1
min

MA FEMME (d’après la nouvelle en prose de Maupassant)

Image de Charles Dubruel

Charles Dubruel

10 lectures

3

MA FEMME (d’après la nouvelle en prose de Maupassant)

À trente ans, je ne pensais pas à me marier.
Or ce premier samedi de février,
J’étais invité par mon cousin Berlande
À une vraie fête normande.
On se mit à table à cinq heures,
On mangeait encore à onze heures.
Comme voisine, j’avais une Melle Affaite,
La fille d’un colonel en retraite.
Cette petite était jolie,
Verbeuse et hardie.
Durant toute la journée,
Elle m’accapara,
...M’assomma.

Vers minuit, les femmes se retirèrent.
Les hommes restèrent
À fumer en buvant
Ou, si vous aimez mieux,
À boire en fumant.
À deux heures, le château dormait, silencieux.
Repu de nourriture,
Je montais me coucher.
J’étais si éméché
Que je peinais à trouver ma serrure.
La porte s’ouvrit. Je heurtai mon lit.
Je m’étendis et m’endormis.

Je fus réveillé par une grosse voix
Le lendemain matin. Elle disait près de moi :
-Encore couchée ? Il est dix heures, Isa !
Une femme répondait : -Déjà ?
Et moi, je pensais : Où suis-je ? Qu’ai-je fait ?
Mon esprit flottait dans un nuage épais.
-J’ouvre tes volets, reprit la grosse voix.
Puis des pas s’approchèrent de moi :
-Qui est là ?
Une terrible lutte débuta.
Je me colletais avec le colonel !
J’avais dormi auprès de sa fille Isabelle.

Le père enfin se calma,
Et m’interpella :
-Jeune homme, pour vous tirer d’affaire,
Il n’y a plus qu’une seule chose à faire :
Vous devez épouser ma fille.
Ce propos me fit sortir de ma coquille :
-Mais non, je ne veux pas !
-Je ne plaisante pas.
Si c’est non, je vous brûle la cervelle !
Vous avez séduit une prude demoiselle.
-Ne me sermonnez pas,
Je ne l’épouserai pas.

Dans la soirée, mon oncle Berlande
M’apprit qu’il avait obtenu des conditions
Très avantageuses pour moi,
Si j’officialisais ma demande.
J’approuvais sa solution
Et rentrai chez moi à Bois-Le-Roi.

Un mois plus tard, les bans étaient publiés,
Et les billets de faire-part envoyés.
Puis nous nous sommes agenouillés, elle
Et moi, au pied de l’autel.

Vers dix heures du soir,
J’entrai dans son boudoir
Avec l’intention
De lui faire connaître
Mes résolutions :
J’étais maintenant le maître !
Sa réponse m’a surpris
Mais en réalité elle m’a ravi :
-Je ferai tout ce que vous m’ordonnerez.
Je me tuerai si vous le désirez !
Alors, je l’ai l’embrassée
Et suis entièrement récompensé :
Je l’ai épousée voilà bientôt huit ans
Et ne le regrette à aucun instant.


Thèmes

Image de Nouvelles
3

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lire la charte

Pour poster des commentaires,
Image de Charles Dubruel
Charles Dubruel · il y a
merci, Doloterasse, pour votre message
·
Image de Dolotarasse
Dolotarasse · il y a
Terrible découverte pour les enfants !
·
Image de Charles Dubruel
Charles Dubruel · il y a
Merci, Arlo, pour votre appréciation et votre vote.
je vais tout de suite aller voir votre "soleil" (on en a besoin, en ce morne matin de décembre !)

·
Image de Arlo
Arlo · il y a
Voila une excellente nouvelle qui valait le détour. Les votes d'Arlo qui vous invite à découvrir "j’avais
l'soleil au fond des yeux" en finale de la matinale en cavale. Bonne soirée à vous.
http://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/javais-lsoleil-au-fond-des-yeux

·