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Gagar Thompson

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La nuit confine la lune qui s’étale dans le ciel. Son reflet a laissé les lampadaires éteints sur un village. Comme tout les villages après neuf heures, hormis dans quelques bars, un long et paisible silence s’élève. Et quelques âmes tourmentés cherchent un abri. Parmi ceux-là une femme au traits méfiant déambule dans la rue principale du village. Devant elle passa un chat sans queue. Ses cheveux sombres se confondent avec le reste de son corps recouvert de vêtements noirs. Jusqu’à ses profond yeux noires où brille le claire jaunâtre de la lune. Son expression se durcit encore, lorsque passa deux amoureux. L’homme porte un haut de forme noir ridicule et une veste verte qui rappel les feuillages qui sortent des jardins et du bois qui couvre la ville. Derrière lui marche sa copine. Elle est très petite et elle fait attention à ne pas sortir de l’ombre que fait son ami. Son visage n’affiche aucune émotions et ses yeux fixent loin devant elle. A leurs gauche fuit lentement une vielle dame ne tenant presque plus sur ses jambes. Face à la femme sombre se tient une église saumon dont l’ombre se dresse sur la lune.
La seule autre source de lumière provient d’une maison.
A l’intérieur un homme observe tout ces passants. Il vit dans cette maison depuis 20 ans. Et dès son arrivé il ressenti un malaise et un profond dégoût pour ce village. Tout y est trop lent trop vieux les bâtiments comme les habitants. Pourquoi y est-il resté? Car ce village est calme et souvent plongé dans l’obscurité en raison du bois alentour et des montagnes. Seul dans sa maison, il est accompagné, comme tout les soirs d’un poste radio, d’un paquet de cigarette et d’un bon verre de lait. Il a rencontré ses cigarettes après la mort de sa mère. Ces cigarettes étaient d’ailleurs l’univers féminin de sa vie. Il ne vivait avec personne, et ne le souhaitait pas. Et donc chaque soir pour se sentir moins seul il sortait, deux ou trois cigarettes.
Il regarde la lune se déplacer dans le ciel. Et constate son effet sur les ombres de son meublier. Sur l’un d’eux, un vieux cahier ouvert présente une page propre et sobrement décoré. Avec en haut la date et en dessous noté; rien. Il embrassa une dernière fois sa cigarette, avant de se relever. C’est un homme très mince mais cela reste difficile à deviner à travers son ample gilet et son large pantalon. Sa consommation excessive de cigarette avait réduit ses lèvres à ce que sont les paupières pour les yeux. Ses yeux frappés par la fatigue tombèrent sur son cahier. Il le ferma et releva les yeux vers sa fenêtre.
-Putain d’chat, ces mots sortirent de sa bouche en glissant sur sa mâchoire ridiculement avancé qui lui donnait cet air supérieur. Dehors, sur le muret du trottoir d’en face, il y a avait un chat. Et comme tout les soirs ce chat s’était assis à cet endroit et il le fixai à travers le léger brouillard ambiant. Ensuite, il le savait, ce chat viendrai gratter à sa porte. Il ne lui ouvrira pas. Qui pouvait bien être son propriétaire? Non mais, laisser son chat dehors comme ça tout les soirs.
Hamza n’aimai pas les autres, trop bruyant et surtout pas assez intéressants. Cependant il doit l’avouer a des moments il souffre de sa solitude. Dans ces moments il dresse un bilan de sa vie, il n’aime pas sa vie, même les philistins qu’il connait sont plus heureux, plus riches et ont plus réussis que lui. Cela le rends triste il s’estime faible et débile. Il repense à ces jolies filles qui se rendent intéressantes en riant niaisement. Malgré leurs apparences infantiles elles voyagent rient et profitent de leurs vies. Lui est seul, pauvre et il s’ennuie. Soudait ses dents d’oppressèrent furieusement. Il frappa la table devant lui puis passa son bras pour casser tout se qui s’y trouvaient.
-Aahh, j’en ai marre j’ai gâché ma vie.
Au lieu de me moquer des jeux niais de mes frères et des activités stéréotypées de mes sœurs j’aurais dû m’amuser avec eux. Puisque tout cela m’a amené ici. Dans ce trou pommé, répugnant sans élégance.
Il se leva frappa les murs donna des coups de pieds dans ses meubles. S’écroulant à genou puis se relevant et s’écroulant à nouveau.
Cela dura une demi-heure. Au bout de laquelle il repoussa sa colère en expirant longuement.
Il se remit sur sa chaise. Et regarda sa table au sol, les yeux vides. Ses dents continuaient à grincer, mais pas par colère, le stress les lui rongeait et l’avait rendu bruxomane.
Soudain la lumière s’éteint. Lui sans réagir regarda autour de lui. D’abord calme, puis effrayé, il se mit à ramper pour trouver un mur. Et colla son dos contre le mur:
-Voilà comme ça personne ne pourra m’agresser dans le noir.
Au sol il retrouva sa boîte d’allumette. Il en restait dix. Il en alluma une, ce qui lui permis de voir les objets qu’il frôlera. A présent sa maison était aussi silencieuse que la rue. Mais à sa porte le quotidien grattement du chat se fit entendre. Cependant ce grattement semblait plus être un frappement. Non ce n’était pas le chat c’était quelqu’un. Mais, quelqu’un dehors à cette heure. Non, impossible.
Et pourtant, nan, c’est impossible. Il se murmura:
-Si quelqu’un voulait réellement rentrer.
Il frapperai puis parlerai.
Il m’appellerai.
Au lieu de cela, rien. Il se passa deux minutes comme cela. Sans que rien ne se passa. Dans sa main l’allumette s’éteignit. Il a gardé le paquet auprès de lui. Il en allume une autre.
En s’approchant de la porte, il marche sur des débris qu’il avait mis par terre. Il colle son oreille sur la porte. Puis l’enlève en regardant la porte avec terreur. Rien. Il n’y avait plus aucun bruit.
-Et si il était venu pour me voler, me faire du mal. Fin stratagème que d’éteindre mes lumières. Il m’aurai espionné pendant des semaines. Que savais-y-il de moi? Tout peut-être. À quelle heure je sortais, à quelle heure je me couchais.
D’un mouvement brusque il se retourna, scruta son salon plongé dans le noir. Il a cru entendre quelque chose. A présent n’importe quel élément ferai bondir son cœur et grossir ses yeux.
-Oh mon dieu!
Il arrivait à voir un peu dans son salon.
-Ça veut dire que...
Oui, la fenêtre qui donnait sur la lune est ouverte. Il couru vers elle en s’enfonçant le coin de sa table dans les côtes. Il tâta précipitamment les bordures de sa fenêtre. Il ferma les rideaux et respira à nouveau. Après cela il se rendit compte que son allumette s’était éteinte.
Il en alluma une troisième. Maintenant personne ne pouvait l’observer de l’extérieur ni même penser qu’il était là. Et puis... et puis une pensé brisa son allumette en deux. Les traits tendu et les mains crispés il se dit, si il m’observe depuis des semaines, il doit savoir que la porte qui mène à mon jardin est toujours ouverte. A travers sa maison, il court avec la moitié de son amulette. Avant d’y arriver il croisa son tableau, il représentait une jeune fille avec des montagnes italiennes en arrière plan. Hamza le savait, son regard le détendait. Lorsqu’il arriva à sa porte, il constata qu’elle était fermé. Soulagement. Il l’ouvrit pour regarder dehors, pour se rassurer. Personne, la lune avait presque disparu au-dessus de sa maison. Il s’avanca dans le jardin pour respirer avant de retourner chez lui. Il se retourna et regarda la lune. Et doucement il descend ses yeux vers sa maison. Le vent lui caresse doucement la nuque avant de lui chatouiller le dos et de lui glacer le sang. Dans l’embouchure de la porte, au sol, sur son carrelage propre, des traces de chaussure. C’était sûr à présent il y avait bien quelqu’un à l’intérieur. Quel pourrai être le pire scénario? Un assassin. Cela ne fait aucun doute, il s’approcha et remarqua que les chaussures avait été enlevé et posé à l’intérieur. Pourquoi lui en aurait il voulu? Il devait à présent affronter la mort en face. Mais Hamza le savait, il serai plus heureux auprès des étoiles. Au lieu de regarder la Lune il irait dessus. Mais que laisserai-t-il? Tout ce que garderai les gens de lui serai la vu d’une pierre enroulé de chèvrefeuille où de beaux papillons viendront se nourrir. Et dessous, la certitude que rongé par les vers, le corps d’un inconnu gît. Et personne, non personne ne saura qui il fut. Tant pis Hamza rentra chez lui.
Et alluma une quatrième cigarette. Il colla son dos au mur tout en le longeant, il tentait de rester discret malgré les frénétiques battements de son cœur. Il s’arrêta dans un coin et scruta ses alentours. D’abord à gauche puis à droite et constata que le tableau de la jeune fille avait été retourné lui donnant une expression mélancolique. Un picotement lui arracha l’allumette des mains.
Il en alluma une cinquième. Que faire quelqu’un se trouve dans sa maison et personne ne pourra lui venir en aide. De toute façon il n’y a même pas de commissariat dans ce village.
-Il n’y a que des vieux, murmura-t-il.
Il se mit donc en tête d’ouvrir toutes les fenêtre. Pour avoir de la lumière et alerter les vieux. Si ils voient que les fenêtres reste ouvertes durant plusieurs jours, ils se douteront qu’il s’est passé quelque chose. Si quelqu’un était dans la maison il n’était pas au rez-de-chaussé. Hamza leva les yeux en entendant des bruits de pas en haut. Sa gorge s’était tellement resserrée qu’il avait du mal à respirer. Il continua à longer les murs, une main en avant collant le mur et l’autre tenant l’allumette au près de son corps ruisselant. A chaque moment il savait que quelqu’un pouvait sortir de l’ombre et l’agresser. Il était maintenant devant l’escalier et tournait le dos à sa porte de jardin. Il attendait. Peut-être que quelque chose allait se passer. Mais rien ne vint troubler le silence de la maison.
-Monte, se dit-il. Non je vais attendre.
A présent ses dents craquèrent. Il sursautât, la porte derrière se claqua, il se retourna, son allumette s’éteint. Et remontant rapidement l’escalier ce courant d’air alla claquer une porte à l’étage. Au passage il a fait tomber Hamza, qui resta là, au sol en silence se tenant les genoux avec les bras. Ce courant d’air l’avait refroidi. Puis en tournant lentement la tête vers l’étage il prit une autre allumette.
Et il l’alluma. En montant les escaliers il avala sa salive. Mais cela le troubla énormément, elle était froide. Et malgré sa sueur tous son corps était glacé. Qu’allait-il trouver en haut? Pourquoi quelqu’un était rentré chez lui? Il finira surement sa vie sans jamais avoir de réponses à ses questions. Il avance lentement marche après marche. Tenir la rampe le rassure. Ses mains tremblent tellement. Il a peur. Son pied chuta sur quelque chose.
-Oh non, murmura-t-il, il a dû m’entendre.
Il redescendit rapidement les escaliers. Ce sur quoi il avait trébuché rendait compte de la véritable menace qu’il courait. Et à moins de mourrir de peur personne ne pourrai se décider à continuer de monter cet escalier. Il ramassa ce qu’il pensait être un piège pour le faire chuter mais constata qu’il s’agissait de son journal intime. La seule chose qui lui vint à l’esprit fut de l’ouvrir à la dernière page qui décrivait sa journée. Et en bas de page il y avait marqué, avec une écriture soignée:
Aujourd’hui, je suis mort.
Son allumette s’éteignit.
Il en alluma une septième. L’atmosphère que crée ce silence plongé dans l’incertitude de la prochaine minute hérissa l’attention d’Hamza. Derrière lui, oui derrière lui il y a quelque chose. Dans un sursaut il se retourna. Dans le noir il ne vit rien, mais il en ai sûr il y a quelque chose derrière lui. Avec autant de terreur que de curiosité il s’élança en refermant ses bras. Il chuta, sans rien attraper. A présent il était au sol. A n’importe quel moment cette chose pouvait l’agresser. Il tourna donc au sol, en silence. Écartant les bras balançant ses jambes personne ni rien ne pouvait l’approcher. Même une mouche n’aurai pu le toucher. Sans comprendre ce qu’il faisait il continua, jusqu’à ce son bras droit ce soit abattu sur une des marches de l’escalier. Passant du dos au ventre et des bras au jambes il remonta l’escalier promptement. Une fois en haut il ralluma une allumette.
L’escalier était trop étroit pour qu’une personne ai pu passer devant lui. Il est donc sur d’être le seul en haut.
-Je vais l’attendre en haut de l’escalier, et dès qu’il s’approchera je me jetterai sur lui.
Il se redressa, ferme comme un mur en haut des escaliers. Il l’attends. Mais il n’y eu plus aucun bruit. L’angoisse d’Hamza fut la même que celle que l’on ressent avant de monter sur scène. Et soudain une pensée l’envahit. Il veux savoir qui ce cache derrière tout cela. Aucune de ses hypothèse n’a le doux goût que pourrai avoir la réalité. Pour toute réponse il a les ténèbres et le silence. Son silence et celui de cette chose. Hamza respire tellement fort qu’à un moment il cru avoir expiré et inspiré en même temps. Un frisson le parcouru et il senti une présence au dessus de son épaule. Il arrêta de respirer et un souffle éteignit son allumette. Il se retourna et se senti basculer. Avec toute la force qu’il lui restai il tendit les bras vers l’avant pour essayer d’emporter son agresseur dans sa chute. Mais il ne l’attrapa pas. Hamza tombait mais avec un mouvement incroyablement souple il attrapa la rampe et se retourna. Il dévala toutes ses marches en étant allongé. Comme ces enfants qui s’amusent à descendre les escaliers en s’asseyant. Une fois arrivé en bas il n’eut pas le temps de se plaindre de ses douleurs, sa panique secoua ses jambes. Il courut jusqu’à la salle de bain du rez-de-chaussée car s’est la seul salle qui possède une clé. Et malgré l’absence de lumière sa course fut fluide comme guidé par son instinct.
-Au moins ici je suis sur qu’il n’a pas pu me suivre. Putain de lumière, il appuyait frénétiquement sur l’interrupteur sans réussir à allumer l’ampoule.
Il alluma donc son avant dernière allumette.
-Il faut que je trouve un moyen de me débarrasser de lui.
Déterminé à l’éliminer, Hamza réfléchit pendant quelque secondes. Et il trouva une réponse.
-Il faut que j’atteigne le sous-sol.
Hamza sait à présent comment détruire cette chose. Mais il aimerais tellement savoir qui se cache derrière tout cela, qui s’intéressait autant à lui. Qui le connaissait si bien, qui l’avait espionné pendant de longue journée. Hamza finira sa vie seul il le savait, alors savoir que quelqu’un c’était autant intéressé à lui, lui fit battre le cœur de joie. Malheureusement cette personne est dangereuse, il faut s’en débarrasser. Il attends le bon moment pour ouvrir la porte et foncer vers le sous-sol. Mais derrière lui le rideau de douche se froissa. Comment est-ce possible? Il est encore derrière moi, se dit-il. Mais en se retournant et en agitant doucement son allumette pour qu’elle reste allumé, il ne vit rien d’autre que son reflet sans le miroir. Il est prêt, il tourna la clé. Il arriva dans le sous-sol en tâtonnant. Et récupéra trois bidons d’essence. Il déversa le premier dans le sous-sol. Le deuxième au rez-de-chaussée. Et avant de déverser le dernière, à l’extérieur, il ferma toutes les portes et toutes les fenêtres. Il aspergea toute sa maison d’essence. Et retourna dans la salle de bain pour prendre sa dernière allumette. Il ferma la porte.
Et alluma la dixième allumette. Il avait laissé le rideau de la fenêtre,d’où il regardait la lune, ouvert pour que les passants voient cette pourriture brûler. Malgré l’horreur de son acte, il se sentait bien. Détendu et serein. Il allait perdre sa maison mais aussi éliminer un dangereux inconnu. Il regarde les passants terrifiés. Ses dents arrêtent de grincer. Son cœur se réchauffe. Quand l’aube arrivera les flammes l’auront consumé.
Les villageois ont éteints les flammes aussi rapidement qu’il l’ont pu. A l’intérieur ils n’ont retrouvé qu’un corps celui d’Hamza.
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