L'or de la Tolérante

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En compétition

Trois étapes dans ma vie de fonceuse: Les métiers de l'habillement: une passion. Puis la réalisation d'un rêve: des études universitaires avec une licence d'Histoire à la clé. Enfin, les  [+]

Image de Été 2020

En attendant le passage du 19, sur le banc de l’abribus, j’ai ramassé un journal. Il relatait ce matin-là une nouvelle moins habituelle, l’échouage d’une péniche sur le canal du Midi. Il était même illustré par une assez bonne photo. Enfin, tout au moins pour le genre qui ne demande pas trop de détail, soit une masse sombre prise entre deux nappes plus claires.
Je suis payée pour trouver ce genre d’info. Un petit malin était passé avant moi. Il restait peut-être encore à gratter. Le sujet me paraissait plus prometteur que les comptes rendus d’associations ou l’annonce du gala de fin d’année des joueurs de boules. Je suis allée voir du côté de la capitainerie. J’ai obtenu sans mal l’emplacement du naufrage.
J’ai franchi les barrières supposées en circonscrire le périmètre. Le bâtiment en question, une grosse barcasse, gisait encore à moitié immergée. Je me suis un peu tordu le cou pour lire son nom sur la coque : la Tolérante.
Un grand bonhomme taciturne, un cigare au coin des lèvres, observait les travaux de renflouement. Comme il portait la coiffe des bateliers du canal, je l’ai abordé. Oui, le culot nous permet de remplir nos maigres colonnes pour d’assez maigres revenus.
— Elle est à vous capitaine ?
— Si elle flotte encore…
Je l’ai vu se tasser un peu plus, retourner dans ses rêves. Malgré ma courte expérience, je sais que dans ces circonstances, avec ce genre d’homme il faut « y aller. »
— Vous tenez tant que ça à la renflouer, elle transporte une cargaison en or ?
— Tu ne crois pas si bien dire. De là à le comprendre…
— Ça arrive quand on m’explique.
— Je peux même te faire un dessin. Tu payes bien ?
Il a éclaté de rire. Puis avec un vrai talent de conteur, il a enchaîné.

— Il faisait beau ce matin-là au niveau du port Saint-Sauveur, une prédestination en somme ! Et assez doux, vu l’heure. Simone, comme toujours sur le pont dès l’aube les jours où elle appareillait, démarrait sa journée de bon matin…
— Simone, votre femme ?
Il a émis un ricanement puis il a repris.
— Elle arrosait ses géraniums et s’apprêtait à déguster son café. Il passait et elle redescendait le boire quand elle a entendu ce gros « plouf ». Ce bruit lui a fait faire de la bile, elle craignait toujours la chute d’un pot de fleurs, de son vélo… elle est remontée à toute vitesse. Là, elle a eu du mal à en croire ses yeux. Un type à l’air ahuri, moi, s’accrochait à son échelle. Il venait de prendre un bon bain sans même avoir perdu sa casquette.
Il la soulève un instant.
— Tu vois, tous les bateliers la portent. La femme m’a interpellé en se foutant de moi, mais j’étais incapable de lui répondre, car tétanisé. Elle ne savait pas trop par quel bout m’attraper !
— Donc vous naviguiez déjà à ce moment-là ?
— T’occupe pas de ça et écoute si ça t’intéresse…
« Plutôt costaud le mec, » elle bougonnait, mais elle ne pouvait pas me laisser me débrouiller ainsi faisant le grand écart entre la berge et son embarcation. Elle est d’abord descendue arrêter son engin, le départ était différé de toute façon. Elle a envisagé un moment d’appeler les pompiers, mais elle a jugé urgent de remonter illico « t’as vraiment besoin d’un coup de main. »
Voilà comment la patronne de la Tolérante m’a raconté notre première rencontre et mon sauvetage.
— Mais comment étiez-vous tombé à l’eau capitaine ?
— Commence par laisser tomber le vous et le capitaine. Je voulais régler un problème. Peu importe la raison, le déclic est toujours le même : c’est la colère…
Pendant un moment, il est resté silencieux. Comme il parlait bien et que je ne suis pas débordée, sans qu’il m’y ait invitée, je me suis assise à côté de lui et j’ai sorti mon carnet. En guise de permission, j’ai juste relevé un sourcil. Il a acquiescé. C’était parti entre nous deux. Pour une fois, je tenais un sujet. La curiosité professionnelle me titillait. Même si j’exerce le journalisme à l’échelon le plus bas, car débutante, j’aspire à autre chose. Cet homme-là, dont je ne connaissais toujours pas le prénom, venait de me donner ma chance et sans doute plus encore.
Et j’aimais déjà l’arôme de pain d’épice de son cigare.

Il a continué.
— Je pensais que tomber à la flotte m’offrirait le moyen le plus radical pour m’aider à en finir, mais j’ai loupé ma noyade.
Il émet une sorte de rire puis enchaîne.
— Plus tard, la patronne m’a appris que le mouillage…
Moi : ?
— La hauteur d’eau si tu préfères. Au niveau des berges, elle atteint à peine un mètre quatre-vingt. Coup de bol, je mesure un mètre quatre-vingt-deux. J’avais encore pied. La Simone semblait disposée à m’aider à la condition de me voir commencer par moi-même…
— Tu peux m’expliquer un peu ?
— C’est la première chose que j’ai comprise d’elle malgré la confusion de mes idées alors qu’à première vue, elle ne correspondait guère à un modèle compassionnel. En premier, elle m’a sorti un chapelet de ses expressions les plus fleuries.
Elle a vite retiré « poivrot » après le constat de la neutralité de mon haleine. Elle en a déduit « Si t’es pas bourré, t’es con ». Une fois dans le carré elle m’a demandé de me désaper. « Tout a-t-elle dit, j’ai déjà vu le cul d’un mec enfin, je m’en souviens encore après trois maris ! » Et là-dessus, elle m’a envoyé une cotte sur la tête.
« Tiens, mets ça. »
— Bon enfin, le truc qu’elle venait de me balancer c’était ma taille. Elle m’a préparé du café. J’ai pleuré, pleuré, des heures il me semble, pendant ce temps elle me bourrait de tartines. Le ventre vide depuis la veille, le chagrin ne me coupait pas l’appétit. Une fois rassasié, curieusement, je trouvais là une forme de consolation. Je me suis mis à la regarder en douce.
On ne pouvait pas lui donner un âge. Elle restait droite en tout cas. Sous son tee-shirt complètement délavé, ses gros seins étaient libres, mais ne ballottaient pas. Je remarquais à son avant-bras une profonde blessure qui semblait déjà ancienne et mal guérie. Dans sa drôle de tignasse où un peigne ne passait plus depuis au moins une année, des coulées blanches mélangées à des serpentins comme rouillés. À ses pieds calleux, des savates. Mais elle sentait le propre, imprégnée par une odeur de savon.
Une fois de plus, je me retrouvais à la rue et, cette fois-ci, pour l’heure, à poil. Simone a fait sécher mes habits…
Je l’ai interrompu.

— Je connais le nom de la patronne, et le tien ?
— Tout le monde le sait au bord du canal : Manu.
Bon, tu me laisses continuer ? Marchande ambulante, elle vendait sur les marchés tout le long du parcours. Elle commençait sa tournée en retard sur son circuit hebdomadaire, à cause des pannes de plus en plus fréquentes de l’embarcation.
À la fin de la matinée, après les adieux, elle a roulé mes frusques et m’a tendu le ballot, « au cas où tu aurais envie de les récupérer. » Elle s’est à nouveau préparée à appareiller. Dans un boucan de vieille locomotive, je l’entendais pester et invectiver la Tolérante. Je rigolais pour la première fois de la journée tout en descendant les marches menant à la salle des machines. En comparaison de ce que j’avais vu de l’installation, assez rudimentaire, mais propre, il régnait un vrai bordel.
Elle me regardait arriver avec méfiance. Après avoir ouvert la trappe d’accès à la turbine, j’ai compris la raison de sa blessure au bras, elle se brûlait régulièrement, puis la cause de la panne. Il suffisait de changer le liquide de refroidissement. « Vous ne pourrez pas partir tout de suite capitaine, on va en profiter pour nettoyer l’échangeur ».
Quand nous avons entendu, en fin d’après-midi, les premiers « teufs-teufs » si doux lorsque l’on sait parler à un moteur, nous sentions tous les deux que nous allions tracer un bout de route ensemble. Je lui avais brossé un état des lieux. Si une sérieuse révision ne se faisait pas rapidement, je ne donnais pas cher du… il ne fallait surtout pas dire rafiot !
En raison de l’heure, elle ne pouvait plus partir.
— Pourquoi, il faisait nuit ?
— Non, mais il existe une grille horaire à respecter pour le passage des écluses. Elle comptait tout de même se trouver sur place le plus tôt possible le surlendemain. Comme elle avait manqué le jour de marché de Castelnaudary, elle voulait arriver de bonne heure à Carcassonne.
Elle ne m’avait rien demandé, et moi non plus je ne lui avais pas posé de questions. Elle partait de Toulouse et pour l’instant ça m’allait. Je venais de lui démontrer mon utilité et l’idée de ma compagnie ne lui déplaisait pas. Cela représentait, en gros chez elle, une forme de sentimentalité. Elle m’offrirait plus tard l’occasion de comprendre qu’elle savait cacher son cœur sous ses frusques et ses énormes seins.
(Il rigole et il mime les formes avec ses mains.)
C’était le printemps, les beaux jours s’annonçaient. J’allais réfléchir.
Enfin, lorsque les bavardages de Simone m’en laisseraient le temps.
Son genre d’encouragement ça donnait :
« Pauvre cloche, tu as un fils et tu te fous à l’eau. » (Il rit) elle me balançait ça.
« Tu lis dans mes pensées toi ? Et comment tu le sais que j’ai un fils ? »
« Tu n’arrêtes pas de répéter ça depuis une heure, mon fils, mon fils, c’est mon fils, mon petit, mon petit… et il est où ce fils ? » Elle ne m’a pas raté dès le premier jour et la première heure.
Pendant les deux années de notre cohabitation, elle m’a mis au carré. Je me suis laissé emporter au fil de l’eau.
Tout a été passé à la soude de son esprit clairvoyant et sur ce qui surnageait, de positif à ses yeux, je suis reparti à neuf.
Ce printemps-là, plus pauvre que jamais, en flottant sur le canal avec la Simone, je suis retombé en enfance auprès d’une mère costaude, exigeante, bosseuse, opiniâtre… un vrai pilier.
— Des qualités aimables !
— Pas son rayon ça, mais observatrice et… généreuse sans le montrer. Elle en avait tellement bavé, elle avait du mal à baisser sa garde. Quand j’ai compris le truc, assez vite d’ailleurs, je me suis marré, ce qui ne signifie pas que je me fichais d’elle…
Bon, revenons à l’instant où je reprenais mes esprits au sec, dans un abri provisoire, sur ce que sa propriétaire appelait une péniche puisqu’elle voguait en eau douce…
— Depuis longtemps ?
— Non, elle en avait eu l’idée de l’acheter en se baladant.
— Mais où était-elle allée la pêcher ?
— Par hasard, à l’intuition comme tout ce qu’elle entreprenait. Elle a décidé de retaper ce rafiot, terme interdit en sa présence, qui flottait, semblait habitable et lui assurerait un gagne-pain.
— Tu as parlé d’un gagne-pain, en quoi cela consistait-il pour elle ?
— Après examen des lieux, la cale lui a paru offrir un espace intéressant. Elle a réussi à cultiver des champignons et des endives et y élever des poissons exotiques. Elle stockait les marchandises qu’elle plaçait sur les marchés limitrophes du canal une bonne partie de l’année. Elle se tuait à la tâche quand elle m’a repêché.
— Tu as été l’homme de la providence en somme…
— Disons qu’elle a su nous apparier.
— Et où habitait-elle en dehors de sa tournée ?
— À bord pardi ! Dans le roof, c’est la zone où l’on vit, le logement si tu préfères. Il restait, entre le carré et la timonerie, un espace assez grand pour abriter la couchette dont je me suis contenté. Nous avons tout de suite négocié le prix de ma pension.
Ma présence allait la priver du petit supplément de recettes procuré par les promeneurs à vélo qu’elle convoyait lorsqu’après un périple ils redescendaient vers leur ville de départ. Son circuit de navigation s’établissait au gré des jours de marché, de Toulouse à Castelnaudary, Carcassonne, Narbonne, Béziers, Agde et retour, en tout une semaine.
J’ai vite trouvé de la compagnie au cours de nos étapes. Dans certains ports, les clients montaient à bord prendre livraison de leur commande hebdomadaire. Je donnais un coup de main pour descendre à quai les plantes en pot, les caissettes de champignons, et les petits poissons. D’autres fois, quand elle plantait ses tréteaux, je l’aidais au déchargement et à l’installation de son parasol. Une fois la mise en place terminée, il me restait du temps libre jusqu’à une heure, moment où je retournais plier. J’ai pris mes habitudes en moins de deux dans les troquets du coin, puis au bar restaurant « le Timonier » à Carcassonne. L’hôtelière, une jolie femme…

— Je la sentais venir celle-là, une dans chaque port autrement dit ?
— Merci, tu me flattes, non pas dans chacun, mais avec celle-là, nous sommes vite tombés d’accord. Quelquefois, je restais la nuit. Je me débrouillais pour revenir à l’heure à l’escale suivante de la Tolérante où la patronne ne me déroulait pas le tapis rouge ! Elle mouillait un torchon, faisait des moulinets (Manu mime la scène) et me le balançait à la figure, furieuse. J’avais l’impression qu’elle me prenait pour un de ses gamins de retour de cuite. (Il s’esclaffe) En fait, elle était jalouse. Pas de savoir que je couchais avec une femme, non, mais par peur de perdre mes services.
— Tu aimes ça, hein, te raconter. Je parie que tu lui as tout dit à ta Simone…
— Oui. On se passait de télé ! À l’heure de la détente, elle s’occupait aussi mal, propreté mise à part, de son corps que du système de propulsion de la Tolérante.
J’en ai pris soin, je le lui ai fait découvrir. De lui, elle ne connaissait que deux choses : la sexualité ou la violence. J’ai d’abord pansé son bras brûlé et purulent, puis ses pieds déformés. Il m’a fallu ruser, et supporter ses insultes, elle se demandait si je ne voulais pas passer à autre chose, cela découlait de son expérience. Un jour, elle a perdu une de ses savates. J’ai attrapé son pied pour la lui remettre. Elle a commencé par me le balancer dans la figure, mais j’ai su esquiver ! Petit à petit, à force d’approches prudentes, de moyens de l’amadouer, de ses pieds de bête de somme, de ses jambes lourdes, j’ai arraché la fatigue. Le rituel s’est installé. Après sa journée, de cinq heures du matin à onze heures du soir, ses défenses tombaient avec ses paupières.
Je commençais par masser ses chevilles, puis je remontais en respectant une frontière symbolique afin de ne pas créer d’ambiguïté…
— C’était limite amoureux quand même ?
— Pourquoi, tu penses t’y connaître toi en matière d’état amoureux ? Tu n’es même pas capable de comprendre la tendresse !
— Continue. Pendant que tu lui tripotais les jambes…
— Ouais. Ou les cheveux. J’étais arrivé à les lui démêler. D’une façon ou d’une autre, je la caressais et je lui parlais.
Avec une voix douce, je lui racontais les choses bizarres qui ont fini par me jeter à la rue.
« Je suis tombé amoureux. »
Simone :
« Oui, c’est banal. »
Voilà comment elle me répondait.
Et je lui expliquais :
« Tout dépend des circonstances. Elle m’a donné un fils et me l’a repris… »

Moi :
— C’est ce qui t’a amené à te jeter à l’eau ? Allez, on continue à partir de tes premiers jours à bord.
— La Tolérante, représentait son avoir au soleil, et encore plus. Un gagne-pain, une maison, une fonction sociale même. Elle jouissait d’une jolie réputation sur le parcours en vous pesant au-delà du poids, ses champignons alors qu’elle peinait à joindre les deux bouts. Il faut dire que l’état du bâtiment, vu le manque de révisions régulières, lui coûtait la peau des fesses. Tu peux imaginer que ma réparation du premier jour a prêché en ma faveur.
— Tu en savais quelque chose sur les moyens de propulsions ?
— En tout cas, suffisamment sur les chaudières ! Cela m’a permis d’anticiper sur les pannes. Les Diesels sont endommagés par la moindre surchauffe or, sa machine y était tout le temps ; en plus, elle se produit plus rapidement sur ce type de moteur et ils résistent moins que ceux à essence.
— Je vois que tu en connais un rayon !
— Oui. Mes dernières économies y sont passées ! J’ai tout rénové à bord. L’investissement s’est avéré bon.
— Ah ! nous y voilà.
Hors sujet a murmuré Manu.
— Tu en attendais bien un ou plusieurs avantages ?
— Là, je ne comprends pas ta question…
— Je me demande ce que tu espérais en retour ?
— Triste remarque à ton âge. Tu n’as jamais connu des exemples de choses faites gratuitement ?
— Mais tu m’as dit être ingénieur, tu aurais pu gagner correctement ta croûte, en apparence tu parais sain d’esprit, quoique… enfin, je te charrie. Où se situe la logique là-dedans, tu comptais toi aussi t’établir à ton compte ?
— Parce que je me sentais à la fois libre et responsable. Voilà, la vie avec elle me plaisait.
— Mais elle présente quelques traits un peu acariâtres tout de même comme idéal féminin ?
— Dans ce domaine, mes choix ont été plutôt à côté de la plaque. Elle m’apparaissait comme une mère fort acceptable. Elle me considérait comme le dernier de ses sept autres rejetons.
— Sept ! Et maintenant que sont-ils devenus ? Viennent-ils à bord ?
Dans ces cas-là, j’ai appris à le connaître, il pousse un de ces ricanements rageurs.
— Elle ne les voyait déjà plus beaucoup… avant.
— Avant ?
— Qu’elle ne repose entre les clous de son cercueil !
— Elle a eu un mari ?
— Oh ! elle avait plus de tempérament que ça ! elle en a eu trois. Deux abrutis et un incapable
— Comment avait-elle pu l’acheter la Tolérante ?
— Quand le troisième mari est mort, les descendants de celui-là l’ont fichue dehors. Mais elle avait réussi à économiser ! Elle se retrouvait à la rue, mais avec un métier…
— Lequel ?
— Fleuriste et qualifiée avec ça. Elle possédait un petit étal place du Capitole. Elle y avait gagné sa vie, et bien. Après vingt ans, elle s’était constitué une pelote.
— Je voudrais que tu m’en dises un peu plus long sur la façon dont tu es devenu propriétaire de la péniche ? Elle te l’a léguée ?
— Léguer le Tjalk*, Simone ? Elle avait sa forme de générosité, mais laisser son acquis le plus sacré à son matelot ça jamais ! Chaque sou mis de côté, c’était pour ses petites et comme elle a trimé dur pour le payer elle envisageait soit une cagnotte pour ses vieux jours soit un bien pour sa tribu.
À son décès, l’aînée, munie d’un pouvoir, est venue en prendre possession aux noms de ses frères et sœurs. Je peux te dire que je les attendais de pied ferme les héritiers ! Le jour des obsèques, une foule se pressait, toute la confrérie du canal plus des forains, des maraîchers, des cafetiers. Par contre, sur les sept enfants, seule sa première fille y assistait. Les autres ont payé la couronne traditionnelle « À notre chère maman » et basta. J’étais fou de rage. Je les aimais, Simone et son Tjalk, à ma manière. J’ai demandé à voir l’aînée afin de l’informer. Elle n’avait jamais posé le pied à bord, et n’avait aucune idée du fonctionnement des machines.
J’ai réussi ma mise en scène. À son arrivée, je m’étais posté au milieu d’un amas de boulons et de ferrailles, je tirais un masque de six pieds de long. D’après moi, le Diesel venait de rendre l’âme. J’ai prétendu avoir passé la matinée à « tenter » de le relancer. J’ai fini par lui annoncer que ce ne serait pas pour ce jour et promis de tout engager pour le réparer. Il faudrait commander des pièces, mais j’allais m’en occuper. Je lui dirais de rappliquer lorsque elles seraient remises en place.
Elle est revenue, oui. Ce jour-là, je lui ai « appris » que la machine était nase. Qu’il s’imposait de remplacer le moteur et je lui en ai donné le prix ! Elle a failli tourner de l’œil.
— Et j’imagine la suite…
— Eh oui, elle a accepté de me revendre la Tolérante pour trois sous.
Et de matelot, je suis passé capitaine.
— Tu l’as bel et bien escroquée.
— Non, j’ai sauvé la Tolérante
— Et elle est devenue ton idée fixe. C’est pour cette raison que tu veux la renflouer ? Tu pourrais juste la faire remorquer ? Elle pourra encore naviguer ?
— Pas cette fois-ci. Elle est bonne pour la casse. Mais elle n’y partira pas seule, même si je dois y laisser mes derniers sous.
***
Je dois l’avouer, j’étais tombée sous le charme de ce drôle de bonhomme. De ce mélange de mélancolie et de dérision… De son esprit incisif si bien camouflé sous son physique un peu lourd. De son reste d’accent parfumé d’Espagne. Et je me sentais bien au port dans les effluves de marée et de carburant.
Il m’a invitée à quai pour le jour où, renflouée, la Tolérante partirait pour être désossée.

Sur le point d’appareiller, le capitaine détachait le câble d’amarrage.
Il m’a vue arriver.
Il me guettait, je pense, comme d’habitude un cigare Navarre à la main.
Avec nonchalance et compétence j’apercevais Manu tantôt arrimant son cigare à ses lèvres, tantôt enroulant un bout de corde, tout en me lançant, par intervalles un regard, il allait lever l’ancre et, je le devinais, ne pas m’attendre. Au moment où je m’apprêtais à tourner les talons, l’attache dénouée, la péniche commençait tout doucement à s’éloigner du quai. Avec cérémonie, il s’est incliné, m’adressant un profond salut, puis il a soulevé sa casquette, l’a portée à son cœur, a croisé les bras sur sa poitrine avec cette manière si espagnole, et l’a jetée par-dessus bord. La Tolérante prenait de la vitesse.

— Tu n’avais pas compris ? L’or de la Tolérante, c’est l’âme de Simone.

La coiffe flottait encore, je l’ai regardée longtemps dessiner des ronds dans l’eau.
Je crois que j’aurais donné cher pour la repêcher.


*Tjalk : le type de la péniche de Simone.

J’ai fait beaucoup de recherches pour écrire ce texte qui m’a permis de faire connaissance avec Pierre Paul Riquet, l’ingénieur qui a conçu le canal.

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Virgo34 · il y a
Le canal du midi, ce fut ma balade d'après confinement. Quelques étapes pleines de sérénité au fil de l'eau tranquille, dans un décor ombragé et une ambiance fraternelle qui sied bien au monde de la péniche.
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Mireille Bosq · il y a
En voilà une nouvelle, cette attirance commune pour le canal et cette visite. Merci beaucoup, beaucoup.
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De margotin · il y a
Un texte que j'aime beaucoup.

Je vous invite à découvrir mon nouveau recueil de poèmes en lice au grand prix du manuscrit 2020.
veuillez cliquer sur ce lien http://www.lajourneedumanuscrit.com/Stigmates
Pour lire l'extrait et sur j'aime pour connecter, puis sur j'aime à nouveau si vous voulez le soutenir au grand prix de la journée du manuscrit. Merci beaucoup
Salutations chaleureuses

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Mireille Bosq · il y a
Merci Margotin pour cette aimable visite. Je vais me faire un plaisir d'aller lire ce recueil
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De margotin · il y a
Merci beaucoup à vous pour votre soutien.
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Djany Bonnard Parolière · il y a
il y avait un feuilleton qui parlait de ce sujet "L'homme de Picardie" vous avez connu ??? Un texte rondement mené et une écriture fluide... Mon vote... Et merci pour votre passage sur ma page
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Mireille Bosq · il y a
J'ai vu cette mention dans un des commentaires. Une occasion de chercher. Moi aussi je vous remercie d'être venue me rendre visite.!
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Julien1965 · il y a
Quel univers dans lequel vous nous plongez et c'est très bien écrit. Alors Bravo !
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Mireille Bosq · il y a
Je vois que vous y avez plongé comme moi...merci pour votre appréciation flatteuse et ces bravos.
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Gérard Muller · il y a
Bravo pour ce texte joliment ficelé. Du rythme, c'est vivant, et les dialogues sont excellents. A voté.
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Mireille Bosq · il y a
Merci pour le cadeau de cette visite et de ce commentaire fort agréable!
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Fabrice JUERY · il y a
Magnifique nouvelle, dans un milieu (la batellerie) qui est rarement mis en avant (une fois chez Simenon dans un Maigret) et en plus très documentée. L'esquisse d'un roman ?
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Mireille Bosq · il y a
En effet pour ce qui est du roman, vous avez vu juste. C'est fou ce que l'on peut s'attacher aux personnages. On regrette de devoir les laisser repartir... Au fil de l'eau. Merci pour votre visite.
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Gari Gari · il y a
Bonsoir Mireille,
j'ai commencé à lire votre travail . L'or de la Tolérante est une belle histoire qui confirme à sa manière le rapport encore intense aujourd'hui des hommes avec le fleuve. J'ai apprécié.

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Mireille Bosq · il y a
Vous faites une très belle remarque. Je l'apprécie beaucoup. Merci.
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Thara · il y a
J'ai parcourue avec plaisir votre nouvelle...
J'espère qu'elle fera la "Une" de Short édition !

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Mireille Bosq · il y a
Voilà un vœu que je partage! merci beaucoup
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Jo Kummer · il y a
Merci Mireille Bosq d'avoir visité ma BD, félicitation pour ta nouvelle, que j'ai bien-sur aimé!
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Mireille Bosq · il y a
J'ai été frappée par la beauté de vos images. Merci beaucoup pour ce retour et espérons que la chance nous sourira!
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GERARD PERTUSA · il y a
Votre nouvelle m'a rappelé de très bon souvenirs du canal du Midi. J'habitais Béziers, et je me suis promené maintes et maintes fois le long du fameux ouvrage de Pierre Paul Riquet... en charmante compagnie ! Merci d'avoir aimé "La véritable histoire de l'arche de Noé", en publication libre.
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Mireille Bosq · il y a
Je suis particulièrement touchée lorsque je rencontre quelqu'un qui connaît le canal. Merci beaucoup pour votre visite et d'être venu lire un "long".
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Gérard Jacquemin · il y a
Belle ambiance marinière, un joli conte moderne
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Mireille Bosq · il y a
Bien trouvée votre expression! je l'apprécie ainsi que votre visite. Merci.
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jusyfa *** Julien · il y a
Un texte complet dans lequel rien n'est du au hasard, une belle histoire enrichissante.
Julien.

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Mireille Bosq · il y a
Vos mots semblent bien pesés et expriment avec justesse ce que vous avez ressenti. Merci Julien
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Rachel Weintraub · il y a
Je suis bien contente d'être (enfin !) passée vous lire. (Mon commentaire arrive longtemps après ma lecture, nouvel emploi du temps en cause). Je me suis laissée bercer tout au long de l'intrigue, à me demander s'il y avait littéralement de l'or dans la Tolérante ou s'il s'agissait comme je le supposais, de la beauté simple qui réside dans les relations entre êtres vivants. Je fais une belle découverte côté style, j'ai tout lu avec plaisir, le récit coule sans point d'arrêt, sans accrocs.
Dans la catégorie, c'est une histoire de plus, et pourtant, j'ai lu sans m'en lasser ! L'échange entre ces deux-presque-trois personnages est bien mené, la paroles coupée par la journaliste, récupérée par le vieux loup de rivière au ton bourru, Simone et sa douceur découverte à mesure que la confiance grandit entre les deux personnages... sont des éléments joliment arrangés pour une berceuse au fil de l'eau.

Bien que la mort de Simone ne soit pas réjouissante, la fin de la nouvelle, Manu partant pour des horizons inconnus, laissent un goût d'éternité bien agréable !

Merci pour ce moment de douceur,

Rachel

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Mireille Bosq · il y a
C'est toujours une surprise is émouvante de découvrir en premier lieu que l'on a été lu ! Et combien lorsque on sent que le sens a été compris, à en quelque sorte tenu en haleine. C'est un vrai aboutissement n apres un long travail. Grand merci, surtout d' avoir pris le temps malgré un calendrier personnel chargé.
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Rachel Weintraub · il y a
J'ai toujours trouvé frustrant de finir un bon livre sans pouvoir échanger avec l'auteur. C'est pour moi un réel plaisir de prendre ce temps-là, une façon de faire vivre l'intrigue quelques heures de plus ;). A une prochaine !
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Cerise R. · il y a
Elle est touchante cette histoire d’une rencontre. La jeune journaliste à la recherche d’un sujet est finalement cueillie par le récit de cet homme. C’est vraiment captivant et surtout je me suis identifiée à la journaliste découvrant cet univers singulier. Le personnage de Manu est attachant et j’ai compris à la fin pourquoi j’avais le sentiment que la Tolérante était humaine... Merci pour cette immersion enrichissante.
Image de Mireille Bosq
Mireille Bosq · il y a
Je suis"remuée " par vos remarques. Savoir que nous avons donné assez de chair à nos personnages au point de les rendte attachants nous paie du travail que nous avons effectué sur eux, mais aussi sur nous. Car il arrive que leur mise en écriture soit le fruit d'un long travail. Avec tous mes remerciements.
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ALYAE B.S · il y a
waw, j'aime bcp ce récit trop touchant!!
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Mireille Bosq · il y a
Et moi, j'aime beaucoup votre exclamation d'enthousiasme merci.
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Jean Pierre SIMONET · il y a
Une belle histoire qui m'a transporté dans le monde généreux des "canalous", comme on disait dans mon enfance.
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Mireille Bosq · il y a
Alors vous connaissez ce monde ? Lors des recherches que j'ai effectuées pour l'ecriture de cette nouvelle, je suis entrée en contact avec des bateliers et ils m'ont en effet laissé entrevoir un esprit chaleureux. Merci beaucoup d'être venu me lire.
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Jean Pierre SIMONET · il y a
Au fond du jardin de mon père, derrière la clôture en fibrociment, il y avait le canal du Centre avec les péniches des canalous qui transportaient le charbon extrait localement. Je n'ai pas connu le monde des canalous, je l'ai juste côtoyé et observé.
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Mireille Bosq · il y a
Merci pour cette précision qui m'émeut beaucoup car d'ordre ethnologique, domaine qui m'est cher.
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Jean Pierre SIMONET · il y a
Puis-je vous recommander la lecture de "L'œil du loup" publié aux Éditions Du Net sous le pseudonyme Simon&André et de "Poison d’outre-mine" publié aux Éditions Du Net sous mon nom. Bonne lecture !
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Mireille Bosq · il y a
Je vais m'empresser d'y aller voir.
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jc jr · il y a
On sent l'odeur du fuel et des moteurs dans cette histoire de bateliers à la fatalité ravageuse capable de s'adapter à tout et de donner une âme à leur périple.
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Mireille Bosq · il y a
Oh! Merci pour la visite et
pour l'odeur du fuel et des moteurs, j'ai pris un grand plaisir à me documenter dans ce domaine( je serais incaoable de seulement changer une roue !)

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Atoutva · il y a
Chacun met son âme dans sa maison.
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Mireille Bosq · il y a
Merci pour votre visite et d'adhérer, avec finesse, à cette conception.
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François B. · il y a
Un récit très touchant
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Mireille Bosq · il y a
Je le suis moi même en constatant que vous avez apprécié. Merci
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JD Valentine · il y a
Quoi de plus inspirant qu'une balade sur le Canal du Midi en ce dimanche matin! Merci Mireille.
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Mireille Bosq · il y a
Il doit y faire plus frais que par chez moi ! Merci d'être allé goûter la brise au bord du canal, et aussi de votre visite !
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James Wouaal · il y a
Et bien moi aussi, Mireille, j'avoue lire peu de textes aussi long sur short. Mais pourquoi n'aurais-je pas fait ce que tu as fait toi ? Belle histoire, bien comptée. Et ces minutes,dont le nombre écrit là haut fait quand même un peu peur, coulent tranquillement jusqu'au au mot merci, sur lequel on clique avec grand plaisir.
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Mireille Bosq · il y a
Quel honneur (si j'ose dire !) attirer un lecteur de court chez moi qui les adore plutôt longs. Chacune de ces lectures m'a vraiment fait chaud au cœur. D'autant plus quand nous tenons particulièrement à certains personnages. Grand merci !
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Sylvie Talant · il y a
Chose promise chose due. J'avais dit que je passerais et je fais une exception pour toi car je n'ai lu aucune nouvelle verte depuis trois mois. Documentation sur la batellerie, truculence du récit et rapports humains s'allient dans une nouvelle très crédible.
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Mireille Bosq · il y a
Merci Sylvie, je suis très touchée par cette attention et je vols que ta lecture a été sincère, c'est à dire attentive. À bientôt.
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sylvette landru · il y a
sylvette LANDRU
Une merveilleuse histoire pleine de tendresse, de violence et d'amour qui se déroule dans le cadre superbe du canal du midi. j'ai adoré.

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Mireille Bosq · il y a
Vous savez le dire avec élan. Merci beaucoup
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Elisabeth Marchand · il y a
Pour avoir souvenir de la descente du canal du midi en pénichette, j'apprécie cette petite nouvelle tendre ... Amitiés. La nouvelle formule de Short est tellement merdique qu'hélas, je n'ai plus l'intention d'y revenir souvent ...
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Mireille Bosq · il y a
Elisabeth, j'ai remarqué la rareté de ta présence. Ta visite prend donc encore plus de valeur à mes yeux. Merci infiniment car j'en ai besoin sur un plan humain.
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Michel Crousillat-Drüke · il y a
Trés jolie nouvelle oú j`ai retrouvé mes émotions d`adolescent lors de la diffusion, en noir et blanc, à la télevision, de l`Homme du Picardie, saga de la batellerie, á la fin des années soixante. On revoit des plans de l`Atalante de Jean Vigo et les brumes de Conflans Sainte Honorine. On hume l`odeur du café fraichement passé et on veut relire la Péniche aux deux pendus du grand Simenon. Merci, Mireille Bosq,pour ce joli talent.
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Mireille Bosq · il y a
Ce commentaire documenté me touche beaucoup. Sans eux, ceux qui viennent de votre part, que sont nos écrits? C'est vous qui leur donnez de la vie. Merci.
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Tnomreg Germont · il y a
Le long, le court, peu importe ! L'essentiel est de parler vrai, et c'est votre cas, vos personnages sont vivants, les décors sont magiques et l'ambiance est présente. Bravo continuez Madame
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Mireille Bosq · il y a
Il est réconfortant autant qu'àgréable de savoir que l'on a touché ceux qui ont lu. Et loesque vous, qui lisez, l'exprimez, vous ajoutez de la vie à ces pesonbages imaginaires. Merci pour ce témoignage.
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Nelson Monge · il y a
Merci Mireille pour ce récit haut en couleur et en dialogues comme on en trouve trop rarement. la truculence des personnages met parfaitement l'ambiance en "images". Surtout, n'abandonnez pas le "long" qui vous va si bien ! !
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Mireille Bosq · il y a
Merci Nelson, je suis dans un moment où j'ai vraiment besoin d' encouragements, car à quoi bon rechercher, installer un décor, trouver des personnages, leur donner un caractère, c'est ma passion, si les retours sont ...maigres!
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Fred Panassac · il y a
Beau récit bien documenté et aux personnages attachants qui ont du répondant, bravo Mireille, j’ai aimé !
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Mireille Bosq · il y a
Grand merci pour votre visite et votre appréciation Fred, car je suis sur le point d'abandonner le "long"!
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Fred Panassac · il y a
Ce n’est pas grave Mireille, le court c’est bien aussi 🙂
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Houda Belabd · il y a
Je suis du même avis que Duje! Une suite, s'il vous plaît!
Je vous invite aussi à jeter un oeil sur mon oeuvre dédiée aux sans abris de l'Isère, ici: https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/la-chienne-de-vie-dun-sans-abri-iserois

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Mireille Bosq · il y a
Faire une suite, faire long, court, on se demande toujours ce qui serait le mieux, pour l'histoire et pour les lecteurs! merci en tout cas pour la visite que je vais me faire un plaisir de vous rendre.
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Houda Belabd · il y a
Ah oui, carrément, même sans suite, l'œuvre a tout de même le mérite de retenir toutes les attentions !
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Isa. C · il y a
C'est un très bon moment de lecture que vous nous offrez là.. J'ai beaucoup aimé ❤
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Mireille Bosq · il y a
Voilà un commentaire fait avec cœur. Grand merci !
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Duje · il y a
Une longue histoire où l'on a envie de connaitre la suite .
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Mireille Bosq · il y a
Si vous insistez... Mais je plaisante. Merci pour votre lecture.
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Marc D'ARMONT · il y a
Une vraie nostalgie dans ce récit. Des personnages au caractère bien trempé et meurtris par la vie qui font les belles histoires. Un beau texte parce qu'il traite des rapports humains tout simplement. Bravo Mireille.
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Mireille Bosq · il y a
Il est toujours gratifiant de "sentir" que le texte a fait mouche sur le lecteur. C'est bien dit. Merci
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Patricia Burny-Deleau · il y a
Un magnifique portrait qui happe et rend le texte très très court !
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Mireille Bosq · il y a
Quelle agréable commentaire, trouver le texte très très court ! Je crois que c'est à cela que nous aspirons en les écrivant. Merci.
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Long John Loodmer · il y a
Tu vois, j'ai fait l'effort. Nous n'avons pas la même façon de voir l'écriture. Je fais concis, tu détailles.
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Mireille Bosq · il y a
Bonne surprise ta visite que j'apprécie beaucoup, ainsi que les remarques qui témoignent d'un vrai intérêt. Oui, le "mouillage" est bien un endroit où l'on amarre un bateau. Merci, merci.
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Long John Loodmer · il y a
J'ai vérifié et ça s'applique aussi à la hauteur d'eau en rivières et canaux. Donc ma remarque (que j'avais effacée, mais Short n'en fait qu'à sa tête) n'est pas recevable.
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Emma A · il y a
J'ai beaucoup aimé, Mireille. Le récit est vivant et bien construit. Ecrire des dialogues n'est pas évident ! Je rejoins le commentaire ci-dessous. Quelquefois, on peut accrocher mieux le lecteur en commençant par une scène plus dense, plus prenante. Mais comme toi j'ai toujours envie de placer le décor !
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Mireille Bosq · il y a
Ces deux suggestions qui se rejoignent, m'aident beaucoup pour l'histoire que je suis en train d'écrire. Merci pour la visite et la remarque !
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Emma A · il y a
Tu peux continuer comme ça côté dialogues en tout cas ! Ma remarque est une remarque que je m'adresse aussi à moi-même... Je ne publie pas ici mais je continue à apprendre à écrire !
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JigoKu Kokoro · il y a
Bonsoir Mireille ( ^_^)
J'ai beaucoup aimé dette lecture. Un brin de romance, un brin de nostalgie un coté pittoresque et pourtant… Pourtant cette pseudo interview intergénérationnelle qui se change en récit nous invite dans cette aventure peu banale est très bien menée. On se laisse happé dans cette forme d'échange et l'on a envie d'ne savoir plus. Si le démarrage semble un poil long (je parle du début du récit du batelier), la qualité de montage qui suis suffit a attisé la curiosité et à donner envie. Il y a un très bon rendu du personnage principal (journaliste) qui tranche suffisamment avec le batelier pour éviter les confusion. Un bon point aussi pour un choix rédactionnel de ne pas trop noyer le lecteur dans l'univers des batelier qui permet de ne pas épuiser la narration
Un instant de lecture apprécié.
Au plaisir. ( ^_^)

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Mireille Bosq · il y a
Merci pour ce commentaire bien développé dont un point attire particulièrement mon attention: ne pas faire trop long en intro. Cela va me servir pour la nouvelle que je suis en train d'écrire! je suis très touchée par votre attention.
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Sandrine Michel · il y a
C'est un bien joli récit, la personnalité des personnages est touchante. Vraiment réussi, mon soutien accompagne au fil de l'eau la belle âme de Simone...
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Mireille Bosq · il y a
Et Simone (personnage imaginaire) et moi, vous en remerclons.
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Paul Thery · il y a
Une atmosphère proche du film "l’Atalante" de Jean Vigo (1934) (Le chaland qui passe).
J'ai beaucoup aimé.

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Mireille Bosq · il y a
Je vais me débrouiller pour visionner ce film. Merci !
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Aurélien Azam · il y a
Un joli texte, au fil de l'eau, et avec beaucoup de densité :)
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Mireille Bosq · il y a
À la fin, j’étais un petit peu amoureuse de mon personnage... Ça a dû se sentir... Merci Aurélien
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Mado · il y a
J’ai été en ballade tout le long de la lecture... flânant le long de l’eau.... merci Mireille pour cette page de poésie
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Mireille Bosq · il y a
Je suis heureuse d'avoir pu t'offrir cette balade, et toujours ravie de te voir sur ma page. Merci.
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Emilie · il y a
poésie des canaux. Beaux personnages. Tout pour plaire!! Merci
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Mireille Bosq · il y a
J'aime bien votre expression "poésie des canaux". Merci !
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Philippe Clavel · il y a
comme ancien toulousain qui habitait pas loin du port St Sauveur et aimait se promener à pied sou bicyclette le long du canal du midi, j'ai bien apprécie ce récit
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Mireille Bosq · il y a
Je suis heureuse que vous ayez reconnu le paysage. Merci piyr votre visite.
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Marie-Eve Mespouille · il y a
Joli conte qui nous plonge au coeur de ce paysage et de l’histoire du canal!
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Mireille Bosq · il y a
Merci de l'avoir apprécié.
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Marie Lacroix-Pesce · il y a
Une intéressante et agréable lecture.
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Mireille Bosq · il y a
À moi aussi il est agréable de savoir que cette lecture l'a été pour vous. Merci
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Joëlle Brethes · il y a
Des protagonistes sympathique pour une histoire émouvante... :)
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Mireille Bosq · il y a
Ils ont su vous "embarquer". Merci!
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Mireille Bosq · il y a
Et c'est moi aussi avec plaisir sue je reçois ces appréciations. Merci.
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Bruno Teyrac · il y a
Un récit documenté, bien écrit et captivant, que j'ai lu avec plaisir.
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Mireille Bosq · il y a
Et moi aussi je reçois avec plaisir ces appréciations. Merci.
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Bangaly Doukoure · il y a
Bravo pour ce beau texte ! Vous avez mes 3 voix. ET
Merci de passer faire un tour chez moi et soutenir mon texte si vous avez le temps.
Le lien du vote 👇👇.      https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/une-mere-au-visage-defigure-et-son-fils

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Mireille Bosq · il y a
Merci Bangaly, je rouve toujours du temps pour mes amis.
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M. Iraje · il y a
Je me suis laissé embarqué dans cette bonne et belle nouvelle.
Merci qui ... ? Merci Paul Riquet !

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Mireille Bosq · il y a
la statue de P.P Riquet se trouve à la sortie de la gare de Toulouse, je lui envoie un baiser chaque fois que j'y vais. j'adore ces grands visionnaires et effectuer ces recherches a été un vrai bonheur. Merci Mirage!
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Michaël Artvic · il y a
Vous avez un style percutant !! je vous soutien . Cette nouvelle est excellente
je vous invite aussi à me lire, https://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/des-croches-dans-le-vent

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Mireille Bosq · il y a
Et vous avez les mots pour le dire. Grand merci et je passe vous lire
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Fleur A. · il y a
In beau texte bien documenté et tres prenant
Bravo!

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Mireille Bosq · il y a
"Très prenant" vous me faites réaliser le rêve de tout auteur en somme. Merci !
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Randolph · il y a
J'ai toujours projeté de longer le canal du midi, seul en vélo, ou en camping car avec ma famille. Également bien-sûr en péniche...mais c'est resté un projet, un de plus !
Ce récit attachant et bien documenté m'a emmené dans ce monde bien particulier. Merci Mireille !

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Mireille Bosq · il y a
Lorsque ma mère m'attendait, elle allait se promener au bord du canal du Midi. Il en est ainsi des bribes d'histoires que nous recueillons enfant, elles peuvent faire surgir des engouements et ah! la ville de Toulouse...merci pour cette visite Randolph.
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Eva Dayer · il y a
Un récit pittoresque qui rend compte d'un monde qui m'est totalement inconnu . J'imagine en effet, que vous avez dû vous plonger dans ''quelques'' recherches...
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Mireille Bosq · il y a
En effet et ce temps de recherches m'a à moi aussi fait découvrir un monde et puis j'aime beaucoup la ville de Toulouse. Merci.
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Mome de Meuse · il y a
J'ai été vraiment touchée par cette belle histoire qui présente un métier dont j'ignorais à peu près tout. Recit bien documenté et plein d'humanité. Bravo Mireille.
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Mireille Bosq · il y a
Pouvoir "toucher" quelqu'un et savoir que le travail a été apprécié est gratifiant. Merci.
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Ahmed Sylla · il y a
Bravo pour ce beau texte ! Vous avez mes 3 voix. ET
Merci de passer faire un tour chez moi et soutenir mon texte si vous avez le temps.
Le lien du vote 👇👇.      https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/une-mere-au-visage-defigure-et-son-fils

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Mireille Bosq · il y a
J’accueille vos voix avec plaisir merci!
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Eric diokel Ngom · il y a
Un texte bien écrit .. beaucoup de bonnes choses .. je m'inspire ... Vos impressions me permettront sûrement de progresser. Voilà mon œuvre ..tu peux me soutenir voici le lienhttps://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/au-commencement-etait-lamour-2
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Mireille Bosq · il y a
Je suis sensible à cette déclaration, merci et je vais passer vous lire.
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Martine Boulange · il y a
C'est super vivant, très entraînant, très beau. Bravo !
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Mireille Bosq · il y a
Vraiment merci pour ta visite Martine, je n'ai pas oublié que tu as été ma 1 ere correctrice et que la nouvelle que je t'avais confiée a été récompensée !
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Pierre PLATON · il y a
Pour Simone et Manu, pour la vie des mariniers, que je n'ai jamais connue que de loin dans les eaux du Rhône ou sur le Quai de la Ligne, pour toute la part d'amour et d'humanité contenue dans ce récit bien construit, bien mené, je vote, et souhaite à ton texte, chère Mireille, de naviguer jusque très loin dans ce concours !
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Mireille Bosq · il y a
Je suis ravie de ta visite Pierre et de la façon dont tu exprimes ce que tu ressens, sans parler de ton souhait!
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Lasana Diakhate · il y a
Un beau texte, très riche, attirant et bien rédigé . J’aime bien ce texte .Bravo 👏🏽
Je vous invite à lire mon œuvre et n’hesitez pas à apprécier l’oeuvre par vote après la lecture. Merci d’avance
Cliquez sur le lien
👉🏾👉🏾https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/elle-sen-va

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Mireille Bosq · il y a
Merci pour tout, les commentaires et l'invitation!
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Ombrage lafanelle · il y a
J'ai été impressionnée par toutes vos descriptions, et j'imagine les recherches que ça a dû amener derrière. C'est là que se situe le plus gros travail d'un auteur: les recherches.
Bravo pour ce texte qui est vraiment agréable à lire et dont les dialogues sont cohérents et interessants.

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Mireille Bosq · il y a
J'apprécie beaucoup que soient remarquées les recherches que j'ai dû faire pour écrire cette nouvelle. Grand merci!
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Ginette Flora Amouma · il y a
Vous avez inscrit une histoire sensible dans un milieu où la navigation est un métier particulier. Ce texte non seulement trace les divers rouages d'un métier itinérant sur fleuve mais aussi il montre la pudeur de sentiments refoulés dans un écrin .
L'écriture utilise la mise en abîme . Le marin raconte sa vie au journaliste qui est captivé .
Un récit en or.

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Mireille Bosq · il y a
Merci beaucoup pour ce beau commentaire qui manifeste une lecture attentive !
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Claire Dévas · il y a
Merci pour toutes vos recherches qui ont donné le jour à ce texte très agréable à parcourir :-)
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Mireille Bosq · il y a
Je suis heureuse de savoir que vous avez bien noté le travail de recherche que j'ai investi pour y placer une fiction crédible. Merci
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Ozias Eleke · il y a
Fascinante et émouvante histoire bien menée. J'ai aimé. Ce fut un plaisir de vous lire Mireille.
Je vous prie de lire mon texte pour le compte du Prix des Jeunes Écritures https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/homme-tas-le-bonjour-dalfred

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Oka N'guessan · il y a
Très belle œuvre , bravo , j'aime beaucoup , je vous invite aussi a venir me découvrir et voter pour moi par la même occasion ....https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/la-lumiere-10 mercii
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Mireille Bosq · il y a
Je prends le compliment avec plaisir. Merci et à vous lire bientôt.
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SERINE BAYE · il y a
Bravo pour ce beau texte ! Vous avez mes 3 voix. ET
Merci de passer faire un tour chez moi et soutenir mon texte si vous avez le temps.
Le lien du vote 👇👇

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Mireille Bosq · il y a
Bonjour Serine et au plaisir de faire votre connaissance sur votre page !
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Keith Simmonds · il y a
Mon soutien pour cette histoire bien construite, bien menée et fascinante, Mireille !
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Mireille Bosq · il y a
Soutien grandement apprécié Keith, merci.
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Lyne Fontana · il y a
J'ai vraiment beaucoup aimé cette histoire.
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Mireille Bosq · il y a
Chaud au coeur. Merci
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Image de Mireille Bosq
Mireille Bosq · il y a
Tiens,Aurélien, toi ici, je n'avais pas remarqué. Merci.
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Mireille Bosq · il y a
Ces premiers messages de soutien me font un immense plaisir. Merci
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Doria Lescure · il y a
Joli récit, dense, plein de reliefs, sur un fond original et bien porté par ses personnages. On est vite touché par leur épaisseur et par la simplicité de cette histoire bien construite.
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Mireille Bosq · il y a
Grand merci et bienvenue Doria, une première lectrice cela fait toujours un coup au coeur!
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Zutalor! · il y a
Le pire qui puisse arriver à un lecteur de nouvelle longue : être dérangé !
J'avais lu ton texte et beaucoup aimé. Faudra simplement que je reprenne le fil. Un peu plus tard... En attendant cet heureux moment... Tadaaam... L'équivalent de 5 péniches en toute confiance !

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Mireille Bosq · il y a
Merci de faire bouger les lignes !

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