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Lise et moi

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Mona Livane

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Nous sommes en 1980 au mois de décembre.

J’ai 17 ans et lui 19. Nous nous sommes rencontrés au Lycée, quatre mois plus tôt. Nous avons quitté le Lycée, en cachette de nos parents depuis une semaine. Nous sommes hébergés à Paris par des amis serveurs de nuit au Lido. Aujourd’hui, nous sommes dans le train qui file vers la banlieue proche de Paris où j’ai grandi. Nous allons le dire à mes parents, à domicile, pour arrêter la cavale dans notre tête et pour vivre tout à fait, pour de vrai.

Nous marchons d’un même pas, la route de la gare à chez moi ne prend que cinq minutes. Je suis tendue, déterminée, il me semble entendre les battements de mon cœur en sourdine puis à fond jusque dans les tempes. Nous ne parlons pas, je ressens un frein à l’approche de l’entrée de la résidence, comme si deux mains invisibles me retenaient par les épaules. Ne fais pas ça. Ca siffle dans mes oreilles. Je dois le dire, l’annoncer à mes parents. Après, ça ira. Encore quelques marches et me voilà devant la porte, seule. Renan est resté recroquevillé dans la cage d’escalier rouge et m’attendra là pour l’Après. Je rentre chez moi, je sais que c’est la dernière fois que je franchi ce seuil comme une lycéenne après sa journée d’étude. Mes parents sont là. Mon frère aussi. Ma sœur n’est pas présente. Je ne sais plus si j’ai embrassé mes parents.

« J’attends un enfant et je veux le garder ».

Ce sont les mots par lesquels j’ai déclenché le chaos dans ma vie, dans nos vies. Voilà je l’ai dit. Je reste le plus calme possible après avoir déclenché la plus grosse tempête dans la vie des miens. Les larmes de mon père, le silence de ma mère, les mots bienveillants de mon frère ont tourné autour de moi. J’étais invincible. Je portais la vie.

Je redescendais l’escalier et regardais Renan, assis par terre, dans la même position où je l’avais laissé. Nous sommes repartis vers la gare, je sentais le tourbillon de sentiments qui m’envahissaient, entre panique et la certitude que ma vie basculait à tout jamais en cet instant même. Total KO dans mon être. Renan m’a regardée et m’a lancé en marchant :

« Je ne t’ai jamais vue aussi calme. »

Voilà le train pour Paris.

1980, un jour de semaine à 9h30.

Je suis à Paris, Gare du Nord. J’attends Renan. Nous avons rendez-vous ici pour annoncer à ses parents que nous attendons un enfant, que nous commençons une nouvelle vie, à trois. Renan m’a parlé de ces parents d’un air buté et mystérieux. :

• « Mon père a abandonné femme et enfants pour retourner...en Algérie. Ma mère vend son corps pour subvenir aux besoins de la famille. »

Peu importe. Nous devons annoncer notre nouvelle. Le train entre en gare. Je suis en terrain connu. Tous les départs de colonies de vacances commençaient ici. Je me souviens du départ en juillet 70 pour Siez. Ici même. Trois semaines en colo avec mon frère. Je venais d’avoir sept ans. Mon père nous accompagnait, il faisait chaud. Je le regardais : les gouttes perlaient de son beau visage. A moins que ce ne fussent des larmes. Le train est à quai. Destination Laon. Je scrute la foule anonyme. Je cherche Renan. Je ne le vois pas. Il ne viendra pas. Je monte seule à bord. Peut-être est-il déjà là bas, chez les siens. Il y a quelques jours, nous avons quitté le Lycée pour toujours. Il m’a certainement devancée, oui, pour venir me chercher à la gare de Laon, ville que je ne connais pas. Paris est tout gris comme un plaid tout doux qui m’enveloppe. Je laisse Paris derrière moi avec sa lumière tamisée que je reconnaitrais entre mille. Une heure de trajet, je ferme les yeux pour écouter le 2ème cœur qui bat en moi.

Je sors de la Gare, à Laon. J’ai l’impression d’une ville miniature. Un homme s’avance cers moi :

• « Mademoiselle, vous êtes formidable, vous venez me ramener mon fils ! »

• « Renan n’est pas là ? Vous êtes...son père ? »

Je le regarde, à la dérobée, alors qu’il conduit sa R25. Je suis assise à côté. Il me demande si son fils est en bonne santé, s’il n’a pas d’ennui car « vous savez il peut compter sur moi, même s’il a fait une bêtise, le plus important, Mademoiselle, vous comprenez, c’est qu’il revienne. Peu importe ce qu’il a fait, je peux tout comprendre. Vous allez m’expliquer ? »

Nous descendons de voiture dans un petit lotissement de maisons Koaffman & Broad.

Nous nous dirigeons vers la plus modeste. Une femme, derrière sa la fenêtre, nous regarde arriver. Je suis en salopette, mon ventre n’a aucune forme de grossesse.

Je suis plate comme une limande. Je sens son regard comme un scanner de haut en bas et retour aussi vite. Nous arrivons à la porte. Je vois une petite bonne femme toute droite, avec des yeux écarquillés au possible. Elle s’agite, s’essuie les mains en sortant de la cuisine et en un éclair, nous nous retrouvons installés dans le salon. L’intérieur est très conventionnel, meubles en bois, aussi pour la télé et vue sur un minuscule jardin.

Je ne vois aucun détail oriental dans le décor. La théière est en porcelaine avec des petits éclats dorés. Nous buvons de l’ Earl grey avec une rondelle de citron. La maman a un visage rond et parle très vite. Je ne lui trouve pas le profil de vie décrit par Renan. Je pensais : « Quelle drôle d’idée de s’inventer une famille... »

Elle appelle sa voisine-copine et lance : « Cela ne vous dérange pas Mademoiselle n’est ce pas ? Nous sommes des amis très intimes ».

Elle ajoute en plissant les yeux :«mon mari est directeur de société donc pas de problème de retard au travail. Vous pouvez tout nous raconter maintenant ».

Ce que je fis, le plus posément possible. A mon grand étonnement, ont suivi les compliments sur mon allocution, mon courage d’être venue jusqu’à eux, ma grande maturité et blablabla...

Au moment où j’allais prendre congé, la maîtresse de maison me dit :

• « Vous savez, Mademoiselle, si vous ne voulez pas garder l’enfant, ce que je comprendrais...nous pouvons l’élever nous même, justement, nous comptions adopter...»

Je me suis à cet instant demandé dans quelle galère je me jetais.

Quelques mois plus tard, elle intimera son nom de grand-mère : « Muty » (maman en allemand). Son vrai nom c’est Ginette.

 

 

 

 

 

Septembre 1987

Je travaille dans une friperie du centre. La patronne a quatre magasins dans le quartier. Elle s’appelle Edith, son frère c’est Marcel. Leur mère a vécu dans l’ombre de Piaf. Je vends des fringues pas chères, cousues dans des ateliers chinois à Paris, des cuirs, des surplus militaires, des fringues pour tous les styles : punk ska reggae... Je sers aussi de modèle à Edith avant ses commandes aux chinois. J’ai eu le choix de deux boulots au même moment. J’avais demandé conseil à mon père. Un contrat de trois mois au Printemps Haussman ou celui-ci, pas complètement déclaré, mais sans durée limitée. Mon père m’a répondu :

• « Il faut choisir le plus honnête. »

J’ai pris l’autre.

Depuis 3 semaines, Renan s’est barré de ma vie, m’a annoncé ça un après-midi puis est parti.

Je choisis le travail qui me permettra un gagne pain sur la plus longue durée. Lise est en primaire. Il me faut un peu de confort, maintenant, c’est le temps qui me fait défaut, pour traiter tous les courriers restés lettres mortes dans l’appartement, les recommandés, courrier de la banque, créanciers divers et variés. Je revois le tas d’enveloppes et courriers au milieu du séjour.

Je ne sais par quoi commencer et la rage au cœur, les larmes aux joues, me lance à corps perdu dans cette bataille administrative et les demandes de délai de paiements à EDF, cantine etc.

Je paye mon loyer chaque mois en liquide à la concierge qui dépose ensuite la quittance dans la boîte aux lettres. Un soir, elle m’appelle et me demande de passer en sa loge.

• Vous n’avez pas payé ce mois –ci.

• Bien sûr que si ! J’ai ma quittance.

• Oh ça ne veut rien dire, il m’arrive de mettre les quittances dans la boîte aux lettres avant l’encaissement. Je vous demande le règlement de ce loyer ou j’entame une procédure...

Là, je perds patience. Avec l’énergie du désespoir, j’explique que je vis seule avec ma fille et que malgré cela mon loyer est payé rubis sur l’ongle chaque mois et que cette situation est complètement dingue, que je ne me laisserai pas faire etc.

Je repars vers mon monticule de papiers dans mon salon et je classe avec soin la précieuse quittance de loyer du mois en cours. Quelques jours après, la concierge m’interpelle au passage devant sa loge.

• Entrez s’il vous plaît Madame.

Je reste debout face à son bureau. Elle me dit :

• Mon mari est gendarme. Nous avons fouillé de fond en comble le bureau et nous avons retrouvé la somme en espèces de votre loyer. Les billets étaient coincés entre deux tiroirs.

Je ne me souviens pas avoir reçu d’excuses de sa part. Debout devant son bureau, je lui ai juste lancé, dans un soupir de soulagement :

• Puisque je vous l’ai dit !

Mai 1987

Edith essaye d’arrêter de fumer. Pour cela, elle fume...des cigarettes à base de je ne sais quelle substance, soi-disant sans goudron ni nicotine. Les effluves entre foin et encens annoncent à l’avance son arrivée tonitruante dans le magasin. Sa silhouette boulotte déboule. Elle est toujours surexcitée, fait du rentre-dedans, surtout avec mon collègue Bruno, jeune parigot pur jus, communiste de père en fils. Il refuse de vendre les croix gammées du rayon « babioles du magasin, juste à côté des bagues en forme de tête de mort et autre accessoires rock. Edith ramène sa fraise, attifée d’un éternel legging noir et d’un pull en mohair façon Anne Sinclair, sa coupe au carré blonde platine et sa clope d’herbes de Provence au bec.

• Bon, on est à combien en caisse ? N’oubliez pas de tout noter et toi Bruno arrête de draguer tout se qui bouge hein ? Allez ? J’ai la commande de bombers qui arrive...on va mettre en rayon...On se bouge !

Le magasin est déjà plein comme un œuf. Elle définit au pas de charge une nouvelle zone de vente, en plein milieu, qui réduit encore le passage. La réserve est pleine à craquer, juste avant les cabines d’essayage.

En deux temps trois mouvements, les bombers et teddys sont en place, prêts pour la vente.

Edith repart et avec elle son nuage de fumée verte.

Je peux reprendre ma discussion avec Bruno.

• Alors ce concert de Neil Young au Palais des Sports ? Bien ?

• Moi j’ai vu les Fleshtones à la Loco...Géant...

Puis on remet le son de Radio Nova à fond.

Juin 1987 à Paris

Le soleil de juin crépite de mille feux.

- «Je suis en rut»

Voilà ce qu’annonce Bruno en arrivant le matin au magasin. La veille, il avait mené une cliente en cabine d’essayage pour un pantalon de treillis. Son bagout ravageur l’invite à « bouger son corps » afin de tester la souplesse du tissu, le confort de l’article... et la jeune et gracile jeune fille exécute un grand écart facial devant ses grands yeux éberlués et Bruno m’appelle depuis le fond de la boutique, épaté et complètement énamouré devant cette figure gymnique en treillis.

- «Je suis en rut»

 C’est ainsi qu’il me résume à sa façon, la suite de sa rencontre avec Lina, la fille au treillis. Ils ont donc fait connaissance plus avant. Lina est la soeur de Macha, une jeune chanteuse pour enfants.

- Tu connais ? - Non, mais Lise adore.

Lise fût très fière quand Lina la garda un après midi et lui offrit un pain au chocolat et un album dédicacé de Macha.

Mi-septembre 87

Pâle septembre, comme toujours dans mon Paris.

On se la raconte un peu avec Bruno, en mettant en place tout le barda racoleur du magasin.

Dans la rue,, les articles racolent, la musique aussi racole, le quartier est appelé « cimetière des éléphants » car les travailleuses du sexe sont défraîchies, sexy-cradingues. Elles crépitent de signaux, comme dans les nouvelles de Bukowski. Elles prennent un café entre deux passes.

Dans la boutique, Bruno me raconte ses dernières échappées belles. J’aime bien. Cela met mes préoccupations à distance, pour la journée.

Je me débats avec mes paperasses. Je suis maintenant «interdite bancaire». Je ne dispose plus de chéquier jusqu’au renflouement du compte en banque. Je demande régulièrement des acomptes de salaire à Edith. Pas de problème, elle a toujours du liquide dans ses poches.

Je décroche le téléphone, C’est ma mère qui m’appelle au magasin. Je n’ai plus de ligne chez moi.Je ne sais pas si je donne des nouvelles, je me rends compte à cet instant du tourbillon dans lequel je vis. Elle a une voix grave et m’annonce :

- « Papa va se faire opérer, il a une métastase dans la tête, c’est très grave... »

Sa voix contient toute la douleur, l’amour de sa vie, juste l’immense douleur de se dire que cette maladie est là et réduit à néant tout espoir d’avenir...ensemble.

Le temps s’arrête. Je me sens raide, figée, gelée. Seule.

Je parviens à rester debout, vacillante mais tendue par un fil qui viendrait sur le bout de mon crâne. Mon corps chaloupe et revient toujours en son axe vertical. Je voudrais pleurer, je ne peux pas. Je voudrais crier mais une foule de pierres et cristaux m’ensevelissent jusque dans la gorge et les yeux. Je me sens emmurée vivante mais les autres ne le voient pas.

Une mère et sa fille entrent dans le magasin et regardent les vestes de cuir. Elles m’interpellent pour me demander conseil. Je m’avance en traînant avec moi les amas de pierres et de ruine autour de moi. J’ai mille ans. Je ne peux dire un mot, seule, mon enveloppe corporelle est là. Je vois bien la jeune fille agacée par mon stoïcisme. Elle essaye fébrilement les cuirs, sa mère me parle, je ne peux toujours pas me dégager de ma torpeur, le temps est suspendu. Mon fil me tire toujours vers le haut et maintient une allure humaine je pense, mais mon regard ne vit plus, je sens que je quitte mon corps tout raide pour me concentrer sur le regard de cette femme, pour rester de ce monde. Je vois de l’étonnement, de l’inquiétude, de la gêne, de la peur et je ne peux détacher mon regard du sien. Je puise tout ce que je peux pour rester en vie dans le regard de cette inconnue.

 Puis je pense à Lise dans les bras de mon père, qui court comme un gamin pour la faire rire, et elle rit de son petit rire cristallin.

La maman se détache de mes yeux, prend sa fille par le bras et tout doucement, l’emmène vers le dehors.

Début Octobre 87

Toute la famille de Renan a débarqué chez moi. Ils ignoraient que Renan a quitté le domicile depuis un mois. C’est ce que j’ai répondu au téléphone à Coralie, belle-sœur, qui appelait comme ça, « pour qu’on se voie un de ces 4 ». Elle vivait à Rethel avec le frère de Renan.

 Du coup elle a prévenu toute la famille et les voilà chez moi. Les grands-parents de Lise sont venus de Picardie. C’est à ce moment que Renan surgit de nulle part. Je ne pouvais croire au hasard de cette entrée en scène. Il annonce en pleurant :

- « je crois que j’ai le sida »

L’effet fut immédiat. Ses parents partirent sur le champ en l’emmenant avec eux. Je reconnaissais de sa part une nouvelle cabriole, une nouvelle diversion. Il repartit, entouré des siens.

Coralie reste un peu, il fait encore bon, nous allons au Parc de Sceaux, nous affaler sur la belle pelouse, avec Lise.

Deux jours plus tard, je reçois un appel de mon bailleur, m’indiquant que Roger leur a signifié le retrait de sa caution pour l’appartement que j’occupe désormais seule avec Lise, sa petite fille qui vient d’avoir 6 ans.

Fin-octobre 87

Aujourd’hui, j’ai perdu mon boulot. Virée...en 2 minutes chrono.

Edith et son sous-fifre chevelu et livide ont trouvé des miettes de shit sur le lavabo des toilettes au fond du magasin. Il faut les voir, tribunal dérisoire, face à moi.

- « notre collaboration s’arrête ici ».

Je ne me souviens pas avoir pris un seul jour de congé depuis presque un an.

 Je me dis que mon père avait raison, j’aurai dû choisir l’autre emploi, celui du printemps Haussman, complètement déclaré.

Je rentre chez moi en métro.

 J’ouvre la boîte aux lettres. Il y a juste un mot manuscrit «Mona, appelle moi signé : Mary » et son numéro de téléphone.

C’est la tante de Renan.

Et merde...Quoi encore ...

Novembre 87

Le monticule de paperasse a fondu au milieu du salon. J’en suis venue à bout. Jour après jour, soir après soir. Les courriers de demande de délai de paiement, le rendez-vous pris avec les services fiscaux, demande d’exonération des taxes d’habitation, je me démenais et parvenais à mes fins avec l’administration.

 Restait le souci financier, je faisais le compte de l’argent que nous devions. Je dis nous car nous étions deux à avoir emprunté et claqué l’argent aussi vite que fonte de neige au soleil.

Nous vivions fébrilement, voulant jouir de chaque chose, surtout de ce qui n’était pas à notre portée. Nous avions emprunté l’équivalent de deux mois de salaire à mes parents, je me souviens, pour aller à Tignes une semaine avec les copains, skier et faire la fête. J’avais 20 ans.

Mes parents ne m’ont pas réclamé l’argent depuis 4 ans. Ils sont les premiers sur ma liste «à rembourser». Question d’orgueil, tant pis si la banque ajoute des agios. Ce contrat moral envers moi-même me contraint plus que tous les agios du monde.

L’assistante sociale de la Mairie m’a débloqué une somme d’urgence pour le nécessaire quotidien et aussi des tickets pour les échanger avec du riz et des yaourts dans une annexe de la Mairie. L’entrée est repérable avec la file d’attente de personnes qui, comme moi, attendent leur tour. Ici, les regards ne se croisent pas.

Je n’y reviendrai pas, malgré l’appel de l’assistante sociale.

Lise est en pleine forme. Elle a toujours plein de copines de l’école, qu’elle invite régulièrement. Leurs rires sont des torrents de fraîcheur. Je confectionne des gâteaux au yaourt avec autant de version que de fruits.

Lise va bien. J’ai parlé à l’institutrice de la séparation et demandé si son comportement avait changé. Pas du tout. Toujours aussi gaie.

Son père, a suivi tous les examens médicaux supervisés par ses parents,  une aide psychologique l a aidé  à assumer son choix : celui de partir sans laisser d’adresse.

Quelques huit années lui furent sans doute nécessaires avant de réapparaître dans la vie de Lise.

Un soir, Lise s’est postée devant la porte de l’appartement et a piqué une grosse colère.

- Je veux voir mon père !

- Je ne sais pas où il est mais je suis sûre qu’il va bien.

Chaque histoire, inventée chaque soir, rythmaient la fuite du jour vers la nuit, avant un autre jour et une autre nuit.

 Depuis mon lit,  je fixais des yeux l’ampoule nue, juste au dessus, sans pouvoir m’en détacher. Mon jean flottait autour de moi, je pouvais y rentrer mes deux poings serrés, directement dans les poches. J’y trouvai une boule de papier : le message de Mary. Voyons ce qu’elle me veut.

J’appelle.


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Artvic · il y a
Une sympathique histoire que je ne regrette pas d'avoir lu, merci
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Mona Livane · il y a
Merci à vous Artvic, à bientôt !
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Laura · il y a
J'aime beaucoup votre histoire et son style, je vais m'empresser d'aller lire la suite!
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JACB · il y a
Au début j'ai été gênée par le manque d'enchaînement et puis avançant dans la galère de cette jeune femme j'ai trouvé que l'effet généré allait bien dans le sens des catastrophes qui tombent les unes après les autres, un phénomène inéluctable d'adversité. Je vais lire la suite.
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Keita L'optimiste · il y a
Je vous donne mes trois voix d'encouragement.veuillez faire pareil pour moi sur le lien ci-dessous https://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/apparait-maintenant merci
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01tinkpon · il y a
Qui lit comprend qu'il faut aider
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Dimaria Gbénou · il y a
Mona, c'est vrai, l'assistance sociale n'est pas à négliger. On a besoin des assistants sociaux de nos jours. Je like cette merveille et m'abonne à votre page pour être au courant de vos nouvelles œuvres. Si vous avez le temps, je vous propose de visiter mes deux textes en compétition. Sous le regard du diable ". https://short-edition.com/fr/oeuvre/nouvelles/sous-le-regard-du-diable
Et
https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/malchance

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Mona Livane · il y a
Merci Dimaria pour votre message et bonne chance à vous !
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Adjibaba · il y a
Un texte intéressant.
J'aime votre style et on sens beaucoup de fluidité dans l'écriture. C'est ce qui rend d'ailleurs le si agréable à lire. Mais j'ai particulièrement aimé la richesse du fond.
J'aime bien et je m'abonne à votre page également.
Si toutefois l'envie vous prend, passez donc découvrir mon oeuvre en compétition : https://short-edition.com/fr/oeuvre/nouvelles/entre-justice-et-vengeance

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Mona Livane · il y a
Merci Adji, au plaisir au fil des lectures...
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Felix CULPA · il y a
Le rôle important des assistantes sociales est ici évoqué, et ça fait du bien de lire un texte qui nous rapproche de la réalité ! Parfois le manque d'argent est cruel...
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Arnaud · il y a
Je trouve cette séquence encore plus claire...
C'est rythmé et plus vif. Super!

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