L'histoire de Jacques

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Une amie qui m'est chère m'a dit que les mots nous guérissent de nos maux  [+]

Jacques, une fois de plus, s'était levé en retard et du coup, se retrouvait dans les embouteillages du matin. Il maugréait dans sa barbe, maudissant son rapport faussé avec la ponctualité. D'aussi loin qu'il s'en souvînt, il était fâché avec son réveil-matin. Ses étudiants étaient parfaitement au courant, aussi avaient-ils pris l'habitude de l'attendre tranquillement sur la volée de marches de l'Université de lettres, guettant la vieille guimbarde pétaradante de leur éminent professeur d'italien. Ses retards répétés lui avaient valu quelques remontrances de la part du doyen mais rien n'y faisait. De plus, Jacques était la coqueluche de la Fac, tous ses élèves le portaient aux nues et l'amphi où il dispensait ses cours ne désemplissait jamais.

Ce lundi-là, il ne dérogea pas à la règle et se gara devant la fac à 8 h 15. Les étudiants de 3ème année, de nature facétieuse, en le voyant arriver, se mirent en rang de chaque côté du grand escalier et lui firent un triomphe romain. Le professeur ne put que rire sous les « Ave Caesar ». Ceux-là connaissaient bien son amour pour la civilisation latine et il se prêta au jeu en faisant mine de rabattre une toge imaginaire sur son épaule. La porte monumentale de la fac passée, le jeu s'arrêta et tous entrèrent en silence dans la salle de cours en évitant soigneusement de passer devant le bureau du doyen. Le cours commença et Jacques, comme à son habitude, demanda à ses élèves quel était le programme télé qu'ils avaient regardé la veille, mais ils ne tombaient plus dans le piège. Tous répondirent en chœur qu'ils avaient étudié le texte vu la semaine dernière, un extrait du Decameron de Boccace. Ce à quoi, le professeur répondit calmement : « Dommage pour vous, il y avait un excellent thriller sur la 2 ! », le ton était donné. Jacques estimait que l'humour était un vecteur essentiel de l'enseignement et le moins qu'on puisse dire, c'est que ses cours, aussi pointus fussent-ils, n'en manquaient pas.

Si les étudiants adoraient ce professeur parfois loufoque, il n'en était pas de même pour ses confrères aux lèvres pincées qu'il ne croisait que rarement dans la salle des profs, un endroit qu'il exécrait, où il devait se rendre contre son gré à intervalles réguliers, ne fût-ce que pour y récupérer l'abondant courrier que l'administration lui faisait parvenir. Entre les divers rappels à l'ordre quant à son manque de ponctualité, la feuille de chou du Ministère, beaucoup de lettres connaissaient un rangement vertical. Néanmoins, il recevait également beaucoup de missives de ses anciens élèves qui lui racontaient quel était leur parcours depuis qu'ils avaient quitté la fac. Jacques aimait entretenir ces correspondances avec certains de ses élèves passionnés ; chacune de ces lettres lui donnait le sentiment d'avoir été utile. Edwige, la coordinatrice de l'enseignement de l'allemand, le regardait souvent avec un certain mépris. Jacques savait bien qu'elle ne le portait pas dans son cœur, elle lui enviait cette popularité qu'elle ne comprenait pas. Jacques avait failli lui proposer d'assister à un de ses cours puis se reprit à temps. Après tout, à chacun sa méthode. Edwige était une vieille fille d'une nature austère, stricte et pensait que les étudiants lui devaient une obéissance et une écoute totales. Jacques, lui, avait le respect de ses élèves, c'était le plus important selon lui. Il la gratifia d'un « Auf Wiedersehen Fraülein »avec un accent parfait ce qui ne fit qu'exacerber les sentiments contraires de la demoiselle en question. Jacques maîtrisait toutes les langues indo-européennes sur le bout des doigts, y compris l'allemand mais il se gardait bien d'en faire la moindre publicité. S'il avait choisi d'enseigner l'italien, c'était avant tout de par ses origines et de par son amour pour l'Antiquité mais ses connaissances linguistiques lui permettaient d'être devenu un maître en étymologie et il lui arrivait, au milieu d'un cours, non seulement d'expliquer comment d'une racine latine, un vocable avait évolué en italien mais également en dix-huit autres langues, ce qui lui valait l'admiration de tous. Ce jour-là, au milieu des enveloppes, il trouva un courrier très lapidaire accompagné d'une clé USB. Une certaine Laura lui demandait de regarder la vidéo qui était sur le support. Jacques reprit le chemin de l'amphi des 1ères années en se disant qu'il y jetterait un œil le soir même.
La journée se déroula comme à l'accoutumée. Les étudiants de 1ère année étaient nombreux et Jacques savait, bien que l'on ne fût qu'au mois de novembre, que les trois quarts d'entre eux ne poursuivraient pas le cursus dans lequel ils s'étaient engagés. Parmi eux, certains sortaient du lot, travaillaient visiblement beaucoup et avaient un sens de la traduction assez pointu pour leur jeune âge. Évidemment, beaucoup avaient des parents ou plutôt des grands-parents qui avaient quitté l'Italie pour venir travailler dans cette province et qui n'étaient jamais retournés chez eux. D'autres avaient fait du latin au collège et estimaient que l'italien en était la langue la plus proche, ce qui n'était pas faux d'ailleurs. De plus, l'Université avait rendu le latin obligatoire pour tous les étudiants en italien, ce dont tous les professeurs, Jacques en tête, se réjouissaient. Il avait déjà repéré une dizaine d'élèves dont il savait pertinemment que leurs parcours ensemble ne faisait que commencer. En fin de journée, il retrouva sa Fiat 850, la voiture de son père, un modèle ancien des années 60 qui faisait figure de pièce de musée même en Italie. Il voulut la garder à tout prix et la faisait entretenir par un mécanicien passionné de la marque, c'est à peu près tout ce qui lui restait de son père, décédé depuis 30 ans. Il rentra chez lui vers 18 h 00, après les bouchons du soir. Il posa distraitement son courrier sur la desserte de l'entrée et se servit son Picon bière, comme chaque soir, son péché mignon. Jacques vivait seul. Dans sa grotte. Il avait consacré une grande partie de son existence à étudier et en devenant professeur, il n'avait jamais vraiment quitté l'école ; pour lui, ses étudiants étaient un peu comme ses enfants. Il ne trouva pas l'âme sœur mais l'avait-il vraiment cherchée ? Par moments, il subissait sa solitude mais bien souvent, il s'y complaisait. Il n'avait plus de famille depuis longtemps ; il avait été élevé seul par ce père qui s'était saigné aux quatre veines pour payer ses études mais très vite, Jacques trouva de quoi subvenir à ses besoins qui étaient somme toute assez modestes. Sa mère était morte en couches et par conséquent, il n'eut ni frère ni sœur.

Il vivait ainsi dans une maison trop grande pour lui. Dans son salon, des étagères en pin couvrait tous les murs et étaient remplies de livres anciens et modernes, de bandes dessinées des années 70, toute sa jeunesse, et de vinyles de groupes que tout le monde ou presque avait oubliés. Il assumait complètement sa ringardise, sa nostalgie de ces années où tout, lui semblait-il, était plus simple. Il alluma sa télévision pour jeter un œil au journal télévisé...rien de bien nouveau, le monde marchait sur la tête et le nouveau président n'y changerait rien...il eut tôt fait de l'éteindre pour s'installer à son bureau du 1er étage avec ses copies à corriger, un moment privilégié parmi tous. En lisant ses versions, Jacques allait de surprise en surprise. Le choix des mots de ses étudiants était souvent révélateur de leur personnalité. Certains, très académiques, se contentaient d'utiliser le 1er mot proposé par le Garzanti, le dictionnaire de référence pour l'italien ; d'autres, pensant être plus malins peut-être, choisissaient d'autres mots pour éviter le piège du dico, mais pas toujours à bon escient. Enfin, il y avait ceux qui, par leur connaissance de la langue, alliée à une finesse d'analyse pouvaient se vanter de faire des vraies traductions. Et si l'adage « traduttore, traditore » (le traducteur est forcément un traître) restait de mise, Jacques aimait à voir que certains de ses petits protégés s'ingéniaient à le faire mentir. Il se coucha à une heure raisonnable, demain, ses cours ne reprenaient qu'à dix heures, il ferait tout pour ne pas être en retard.

Il était 9 h15 quand Jacques descendit au rez-de-chaussée, content d'être dans un bon timing. Un café noir bien serré, à l'italienne, lui permit d'être tout à fait réveillé. En passant devant la desserte de l'entrée, il repensa au curieux courrier d'hier et le mit dans sa poche. Il avait deux heures à tuer sur le temps de midi, il regarderait cette fameuse vidéo sur un PC de la fac. À cette heure, la circulation était aisée et il arriva à destination un quart d'heure en avance. Il ne fit pas cas des applaudissements de ses élèves et se rendit directement à la salle des profs où se trouvait le doyen qui ne manqua pas de lui faire remarquer sa ponctualité inhabituelle ; il le salua poliment après avoir pris son courrier et sortit aussitôt pour retrouver ses étudiants de 5ème année avec qui il devait discuter du contenu de leur mémoire, c'était nettement plus gratifiant que de parler avec ce vieillard cacochyme qui ne devait sa place qu'à ses appuis politiques. L'échange fut des plus intenses. Il n'avait que douze étudiants qui étaient parvenus à ce niveau, aussi, les connaissait-il par cœur. Il avait évoqué plusieurs sujets possibles qui allaient de la civilisation étrusque à la Florence des Médicis, en passant par la Divine Comédie de Dante ou l'histoire si particulière du Parti Communiste Italien. Il entendait bien laisser libre cours à l'imagination de ses élèves, se contentant de suggérer telle ou telle idée et ils lui en savaient gré. L'un d'entre eux choisit de faire son mémoire sur l'engagement politique de Pasolini, un vaste sujet et Jacques ne put réprimer un sourire, ce choix lui allait droit au cœur.

Comme il l'avait prévu, après avoir avalé un sandwich à la brasserie en face de la fac, Jacques s'installa dans une salle de la Bibliothèque Universitaire, bien décidé à regarder la vidéo qu'on lui avait fait parvenir. Un visage de jeune fille s'afficha en gros plan. Elle parlait un italien parfait, au tempo un peu rapide, typique des toscans. Puis, la caméra recula et Jacques crut reconnaître un paysage familier. Laura, a priori l'expéditrice de la lettre, se présenta alors. Elle lui annonça qu'elle était sa nièce. Un non-sens pour Jacques qui était fils unique. Comme si la jeune fille se doutait de sa réaction, elle marqua un temps et reprit d'une voix très douce : je sais que cela va te paraître incroyable mais je suis bel et bien ta nièce, zio Giacomino. Les yeux de Jacques se remplirent de larmes instantanément et sa tête se mit à tourner. Personne hormis son père ne l'avait jamais appelé par ce diminutif. Il dut sortir précipitamment de la B.U.pour se réfugier dans les toilettes du rez-de-chaussée et pleurer à chaudes larmes. Une vague d'émotion pure avait envahi tout son être et il tremblait comme une feuille. Il lui fallut quelques minutes pour recouvrer ses esprits. Quand il put respirer à un rythme normal, il revint s'asseoir derrière le PC et reprit la lecture de la vidéo. Laura lui disait qu'il était hors de question pour elle de lui expliquer quoi que ce soit de plus sans le voir en personne. Elle lui indiqua son adresse et le pria de venir la voir quand il jugerait le moment venu, ne voulant en aucun cas lui forcer la main. Laura habitait dans la petite ville qui avait vu naître son père, quelque part au nord de la Toscane tout près de l’Émilie, ce qui rendait le témoignage de cette jeune fille encore plus crédible, si tant est qu'il lui fallait encore des preuves. En voyant Laura, Jacques eut l'impression de voir sa propre fille.

Cet après-midi là, Jacques fut pour ainsi dire absent et ses élèves s'en aperçurent très vite mais personne n'eut le culot de le lui faire remarquer. Une fois n'est pas coutume, il eurent droit à un cours magistral ce qui leur était jusque là inconnu. Il rentra chez lui comme un automate, en manquant de griller un feu rouge par deux fois. Il n'entendit pas les coups de klaxon, il n'entendait plus rien à part cette question : ma come?(comment?). Il se laissa tomber dans son fauteuil, jetant sa tête en arrière. Il eut beau se creuser les méninges, il ne pouvait y avoir qu'une seule explication à l'existence de Laura. Son père avait eu un enfant hors mariage et il n'était plus là pour le confirmer. Un demi-frère ou une demi-sœur, deux mots que Jacques avait en horreur, comment pouvait-on être une demi-personne ? Les italiens disaient fratellastro, sorellastra en ajoutant un suffixe péjoratif au nom, ce qui n'était guère mieux. Bon, voyons, réfléchissons un peu, nous sommes fin novembre, les vacances de Noël commencent dans deux semaines...c'est la bonne occasion d'aller voir ma nièce...Il s'empressa de réserver un aller-retour pour l'aéroport le plus proche, celui de Pise ainsi qu'une voiture de location pour se rendre dans la ville de ses ancêtres.

Les deux semaines qui suivirent furent les plus longues de toute son existence. Il avait perdu son enthousiasme et son humour en cours. Cette nouvelle donnée le taraudait en permanence, il fallait qu'il en eût le cœur net. Il s'envola le vendredi qui avait vu la fin des cours et atterrit à Pise à 14h30. Il avait loué pour l'occasion un modèle récent d'Alfa-Roméo, au style si particulier. Il y avait peu de kilomètres de l'aéroport de Pise à Lucques, le chef-lieu de province mais il choisit de ne prendre aucune voie rapide, non parce qu'il n'était pas pressé mais pour profiter de ces paysages qu'il n'avait pas revus depuis de longues années ou peut-être voulait-il inconsciemment reculer le moment fatidique de la rencontre. Les routes avaient bien changé et il traversa des tunnels de construction récente. Plus besoin de traverser Lucca, une rocade existait désormais qui l'emmena sur la nationale 12 qui allait jusqu'à Modène. Il ne reconnut pas plus la départementale qui avait été élargie à plusieurs endroits, permettant ainsi aux voitures de dépasser les camions nombreux qui la sillonnaient. Il arriva à destination donc bien plus vite qu'il ne l'avait estimé. Le bourg se hissait sur un promontoire et l'on voyait toujours le dôme carré, toscan comme on peut l'être, de loin. Pas de doute, il était arrivé au bon endroit. Laura habitait tout près de la Porta Reale, la Porte Royale, principale entrée de la vieille ville. Il gara sa voiture sur le parking au bord des remparts et prit le temps de déambuler dans ces ruelles étroites, aux pavés d'époque. Il reconnut beaucoup de vielles bâtisses que visiblement, on avait entretenues. Son œil exercé lui permit de voir l'influence médiévale des florentins, seigneurs de la cité. Les barreaux aux fenêtres avaient été repeints au noir de ferronnerie, quelques commerces avaient pignon sur rue, des restaurants pour la plupart et les inévitables « gelaterie », où les glaces avaient un goût inimitable. Il resta un moment sur les escaliers du théâtre et poussa jusqu'à l'hôtel de ville. Le temps semblait s'être arrêté ici. Il prit une grande bouffée d'oxygène et appela Laura sur le numéro de portable qu'elle lui avait laissé. Il lui dit simplement c'est moi, elle lui demanda où il se trouvait et lui proposa de le rejoindre au bar d'à côté. Elle arriva très vite, presque en courant, un peu essoufflée et lui offrit le plus beau des sourires. Ils s'embrassèrent comme s'ils s'étaient toujours connus. Laura regarda fixement Jacques et lui dit :

Comme tu lui ressembles !
Tu veux dire à mon père ?
Non, au mien.

Comme lorsqu'il découvrit la vidéo pour la première fois, Jacques fut pris d'un vertige...il avait deviné juste, il avait un frère et pas à moitié...ou peut-être juste un cousin ? Non, non...c'était son frère, à coup sûr.

- Et il est où ton père ?
- Viens, je t'emmène, il vit tout près d'ici mais il ne sait pas que tu es là ; à vrai dire, il ne sait même pas que tu existes, oncle Giacomino.

Comme ce prénom sonnait juste à ses oreilles.

Tu ne lui as pas dit ? Tu veux qu'il ait un infarctus ? Tu ne te rends pas compte ? Le choc que ça va lui faire, moi, ça va faire deux semaines que je ne dors plus! Comment il s'appelle mon frère ? Parce que c'est mon frère, hein ?
Bien sûr que c'est ton frère ! Il s'appelle Gioacchino, un prénom très proche du tien.
Ah oui ! Gioacchino et Giacomino, ce sont vraiment deux prénoms qui sonnent bien ensemble. Allez ! Emmène-moi maintenant ! Je veux le voir ! Tout de suite !
Suis-moi !

Il descendirent une petite ruelle à-pic et se trouvèrent devant la maison en un clin d’œil. Laura prit la main de Jacques fermement. Prêt ? Jacques acquiesça. Laura appela son père qui était au 1er et fit asseoir Jacques dans le canapé en face de l'escalier. Gioacchino accourut pensant qu'il aurait pu être arrivé quelque chose à sa fille.

La surprise fut de taille...Gioacchino descendit les deux dernières marches à pas feutrés, il ne pouvait pas croire ce qu'il voyait...son double parfait, un homme qui lui ressemblait trait pour trait et quand son frère se leva, il ne fut pas surpris de se rendre compte qu'ils avaient exactement la même taille...Laura le fit asseoir en face de Giacomino et ni l'un ni l'autre ne trouvèrent les mots. Ce fut donc elle qui fit les présentations les yeux baignés de larmes : Papa, je te présente Giacomino, ton frère...ou plus précisément, ton frère jumeau. Les yeux des deux hommes s'écarquillèrent : jumeaux ? Et par quel miracle ? Face à leur incompréhension, Laura fournit les explications. La sage-femme qui avait accouché leur mère avait dissimulé Gioacchino à sa famille. À l'époque de leur naissance, il n'y avait pas d'échographie et il lui fut très simple de cacher cette naissance gémellaire. Leur mère étant morte en couches, elle estima que le mari, veuf, aurait bien assez de quoi s'occuper avec un enfant. Rosaria éleva ainsi Gioacchino en disant à toute la contrée, qu'il s'agissait du fils de sa sœur, morte suite à un accouchement difficile...une sœur imaginaire qui vivait en Sicile et personne ne mit en doute sa parole. Mais si la grand-mère n'avoua jamais à ce fils tombé du ciel la vérité, elle appela sa petite-fille à son chevet sur son lit de mort. Elle fit promettre à Laura de retrouver ce frère qu'elle avait volé à son fils. Ses derniers mots furent ceux d'une femme aimante qui implorait le pardon divin.

L'émotion qui régna dans le salon était palpable, les deux frères enfin réunis avaient tellement de choses à se demander. Le cœur de Jacques battait à tout rompre...il ne venait pas seulement de retrouver cette moitié qui lui faisait tant défaut, il comprit à quel point, on lui avait volé, sans aucune malice au demeurant, toute son existence. Il n'en voulait à personne, il débordait de joie et pour la toute première de sa vie, il respira comme il ne l'avait jamais fait. Il avait enfin ce qui lui manquait le plus au fond, une famille.
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