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L'immigration clandestine

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Ibrahima Sow

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L’immigration clandestine
Toute histoire commence un jour, quelque part dans un quartier modeste de la banlieue dakaroise vivait un jeune couturier du nom de Mor.
Mor avait un ami et confident appelé Samba. Ils partageaient le « djébbou djeune » du midi, du thé, leurs habits, le lit et discutaient de tout et de rien. Samba qui ne passait son temps qu’à jouer au football réussit un test grâce auquel il bénéficiera d’un visa pour la France afin de poursuivre sa carrière footballistique.
Quelque temps après la maison de Samba qui était une baraque fut démolie et remplacé par un immeuble luxueux de trois étages. Mor supposa alors que son ex-ami est devenu nanti. Voyant donc que sa situation ne s’est pas du tout amélioré, Mor décida de forcer son destin et livre à un combat sans merci contre l’océan Atlantique pour accéder à l’occident sans en informer les membres de sa famille.
Le jour j vers minuit Mor et ses camarades immigrants se rencontrent au bord de la mer pour l’embarquement. En voyant la pirogue dont l’état laisse à désirer et que le nombre de personne dépasse largement le nombre de place réservé pour la pirogue, Mor commence à s’inquiéter. Hélas ! Vu la somme colossale et non remboursable qu’il a déjà verser pour le voyage il ne peut plus faire demi-tour. Alors Mor ravale sa peur et se dirige directement vers la pirogue ou il trouva tout une ethnie, des wolofs, sérères, peulhs, lébous,... Arrivé au sixième jour du voyage leur moyen de subsistance commence à s’épuiser, ils arrivèrent en un moment ou dix personnes partageaient un litre d’eau. Dans la nuit du dixième alors que la mer était agitée et les vagues inclinaient la pirogue d’un côté comme de l’autre soudain une grosse vague leur tomba dessus et fit des trous dans la pirogue. L’eau entra dans la pirogue, Mor et compagnies prirent des sceaux pour essayer de l’évacuer, mais sans rien à manger ni à boire toute la journée, ils étaient à bout de force et n’en pouvaient plus et le temps jouait contre leur faveur parce que la pirogue continuait sans cesse à se remplir. Tout à coup, Mor commença à flipper et donne à un ami qu’il a connu pendant le voyage l’adresse et le numéro de téléphone de sa maman, croyant qu’il ne s’en sortira peut être pas, il lui dit de leur mettre au courant et vice versa.
Ainsi, le lendemain la pirogue avait déjà coulée. Certains voyageurs avaient des gilets d’autre n’en avaient pas, certains pouvaient nager et d’autre non. Chacun ne se souciait que de lui-même, ils avaient perdu la moitié de leurs camarades lorsqu’un bateau de pécheurs passait près d’eux et qui sauvèrent les rescapés dont Mor n’en faisait pas parti. Une fois arrivé en France, les immigrants survivants ont été rapatriés dans leur pays d’origine. La maman de Mor, très inquiet, avait les yeux gonflés à cause des insomnies, se souciant de fils qui avait quitté la maison sans même prévenir. Deux jours plus tard, un homme est venu chez les parents de Mor. Il frappa à la porte, les larmes aux yeux, on lui fit entrer et il leur raconta leurs mésaventures, le décès tragique de leur fils bien aimé, leur disant qu’ils s’étaient connus pendant voyage.
La maman de Mor resta inconsciente pendant des jours dans un hôpital et un cousin de Mor qui est étudiant à l’université fonda une association qui lutte contre l’immigration clandestine.
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