L'ironie Du Mort

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L'ironie Du Mort

Nous sommes lundi, il est 8 h 30, Antoine s'est engagé sur l'autoroute 35 en direction de la 10. Une tempête digne du film 2012 s'abat sur la région. Il a peine à voir à cent pieds devant lui tellement le blizzard est épais.

Antoine est professeur en science à l'Université McGill, il a 34 ans, son nom est des plus connus dans le domaine au Canada. Ses études menées le plus souvent sur les causes, les raisons et les situations entourant la mort subite. Il avait causé tout un Raz De Marée parmi les scientifiques partout en Amérique du Nord. Antoine avait fait ses preuves et était devenu la référence dans le domaine. Il était solitaire, ordonné et d'une intelligence digne de son emploi et de ses recherches et ses étudiants l'adoraient.

La tempête bat son plein, les routes quasi-impraticables Antoine commençait à se dire qu'il aurait dû rester chez lui. Après avoir parcouru onze kilomètres sur les quarante-quatre qui le séparent de l'école et son domicile, il s'engage enfin sur la 10.

Après une dizaine de minutes à rouler, Antoine aperçoit un éclat de lumière au loin, mais il ne s'en fait pas avec cela. Il continue sa route, quelques instants et l'aperçois de nouveau, mais plus proche cette fois. Antoine commence à se poser des questions, il se demande vraiment ce que cela peut bien être, mais continue toujours sa route.

Plus Antoine avance et plus il remarque que des véhicules sont arrêtés sur le bas-côté. Alors qu'il retournait son regard sur la route, au même moment l'éclat de lumière l'aveugla et il perdit le contrôle de son véhicule.

Coup de volant à gauche, évite le dix-huit roues, coup de volant à droite, appuie sur les freins, mais sa voiture continue sur sa lancée en direction du fossé. Les roues côté conducteur frappent une strie de neige durcie et la voiture part en tonneau. Tout vole dans le véhicule en mouvement et Antoine reçoit plein de débris au visage; des éclats de vitre, son rétroviseur, le contenue de son coffre à gants qui s’est ouvert, ses cahiers de notes, son cartable, son cellulaire et son café virevoltent partout.

Le véhicule s'arrête finalement sur ses quatre roues, Antoine s'accote la tête sur le volant et crache un amas d'hémoglobine. Du sang lui coule sur le visage, en piètre état il se relève la tête et analyse les dommages. La voiture est foutue de toute évidence, éteindre le véhicule est impossible, les coussins gonflables ont tous explosé. Antoine regarde autour de lui et vois ses choses éparpiller partout, il y a du sang sur le tableau de bord, le volant et le pare-brise, il analyse sa personne et remarque plusieurs plaies ; au bras une fracture ouverte de la quelle s’écoule du sang, sur son torse surement qu'il avait une perforation pulmonaire, mais il y en a une qui attire son attention plus que les autres celle qu'il a à l'intérieur de sa cuisse droite et il en perd énormément de sang, peut-être a-t-il atteint la veine fémorale.

Antoine qui reprend peu à peu ses esprits essai de s'extirper de son véhicule, mais vue son état rien ne veut bouger et la douleur trop intense le fait quasiment s'évanouir, le sang ne cesse de couler et il se sent affaibli. Il agrippe alors son cellulaire et voit que celui-ci n'est pas utilisable.

Trente minutes ont passée

Antoine a froid et commence à avoir des maux de tête, il fatigue et se sent nauséeux, il se demande s'il n'a pas une commotion cérébrale. Il essaie à nouveau de se sortir de cette fâcheuse situation, mais peine perdue: il n'arrive à rien. Il cherche désespérément une solution à cette situation, il ne comprend pas que personne ne l’ait encore vue et se demande vraiment ce qui se passe, mais vu les intempéries Antoine doute vraiment qu’il soit remarqué bientôt.

Une heure est maintenant passée.

Les douleurs à la poitrine de Antoine son maintenant invivable, il a des troubles de la vision et se concentre difficilement. Il délire complètement, il croit entendre des sirènes au loin, mais après vingt minutes elles ne sont toujours pas à sa portée. Sa vision de la réalité est altérée par l'accumulation de monoxyde de carbone.

Cela fait maintenant deux heures qu'il est pris au piège dans son véhicule.

Antoine a maintenant toute la misère du monde à bouger, il se vide de son sang et sa respiration est de plus en plus haletante, il se sent peu à peu glisser vers un sommeil dont il ne reviendra pas. Il aimerait combattre cette faiblesse que son corps lui inflige, mais il sait pertinemment que ce n’est pas possible. Antoine s'est maintenant évanoui, il se sent bien, léger et apaisé. Les douleurs ne sont maintenant plus que choses du passé. Il voit sa vie défiler devant ses yeux, des souvenirs magnifiques en famille avec ses amis, ses collègues, des découvertes qu’il a faites. D’autre plus tristes le décès de Martin son meilleur ami suite à un long combat contre le cancer, la séparation avec Julie, mais un le frappe plus particulièrement: l'éclat de lumière. Ce n'est pas la première fois qu'il le voyait. Il l'avait vue souvent, en fait chaque fois qu'il côtoyait ses sujets d'étude. Antoine se souvenait qu’à chaque fois qu’il traitait d’un sujet décédé il voyait cette fameuse lumière, mais n’y portais pas attention et il aurait dû cela aurait été la découverte du siècle malgré les nombreuses qu’il avait déjà fait. Il se serait surement vue décerner le Prix Nobel de Physiologie et de Médecine.

Mais cette fois-ci ce fut son âme qu'il avait observée.
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