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Marie et Charles

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Isabelle

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Marie est habillée d'une longue robe blanche couverte de dentelle et est coiffée d'un magnifique chignon. Elle petit déjeune dans la salle à manger dans laquelle sont simplement installés une table en chêne massif, quelques chaises et une armoire. La jeune femme s'est assise face à la fenêtre ouverte. Une douce brise vient lui caresser le visage. Seul le chant des oiseaux interrompt le silence qui règne dans la pièce.
Elle se rend ensuite au salon où une immense bibliothèque remplie de romans, d'encyclopédies et de livres divers recouvre le mur du fond. Les grandes vitres ouvertes laissent entrer les rayons du soleil. Il y règne une odeur de fleur et d'herbe fraîchement coupée. Marie reprend l'ouvrage qu'elle avait laissé la veille sur la petite table qui trône au centre de la pièce, s'assied dans le fauteuil, et se plonge dans sa lecture.
Après plus d'une heure, elle se rend dans l'immense jardin peuplé de noisetiers, de chênes, de saules pleureurs et d'un verger qui s'étend dans sa partie droite. Des fleurs sont aménagées dans des parterres près du mur de la maison. En son milieu coule une fontaine représentant des dauphins auprès de laquelle Marie, à chaque fois, se rend.

Charles, son mari, est un bel homme d'une trentaine d'années. Son corps élancé et sa chevelure bouclée lui donnent l'air d'un ange. Ses yeux bleus claires illuminent son visage hâlé. Il éblouit par sa culture et détonne dans les grandes discussions qui terminent les dîners copieux. La situation internationale l'inquiète. Les relations entre les pays semblent se distendre et l'assassinat de l'héritier du trône austro-hongrois est de mauvais augure.
Alors qu'il revient de promenade avec sa femme dans le parc tout proche, il entrevoit une lettre adressée à son nom. Il s'agit de son ordre de mobilisation. La guerre est déclarée. Il part dans quelques semaines. Le visage de Marie devient pâle, et, bientôt, des larmes coulent.
Le jour du départ arrive. Les adieux sont pénibles: des larmes, des pourquoi et des baisers. Bientôt le train qui emmène Charles démarre. Marie se remémore ses dernières paroles réconfortantes et repart en voiture. Pas un jour ne se passe sans qu'elle ne prie pour que rien n'arrive à son époux. L'attente de ses lettres est longue. Jour après jour, elle se remémore leurs discussions interminables, leurs sorties au restaurant et autres balades romantiques.

Comme à son habitude, après sa lecture, Marie se rend dans le jardin. Elle va près de la fontaine. Elle se penche au-dessus de celle-ci et attend de voir dans le reflet l'image de plus en plus nette de son mari. Elle le voit vivre dans les tranchées, elle voit les jeux de cartes, les lettres qui lui sont destinées, mais aussi l'ennui des jours où il ne se passe rien, les champs de bataille et les morts tomber sous ses yeux.
Un autre jour venu, elle se penche au-dessus de la fontaine. Elle attend que l'image se forme dans le reflet de l'eau. Mais rien de se passe. Pas la moindre trace d'une image de Charles. Elle recommence la tentative plusieurs jours d'affilés, elle attend les lettres avec impatience, mais toujours rien. Jusqu'au jour où quelqu'un frappe à la porte. Il s'agit de Charles. Il est rentré en permission.
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Jeanne en B. · il y a
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