Lettre à une dame de préfecture

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" L’écriture, pas moyen de l’empêcher d’aller là où elle veut." Jacques Serena / "L'acrobate"

Madame,

Vous ne vous souvenez plus de lui, c'est ce que vous venez de me dire au téléphone. Pourtant, il est passé hier. Mais je ne vous en veux pas : c'est normal, j'imagine. Vous en voyez tellement et ils se ressemblent tous... Et puis vous êtes peut-être fatiguée comme tout le monde en ce moment. Le temps, sans doute, qui nous balance de l'hiver au printemps et vice versa, en moins de vingt-quatre heures. Et ces histoires au travail... Cette promotion qui va vous passer sous le nez... Oh, après tout, vous vous en foutez. D'ailleurs c'est simple : vous vous foutez de tout ! Comme je viens d'appeler, vous avez peut-être tout de même ressorti le dossier de mon protégé mais quel ennui... Vous regardez par la fenêtre - on n'y voit que des arbres, le vert leur monte déjà aux joues - vous rêvez un peu, le dossier à la main, vous l'oubliez à nouveau, lui qui, je le confirme - c'est moi qui l'ai conduit - est passé hier. Lui qui ressemble aux autres.

C'est ce que j'imagine quand je pense à vous, quand j'essaie de vous comprendre. Je vous ai eue trois fois au téléphone déjà. A chaque fois cette même voix fatiguée et indifférente pour me remettre à ma place. Comment vous atteindre ? Comment vous toucher au cœur ?

J'ai son dossier, moi aussi, sur mon bureau. C'est peut-être notre seul point commun. Non que je vous méprise, n'allez surtout pas imaginer cela, mais nos préoccupations sont différentes, ce qui est bien normal. Et je suis certaine que vous m'éclateriez de rire au visage - tiens, j'aimerais bien vous entendre rire - si je vous disais que l'extrait d'acte de naissance qui s'y trouve ressemble pour moi plus à une petite œuvre d'art qu'à un quelconque papier administratif : la belle écriture en italique, les mots « République Togolaise, Région maritime, Préfecture des lacs », le dessin de l'homme en train de pagayer sur un canoë, les magnifiques tampons, le timbre de 500F CFA, tout cela suffit à me faire voyager. Son prénom aussi : Kofi. Et le nom de sa mère : Afi Mensah. L'acte de naissance dit qu'Afi Mensah est née, elle aussi, dans la « Préfecture des lacs », à Aného, très exactement. Elle avait 19 ans à la naissance de Kofi. Elle en a quarante aujourd'hui et pense peut-être en ce moment à son fils perdu dont le dossier est venu s'échouer sur nos bureaux. Elle doit y penser sans cesse. Si je ne savais pas ce qu'est devenu le mien, de fils, je ne pourrais pas penser à autre chose. Kofi ne parle jamais d'elle, ni de sa vie d'avant. Je crois qu'il se protège, que ce serait trop dur. Un jour, tout de même, il m'a dit : « les femmes chez nous, ça ne compte pas. Elles ne savent rien, elles ne vont pas à l'école. Ma mère elle ne sait ni lire ni écrire. C'est pour ça que ce n'est pas à elle qu'ils s'en sont pris après avoir tué mon père, ni à mes sœurs, mais à moi. » Mais, lui parti, Afi a sans doute dû fuir elle aussi puisque personne, pas même la Croix Rouge qui a cherché à la retrouver, n'a de ses nouvelles.

Kofi est en France depuis trois ans. A son arrivée, comme il était mineur, la France l'a accueilli, logé et nourri. Puis, d'un coup, tout lui a été enlevé et voilà que maintenant on cherche à l'expulser. Vous n'êtes pas coupable, bien sûr, cela vient de plus haut, mais vous êtes le seul maillon de la chaîne que je puis atteindre et je suis certaine que vous avez pouvoir d'au moins faire traîner un peu les choses jusqu'à ce qu'il aboutisse par un autre moyen. J'ai espéré qu'en m'en mêlant je donnerais du poids à ses démarches. Après tout, je parle un français sans accent et je suis professeur, ce qui dans mon imagerie personnelle me confère une certaine respectabilité. Je suis une femme d'à peu près votre âge, je pense, on devrait donc pouvoir se faire confiance. De plus, je ne suis pas repérée pour des actions militantes à tout-va. Je suis du genre louve. Je protège ma tribu, le reste du monde me concerne peu... On ne me connaît que peu à RESF*, ni donc dans vos bureaux. C'est juste que maintenant dans ma tribu, en plus des autres, il y a Kofi qui s'y fait une place sans même que je m'en rende compte. Mais je m'étais trompée en croyant que je pourrais avoir une quelconque influence. En face de moi il y a vous et je pourrais bien être le pape que ça ne changerait rien. Vous avez des directives et vous les suivez. Le reste vous fatigue. Point barre.

Que pouvons-nous faire l'une pour l'autre ? Moi pour vous défatiguer, vous pour m'aider à sortir ce gamin de là ? Tiens, j'ai une idée : parlons de nos enfants car vous en avez, c'est sûr... Imaginons-les, nos chéris, jetés sur les routes du monde à 16 ans tout juste sonnés avec rien en poche sinon un certificat de naissance ? Nos propres enfants, habillés, soignés, nourris, gâtés, surveillés, chouchoutés, aimés. Aimé, celui-là l'a été aussi, j'en suis certaine, sinon il ne trouverait pas au fond de lui de telles ressources de calme, de courage et de sourire. Mais je m'égare... et vous vous ennuyez à nouveau. Attendez, ne reposez pas ce dossier, je vais vous raconter pourquoi, comment il est arrivé là. C'est une histoire vraie, c'est intéressant, non ? Vous vous souvenez encore d'Afi depuis tout à l'heure ? Non ? Vous l'avez déjà oubliée ? Tant pis, on va faire comme si. Eh bien c'est Afi qui a jeté Kofi sur les routes parce que son mari, opposant au régime, venait d'être assassiné et que les meurtriers commençaient à s'en prendre à l'aîné de la famille, c'est à dire, Kofi. Vous savez, le Togo, ce n'est pas un pays facile. La France tient beaucoup à ses amitiés avec l'Afrique, c'est pour ça qu'on dit qu'aujourd'hui tout s'y passe bien. Si vous ne me croyez pas, allez jeter un œil sur internet. Alors Kofi est parti à pied, a traversé le Ghana, est arrivé à Abidjan, a réussi à se lier avec un ivoirien qui l'a fait passer pour son fils le temps d'un vol jusqu'à Paris et l'a largué là : « Salut, gamin, chacun sa route ! » Et Kofi avait en tête depuis son départ qu'il y avait une communauté togolaise à Lyon. Il a donc filé Gare de Lyon, sauté dans le premier train – puisque, Gare de Lyon, c'est bien connu, tous les trains vont à Lyon – et s'est retrouvé en tee-shirt au mois de mars sur le quai de gare du terminus : Annecy. D'une préfecture des lacs à l'autre le trajet était accompli. La suite vous l'avez dans son dossier.

Vous ne m'avez pas écoutée ? Mais qu'est-ce qu'on peut faire pour vous ? Réveillez-vous, bon Dieu, un jour vous serez morte et il sera trop tard. C'est pour vous que je me fais du souci maintenant. Kofi, il va s'en tirer, c'est sûr, même s'il se compare au vent et dit des choses définitives du genre : « je ne décide rien, moi je subis ». Il va s'en tirer grâce à son sourire qui éclate, à sa gentillesse, à son courage. Partout où il passe, les gens l'aiment. Sauf chez vous. Je n'ai pas voulu insister au début mais comment pouvez-vous le confondre ainsi avec tout le monde ? D'abord il bégaie. Depuis que sa mère l'a mis dehors il bégaie. Comment oublier quelqu'un qui bégaie, qui est tout noir et qu'on a vu la veille ? Vous n'allez pas bien. Voilà ce que je dis, moi. Vous devriez vous faire soigner. Et reposez ce dossier. J'ai réfléchi : ce n'est pas du tout le moment de vous en occuper. Reposez-le, je vous dis !

Il me regarde en souriant, pull grenat, casquette blanche sur peau noire. Il aime s'habiller de vif. Cela ne m'étonne pas : ce qui m'a le plus frappée dans les images du Togo que je suis allée voir sur internet ce sont les couleurs. Surtout celles des parures des femmes. Et comme elles sont belles ces femmes chamarrées avec leurs paniers, seaux, balluchons sur la tête ! Sans doute a-t-il toujours vu sa mère comme ça. Il tend le bras.
- On est arrivés, c'est là.
- OK, je te laisse au coin. Bonsoir, Kofi
- Bonsoir Madame, faudra que je vienne laver votre voiture, elle est sale.
- T'es pas mon domestique, Kofi
- Et vous, Madame, vous êtes pas l'aide sociale ! Bonsoir. Bon week-end.
- Et, attends, t'as pas eu de nouveau pour ton dossier ?
- Si. Je voulais pas vous le dire... C'est non. C'est pas grave. Ils ne vont pas me mettre dehors demain matin. Et puis, on voudra pas de moi au Togo. On ne veut de moi, nulle part, vous savez bien... Alors...

La porte claque. Il s'éloigne de son pas ferme. Il faudra que je pense à lui dire qu'il se trompe : il y a une place taillée sur mesure pour lui dans mon cœur.



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* RESF : Réseau Education Sans Frontières

Cette histoire est une histoire vraie. Seuls les noms ont été changés et la lettre n'a pas été envoyée telle quelle, bien sûr... Kofi dirige aujourd'hui son entreprise d'informatique en France. Il cherche toujours à retrouver sa mère et ses sœurs.
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Célyne Bouchentouf · il y a
Très beau texte, très émouvant. Et très bien écrit.
Situation bien réelle que je côtoie souvent...
Malheureusement tous ne s'en sortent pas aussi bien que votre héros. Votre belle histoire nous réchauffe le cœur... 💖

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Brigitte Bardou · il y a
Merci Célyne ! Oui, je sais, toutes les histoires de ce genre n' ont pas une aussi belle issue.
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Aldo Rossman · il y a
Belle histoire qui mérite d'être racontée pour tous les Kofi. J'en connais aussi. C'est l'histoire de l'humanité contre les lois du chiffre et la machine des bureaux.
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Brigitte Bardou · il y a
Oui, c'est exactement ça ! Merci Aldo !
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Fleur A. · il y a
On sent la vérité de l histoire dans cette lettre du début à la fin
Parfois la vie réserve de belles rencontres et un ange gardien pour veiller sur certains égarés sur les routes
Bravo pour cette belle histoire

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Brigitte Bardou · il y a
Oui, c'est une histoire vraie à ceci près que la lettre a été un peu modifiée. Merci beaucoup Fleur !
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Brigitte Bardou · il y a
Merci à toi de me lire, ma Jenny !
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Armelle Fakirian · il y a
Je suis heureuse que "Koffi" s'en soit sorti. Parfois, dans l'ennui des bureaux administratifs l'humanité se perd, alors peut être que cette lettre l'éveillera un peu, beaucoup... Je le souhaite en tout cas. Merci Brigitte :-)
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Brigitte Bardou · il y a
Oui, Kofi est tiré d'affaire et il le méritait vraiment. Merci à vous, Armelle :-)
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Ralph Nouger · il y a
Une belle écriture touchante et dans la réalité de la vie !
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Brigitte Bardou · il y a
merci beaucoup, Ralph !
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Marie Van Marle · il y a
Votre précision sur ce qu'est devenu Kofi réchauffe le coeur. Très beau texte, et utile en cette période électorale où se conjuguent (souvent) démagogie, méconnaissance et haine.
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Brigitte Bardou · il y a
Merci Marie. Oui Kofi va bien. Il a même fondé une famille et ne prononce plus des mots définitifs comme autrefois. Lui reste à retrouver sa mère et ses soeurs.
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Viviane Fournier · il y a
Magnifiquement touchant ! bravo ma Belle du lac ... tu as habillé la réalité de tes mots et ils sont là à nous chavirer ... c'est juste à faire briller les yeux ... longtemps ! Merci et bisous d'ici
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Brigitte Bardou · il y a
Heureuse de t'avoir touchée, ma Vivi ! J'aime bien quand tes yeux brillent. Merci et bisous (glacés !)
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Camille Berry · il y a
Un texte qui touche au cœur. Triste réalité ! Bien écrit comme toujours. Merci Brigitte pour cette lettre éclairante et émouvante !
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Brigitte Bardou · il y a
Merci Camille. Oui, triste réalité (entre autres tristes réalités)
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françoise CLAUDE · il y a
J’espère que vous l’avez vraiment envoyée cette lettre. Au moins ça défoule … et Kofi, on l’aime aussi grâce à vous.
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Brigitte Bardou · il y a
Comme je le dis en fin du texte, je n'ai pas envoyé la lettre telle quelle, ça aurait été contre-productif, mais j'en ai envoyé une et même plusieurs. Merci de m'avoir lue.
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Ginette Flora Amouma · il y a
Un parcours qui ne peut laisser indifférent et votre plume est persuasive , touchante , aimante .
Il y a dans la lettre l' empathie que vous cherchez à communiquer à une personne qui n'a eu que des papiers en main.

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Brigitte Bardou · il y a
Merci Ginette. La personne dont je parle a tout de même vu Kofi et lui a fait passer un genre d'entretien. Mais elle en voit tellement qu'elle n'a sans doute pas vraiment compris ou pas vraiment écouté...
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Marie-Pierre Tachet · il y a
Merci d'avoir publié cette lettre ici.
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Brigitte Bardou · il y a
Merci à vous de l'avoir lue !
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Granydu57 Ww · il y a
Une histoire qui n'est pas une fiction, tant d'émotions à la lecture. Merci de nous faire partager le chemin de Kofi.
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Brigitte Bardou · il y a
Merci à vous !
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Phil Bottle · il y a
Ouf! Puissant! Beau! Humain! Comment rester insensible?
La rigueur administrative qui efface l'humain! Comment faire? Sans doute le trop plein, ou plutôt non, le trop vide. Allez, les deux: trop à traiter par trop peu. Et les objectifs à atteindre, et les entretiens d'valuation, et les et les... Alors on traite, on maltraite, on oublie qu'au fond, il y a des formes qui bougent et qui on un cœur qui palpite. On ne traite pas le fond. On s'attache à la forme, mais pas à ces formes. c Des êtres humains? Mais non, des dossiers. Au suivant!
C'est aussi que l'employée de madame la préfète avait peut-être rendez-vous à Auchan, avec le sous-préfet... qui sait...
En tout cas, je le redis... un texte qui est empli de toute cette humanité qui nous fait parfois tant défaut!
Pourtant, il ne faut pas se le cacher, comme le chantait je ne sais plus qui... comment savoir...

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Brigitte Bardou · il y a
Merci Phil pour ce beau commentaire. Je partage, bien sûr, votre point de vue sur le "trop à traiter par trop peu". Je remarque quand même que les portes s'ouvrent plus facilement quand il s'agit d'ukrainiens (et tant mieux pour eux !)
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Phil Bottle · il y a
ll y aurait tant à dire... loin des yeux, loin du cœur... et le poids de l'histoire, et celui des cultures, et tout et tout... Quand à sept ans, je suis rentré de l'ex Algérie-Française, on m'a traité d'arabe, de bougnoul, de fils de colon... mon père était préparateur en pharmacie et faisait gratuitement des piqures à tous... tous. Un jour, en rentrant trop tard, après le couvre feu, il s'est fait mitrailler par une patrouille française. Il s'en est sorti. Sa voiture aussi, bien que passoire. L'accueil glacial, je sais ce que c'est. Et nous étions français, et nous étions catholiques, et nous étions blancs... Le rejet, de quelques causes qu'il soit et pour tous, d'où qu'ils viennent, et quelque chose d'affreux que l'on oublie jamais; Mais à mon époque, ce rejet entrainait peine. Pas haine. aujourd'hui, je crois, c'est l"inverse... Heureusement que parmi les hommes, parfois, se dressent des Hommes. Et des Femmes, parmi les femmes. Reste que les enfants... pauvres enfants!
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Brigitte Bardou · il y a
On partage un bout de cette histoire-là. Je me souviens cruellement de ce " Bardou pieds noirs" écrit en jaune sur la route que prenait mon bus scolaire... Tout ça parce que mon père était candidat à l'élection municipale de notre petit village. Il a été un excellent maire mais moi j'ai détesté ce village !
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Phil Bottle · il y a
Pauvre petite sœur! Je t'embrasse.
Mon père, lui, a été quatorze ans conseiller municipal. et ne s'est pas représenté.
C'était à Mourenx (ville nouvelle) construite pour les employés de Lacq et du bassin économique, ultra polluée, mais après les premiers mois, j'y ai bien grandi et vécu. Tout a fini, tu la sais, par s'arranger. Mais la nostalgie et les blessures demeurent... Et je sais donc aussi, que tu le sais... Et je sais aussi que tu as aimé mon humble mais douloureux f"Ce soir là"... cela fait beaucoup de "je sais..."

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Gali Nette · il y a
Belle idée que d'attaquer le problème sous cet angle. Je me suis occupé d'un camp de réfugiés cambodgiens en 1983, dans beaucoup de familles il manquait un enfant parfois eux, ou le père, ou la mère, mais l'espoir de se retrouver était toujours présent.
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Brigitte Bardou · il y a
Oui, retrouver les siens... Kofi m'en parle souvent. Merci Gali Nette
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Jean-Louis Blanguerin · il y a
J'ai une amie (une fille d'amie pour être précis) qui instruisait les dossiers de demande d'asile, on n'imagine pas à quel point ce métier peut être difficile pour quelqu'un qui a une âme. Joli texte, Brigitte.
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Brigitte Bardou · il y a
Si seulement ils avaient tous une âme ! Merci jean-Louis.
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Denis Infante · il y a
Je me suis toujours demandé ce que pensaient ceux qui les poussaient dans les wagons plombés, ceux qui dressaient les listes, ceux qui classaient les dossiers par ordre alphabétique. Je me suis toujours demandé s’ils avaient une pensée, une âme, quelque chose qui soit de l’ordre de l’humain, ou tout au moins, du vivant. Je n’ai jamais trouvé la réponse, juste une vague terreur d’appartenir à la même espèce, d’avoir un jour à faire avec eux et de ne pas m’en sortir.
Madame, vous n’êtes pas l’aide sociale, vous êtes juste une femme debout !

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Brigitte Bardou · il y a
Oui, que pensent-ils ? Rien en l'occurrence, je crois. Cette femme fait son "boulot" avec les règles qu'on lui a données et ne doit pas se poser beaucoup de questions. Merci Denis pour le "debout". Je suis tout de même un peu "bancale" comme tout le monde.
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Alice Merveille · il y a
J'aime beaucoup le choix de la lettre pour mettre en scène cette histoire à la fois proche et lointaine... on croise sans doute beaucoup de Kofi. Ce texte n'est pas en compétition Brigitte ?
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Brigitte Bardou · il y a
Merci, fidèle Alice. J'avais proposé ce texte il y a qq temps à Short mais le comité n'en a pas voulu. Peu importe !
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Randolph B. · il y a
Un petit (petit pour tempérer le mot suivant qui pourtant est pesé) chef-d'œuvre socio-caustique, émouvant et courageux. Un bel exemple !
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Brigitte Bardou · il y a
Merci Randolph. La vie et ses rencontres... la vie et ses injustices... La vie, quoi !
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Joëlle Brethes · il y a
Ce récit m'a émue et je suis heureuse (puisque cette histoire n'est pas une fiction) que Kofi se soit fait une place sous notre pâle soleil... J'espère qu'il retrouvera sa mère et ses soeurs...
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Brigitte Bardou · il y a
Moi aussi, je l'espère ! Merci Joëlle
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Jean Paul · il y a
Bel angle d'attaque.

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