fière et heureuse. La vie est simple et tellement agréable. Je suis très jeune. Je dois avoir moins de deux ans. Ma petite sœur n’était pas encore née.

Juste avant les vacances de Pâques, je vais visiter l’école maternelle avec ma mère. Celle-ci m’en a longuement parlé avant. J’ai vingt-sept mois. Je suis envahie par un mélange d’impatience et de fébrilité. L’école maternelle est constituée de deux classes séparées par une salle de jeu, des toilettes et un dortoir. C’est un bâtiment en préfabriqué, construit tout en longueur. Dans la cour, il y a un coin potager que nous n’utiliserons qu’une seule fois, malheureusement. Je marche dans le couloir nous conduisant ma mère, ma future maîtresse et moi jusque dans la classe du fond, celle destinée aux deux-trois ans. Des cris me font peur. J’entends des enfants s’agiter, mais ce qui m’inquiète réellement, ce n’est pas tant le bruit qu’ils font que les cris d’une femme les rudoyant. Madame Deschamps, l’institutrice, voit mon inquiétude et me rassure en m’expliquant que les enfants sont agités, mais qu’ils se préparent pour aller en récréation. À moitié rassurée, je me remets à avancer. En entrant dans la pièce, je repère immédiatement des cages contenant des tourterelles, un cochon d’Inde et un hamster. Le cochon d’Inde s’appelle Goldorak et le hamster Maya. Les oiseaux n’ont pas de noms. L’institutrice me propose de jouer sur une table ronde avec des Clipo pendant qu’elle discute avec maman. Étant une enfant d’un naturel sage et obéissant, je fais ce qu’elle attend de moi, tout au moins en apparence, car en réalité, je n’ai pas l’esprit à ce que je fais. Ce qui m’intéresse vraiment, c’est d’écouter ce que ma mère et mon instit ont à se dire. Madame Deschamps a des mots rassurants. Tout se passera bien, dit-elle. Elle explique comment se dérouleront mes matinées et je me sens heureuse à l’idée de ce qui m’attend prochainement. Je suis particulièrement attentive lorsqu’elle se met à parler des animaux de la classe. Les enfants s’occupent d’eux à tour de rôle et peuvent être amenés à les garder chez eux pendant les vacances. Je suis folle de joie. Je m’imagine déjà en train de veiller sur eux et les accueillir à la maison.

Les vacances de Pâques sont passées et je commence ma première journée d’école. J’ai un peu peur, mais j’ai également hâte d’apprendre de nouvelles choses. Je déchante rapidement. Le premier constat que je fais en arrivant dans ma classe, c’est que les animaux ont disparu. Surprise, je me demande s’ils ne sont pas restés chez mes camarades de classe. Je vais voir madame Deschamps afin d’obtenir une explication. Celle-ci me dit qu’ils sont dorénavant dans la classe des grands. Je suis mécontente. Je rappelle à mon institutrice qu’elle a pourtant dit à ma mère que je pourrai m’occuper d’eux. « C’est comme ça », me répond-elle. Je suis très déçue. Les adultes sont donc des menteurs et je n’ai pas d’autres choix que de faire avec.

Je fais ensuite la connaissance de Jeanine, la dame de service. Elle s’occupe de nous au moment du passage aux toilettes et pour nous aider à mettre nos blousons. Jeanine me terrorise. C’est une femme dépourvue de patience. Elle est violente dans ses gestes et dans ses mots. Mes camarades de classe et moi sommes dans les toilettes. Jeanine est à quelques mètres de moi. Sans ménagement, elle saisit par le bras un petit garçon. Il a le pantalon en bas des jambes. Jeanine lui hurle dessus en le fessant. Je suis debout, tremblante et tétanisée de peur. Je suis également en colère. En colère contre cette femme qui maltraite cet enfant et qui – je vais le découvrir plus tard – est son souffre-douleur, mais je suis aussi en colère contre moi. Je m’en veux de ne rien faire, de ne rien dire, de juste rester là à regarder. Je vois passer les enseignantes dans le couloir. Elles discutent et ne se retournent même pas sur les cris provenant des toilettes. Elles sont indifférentes à ce qui se déroule sous leur nez. Intérieurement je suis révoltée. Plus je découvre les adultes, plus ils me déçoivent. Je me déçois aussi. Je me trouve tellement couarde. Le soir, je demande à ma mère pour ne plus aller à l’école. Et chaque matin, je renouvelle ma supplique. Seulement, je n’explique pas les raisons qui me poussent à ne plus vouloir retourner en classe. Devant mes demandes répétées, ma mère se dit que je suis trop jeune et qu’il serait préférable qu’elle me retire de l’école pour m’y remettre un an plus tard. Mon instit lui dit que c’est une mauvaise idée. M’enlever de l’école n’aurait pas changé grand-chose. L’année suivante, le cauchemar aurait de toute façon recommencé.


Ma scolarité s’est donc poursuivie tant bien que mal. J’ai une meilleure amie, Laetitia, qui me protège de certains enfants, car ceux-ci savent se montrer durs et cruels face à des êtres, tels que moi, qui sont doux, sensibles et sans défense.

J’ai à présent quatre ou cinq ans. Mes parents ont tellement mis d’espoirs en moi que la petite fille émotive que je suis ne leur convient pas. Ils n’ont aucun mot tendre pour moi, sont très exigeants, impatients, agressifs. Ma mère ne me prend plus dans ses bras depuis que je sais marcher. Je ne me sens pas aimée et je ne sais comment faire pour obtenir un peu d’amour de leur part. Je suis dans la classe des moyens grands. Mon enseignante est restée la même. Elle a changé de classe en même temps que moi. Les enfants aiment me répéter que je suis son chouchou. Loin de me blesser, cela me ravit, car secrètement je rêve que madame Deschamps soit ma maman et que le père Noël soit mon papa. Lorsque l’on se sent abandonnée, on se raccroche à qui l’on peut.

Je suis dans la salle de classe et je suis inquiète. L’anxiété est là qui rôde en moi depuis plusieurs semaines. Cette préoccupation a pris de plus en plus de place, a poussé en moi, comme une graine indésirable, une mauvaise herbe. J’aimerais l’arracher. Je me dis que ma maîtresse doit avoir la solution. Je suis timide et réservée, mais c’est décidé, il faut que je lui parle. Choisir le bon moment... L’heure de l’histoire se termine. J’avais la tête ailleurs durant la lecture, enfermée dans ma peur. Du tapis et des bancs, mes camarades se lèvent pour regagner leurs chaises autour des tables rondes. Quelques livres traînent. Gagner du temps. Je les prends et les range. À présent, je suis seule avec mon institutrice dans le coin lecture. C’est le moment. Je m’avance vers elle. Elle nettoie le tableau noir.

− Maîtresse ?
− Oui, Isabelle.
− Ça fait longtemps que Caroline elle est pas venue à l’école.
− Oui, c’est vrai.
− Pourquoi ?
− Eh bien, Caroline est malade, mais elle va peut-être revenir à l’école après Noël.
− D’accord.

C’est dans longtemps encore Noël. Elle doit être très malade. Mais je me sens un peu soulagée : je vais revoir Caroline.

Le temps s’écoule. Les vacances de Noël arrivent. Et moi, j’espère qu’à mon retour en classe, Caroline sera là. La nouvelle année est passée et je suis à nouveau à l’école, mais Caroline n’est pas revenue. J’ai le cœur lourd. Je sais qu’il ne me sert à rien d’aller prendre des nouvelles de ma copine. Si Caroline n’est pas ici, avec nous, c’est qu’elle est toujours malade. J’ai peur pour elle. Je suis triste aussi. Il faut pourtant que je continue de faire mon travail d’écolière. Je chasse un peu Caroline de mes pensées. Il ne faut pas trop que je pense à elle. C’est trop triste de penser à mon amie. Je n’aime pas ce que ça me fait quand je pense à elle. Penser à Caroline, ça me donne envie de pleurer, ça fait battre plus vite mon cœur et ça me fait mal au ventre. Les mois s’écoulent. Dès que je pense à Caroline, je me concentre sur autre chose, n’importe quoi : dessins, découpages, collages, livres... peu importe, faire pour oublier, pour l’éloigner de moi.

Nous voici au mois d’avril. Notre maîtresse nous annonce une nouvelle qui me met en joie. Caroline va venir passer l’après-midi avec nous. Tous ensemble, nous allons fêter Pâques, dans la salle de jeu. Comme je suis heureuse. Je me sens toute légère. Caroline va revenir à l’école ! Caroline est guérie ! Et l’après-midi arrive. Caroline n’est pas encore là. Elle est en retard. Pour surveiller son arrivée, notre institutrice laisse la porte de la classe ouverte. Celle-ci donne sur la cour de récréation et de ma place je vois un rectangle de macadam. Il fait frais, mais le beau temps est là. Toute à ma joie de retrouver ma copine, je guette. J’espère qu’elle va bientôt arriver. Soudain, une mobylette s’avance dans la cour en même temps que mon cœur semble exploser. Je me fige de stupeur. J’ai mal, affreusement mal. Caroline est sur le deux-roues poussé par son grand-père. Le vieil homme a un beau sourire aux lèvres ce qui me stupéfie. La panique me submerge, le chagrin également. Un chagrin immense qui me donne envie de pleurer et de hurler. Caroline va mourir. Je le sais, j’en suis persuadée. La nouvelle m’a frappée en plein cœur. Je suis effondrée, foudroyée. Je ne veux pas que Caroline meure.

Toute la classe se dirige vers la salle de jeu où Caroline et son papy nous rejoignent. Mais moi, je n’ai plus du tout envie de m’amuser. Je suis là, assise au milieu de mes camarades sur un banc posé contre le mur et je les observe, anéantie. Un par un, on appelle les enfants qui viennent chercher leurs chocolats de Pâques. Tout le monde rit et s’amuse. Tout le monde sauf moi. Moi, je n’ai d’yeux que pour Caroline. Caroline qui est assise sur une petite chaise et qui semble si heureuse. Je ne parviens pas à détourner mon regard d’elle. La maîtresse, son papy, la dame de service sont là autour d’elle à lui parler, à lui sourire.

Autour de moi, ça chahute, ça bavarde, ça rit. L’atmosphère est chargée d’excitation : celle liée aux douceurs tant désirées, celle liée à l’arrivée des vacances. Moi, je suis désemparée. Le chagrin me submerge et je lutte de toutes mes forces pour ravaler mes larmes. Et il y a cette colère qui gronde en moi. Je ne comprends pas. Je ne comprends rien. J’ai envie de me lever et de hurler. J’ai envie de leur crier des mots que je tais, mais qui tournent dans ma tête : « Pourquoi vous vous amusez ? Mais vous voyez pas que Caroline va mourir ? Vous le voyez quand même ! Caroline va mourir et vous, vous êtes heureux ! Comment vous pouvez faire ça ? Pourquoi vous riez ? C’est pas drôle ! Vous vous en fichez ? Je vous déteste tous ! ». Mais, je ne dis rien, car Caroline est là et je veux la protéger.

Au soir, après la classe, alors que ma mère et moi sommes sur le chemin qui nous ramène à la maison, je l’interroge.

− Maman, elle va mourir Caroline ?
− Je ne sais pas Isabelle.
Mais moi, je veux savoir, alors j’insiste.
− Mais, elle est malade ! Elle va mourir ou pas ?
− Je l’ignore... Caroline est très, très malade, tu sais.

Oui, je sais. Mais même maman ne peut répondre à ma question. Même elle ne peut apaiser mon angoisse. Alors je la garde en moi puisque personne ne peut m’aider.


***

Cet épisode de ma vie était trop douloureux. Mon cerveau a préféré l’effacer de ma mémoire. Je t’ai gommé Caroline, sans le vouloir. J’en suis désolée. Excuse-moi.


***

Me voici trente-cinq ans plus tard. Je suis dans mon lit, je dors. Je me réveille au matin dans un cauchemar. Je m’assieds d’un bond, horrifiée et bouleversée. Caroline m’est revenue. Électrochoc. J’étouffe, je suffoque. Les images continuent de me poursuivre. J’aimerais les fuir pourtant elles sont toujours là à me harceler. Elles se déroulent sous mes yeux avec une netteté farouche. Flash-back terrifiant.

Je descends les escaliers, tel un automate. Ne pas pleurer. Ne pas crier. Ne pas réveiller les enfants. Ne pas les inquiéter. J’arrive dans le séjour. Mes larmes me submergent. Il faut qu’elles sortent. Pleurs rauquent et suffocants. Mon mari est là. Il ne comprend pas ce qui m’arrive. Comment le pourrait-il ? Alors, entre deux sanglots, je lui parle de toi, Caroline, mais je vois à son air dubitatif qu’il ne comprend pas ma réaction aussi vive. Ses mots me le confirment. Tant d’années ont passées. Je lui explique que pour moi, c’est comme si tu venais de mourir à l'instant. Mes larmes finiront par s'apaiser dans les bras de mon mari.

La journée passera : grise.

Je pense à toi Caroline et ton souvenir m’obsède. Il faut que je vérifie si tu es réelle ou si tu es sortie de mon imaginaire. Effacer ce léger doute : et si je t’avais créée de toute pièce ? Un coup de fil à ma mère me confirme ton existence. Ta mort également. Quelques mois après t’avoir vue pour la dernière fois, tu es morte. Tu avais une tumeur cérébrale. Je suppose que c’est cela que j’ai « vu », que j’ai ressenti avec tant de violence dans mon cœur.

Aujourd’hui bien sûr, j’ai compris le comportement de toutes ces personnes qui étaient autour de toi à l’époque. Celui des enfants qui du haut de leur jeune âge n'étaient pas en mesure de comprendre la gravité de la situation. Et celui des adultes qui t’offraient un joli souvenir. Un petit moment de fête comme un dernier Adieu.

Je sais aussi pourquoi, ma poupée, ma toute première poupée, celle que j’avais eu pour mes deux ans, j’ai décidé un jour de changer son prénom et de l’appeler Caroline. Je comprends également pourquoi après avoir donné cette poupée à ma petite sœur contre un autre jouet, j’ai été folle de rage lorsque j’ai vu qu’elle lui avait coupé ses jolies boucles blondes. Ce jour-là, j’ai menti par omission à notre mère en ne lui révélant pas notre échange afin de récupérer le poupon. En le récupérant, j’avais l’impression de sauver ma poupée, alors que c’est toi, Caroline que j’aurais aimé pouvoir sauver. Cette poupée existe toujours, rangée dans un placard de la maison de mes parents. Ce baigneur, c’est un peu de toi, Caroline. Un rappel de l’amie qui a partagé quelques trop rares années de ma vie.

Une profonde cicatrice me reste sur le cœur. Celle de l’empreinte que tu as laissée. Je suis marquée, Caroline. Marquée de toi.


À Caroline

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Corine LysOrlane · il y a
Je pense qu'on est souvent touché par ce qui ressemble à un morceau de nous.
Pauvre Caroline qui était loin de se douter qu'en si peu de temps, elle resterait au coeur.
Ce texte est très émouvant.

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Flore · il y a
Une belle mais difficile histoire...Une hypersensibilité que je connais bien, et une perceptivité où je me retrouve et avec laquelle j'ai du mal dans la vie de tous les jours.
Il y a cette théorie des coïncidences, des synchronicités, qui fait que l'on pressent souvent des faits qui vont se produire...
Cette nouvelle me fait , en partie penser, au TTC de Miraje "Dodo, l'enfant do", où, contrairement à ce qui se passe souvent, l'objet transitionnel (le doudou, le nounours, la poupée ...perdu) est présent alors que l'enfant n'est plus en vie.
Cette poupée, était devenue pour toi "Caroline"...et son histoire gravée dans ta mémoire d'enfant.
Une nouvelle, comme toujours, très bien écrite avec quelquechose de plus, apporté par ta grande sensibilité, et ça, tu ne peux l'inventer. Le transposer, oui...c'est ce que fait l'écrivain, mais ce sont des ressentis enfouis qui font de si belles histoires.
Merci Isabelle, je viendrai relire, il est "chargé" ce texte en émotion. Bravo....

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Charles Dubruel · il y a
oh, la belle histoire, pas très gaie mais tellement vraie
la sensibilité de la jeunesse est extrêmement bien exprimée

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Abi Allano · il y a
Touchée coulée...merci pour ce texte.
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Isabelle Lambin · il y a
Merci Abi :o)
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JigoKu Kokoro · il y a
Bonsoir Isabelle ( ^_^)
J'avais gardé la notification de votre publication pour un moment où j'aurais le temps de lire et de savourer votre écrit. C'est extrêmement beau et cela est tellement personnel. Un aveu, un souvenirs, un exorcisme du passé. Terrible que cette enfance sous le regard de cette petite fille qui déjà perçoit les choses en adulte parfois. La sensibilité au bord du cœur, la fébrilité au bord de l'âme, j'ai été très ému par cette histoire ce qu'elle nous raconte. L'amertume des souvenirs est parfois très profonde, elle vous marque, voyage avec vous toutes ces années et quand on croque de nouveau dedans, le goût en est toujours aussi fort. Je ne peux que comprendre ce genre de choses. J'ai beaucoup apprécié la narration équilibré et sa construction structuré en passage important. Vous m'avez touché Isabelle, comme toujours. En quelques mots et quelques lignes, j'étais conquis par ce que je lisais. ( °_°...

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Isabelle Lambin · il y a
Plutôt que d'employer le terme d'adulte, j'utiliserais celui d'hypermaturité. "Adulte" ne veut pas dire grand chose pour moi. Il y a nombre d'adultes qui ont des comportements immatures. Et à côté de celà, certains enfants sont dotés d'une grande maturité.
Lorsque l'on est hypersensible, les cicatrices du passé ne se referment jamais vraiment, même si parfois on pense être enfin parvenu à recoudre solidement nos plaies. Il suffit d'un événement, d'un mot, d'un lieu, d'un plat, d'une musique, d'une odeur pour réveiller le passé. Si cela me fait du bien de me sentir comprise, j'espère qu'en retour ce récit autobiographique vous apporte aussi. C'est apaisant de se retrouver un peu dans les mots de l'autre. Merci :o)

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JigoKu Kokoro · il y a
Vous avez parfaitement raison Isabelle, en disant "Adulte", je pensait "Mature" ( ^_^). Je suis effectivement comme vous, je traîne des cicatrices et des pierres lourdes du passé.
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Isabelle Lambin · il y a
Oui, je l'ai compris dès que je vous ai lu la première fois. Si on ne peut réécrire hier, la page blanche qui s'ouvre sur demain sera ce que nous en aurons fait.
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André Page · il y a
Toujours aussi touchante cette histoire que tu as remise ici et qui témoigne de ta grande sensibilité et de l'attention que tu portes aux autres, oui les enfants voient d'une manière générale les vraies choses et sont tellement moins futiles que les adultes en fait... et puis comme tu le suggères ils ont besoin de toujours être soutenus et approuvés par les personnes qu'ils aiment le plus, eux, leurs parents.. L'écriture est belle et l'histoire marque aussi le lecteur.. bravo pour ça, Isabelle :)
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Isabelle Lambin · il y a
Ton commentaire me touche beaucoup, André, de par sa justesse. Si tous les parents pouvaient parler comme toi. Merci beaucoup :o)
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Emsie · il y a
C'est un bel hommage en effet que vous rendez à cette petite Caroline, vous qui savez si bien dire les émotions, sans effets ni artifices. En effet, les douleurs de l'enfance ont du mal à cicatriser, mais les mots, là encore, ont de grands pouvoirs... À bientôt :)
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Isabelle Lambin · il y a
Oui, c'est vrai, les mots (et tout particulièrement l'écriture) ont pour moi cette capacité d'expulser, au moins un peu, les émotions, les douleurs, aussi bien les miennes que celles qui me sont étrangères mais que je ressens avec la même intensité que si elles étaient miennes. Merci Emsie. A bientôt :o)
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Emsie · il y a
J'ai également été très touchée par l'une de vos réponses à un commentaire, où vous dites que l'hypersensibilité ouvre aussi la porte à des émotions simples et fortes, inaccessibles aux blasés…
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Isabelle Lambin · il y a
Oui, je le pense. C'est qui triste par contre, c'est de voir que des hypersensibles se sont tellement barricader le coeur pour ne plus souffrir qu'ils sont devenus aigris, durs et intolérants.
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DANY 14 · il y a
quelle beau texte,un hommage émouvant à Caroline.Ce texte nous donne à réfléchir sur l'attitude à avoir vis à vis de nos enfants,qui ressentent plein de choses de leur environnement et de ce que les adultes leur cache...Meilleurs voeux pour cette nouvelle année,et de nombreuses nouvelles ,comme vous les écrivez si bien
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Isabelle Lambin · il y a
Les non-dits sont souvent source d'angoisse. C'est d'autant plus perturbant que l'on ne parvient pas à mettre de mots sur l'origine de ce mal-être. J'ai mis très longtemps à comprendre qui j'étais (celà fait maintenant un peu plus de 4 ans) et je savais que d'une certaine façon je passais à côté de moi sans parvenir à comprendre cette part de moi que j'ignorais, l'image donnée par la société de cette différence étant souvent erronée, même si à l'heure d'aujourd'hui les choses s'améliorent. Alors oui, bien sûr, je pense qu'il est important d'être à l'écoute de ses enfants et de savoir répondre à leurs interrogations.
Belle et heureuse année à vous également, Dany. Un grand merci pour tout.

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Gustave · il y a
Bel hommage à Caroline et à l'Amitié...la vraie, celle qui nous touche au point de nous lier à tout jamais.
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Isabelle Lambin · il y a
Oui...
Merci Gustave :o)

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Danielle · il y a
Je suis très touchée au coeur par ton histoire très belle, qui est pleins d'amour, de sensibilité, de coeur.Une amie que l'on aime vraiment reste à tout jamais gravé dans nos coeurs.je te comprends.mais ce que tu as ressenti même très fort, fait de toi une personne formidable, vivante et à cœur d'aimer.
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Isabelle Lambin · il y a
Merci Danielle :o)
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