Les dessous chics

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J'aime la solitude, lire, écrire et penser à ne rien faire. J'aime dessiner, manger, chanter sous la douche. J'aime fumer, parler, parfois, un peu, beaucoup. J'aime les gens quelquefois, un peu  [+]

La première fois c'était son idée. Ce n'était pas la première nuit bien sûr, ça fait pute de s'habiller comme ça au début. Ils en profitent vite fait, et ne restent pas. Elle voulait qu'il reste. Et ne savait comment l'impressionner, tant il y avait lui si bien réussi. Un jour, au milieu de ses longs discours, qui s'attachaient toujours de préférence à évoquer des sujets dont elle ignorait tout, des livres qu'elle n'avait pas lu, il lui posa cette question : « Est-ce moi qui t'ai rendue muette, ou est-ce que tu n'as jamais parlé ? ». Ça lui avait cloué le bec.
Elle avait choisi quelque chose de classique. Même pour ça, elle ne pouvait être sûr de ce qu'il aimerait ou pas. Du noir avait dit la vendeuse, tous les hommes aiment le noir. Des bas noirs, fins et un peu élastiques pour se maintenir le long de la jambe dans toutes les positions. Un porte-jarretelles en dentelle noire, avec des attaches métalliques qui ne lâcheraient pas les bas en cours de route. Dessous un string en mousseline noire très légère, dont on pouvait écarter facilement le tissu pour dévoiler le pubis. Un corset, noir, toujours noir, brodé de fils argentés, et qui portait les globes de sa poitrine aussi haut que possible. Presque trop, elle respirait à peine.
Il en avait été content, incontestablement. Le coït fut rapide, et il s'endormit une poignée de secondes plus tard, sans qu'elle eut senti ses mains sur les parties de son corps couvertes de la tenue noire. Il n'enlevait rien, pas même les escarpins, ça devait donc lui plaire, et bien qu'il fut peu agréable pour elle de se maintenir engoncée là-dedans, elle se dit que c'était bien, que comme ça, il resterait.
Désormais, il n'y eut pas un seul de leur rapport auquel ne présida ce rituel, toujours incité par une phrase de lui, sourire pervers au coin des lèvres : « Tu vas mettre une petite tenue ? ».
Il resta. Elle oublia peu à peu plaisir et libido, se contentant d'attendre la petite phrase pour s'exécuter. Elle regardait son corps nu dans le miroir de la salle de bain, ses seins, ses fesses, son ventre, blancs. Ça ne suffisait pas, ça ne suffirait jamais. Son corps, comme ses mots, était tabou et exigeait un enrobage pour plaire.

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