Les différentes vies de Caroline Sabbet

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Caroline Sabbet était une femme de son temps. Ne lui demandez pas ce que cela signifie, elle l’ignore. Seulement, on le lui a répété si souvent qu’à la longue, elle s’était dit que ça valait aussi bien qu’un autre non-compliment. Belle, bien faite en dedans et en dehors, elle avait connu des hommes à la pelle et trouvait du plaisir dans le célibat à défaut d’y trouver de la joie.
Le matin, elle se levait à 8h30, prenait une bonne douche, un petit déjeuner simple mais solide et partait flânera dans les rues de Paris jusqu’à tard le soir. Elle pouvait se le permettre. Une fois, par désoeuvrement, elle avait joué au Loto et elle avait gagné. Son argent dument placé, elle trainait sa vie de rues en places comme le papillon va de coquelicots en jonquilles. Et puis, qui sait, son rêve d’écrire un roman la reprendrait peut-être un jour.
Un soir d’ivresse où, encore, Caroline s’était fait offrir des mojitos bien tassés, non pas qu’elle fut radine mais elle ne voulait pas attirer l’attention d’hommes vénaux, elle rencontra Guillaume.
Guillaume n’était rien. Charmant fonctionnaire pour un ministère dont elle ne retint pas le nom, souvent drôle, poli, il avait le style exact de celui qui ne servirait qu’une fois, deux, peut-être, s’ils se réveillaient ensemble. Caroline était pragmatique.
Alors que le couple éphémère rentrait chez lui, elle se senti drôle, comme si elle tombait dans un tourbillon de chasse d’eau silencieux. Ils s’aimèrent longtemps et fort. Au matin, Guillaume, qui avait fait une partie de ses études en Angleterre, il jugea intéressant de lui préparer une sorte de breakfast avec du café, des baked brans et leurs toasts, des oeufs brouillés et quelques crumpetts.
« Il fait mieux la cuisine que l’amour » songeât Caroline sans parvenir à trouver cela amusant. Cette pensée lui rappela l’étrange sensation de chute ressentie dans la nuit.
Ils se séparèrent en début d’après-midi. Finalement, ils avaient couché ensemble trois fois, la dernière fut une saillie sauvage sous la douche dont elle avait follement envie. Prise entre le froid carrelage et le corps brulant de son partenaire, elle avait joui en se rappelant qu’elle devait envoyer un mail à sa sœur, pour organiser le jour de l’an.

Guillaume vint avec elle pour le réveillon. Elle le présenta à sa sœur, Laurence et son beau-frère, cet imbécile de Rémi. Elle n’avait jamais aimé Rémi. Il lui semblait faux jusqu’à la moelle et par-dessus tout, il était roux. Rousse elle-même, elle avait une peur bleu des mâles de son espèce. Et puis, elle était vraiment exceptionnelle car elle était également gauchère et AB-. Plus que quiconque, elle était unique. Pour plaisanter, ses amis l’avaient appelé Leeloo, comme l’héroïne du Cinquième Elément.
Donc, en plus de sa sœur et son imbécile de mari, elle le présenta à plusieurs personnes qu’elle ne voyait que très rarement.
Et la soirée se passa divinement bien. Tout le monde fut poli et Guillaume fit sensation grâce à un tour de magie qui épata la galerie. Caroline fut reprise d’un vertige. Cela faisait un peu plus d’un mois qu’elle avait rencontré cet homme et les vertiges avaient débuté au même moment, la prenant comme pour contrebalancer un bien-être coupable.
Le premier janvier 2011, elle appela sa sœur pour savoir comment s’était finie la soirée et lui demander conseil.

- Laurence, c’est Caroline. Bonne année.
- Mais, Caro, on a passé le réveillon ensemble.
- C’est vrai. Ecoutes, je voulais te demander un truc...
- Vas-y, qu’y a-t-il ?
- Voila, c’est à propos de Guillaume...
- Oh, il est vraiment super ! Tout le monde l’a adoré ! On était triste que vous partiez si tôt, hier.
- Désolée, mais j’étais fatiguée, alors...
- Bon, c’est pas grave. Tu veux savoir quoi ?
- Et bien...depuis que je le connais, il se passe des trucs bizarres. Plusieurs fois, je me suis sentie comme happée par quelque chose. Une sorte de vide se fait en moi et je m’effondre de l’intérieur. L’instant d’après, je me sens de nouveau bien, mais j’ai le cœur qui bat, j’ai l’impression qu’une sorte de liquide, comme du jus d’orange, part directement de mon cœur dans mes veines. Et c’est à la fois étourdissant et réconfortant. Hier, durant le tour de magie, tout le monde le regardait et ça s’est déclenché.
- Sœurette, faut pas chercher bien loin. T’es amoureuse.
- Mais non ! je le saurais, si j’étais amoureuse.
- Tu sais, pour Rémi, c’était un peu pareil.

Il n’en fallu pas plus pour désespérer la jeune femme. Et si elle était effectivement amoureuse de Guillaume ? Et si Guillaume était une sorte de Rémi ? Tout se bousculait dans sa tête. Il fallait se débarrasser de cet homme. Lui dire que tout était fini, que c’était bien mais que bon, voila, elle ne pouvait pas s’encombrer d’un amour avec quelqu’un d’aussi banal qu’un brun droitier A +. Il comprendrait sûrement. Mais alors, s’il ne voulait plus la revoir ? Que ferait-elle ?

Durant toute une semaine, Caroline erra dans la ville. Elle devait réfléchir. Une gaufre à la main, elle alla s’asseoir sur un banc, aux Tuileries. Sans même s’en rendre compte, elle fixa pendant vingt bonnes minutes une femme et son mioche, une espèce de modèle réduit d’elle-même, surtout pour le sourire, avec qui elle jouait, manifestant ostensiblement un bonheur provoquant. Ils furent rejoint par un homme, sans doute le père du moutard, puisque ce dernier avait les mêmes yeux que le nouvel arrivant. Ils furent heureux devant elle. Elle se dit que se devait être bien. Elle pensa à Guillaume et à l’enfant qu’ils auront sans doute un jour ensemble, puisque c’est ce que font les gens qui s’aiment. Réalisant soudain ce qu’elle venait de penser tout bas, elle se mit à pleurer, comme quelqu’un de détaché que l’évidence de la peur vient d’étonner.
Elle appela Guillaume, elle lui dit qu’elle avait besoin de sexe et facultativement de sushis.

La soirée fut parfaite. Il lui dit que c’était mieux de manger avant, ce qu’ils firent. Puis ils rentrèrent, il lui fit méticuleusement l’amour et au moment de l’orgasme elle le serra contre lui et lui haleta dans l’oreille un « je t’aime » si soudain qu’il oublia de jouir.

Ils finirent par s’installer ensemble. Il restait énormément d’argent sur le compte de Caroline. Aussi vendit-elle son petit studio et acheta-t-elle un appartement plus grand, du côté de Saint Germain des Prés. Guillaume la demanda en mariage après quatre ans de vie commune. Ils voyagèrent beaucoup. L’Europe, d’abord, de fond en comble. Puis, elle s’éprit de l’Asie du Sud Est et lui de l’Afrique occidentale, aussi firent-ils une croisière qui alla des Philippines au Sénégal. Cela leur pris presque un an. En rentrant, pour plaisanter, comme on refait un quizz dans un vieux magazine féminin, Caroline rejoua au Loto. Elle gagna à nouveau.
Le monde s’intéressa à elle, elle fuit, acheta un billet pour l’Argentine, tant pis si les Nazis avaient eu la même idée. Guillaume vint avec elle, bien sûr. Et puis, début mars, coup sur coup, une guerre éclata dans un pays de misère, le Premier Ministre français mourut lors d’un crash aérien, bref, on passa à autre chose. En rentrant au pays, le couple tomba enceinte. Avec près de quarante millions d’euros, ils se dirent qu’au diable le raisonnable, il faut vivre, on le garde !

C’était fin mai 2017 . Il faisait beau, il faisait bon, le Jardin des Tuileries était délicieux. Enceinte de presque six mois, Caroline se promenait comme à son habitude, les mains posées sur son ventre. Elle repensait à une interview qu’elle avait finie par accepter de donner pour avoir la paix. La journaliste lui avait demandé : « Si vous deviez changer, malgré tout, une chose, que choisiriez-vous ? » Elle ne sut que répondre. Elle avait l’amour, l’argent, la santé. Un bébé, modèle réduit d’elle-même ne tarderait plus trop à arriver. Elle avait même éprouvé du plaisir à donner une somme colossale à des œuvres de charité. Elle ne pouvait se sentir mieux.
Perdue dans ses pensées, elle ne se rendit pas compte qu’elle était sortie du parc et n’entendit qu’au dernier moment les cris des passants et la voiture qui freinait trop tard.

Toute sa vie défila, dans une farandole de chance et de bonheur se succédant les uns les autres. Elle revit son premier jackpot. Puis le deuxième. Elle revit aussi Guillaume. Sa poitrine et son ventre jouaient un concert de cœurs. Elle se rappela la croisière. L’instant d’après, elle était sur le pont d’un bateau, sirotant comme de bien entendu un mojito bien tassé. Le Soleil se couchait sur les côtes sierra-léonaises, Guillaume s’était assoupi. Instinctivement, elle porta la main à son ventre. Il était comme avant. En dehors des organes communs à toute l’espèce humaine, il n’y avait rien. D’une manière ou d’une autre, elle avait échappé à la mort en s’arrêtant lors du défilé de sa vie. Elle avait pris l’endroit où elle s’était senti le mieux. Et c’était sur ce bateau, avec Guillaume, alors qu’ils arrivaient à la fin de leur traversée des mers du Sud, quelques mois auparavant

Caroline était vivante. Elle se le répéta en boucle, à voix basse, les mains accrochées à son estomac. Elle, elle était vivante. La miraculée se laissa glisser à terre et pleura doucement de joie et de désespoir, cherchant entre ses côtes et son foie son modèle réduit qui était encore là, il y a quelques minutes dans le passé, quelques mois dans l’avenir.

Guillaume la vit, et se glissant près d’elle, la prit dans ses bras et la consola, sans même savoir pourquoi; si elle voulait en parler, elle le dirait. Elle voulait lui en parler, mais elle ne dit rien. Jamais. Ni à lui, ni à sa sœur qu’elle eu au téléphone le lendemain matin. Arrivée en France, elle arrêta de se le dire à elle-même. Et la vie reprit son cours. Le tirage du loto approchait. Elle se souvenait des numéros. Elle acheta une grille mais se mit à réfléchir. Elle réfléchi aux hasards qui l’avaient amenés à mourir. Ce second jackpot l’avait contraint à fuir. Au retour, elle était tombée enceinte. Elle avait fait l’interview, elle s’était posé des questions et en réfléchissant à l’infinie profondeur d’une de ces questions elle avait failli, non, sans doute était-elle morte écrasée. Que devait-elle faire ? Jouer ce billet, mettre les bons numéros ? Ne pas répondre à l’interview ? Éviter les Tuileries ? Ne plus réfléchir? Finalement, elle cocha les numéros et ce furent de nouveaux les bons. Mais cette fois-ci, elle prit soin de préserver son anonymat. Et la vie reprit son cours normal, à la différence près qu’elle n’était pas pareille à celle d’avant.

C’était le mois de mai. Caroline sentait comme un manque en elle. Tout allait bien, il faisait beau et bon, mais il y avait quelque chose de moins magique. Sans doute le fait que l’avion du Premier Ministre ne se soit pas écrasé l’avait troublée. La guerre avait bien éclatée, elle. Elle avait parlé d’un enfant à Guillaume. Il avait paru prendre cette proposition comme une lubie. Pourtant, ce n’était pas l’argent qui manquait. Ils étaient mariés, Caroline avait même prit un travail. Rien ne semblait s’opposer à ce qu’un petit modèle réduit vienne égayer leur vie.
Devant cette réponse, la jeune femme nota que son mari était plus distant qu’avant, voir morose. Elle voulut lui faire une surprise. Elle acheta deux billets d’avion à destination de Buenos Aires pour le mois d’aout. Lorsqu’il vit les billets, il sourit, la prit dans ses bras et l’embrassa. Mais il y avait quelque chose. Elle le sentait. Elle se demandait si elle-même n’avait pas changée, si ce qui n’était pas dans son ventre lui manquait et qu’il le sentait également.
« Rien de tel qu’un bon voyage pour resserrer les liens. » pensa-t-elle.

Il ne restait que trois jours avant l’envol pour l’Amérique du Sud. Un matin, elle se mit à réfléchir. Sans même s’en rendre compte, elle sortit et prit la direction du travail de Guillaume. Le fait que le Premier Ministre ne soit pas mort n’était pas la seule chose changée, c’était évident. D’ailleurs, s’il avait pu... Bref, non, c’était autre chose. Quelque chose de plus intime. Ils n’avaient pas fuit, les liens s’étaient distendus et elle n’était pas tombée enceinte. Elle marcha de plus en plus vite. Mais quel rapport avec le Ministre ? le premier Ministre était mort lors d’un crash aérien. Pourquoi avait-il prit l’avion ? Ou pourquoi n’avait-il pas prit l’avion la deuxième fois ?

Elle arriva à destination. On lui demanda ce qu’elle désirait. Elle répondit qu’elle souhaitait parler à son mari, que c’était urgent. Devant son insistance, on appela à son bureau car on ne rentrait pas comme ça à Matignon. D’un coup, tout lui paru clair. Comment avait-elle pu passer à côté ?
Guillaume ne répondit pas. Elle composa son numéro de portable qui sonna quelque part dans la grande bâtisse. On décrocha et une voix un peu embrouillée répondit. Caroline raccrocha et rentra chez elle, perdue.

Guillaume rentra vers 20h. Il était fatigué, ni joyeux à l’idée qu’il ne lui restait que deux jours avant les vacances, ni triste de ne pas voir sa maitresse pendant presque trois semaines.
Caroline en était sûre désormais. Cette pouffiasse qu’il lui avait présentée à ce cocktail, en février la secrétaire de la secrétaire du premier Ministre. Trop occupée à se faire trousser sur la photocopieuse par son Guillaume, elle avait oublié de réserver l’avion. Du coup, il était parti avec l’avion d’après. Mais celui qu’il avait eu avant, celui qu’il devait prendre, il s’était bien écrasé. Mais comme personne de célèbre n’était dedans, et que personne n’avait fait le rapprochement, les médias ne s’en firent pas l’écho.

Guillaume ne chercha pas à nier. Il n’avait ni la force, ni l’envie.
Caroline pleura beaucoup, lui resta debout tout le long, ne sachant où regarder, que dire, quoi faire. La nuit arriva. Au matin, il quitta le canapé et Caroline.
La jeune femme traina toute la journée, sans rien dire. Elle était là, en culotte et chemisette à boire son thé qu’elle avait allongé de vodka. A la fin de la journée, malgré la douleur, elle s’effondra de tout son long dans le canapé tandis que la télé crachait sa lumière glauque et elle s’endormi en pensant qu’elle voulait n’avoir jamais aimé.

Au réveil, Caroline était de mauvaise humeur. Mais, à sa grande surprise, son corps semblait mieux se porter. Sans doute ce sommeil avait-il été réparateur.
Cependant, elle trouva l’appartement bien changé. Plus petit, plus sombre. Et en même temps, il était familier. Après dix secondes de réflexions et dix minutes à se dire que ce n’était pas possible, elle reconnu son studio, celui qu’elle avait au moment où elle rencontra Guillaume.
Elle passa la matinée à fouiller dans ses vieilles affaires qui n’étaient plus si vieilles et guérie de toute morosité, elle parti prendre le petit déjeuner quelque part dans Paris, dans un café chic et branché, car elle avait déjà gagné une première fois au Loto.

Elle se souvenait très bien de ce qu’elle devait faire et ne pas faire. Et pour commencer, elle se dit qu’il valait mieux pour elle, après deux tentatives, ne jamais rencontrer Guillaume. Et il en fut ainsi. Le lendemain, on l’invita à une soirée où elle n’alla pas. Elle partie deux semaines plus tard pour la Grande Bretagne, mais les souvenirs étaient trop forts. Là-bas, ils étaient allés partout, Londres, Leeds, Glasgow, Swansea. Du coup, elle prit un avion pour la Nouvelle Zélande. Pendant cinq ans, tout alla bien. Une nouvelle vie, loin de tout, sans même qu’elle eu à penser une seule fois à ses précédents avenirs. Mais un jour, comme ça, aux informations, elle entendit que l’avion du Premier Ministre français s’était écrasé. Déboussolée, à l’autre bout du monde, ses vies lui revenaient en tête par gros flots d’émotions trop longtemps retenues. Son bébé, sa mort, sa déception immense, son amertume, ses joies, ses peines, Guillaume, le monde qu’ils avaient traversé ensemble, celui où elle avait erré toute seule. Elle aurait pu vivre un millier de vies, le sentiment que la première aurait du suffire ne la quittait jamais. Elle tenta pourtant de revenir en arrière, une fois encore. Un soir, elle franchit le parapet d’un pont. Mais le courage lui manquât. Et si ça ne marchait plus. Si c’était la dernière chance qu’elle avait. Cette tentative ratée lui semblait être le miroir de tout ce qu’elle avait vécu jusqu’alors. Un gâchis. Ce disant, elle sauta d’un coup en pensant à pas grand chose de précis et rien ne se passa. On la repêcha à temps. Elle avait failli foutre en l’air sa dernière chance. Elle n’avait pas joué au Loto cette fois-ci, mais la chance lui avait quand même sourit.

Caroline rentra en France. Elle devait le revoir. Savoir ce qu’il était devenu. Apparemment, il ne sautait pas cette pouffiasse de secrétaire puisque l’avion de cet imbécile de ministre s’était écrasé. C’était un mal pour un bien.
Il était peut-être encore temps de le rencontrer une dernière fois. Durant le voyage qui dura plus d’une journée entière, elle joua toutes les situations possibles et imaginables que ces demie retrouvailles allaient engendrer. Elle allait pleurer, lui sauter au coup, lui dire que tout ça, c’était sa faute à lui, et aussi un peu à elle. Elle le grifferait, l’embrasserait, s’enfuirait, reviendrait, mais lui ne comprendrait rien car il ne la verrait pour la première fois. Elle lui dirait qu’avant, une fois, ils furent heureux, qu’ils avaient fait le tour du monde deux fois à bord d’un bateau ridiculement petit, qu’ils allaient avoir un bébé, mais qu’elle était morte, alors du coup, elle était pas vraiment morte, bien sûr, puisqu’après, il l’avait trompée avec une pouffiasse et que du coup le ministre n’était pas mort et qu’elle était parti en Australie pour ne pas jouer au Loto une deuxième fois et ne jamais le revoir et que par conséquent, elle était revenu pour lui. Et à la fin, devant tant de précision, et parce que c’était évident et limpide, lui la prendrait dans ses bras et l’embrasserait, quitterait son travail et ils partiraient, heureux et amoureux comme au premier jour du monde que non seulement ils traverseraient, mais qu’en plus ils façonneraient sur leur passage.

C’est remplie d’espoir, de pardon et le cœur tout neuf qu’elle arriva à Paris. Elle cherchât sa trace mais ce ne fut pas chose aisée. Il n’habitait plus dans son ancien appartement, là où ils firent l’amour la première fois, très mal, mais avec un super petit déjeuner après.
Il avait bien un frère, mais elle se dit qu’ils ne s’étaient jamais vu auparavant, alors il fallait chercher par ailleurs. Ses amis n’étaient plus les mêmes également, il fallait vraiment qu’elle l’aime, ce salaud.

A tout hasard, elle appela au ministère, on ne sait jamais. Entre chaque sonnerie, son cœur battait cinq ou six fois et c’est la voix tremblante qu’elle demanda cinq ans après et quatre mois avant son dernier appel, si Guillaume Delmont était disponible. Il y eu un silence. La même voix qui lui avait répondu dans une autre vie lui dit qu’elle était désolée, que Guillaume accompagnait le Premier Ministre dans l’avion qui s’était écrasé le mois précédent.

Elle n’entendit pas la suite.
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