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Finaliste
Sélection Public

« Ne te laisse pas faire, ne te soumets pas, ne renonce pas, n’abandonne pas. Ne délaisse pas nos champs. Ils portent ton nom. Promets-le-moi que tu te battras pour les conserver. » Le regard de Charles rivé sur les yeux de Mathieu ne faiblissait pas malgré la fièvre qui le ravageait. Mathieu agrippa la main de son père qui eut un geste surprenant. Le vieil homme hautain et distant déposa des baisers fébriles sur la main de son fils.
Mathieu savait que ce moment le hanterait toujours, que rien ne viendrait l’effacer. Il avait été ébranlé au plus profond de lui-même. Jamais de toute sa vie d’enfant et d’adolescent ni d’homme, il n’avait reçu une quelconque marque d’affection de son père. Les baisers déposés avec tant de ferveur lui avaient brutalement rappelé le souvenir de sa mère. Ses cendres, Charles les avait dispersées sur les terres ancestrales de l’or rouge, parsemant le flanc de la montagne de cette poudre offerte aux bras du vent. Le testament était clair. Charles avait demandé que ses cendres fussent répandues de la même façon que pour Christine, enfouie dans l’humus. Ainsi leurs poussières se mélangeant se rejoindraient au fond de cette glaise qui leur appartenait depuis des générations. Les supplications du père au plus fort de son trépas n’avaient eu de motivation que pour la survie de ses bulbes.
Son père avait tenu bon toutes ces années durant lesquelles il se soignait avec sa tisane d’eau chaude où les brins de safran jaunissaient le breuvage. Il s’endormait mieux, disait-il, il cessait de battre la breloque. Combien de fois avait-il conseillé sa liqueur jaune pour combattre la dépression ? Combien de fois avait-il proposé des tartines de gelée de safran ? Il disait à tout venant que le sirop de safran au gingembre suffisait à requinquer un esprit torturé. La rareté de sa culture, la difficulté de la tenir hors de portée des nuisibles en tous genres conférait à la fleur cette aura de pureté qui manifestement avait séduit Charles.
Dans le bureau déserté, Mathieu soupira. Il n’y avait pas eu de récolte en automne comme si les fleurs conscientes d’un drame imminent étaient restées sur le qui-vive et s’étaient repliées. Quelques pétales violets avaient survécu, Mathieu et sa sœur avaient eu du mal à récolter les filaments, les trois filaments fichés dans le pistil que l’on ne prélève qu’avec une extrême délicatesse pour vite les faire sécher. Cet émondage était la partie la plus périlleuse, c’était un acte vertueux que des mains patientes, habiles et consciencieuses opéraient avec cette douceur qui permet à la fleur de finir sa vie couchée sur son flanc expurgé. Or en ces journées de septembre, Mathieu s’était tant occupé de son père qu’il n’avait pas pu être présent lors des journées de cueillette et de séchage des stigmates. Malgré les efforts de sa sœur Sandrine pour sauver la récolte, il n’avait pas pu remplir les commandes et répondre à la demande. Les quelques bocaux conservés depuis la dernière récolte n’avaient pas suffi. La courbe des recettes chuta inévitablement.
Il regarda par la fenêtre. Les champs reposaient dans la brise matinale. Cormes et bulbes étaient bien ensevelis sous terre. Que se passerait-il à l’automne prochain ? Il les avait bêchées ces terres gourmandes en matières organiques, il les avait retournées dans ses moindres sillons aiguillonné qu’il était par les ordres de son père : «  Ne laisse passer aucune place et reviens, repasse sur le sol, guette la moindre ronce ou bestiole. Les tranchées, c’est un endroit qu’on libère de toute entrave ; un espace libre, tu m’entends ? Libre. » Mathieu avait vu autre chose dans cet espace libre. C’était dans cet espace que son père avait mis sa liberté de vivre sans vouloir reconnaître que ses rêves singuliers étaient grevés d’ambition personnelle. L’entrave familiale, il l’avait affrontée imposant la puissance d’un raisonnement qui lui avait permis de conserver le terrain dans le patrimoine familial et de le fructifier alors que tous les bilans économiques ne parlaient pas en faveur d’une exploitation en friche. Charles avait levé les brandons de la discorde. Puis il avait dû combattre une autre entrave, celle de Christine son épouse qui voulait une vie moins austère et plus ouverte à des facilités citadines, mais Charles l’avait entourée de crocus violets, de bouquets odorants et de gerbes de promesses qu’il lui offrait quotidiennement pour lui montrer le chemin de l’or rouge. Ce hobby de retraité, en herboriste charmeur et passionné il avait convaincu Christine que la plante possédait des vertus inestimables. Christine avait bien dû renoncer un jour à vaincre sa rivale violette, ce crocus aux étamines jaunes et aux stigmates rouges. Elle s’était installée dans sa jolie maison de campagne se consacrant à veiller sur l’avenir de Mathieu et de Sandrine à qui elle avait elle aussi vanté les bienfaits de la mystérieuse plante. L’or rouge avait ainsi fait son apparition dans leur vie, s’y était installé et avait pris bientôt toute la place. Un manuscrit ancien trouvé dans les malles du grenier montrait une gravure de leur champ porteur déjà de ce bulbe. Charles l’avait encadré et posé sur le linteau de la cheminée comme si un halo de lumière rayonnait autour du tableau et nimbait la pièce d’une auréole de magnificence. La petite exploitation familiale n’avait tenu que grâce à la passion du père, à la patience de la mère et aux efforts constants d’adaptation de la progéniture qui aurait bien voulu vivre loin des extravagances du père et se projeter dans un avenir plus conforme à de secrètes aspirations.
Sandrine à la fin de ses études commerciales proposa de diversifier l’exploitation par la vente de produits dérivés. Réticente à ses débuts, Christine se laissa convaincre. Mère et fille créèrent une boutique de produits dans leur local d’objets anciens. La commercialisation de ces produits avait apporté des rentrées substantielles. Mathieu obéissait à son père en silence voyant surgir nombre de problèmes à mesure que l’exploitation s’étendait. Il acheva ses études d’agronomie tout en sachant qu’il serait vite embrigadé, son père s’appuyant sur lui et ne comptant plus que sur son fils pour aplanir les difficultés. Mais Mathieu voyait bien que des aides extérieures, un bon filon de communication, des réclames commerciales porteuses devenaient nécessaires pour sortir leur affaire de son état d’éternel archaïsme. La culture restait archaïque, il en convenait. On ne pouvait pas ôter ce point au safran de demeurer dans cette mouvance archaïque quand il fallait ne la cueillir qu’à la main avec délicatesse et précision. Les discussions avec son père finirent par porter leurs fruits. Son père accepta de descendre de son piédestal, faire le pied de grue devant les portes d’accès au sésame et d’attendre patiemment dans les nombreux couloirs des chambres de commerce qu’on vînt le convaincre d’accepter de signer des contrats de partenariat. Mathieu décida de s’occuper de ces questions administratives et techniques. Il voyait bien que son père avait du mal à se plier aux normes des organismes et aux méthodes d’organisation qui demandaient une charge supplémentaire de labeur. Charles se libérait de chaque entrave qui se dressait sur la route qu’il s’était fixée croyant toujours que sa famille le suivrait sans protester et qu’il pouvait s’appuyer indéfiniment sur son fils comme sur une canne providentielle.
Mathieu se souvint de cette période où le silence s’était installé sur leur domaine. Ils mangeaient en silence, ils travaillaient en silence, les sourires des femmes n’ouvraient plus aucune porte. En enfouissant les bulbes sous terre, en les espaçant de dix centimètres, c’était comme s’ils les enfonçaient tous sous toutes leurs rancœurs. Ils s’écartaient les uns des autres pour ne pas subir les malaises de leurs divergences. Charles montrait le coup de main, faisait sa rangée de bulbes en se retournant à tout moment pour morigéner Mathieu ou Sandrine qui s’efforçaient de reproduire à l’identique le procédé maintes fois décrit. C’étaient alors des rappels à l’ordre, des remarques acerbes quand le creusement des sols ne suivait pas le rythme du père ni son habileté manuelle.
Leur mère suivait tacitement. Charles en avait fait une fidèle admiratrice qui considérait son domaine comme une œuvre d’art quand elle esquissait au pinceau des toiles intimistes en y apposant les lumières des sols ancestraux. Elle peignait la quiétude, la lente implosion du ciel et ses basculements vespéraux quand le bleu s’immergeait dans les nuances rouille pour asseoir sa grandeur éternelle.
Ces moments de silence après que les champs repus de bulbes rentraient dans leur phase de gestation donnaient droit à une saison de répit. Sauf pour Charles qui assistait ses champs tous les jours, s’acharnait à désherber, traquant la moindre épine ou le plus petit animalcule. Mathieu entendait les grondements de son père. Ils sortaient de sa gorge comme autant de râles portés par l’angoisse de la défaite. Charles détruisait les mulots, les campagnols, ces grands mangeurs de bulbes. C’était sa hantise que de les voir mordiller ses chers bulbes quand depuis les tunnels creusés sous terre, ces rongeurs s’avançaient vers leurs proies pour les engloutir. La plus grande affaire était donc de détruire les tunnels souterrains comme les dédales de l’âme où sont tapies les noirceurs de la souffrance. Ils obstruaient les sols et les consciences et il n’avait de cesse que de les empêcher de proliférer. Charles marchait dans le labyrinthe des champs de sa pensée sans savoir que les enfants évoluaient dans un temps différent et qu’ils avaient besoin de vivre leur épanouissement.
Les fusariums, ces parasites et viroses végétales, sévissaient la nuit. Mathieu entendait son père se lever pour poser un regard inquiet sur ses terres. Maintes fois, il l’avait épié dans la fraîcheur nocturne, il l’avait surpris agenouillé sur le sol tapotant la terre, la tassant ou mesurant sa friabilité entre ses doigts auxquels il imprimait un mouvement de danse. Il semblait la dorloter, lui donner l’accolade de la compassion et du réconfort. Caresse frustrante ! Il s’était senti trahi, dépossédé ! Le ciel allumait ses torches, scintillant de toutes ses étoiles, prenant dans ses ténèbres l’éclair d’une force vitale pour en abreuver la terre. Ah ! Que n’eût-il donné pour sentir cette pression affectueuse sur son épaule ! Un champ magnétique d’énergie semblait alors circuler dans les terres. Mathieu ravalait sa salive quand il voyait son père en robe de chambre, refaire le chemin de l’or rouge en murmurant des mots qu’il n’avait jamais eus pour les siens. Penché sur les sillons, inquiet, soucieux de leur bien-être, craignant le pourrissement, humant leurs exhalaisons, attendant l’apparition de la plante, la tige d’abord puis les feuilles et enfin s’étalant de chacun de ses six pétales, la fleur, comme s’il attendait la naissance de son enfant.
Mathieu ne put empêcher son cœur de se crisper quand il repensa à ces recueillements intimes, véritables vitraux qui s’étaient cristallisés dans son esprit. Il aimait lui aussi tout autant l’exploitation, mais Charles y mettait un cœur absolu, se pliait aux caprices de la plante, se soumettait à ses besoins d’amour, l’arroser ou pas ? La nettoyer ou pas ? La changer de sol ou pas ? Lui donner davantage de compost ou pas ? C’étaient les variations infinies de la nocturne qu’il lui jouait tous les soirs. Il la déifiait, c’était une nymphe avec qui il fallait compter. Il était sous l’emprise d’un fluide que la sauvageonne savait dégager. Rien n’avait plus d’importance que cette fleur qui ne vivait qu’un seul jour si éphémère que Charles en pleurait à chaque fois qu’il en perdait une. Ce fut dans cette brièveté que le crocus prit l’âme de Charles.
Son père se levait dès potron-minet à l’époque de la récolte car c’était le jour sacré. Une croisade. Charles donnait l’alarme à quatre heures du matin. Toute la famille se précipitait, montait la colline et commençait le travail avec des paniers à remplir. Un rythme préparé soigneusement car chacun avait ses sillons, ses fleurs à récolter. Il s’agissait de cueillir la fleur sans jamais couper les feuilles qui permettent la régénération et la production de bulbes. Et on y passait la journée.
Ensuite venait l’émondage. Les premiers paniers de fleurs cueillies étaient déversés sur la grande table de la cuisine et avec des ciseaux à ongles, il fallait prélever les stigmates rouges et les poser délicatement dans une bassine. L’étape du séchage dans le four à porte ouverte jusqu’à ce qu’ils deviennent rouge sang relevait du sacerdoce. Puis après quelque temps de récupération où les filaments raffermissaient leur parfum, Charles les enfermait pieusement dans des bocaux hermétiques. Et on en avait pour longtemps, l’or rouge n’ayant aucune date de péremption. Ce travail nécessitait plusieurs mains. Après la mort de sa mère et l’éloignement de sa sœur, Mathieu était resté seul auprès de son père qui, attaché à ses méthodes de travail n’avait jamais voulu s’adjoindre des équipiers. Même un jardinier, il n’en voulait pas.
Alors l’or rouge se fit rare et retourna dans son écrin.
Mathieu compulsait les dossiers de l’exploitation, contemplant la courbe du désenchantement. Il lui fallait tout recommencer depuis le début si on voulait sauver les sols. De ses réunions avec les agriculteurs, il en tira de fructueux enseignements et accepta de se lancer dans de grands projets de marketing. Quand il rencontra Marjolaine, la chargée de communication des affaires agricoles, il y eut entre eux deux une décharge affective fulgurante. On les vit marcher sur les terres, ces champs en jachère, qui n’attendaient que de secréter une sève abondante. Marjolaine le dirigeait vers l’office de tourisme, lui parlait de faire visiter ses terres, de raconter l’histoire du crocus. Elle lui expliqua que quelques articles paraissant dans diverses revues ouvriraient un chemin prometteur. « Et pourquoi pas écrire un récit, Mathieu ? Raconte ton histoire et ta foi en l’avenir. » Ils redonnèrent vie au bulbe. Les sols n’avaient que trop connu le repos. Il était temps de les vivifier. Ils décidèrent de cultiver une partie des champs et de laisser l’autre en jachère, alternant grande culture et petite culture pour éviter l’appauvrissement des sols. Mathieu commençait à y croire même s’il savait qu’il lui fallait chercher à acquérir d’autres terres s’il voulait sauver l’exploitation. Il regarda au loin. Il se retrouvait avec un héritage, un faire-valoir, une compétence qu’il devait fructifier.
Il pensa qu’il ne pouvait plus compter sur sa sœur partie vivre sa vie et fonder un foyer. Il lui faudrait trouver une main d’œuvre et des employés formés à la culture du safran. Marjolaine avait réponse à tout. Chaque problème trouvait avec elle une heureuse résolution. Marjolaine ne le quittait plus. Un jour nouveau se levait.
Maintenant tout était entre ses mains.

PRIX

Image de Hiver 2020
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Bruno Teyrac · il y a
Quelle belle plume ! Et quelle richesse, quelle précision ! On se laisse happer par ce récit captivant tout en apprenant des choses sur la culture de cet or rouge. Bravo et tout mon soutien pour la finale, Ginette.
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Ginette Vijaya · il y a
Merci beaucoup Bruno.
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Safia Salam · il y a
Culture très exigente. Quel dommage d'attendre la mort de quelqu'un pour vivre libre. Je vote.
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Ginette Vijaya · il y a
Merci beaucoup Safia
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Stephanie Bruzzone · il y a
Tout mon soutien pour ce texte dont j’ai particulièrement aimé le rythme safrané! Bonne finale *****
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Ginette Vijaya · il y a
Merci beaucoup Stéphanie.
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jusyfa *** Julien · il y a
mon soutien renouvelé avec plaisir.
Julien.

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Ginette Vijaya · il y a
Merci beaucoup Julien.
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Charline Martinez · il y a
(Autre chose : j'apprécie comme vous personnifié les éléments. C'est un style que j'emploie et l'un de mes préférés, qui forme à terme un joli tout, une très belle cohérence entre vos personnages, les éléments, la Vie, la Mort, le travail de la Terre. Non, je suis rarement séduite mais quand c'est le cas, je le fais savoir )
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Ginette Vijaya · il y a
Merci Charline . C'est un très beau commentaire.
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Charline Martinez · il y a
Bonjour, c'est une écriture poétique et vrai, entre le chaud et le froid, un juste milieu relativement et magnifiquement bien trouvé. Vous avez un talent que je n'ai pas et je vous salue au passage, je vote, pour ce magnifique décor planté au milieu de nul part : on s'y voit. Et ça prend les tripes. Bonne journée.
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Ginette Vijaya · il y a
Merci beaucoup Charline . Je suis touchée par votre analyse .
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Charline Martinez · il y a
C'est juste ce que je perçois, vous avez des mots justes et du talent. Alors ne le laissez pas perdre ! Pourquoi ne pas écrire un livre et le publier ?
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Ginette Vijaya · il y a
çà c'est un beau compliment et j'en connais le prix . !! Merci à vous .
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Charline Martinez · il y a
Réfléchissez-y
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Pierre Toledano · il y a
Le plaisir de vous lire et de vous offrir toutes mes voix.
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Ginette Vijaya · il y a
Merci beaucoup, Pierre.
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Marco Leroux · il y a
J'aime beaucoup, le rythme, les personnages, le style... mes voix en soutien ...
En lice, Ce matin, le vent d'hiver, si vous aimez...
https://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/ce-matin-le-vent-d-hiver

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Ginette Vijaya · il y a
Merci pour votre appréciation . Cela me touche beaucoup .
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Aubry Françon · il y a
Belle finale safranée :-)
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Ginette Vijaya · il y a
Merci Aubry
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Agathe A · il y a
J'ai adoré apprendre les secrets du Safran avec vous.. C'était une très jolie leçon.❤
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Ginette Vijaya · il y a
Merci beaucoup Agathe.

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