L'ivresse de la victoire

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Je suis né en Bretagne en 1983. Passionné par les lectures de l’imaginaire, mon amour pour les légendes et les mythologies se ressent dans mes récits oniriques à la croisée des genres, où le  [+]

Image de Hiver 2020

J’ai eu un ami. Il était plus jeune que moi, d’une vingtaine d’années. De nature timide, il a mis du temps avant de se révéler complètement. En fait, il a suffi d’un voyage et d’une petite fiole.

J’ai entraîné beaucoup de jeunes judokas. La plupart étaient avides de victoires et de renom. Certains, par leur orgueil et leur hargne, arrivèrent à un bon niveau. Mais Lucas n’était pas comme eux. Et pourtant il fut le plus grand judoka qu’il m’ait été donné de voir.
Il a commencé dans mon club d’Évreux assez tardivement, il avait 14 ans. Ses parents cherchaient à le bousculer afin d’émanciper ce jeune garçon réservé. Ses débuts furent catastrophiques, il n’était pas fait pour le combat, encore moins pour la compétition. Il en souffrait, car lui espérait beaucoup mieux, c’était un garçon rêveur, naïf. Mais il était travailleur et obstiné. À force de labeur acharné et d’une réelle passion pour le judo, il arriva tout de même à engranger quelques victoires. L’année de ses 18 ans, il obtint son examen de kata. Le lendemain, il réussit son arbitrage. Puis, au long de la journée, pendant le tournoi de shiaï qui permettait de combattre plusieurs fois, il glana les points qu’il lui manquait et devint ceinture noire.

Il n’y eut pas de déclic, aucun changement majeur ; du moins en compétition. Chaque tournoi était tellement rude et frustrant qu’il en ressortait toujours abattu. Mais il revenait à chaque fois s’entraîner avec sa ferveur habituelle. J’eus beau développer avec lui ses points forts, l’agilité de sa hanche et son O-goshi, la vivacité de ses jambes et son De-ashi-barai, nous n’arrivâmes qu’à gagner un ou deux combats à chaque sortie. Lui voulait atteindre le niveau national et, dans ses rêves, il voulait combattre aux Jeux olympiques. J’essayai de le ramener sur terre, de lui faire prendre conscience de ses capacités et de se suffire des petites victoires qui, si elles n’étaient pas aussi reluisantes qu’une première place sur un podium, pouvaient tout de même le réconforter sur certains points. Mais Lucas en voulait plus et je sentais qu’après chaque compétition, il s’enfonçait toujours plus dans un marasme dépressif.

Passionné de culture japonaise, il partit un mois pendant l’été, à ses vingt ans, pour Tokyo. À son retour, l’air morose que je lui connaissais semblait s’être envolé. Le teint de sa peau était brillant et éclatait littéralement quand il souriait. Et il souriait bien plus qu’avant, comme s’il avait appris la plus heureuse des nouvelles. Son niveau de judo n’avait pas bougé, il était aussi désespérément moyen, nullement aussi éclatant que ne l’était son humeur qui, elle, ne cessait d’irradier ses partenaires.
Un jour, à l’entraînement, il me ramena une petite gourde, une fiole de courge japonaise. C’était un souvenir de là-bas, un objet pittoresque qui rappelait immanquablement les estampes japonaises représentant des moines ou des samouraïs.
— Elle a appartenu à Kyūzō Mifune lui-même ! me dit-il avec emphase.
Je souris, peu convaincu par cette assertion, mais heureux devant son émerveillement et son visage radieux. Kyūzō Mifune était une véritable légende : élève du grand maître Jigorō Kanō, ce fut un garçon turbulent qui devint pourtant son meilleur disciple. Il demeura invaincu au Zen Nihon, le tournoi annuel japonais toutes catégories et arriva à battre, lors d’un défi, un sumo de plus de 1 m 80 et de 108 kg ! Pourtant, Mifune sensei ne mesurait que 1 m 58 et ne pesait que 45 kg. De plus, lors de ce combat, il était âgé de 40 ans.

En avril vint le Championnat de France. À ma grande surprise, Lucas se qualifia pendant le tournoi départemental et participa donc à cette grande compétition où les meilleurs de l’hexagone se rencontraient. Il était curieusement à l’aise mentalement. Il ne doutait pas et sortit le grand jeu tout au long de la journée. Il excellait, la fluidité de son judo n’avait d’égal que son impassible décontraction. Je le félicitai au sortir de chaque combat, qu’il gagna tous par ippon, dont un étranglement en demi-finales. Il fut repéré par les entraîneurs nationaux et fut invité aux stages préparatoires pour les Jeux olympiques devant se dérouler en fin d’année à Stockholm. Il fut moins présent sur le tatami de mon dojo, pris par les entraînements avec l’équipe nationale, mais revint environ une fois par mois prendre des nouvelles et s’entraîner. Malgré son nouveau statut et sa récente évolution, je ne constatai pourtant pas de progrès significatif. Lucas restait Lucas. Aussi, quand il nous annonça à tous qu’il était sélectionné pour représenter la France aux Jeux olympiques, fûmes-nous tous autant étonnés les uns que les autres. Il allait réaliser son rêve et pourtant je ne pus m’empêcher de déceler quelque chose d’effrayant, quelque chose qui criait et qui pourtant restait tapi sous le masque de candeur qu’il affichait avec un enthousiasme désarmant.

Les Jeux olympiques de Stockholm débutèrent le 5 décembre et la planète se préparait à voir s’affronter les meilleurs sportifs de tous horizons. Dont Lucas. Moi et le jeune homme toujours aussi timide prîmes l’avion ensemble, avec l’équipe nationale qui m’avait convié à assister aux jeux. J’étais bien entendu ravi et excité pour Lucas.
La compétition démarrait dès le lendemain de notre arrivée, Lucas combattant la première journée dans la catégorie des moins de 60 kg. Je fis un léger travail de préparation mentale, consistant surtout à le relaxer, mais il était serein, comme si l’enjeu restait à distance de lui. Je trouvai cela étrange et eus un pressentiment. Je n’arrivais pas à croire que cela était en train de se produire…
Le tirage n’avait pas été tendre avec lui. À part un premier combat normalement à sa portée contre un combattant équatorien totalement inconnu, les deux suivants, s’il y accédait, le verraient affronter des adversaires autrement plus coriaces.
Mais il s’en défit avec une vista qui étonna tout le monde. La terre entière assista à un spectacle hors du commun, même si peu de gens purent vraiment apprécier à sa juste valeur la qualité toute en finesse et en subtilité de ce judoka inconnu jusqu’alors. Depuis des années maintenant, le judo est devenu un sport de haut niveau et tente vainement de conserver ses racines martiales ainsi que ce qui le qualifie d’art. Les affrontements sont rugueux, extrêmement physiques et, bien souvent, une bonne stratégie prévaut à une réelle spontanéité combative. Mais Lucas n’avait rien préparé, cela se voyait, il changeait de tactique à chaque combat et son corps semblait réagir instantanément aux assauts des adversaires.
Il arriva en quart de finale, le dernier tableau, le sommet où grimpent les prétendants au titre suprême. Profitant de mon pass de l’équipe de France, je me faufilai jusqu’à la salle d’échauffement où je trouvai Lucas, assis dans un coin.
— Et bien Lucas, tu ne t’échauffes pas ?
—Sensei ! Je suis ravi de vous voir ! J’ai déjà un peu couru et je me sens bien, ne vous en faites pas.
— Je te félicite pour ton parcours, je suis… étonné. Ne le prends pas mal, Lucas, mais jamais je ne t’aurais imaginé ici, avec les meilleurs du monde…
— C’est pas grave sensei, je ne vous en veux pas, je vous dois tellement ! Excusez-moi, mais ça va bientôt être mon tour.
Il se leva et saisit son sac de sport. La fiole de courge en tomba.
— Lucas, j’espère que tu n’as pas de… boisson améliorée là-dedans ? dis-je en souriant maladroitement.
— Vous avez de drôles d’idées sensei, vous savez bien que le contrôle antidopage est très strict, nous sommes surveillés avant et après la compétition.
— Oui, tu as raison. Oublie ce que j’ai dit et concentre-toi sur ton combat !
— Rassurez-vous, l’héritage de Kyūzō Mifune m’accompagne.
Il me fit un clin d’œil tout en ramassant la fiole et prit le chemin des tatamis. Je ne pourrai pas le voir avant qu’il n’ait fini la compétition, vainqueur ou perdant. Je contemplai son dos frêle et le dossard de l’équipe de France plaqué sur son judogi, agrémenté de son nom en lettres capitales. Puis sa dernière phrase me revint en mémoire et elle me parut bizarrement chargée d’un sens caché.

Son quart de finale l’opposa à l’Allemand Kesser, judoka solide et polyvalent. Lucas fut plutôt passif pendant les premières minutes du combat, se contentant d’esquiver les attaques répétées de son adversaire. Il s’économisa ainsi, voyant Kesser arriver dans le dur. L’Allemand tenta une énième attaque que Lucas, lucide, vit venir sans peine. Je fus alors témoin d’une action peu commune, un réflexe pur que l’on ne peut voir que chez les meilleurs. Sen no sen, l’attaque dans l’attaque. Lucas lança la sienne juste avant l’Allemand, c’était une réponse parfaite, exactement ce qu’il fallait faire ! Kesser s’écroula et Lucas le suivit en immobilisation pour le maintenir sur le dos. Ippon pour Lucas !
Vint ensuite sa demi-finale contre Omorov le Russe, là encore un sacré client puisqu’Omorov s’était hissé sur presque tous les podiums cette année. Mais Lucas fut incroyable. Il contourna astucieusement le Kumi-kata, la prise de garde de son adversaire, et déclencha un mouvement incroyable, une technique plus utilisée depuis des lustres… Yama-arashi, qui veut dire « tempête sur la montagne », n’est plus enseignée en France, car d’autres mouvements lui ont été préférés. Et Lucas l’a exécutée à merveille, ses mains posées sur le même revers ont amorcé le déséquilibre, surprenant Omorov qui s’est laissé embarquer comme un enfant. Lucas a ensuite placé ses appuis et pivoté dans l’axe en une demi-seconde. Il a armé sa jambe droite et a fauché le Russe, emportant tout son corps dans une roue parfaite qui s’est terminée sur un gros « Boum ! », un pion d’anthologie qui fit vibrer toute la salle ! Les deux hommes restèrent au sol quelques secondes, l’arbitre fut aussi surpris que le Russe et mit un temps fou à proclamer : Ippon ! Sore-made ! Fin du combat. Une fine couche de poussière était encore en suspension quand Lucas se releva et alla se placer pour le salut final.

Il l’avait fait, il était en finale ! En sortant du tatami, il me glissa un regard complice paradoxalement empreint d’une mélancolie inappropriée. Au fond de ses yeux luisait une supplique qui quémandait du réconfort, à la manière d’un enfant pudibond cherchant à attirer l’attention de sa mère sur un problème intime. J’attendis une demi-heure avant que la finale ne commence. Je ne vis pas passer ces trente minutes tellement je me repassais le mouvement de Lucas en boucle. Ce fut d’une telle beauté !

17h30, la finale. L’adversaire de Lucas ne fut personne d’autre que l’immense Daisuke, le Japonais invaincu depuis deux ans, déjà une star dans son pays alors qu’il n’avait que 21 ans. Un combattant fabuleux, je voyais mal mon Lucas l’emporter. Mais quand je le vis monter sur le tatami, il était maître de lui, il était serein, on sentait sa force rien qu’à le regarder.
Dès le départ, le combat fut engagé, les deux judokas se rendant pour ainsi dire coup sur coup, technique sur technique, esquivant chaque projection, se protégeant impeccablement pendant les phases au sol. C’était dantesque et c’était Lucas sur le tapis ! Le Japonais le fit presque tomber sur son spécial, Ō-soto-gari, mais je ne sais comment, Lucas pivota à temps en se contorsionnant de façon incroyable et, à la fin du temps réglementaire, aucun des deux n’avait marqué de points.
Ils se rhabillèrent après le Matte de l’arbitre et repartirent au charbon pour le golden score. Cette fois-ci, le premier qui marquerait gagnerait le combat, la finale, la médaille d’or. Daisuke partit dans un enchaînement de feintes puis plaça idéalement ses mains pour lancer son Ō-soto-gari. Mais alors, le temps parut se dérégler. Je vis Lucas effectuer sa technique au ralenti : Kuki nage, la technique spéciale de Kyūzō Mifune, moquée par les jeunes élèves, car paraissant impossible à mettre en pratique lors d’un combat… Pourtant Lucas la réussit. Profitant de l’avancée de son adversaire, il recula sa jambe gauche au sol tout en exécutant une légère traction des mains. Cela parut si facile, si automatique. Daisuke ne put rien empêcher, il chuta comme s’il était un partenaire de kata, il fit une rotation inéluctable et atterrit sur le dos si parfaitement que, cette fois-ci, il n’y eut aucun bruit. Lucas avait atteint une telle technicité que son judo n’était plus agressif, il était devenu le combattant parfait, celui qui fait le moins pour réussir le plus. Ainsi dans cette position, un genou à terre, la manche de son adversaire tenue alors que celui-ci gisait, éberlué, un peu derrière lui, et le regard haut et droit, je crus voir le grand Kyūzō Mifune lui-même. Je suis persuadé que, l’espace d’une seconde, le grand maître se trouvait là, sur le tatami.

Lucas sortit sous les applaudissements. Les supporters japonais ayant fait le déplacement félicitèrent également le nouveau champion qui venait de défaire leur héros. J’attendis un peu et me dirigeai vers les vestiaires pour aller saluer mon élève, le champion olympique. J’aperçus l’entraîneur national, occupé à répondre à des interviews, qui m’indiqua du regard où se trouvait Lucas. J’ouvris la porte et le découvris assis, les bras posés sur les cuisses. Il tenait la fiole de courge et la regardait. Puis il tourna la tête et me vit. Il souriait. Mais ce sourire semblait être gâché par quelque chose, il n’était pas complet. Soudain, devant mes yeux, le corps de Lucas s’étira. Son visage se tordit, prenant une consistance vaporeuse. Il souriait toujours. Son corps se transforma en une fumée blanche, de la couleur de son judogi, et juste bariolée du noir de sa ceinture. Il fut attiré dans la fiole, comme un génie rentrant dans sa lampe. En un clin d’œil, et sans que je puisse intervenir, Lucas fut complètement aspiré. La fiole retomba dans un bruit sourd. Je restai immobile pendant un instant et j’allai me saisir de la fiole de courge.
Comment ?

La disparition de Lucas fit le tour du monde. Personne n’élucida ce mystère, le champion olympique de judo des moins de 60 kg avait disparu sans laisser de traces. Je n’en dormis pas pendant des jours, ressassant ce moment, ce phénomène hallucinant qui s’était déroulé sous mes yeux.
Et petit à petit, je me suis remis aux entraînements et à la compétition. J’ai retrouvé un goût pour l’affrontement, mes espoirs retrouvés alors que j’enchaîne les victoires. Dans mon sac, je trimballe la fiole de courge avec mon judogi et ma ceinture. À chaque début de compétition, j’en bois un peu, je m’imprègne des enseignements de Kyūzō Mifune et de ses élèves. À chaque gorgée, une force ancienne coule dans mes veines. À chaque aspiration, je sens Lucas traverser mon corps et diriger mon être vers la victoire.

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C é d · il y a
Très jolie histoire qui me donne envie de me remettre au judo... 30 ans après l'arrêt de ma courte carrière :)
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Benjamin Meduris · il y a
Un art qui reste toujours encré dans les veines des passionnés. Content d'avoir ravivé la flamme !
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Ozias Eleke · il y a
Bravo ! Mes félicitations pour ce beau texte.
Je vous prie de lire mon texte pour le compte du Prix des Jeunes Écritures https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/homme-tas-le-bonjour-dalfred

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Marie Juliane DAVID · il y a
Votre histoire a bien mérité cette place.
Bonne continuation!

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Benjamin Meduris · il y a
Merci Marie Juliane !
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Burak Bakkar · il y a
Bravo Benjamin ! Belle plume ! Toutes mes voix !
Je t'invite à lire le mien https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/plus-noir-que-le-noir-2
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Benjamin Meduris · il y a
Va falloir se calmer sur le racolage, Burak... J'ai déjà lu ton texte parce que tu m'as déjà écrit exactement le même message sur un autre de mes textes...
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Oka N'guessan · il y a
De l'action j'aime, Bravo j'ai beaucoup aimé, +2 voix je t'invite à aller voter pour moi aussi https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/la-lumiere-10
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Benjamin Meduris · il y a
Merci. Une seule suggestion suffit...
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MURIEL CONTE · il y a
belle histoire sous fond de légende
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Benjamin Meduris · il y a
Merci Muriel !
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D Rd · il y a
Bravo pour votre histoire ! Vous avez un abonné de plus
Si vous souhaitez aussi me lire
https://short-edition.com/fr/oeuvre/nouvelles/presence-26

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Benjamin Meduris · il y a
Merci Denis !
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Isabelle Isabella · il y a
Palpitant, je n’y connais rien en judo mais j’ai été littéralement happée par cette histoire fascinante, bravo merci .
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Benjamin Meduris · il y a
Oh ben de rien 🙂 Merci à toi d'être venue me lire !
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Stephane Latruffe · il y a
top du top facile à lire, on en veut plus, bravo !!!!
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Benjamin Meduris · il y a
Merci Stéphane !

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