13
min

LES CYPRÈS (titre provisoire)... Partie I

Image de J. H. Keurk

J. H. Keurk

42 lectures

4

Voici, mis au propre, le début d’une histoire mise en œuvre par Alexandre Delearde, et poursuivie, jusqu’à présent, par :
- SakimaRomane
- LBC
- JACB
- Thomas d'Arcadie
- Momo69190

Alexandre Delearde
1-
Les plombs avaient sauté dans la cité. Rien d’inhabituel pour les habitants des Cyprès. Mais, malgré l’habitude des nuits à la bougie, les fenêtres s’ouvraient toujours grand comme une bouche d’où sortent éclats de voix, grognements, vociférations, autant de bris de silence réveillant la nuit. Adossés inlassablement contre le même mur gris, Tchavo et ses copains de galère s’en amusaient à chaque fois. L’action, ils aiment. Pourtant, ils sont plutôt du genre mains-dans-les-poches.

SakimaRomane
2-
Tchavo est un « chef de bande » comme disent les anciens des Cyprès... Une graine de voyous.
Pourtant, lui voudrait juste que la cité bouge un peu, que le ciel ne soit pas toujours aussi sombre, que les esprits évoluent.
Il refuse, contrairement à beaucoup de jeunes de la cité des Cyprès, que son destin soit scellé simplement parce qu’il est né ici...Qu’il est un enfant du bitume.
Il voudrait faire péter tous ces murs d’incompréhension qui lui bouchent l’horizon.

LBC
3-
Et puis il y a Maria. Maria, c'est la fille des Alvarez, des immigrés portugais. Ils ont quitté famille et patrie un beau jour de mai, comme ça, juste pour vivre l'aventure française. Enfin, c'est ce que dit Maria quand on lui demande pourquoi ses parents sont venus s'installer ici, aux Cyprès. Maria est un beau brin de fille. Une latine aux cheveux noirs, aux joues roses et à la bouche pulpeuse, le tout sur un corps à la Maryline... Mais voilà, il y a Pablo, son père, qui veille jalousement sur sa virginité.

Alexandre Delearde
4-
Grande gueule de la cité, Pablo se chargea de réarmer le disjoncteur principal. La lumière revint et les téléviseurs se rallumèrent peu à peu dans la cité. Sur le chemin du retour, Pablo ne put se retenir de grogner contre la "bande à Tchavo", qui traînait là, sans but, à attendre le moment où la fatigue surpasserait l'ennui. Tchavo n'aime pas Pablo. Et c'est réciproque. Pablo ne supporte pas le regard arrogant de Tchavo qui scrute avec envie sa fille, Maria. Les deux hommes se dévisagèrent quelques secondes. Puis Pablo rentra chez lui en râlant. La nuit reprit son cours en même temps que le monologue de Tchavo que ses copains écoutent toujours sans jamais le contredire.

SakimaRomane
5-
Ah Maria ! C’est pour elle que Tchavo zone dans ce coin toute la journée.
Maria c’est un papillon sauvage et magnifique... Maria c’est le piège absolu pour Tchavo.
Elle, elle ne le calcule même pas, elle passe, la tête haute, son casque sur les oreilles.
Elle remue sa crinière d’ébène en cadence et Tchavo rêve d’être le fil qui caresse son cou.
Il n'a aucune chance avec ce Pablo qui surveille sa fille comme Harpagon surveillait son trésor.

LBC
6-
- Je vous le dis vous verrez, un jour je partirai. Je quitterai cette cité. Je serai quelqu'un... ailleurs !
Un silence de mort accueillit ces paroles. La bande se regardait sans comprendre ce que voulait dire leur chef. Créole, le jeune antillais, se hasarda à prendre la parole :
- Pourquoi tu dis ça Tchavo ? Tu es notre chef, notre modèle. Ici, aux Cyprès, tu es quelqu'un.
- C'est vrai ça, renchéri p'tit gros, tu veux qu'on aille où ? Ici, on est les princes, et toi, tu es notre roi.

SakimaRomane
7-
- Des princes, p’tit gros ? Pour combien de temps encore réplique Tchavo
Le roi tu dis ? Mais je règne sur quoi ? Regardez le notre royaume...Du béton, du bitume et des poubelles qui débordent... C’est minable !
J’étouffe dans toute cette grisaille poisseuse ! Je vais me tirer j’vous dis.
La bande baisse la tête en retenant sa respiration. Elle a entendu le chef tenir maintes fois ce genre de propos...il va se calmer comme d’hab.
J’ai des colères de géants mais je ne suis qu’un p'tit caïd de banlieue pense Tchavo en redressant sa grande carcasse :
- Allez les gars...On bouge !

LBC
8-
Tchavo soupire en remontant le col de son blouson en cuir noir. Il lève ses yeux vers le ciel. "Le temps se couvre", pense-t-il en observant les nuages gris qui se rassemblent dangereusement. Son regard dérive alors vers les longues colonnes grises qui l'environnent, l'emprisonnent depuis... Cela fait belle lurette qu'il les traine ses savates dans ce dédale bétonneux, depuis que son père a été "viré" comme un malpropre de son travail. Et puis, la descente aux enfers... Lui, ce dont il se rappelle, c'est ce pavillon avec jardin et une vue imprenable sur... Sur quoi déjà ? Ces images se brouillent... Il y a si longtemps !

SakimaRomane
9-
Son père... Après la longue dépression qui a suivi son licenciement et la vente aux enchères du pavillon, a relevé la tête. Il a longtemps accepté tous les petits boulots qui se présentaient afin de faire vivre sa famille. Il a enfin retrouvé un CDI et Tchavo, même s’il n’en parle jamais, est fier de lui.
En se couchant, une bouffée de souvenirs affleure sa mémoire et, dans un demi-sommeil, une petite voix remonte de la période heureuse où sa chère grand-mère fredonnait une vieille chanson de Jacques Brel. Dans son demi-sommeil, son inconscient transforme les paroles :
« Et puis il y a Maria qui est belle comme un soleil
Et qui m´aime pareil que moi j´aime Maria »

JACB
10-
Maria qui est belle comme un soleil mais qui sous ses allures de Diva inaccessible ne quitte pas d'un cil la carrure de Tchavo et ses yeux noirs...Car son cœur bat en secret pour le petit cador de la cité des cyprès . Dans l'ombre de Pablo qui veille au grain elle observe les mouvements de la bande en bas sur le parking, n'en perd pas une miette. Soudain un mardi matin elle constate que Son Roméo n'est pas du nombre, la troupe a perdu son chef. D'ailleurs elle devine de l'inquiétude dans leur attroupement. Créole fait de grands gestes, se tape sur les hanches...Inquiète Maria décide de descendre...

LBC
11-
Maria approche du groupe qui ne la remarque pas. "Ils sont vraiment inquiets pour ne pas m'avoir entendue", se dit-elle. Habituellement, elle n'avait pas besoin de se manifester, les hommes la dévisageaient sans vergogne. C'est vrai que ça la gênait... et ça la flattait en même temps. Elle savait l'effet qu'elle faisait sur les hommes. C'était d'ailleurs un sujet récurent de dispute avec ses parents. Mais là, tout de suite, ce qui lui importait, était de savoir où était Tchavo ? Mais comment les aborder sans éveiller les soupçons ? Personne ne devait savoir qu'elle l'aimait, surtout pas son père, et encore bien moins celui de Tchavo !
- Holà gringos ! On dirait des poules qui piaillent après leur coq ! Tiens il est pas là "El Capo !" lance-t-elle, feignant le sarcasme, alors que son coeur bat à toute vitesse, espérant, et redoutant à la fois une réponse.

JACB
12-
Créole la menace du doigt, les autres font front, capuche sur la tête, les poings serrés dans les poches. Le cercle se referme sur elle, trop tard pour faire demi-tour:
-Qu'est-ce t'as la meuf ? C'est de Tchavo que tu parles ?
Et là commencent les bousculades. Maria subit les mains qui la poussent de l'un à l'autre, tourne sur elle-même comme un ballon qu'ils se lancent en ricanant. Ses cheveux virevoltent, elle se sent défaillir quand tout à coup une voix mâle se met à aboyer du haut de l'immeuble:
-Bande de nazes vous allez la laisser!
Maria tangue comme un bateau ivre et elle s'écroule sur le bitume dans une cavalcade et une bordée de jurons:
-Allez les gas on fout le camp, il arrive...
L'endroit où elle reprend ses esprits lui est parfaitement inconnu.

SakimaRomane
13-
Pendant tout ce temps, cachée derrière une voiture, recroquevillée et sanglotante, la voisine de palier et amie de Tchavo, Alina, a suivi toute la scène.
Elle a vu un inconnu se précipiter, emporter Maria dans ses bras, la déposer dans une voiture pour l’emmener à l’hôpital (elle suppose).
Pablo déboule comme un fou sur le parking, il cherche sa fille des yeux, coure dans tous les sens, crie son nom... En vain. Toute la bande s’est engouffrée dans les immeubles alentour.
Alina n’ose pas se manifester, il lui fait peur Pablo... Il va la retrouver sa pimbêche, elle est en de bonnes mains.
De toute façon elle n’a pas été frappée, il y a plus de peur que de mal se rassure-t-elle.

LBC
14-
Dans la voiture qui roule à vive allure, Maria tente de rassembler ses esprits. Elle se revoit tombant sur le parvis de l 'immeuble, désorientée. Mais aussi, qu'est-ce qui leur a pris à ces zonards de la faire tourner comme une toupie ! Elle ferme les yeux, forçant le souvenir. Que disaient-ils au moment où elle les a interpellés ? Ah oui... Tchavo, c'est ça ! Il avait disparu depuis vendredi soir. Depuis qu'ils avaient failli s'coltiner la bande de la cité des Acacias. "Les loubards de la cité des Acacias !" Pensa-t-elle horrifiée. Les pires des pires ! Des barges comme eux, on n'en fait plus ! Une douleur vive à la tempe lui remémore sa chute sur le sol dur. Elle se revoit soulevée de terre. Soudain, elle se sent mal. Un virage mal négocié, et la voilà qui se retrouve à glisser contre les dossiers capitonnés de la banquette arrière. Elle lutte désespérément contre la nausée qui l'envahit. Et cette douleur à la tempe ! "Tchavo !" Soupire-t-elle avant de perdre connaissance.

JACB
15-
Un coup de frein brutal, le crissement de pneus sur du gravier la fait soudain émerger de son brouillard comateux. Des voix aussi, des portières qui claquent:
-Allez on se grouille, y'a son frappa-dingue de père qui nous a repérés!
Maria reprend espoir même si elle craint les pires représailles. Pablo la cherchera, elle le sait!
Aussitôt, des bras l'empoignent et la juchent à califourchon sur un dos qu'elle sent musclé. Elle repère une odeur de goudron dans le sweet-shirt qui ballotte sous sa tête toujours douloureuse. Il y a du mouvement autour d'elle, ils sont plusieurs, leurs pas craquent sur les cailloux. Elle devine qu'on la descend quelque part et l'air confiné et moisi qui lui saute au nez ne la rassure guère. Le contact douillet d'un matelas sur laquelle on la couche la fait frémir!
- Vous pouvez retourner aux Acacias, j'me charge du reste !
Tétanisée, Maria ne sait plus quoi penser: Tchavo ! C'est la voix de Tchavo...

SakimaRomane
16-
Aux Cyprès, c’est la panique totale. Pablo hurle en s’arrachant le peu de cheveux qui lui reste, il continue de courir de long en large.
Madame Alvarez a appelé les autorités et bientôt deux voitures de police arrivent sur le parking.
Le chef Pigeonno (que ses collègues appellent Colombo pour le charrier) interroge les voisins. Personne n’a rien vu « Parce que chez ces gens-là, Monsieur, on n’parle pas »...Comme disait Brel en son temps et c’est tellement vrai ici.
Le lieutenant Lievard a suivi Madame Alvarez dans son appartement et procède aux questions d’usage... Identité complète, que faisait Maria avec cette bande de loubards ? A-t-elle un petit copain ? Les Alvarez ont-ils une idée quant à l’identité du mec de la voiture ? Se connaissent ils des ennemis ? Etc.
Madame Alvarez sanglote en tortillant son mouchoir à carreaux jaune et blanc. Les kleenex, elle ne connait pas Madame Alvarez...un sou c’est un sou.
C’est le moment que choisit Alina pour sortir lentement de sa cachette.

LBC
17-
Alina se cache des policiers. Elle ne veut pas servir de témoin, surtout depuis qu'elle a reconnu l'homme qui a emporté Maria. Au début, elle a pensé qu'il s'agissait d'un habitant du Cyprès qui, après avoir vu Maria en difficulté avec la bande à Tchavo, lui a porté secours. Mais quand elle a vu son visage lorsque la voiture est passée près d'elle, elle a pali. Mais qu'est-ce qu'il faisait dans les parages ! La disparition de Tchavo était louche, et là, l'enlèvement en plein jour de Maria, c'était carrément flippant ! Elle se serait vue dans un mauvais remake de "Massacre à la tronçonneuse" que cela ne lui aurait pas fait plus peur. "Pauvre Maria ! Dans quoi on t'a embarquée !" Se lamente Alina en s'engouffrant dans le hall de l'immeuble le plus proche.

JACB
18-
Les craintes de la pauvre fille sont un peu loin de la réalité et la venue des policiers complique sérieusement la situation. Elle essuie doucement la plaie de son front et s'assoit sur les marches. Elle avait eu tellement peur à l'arrivée de la voiture qu'elle en était tombée sur le trottoir. Alina ne comprend plus rien. Lorqu'elle entend s'éloigner la sirène de la voiture de la police, elle se risque dehors et décide de rejoindre l'attroupement qui s'est formé au pied de l'immeuble où habite la famille Alvarez. Pablo s'agite, vocifère, les voisins baissent la tête.
-Maintenant, on a les flics sur le dos! J'ai pas besoin d'eux pour le coincer ce petit nabot de Tchavo!
Ses yeux roulent exorbités par la colère:
-Y'a bien quelqu'un qui a vu quelque chose ?
Planquée derrière les silhouettes muettes qui entourent Pablo, Alina tremble comme une feuille.La peur l'inhibe, mais le sentiment d'un danger imminent la fait se ressaisir ; elle fait un pas en avant:
-oui, moi!

Thomas d'Arcadie
19-
Tous les yeux rivés sur elle, Alina rougit, prend une grande inspiration et, au moment où elle s’apprête à tout raconter, s'arrête brusquement. Le ravisseur de Maria était là, dissimulé par la foule. C'était Anthony, le caïd des Acacias. On dit de lui qu'il contrôle tout le quartier nord, qui a sombré dans la drogue, la corruption et même les meurtres. Mais le pire dans l'histoire, c'est qu'Anthony n'est autre que le demi-frère d'Alina.

JACB
20-
La jeune fille soutient son regard furieux même si dans son fort-intérieur sa détermination vacille. Elle est l'amie de Maria et Tchavo, elle les aime tous les deux sincèrement. Comment pourrait-elle expliquer à sa mère qu'elle a dénoncé son demi-frère? Lui reviennent alors en mémoire les scènes épouvantables qui éclataient dans leur famille quand Thony ( son surnom) était en manque. Il cassait tout dans l'appartement, il fallait esquiver ses coups. Alors Alina décide de parler:
-C'est un caïd des Acacias, il est venu ici en voiture.
Pablo blêmit. Il connait bien ceux des Cyprès mais il ne met jamais les pieds aux Acacias, la jeune fille le sait. Ici c'est chacun son quartier, sa jungle et ses lois. Elle voit Anthony tourner aussitôt les talons pour se fondre entre les voitures sur le parking juste au moment où elle va ajouter:
-Et il est ici ! Alors elle se mord la langue et refoule les mots qui lui coûtaient tant.
Autour d'elle les voisins s'agitent. Puis d'un commun accord et dans un élan solidaire la troupe s'écrie:
-Allez! Tous aux Acacias! On va retrouver Maria !
Madame Alvarez en a les larmes aux yeux.

LBC
21-
Sur le matelas, Maria sanglote. Tchavo est près d'elle. Il lui parle avec douceur, lui dit combien il l'aime, et que c'était la seule solution pour qu'ils soient réunis. Il a fait un pacte avec ceux des Acacias.
- Tu comprends, ton père n'aurait jamais accepté, il le fallait !
À l'évocation de son père, Maria pleure de plus belle. Son père, sa mère, son jeune frère... Sa famille ! Il l'avait arrachée à eux ! Il l'avait... enlevée !
- Comment as-tu pu me faire ça ! hoquete-t-elle. Je... je voulais... pas comme ça ! Pas comme des voleurs !
Son esprit se perd dans les rues de Madrid. Son père court, il la porte, elle a cinq ans... et ce bruit qui claque, comme des pétards qui les poursuivent, mais ce ne sont pas des pétards... Le cauchemar recommence !

JACB
22-
Ses parents immigrés ont laissé Franco derrière eux en se réfugiant au Portugal et Maria veut une vie en France avec Tchavo sans contraintes ni revanche sur le destin . L'opposition de son père se suffisait à elle-même et elle pensait en venir à bout. Maintenant tout se complique !
-C'est quoi le deal avec les Acacias ? Qu'est-ce que tu leur as promis ?
Tchavo baisse la tête, il sait déjà qu'elle le maudira :
-De faire la mule, un trajet Madrid/Paris en voiture.
Maria explose:
-Mais t'es fou, complètement dingue!
Oui il est fou, raide dingue de cette jolie allumeuse qui a conquis son cœur inhibé sa raison mais il la veut, il la désire pour la vie. Alors il la regarde et elle fond en larmes.

SakimaRomane
23-
Tchavo ! Tchavo !
Du bruit, des cris... Des coups contre sa porte...Tchavo ! Tchavo !
Celui-ci s’assoit brusquement sur son lit, se frotte le visage à deux mains, secoue la tête et grogne
- Mouaiiiiiiiii
-Pourquoi hurles-tu ainsi ? Qu’est ce que tu as ?
- Heu... J’ouvre
-Mais enfin Tchavo, tu es malade ? j’ai eu très peur... Tu as hurlé - Cassez-vous tous de là !
A quelle heure es-tu rentré encore et pourquoi as-tu fermé ta porte à clé ? Demande sa mère en entrant
-Non, non, je ne sais pas, un cauchemar...Bafouille Tchavo.
-Avec la vie que tu mènes ce n’est pas étonnant... Il est onze heure...Heureusement que ton père travaille... Mais qu’est-ce qu’on va faire de toi ?
Après avoir refermé la porte de la chambre de son fils, Adrianne se dirige vers la cuisine... La fatigue et le chagrin se lisent sur ses traits délicats.
Des coups de sonnette longs et répétés la font sursauter.

LBC
24-
Pablo est livide. Il se serait bien passé de cette histoire. Mais aussi, il ne pouvait pas laisser sa fille comme ça, à la merci de... Il ferme les yeux. Dans un an, cela fera dix ans qu'ils sont en France ! Son passé, il l'avait laissé là-bas, sur le quai à Madrid. Cela fait dix ans qu'il s'est construit une vie, dix ans qu'il bâtit un avenir pour sa fille, pour Stéphane, son fils. C'est délibérément qu'il a choisi un prénom français pour son fils.
- Tu brises la tradition Pedrito, mais tu as raison, pour Maria, on ne peut pas. Au moins, pour notre petit garçon né ici, dans notre nouvelle patrie, le passé n'existera pas, lui avait dit Camélia, sa femme, devant le baptistère. Et voilà qu'avec cette histoire, le passé pouvait ressurgir.
- Il faut à tout prix éviter que la presse s'en mêle... Et les flics ! Madre de dios ! Comment faire avec les flics !

JACB
25-
Les flics et oui, les flics qui sur les dents suivent l'affaire. Car dorénavant il y a une AFFAIRE !!!
Tchavo écoute derrière la porte:
-Bonjour madame, on voudrait voir votre fils.
Aussitôt Tchavo pousse la fenêtre, cette même fenêtre qu'il a escaladée quelques heures plus tôt pour revenir chez lui après avoir quitté Maria. Il s'accroche au rebord et dévale l'escalier de secours juste au moment où Pigeono fait irruption dans sa chambre. Derrière lui Adrianne serine:
-Puisque je vous dis qu'il n'est pas rentré de la nuit!
Le policier ricane. Il a posé sa main sur la couette encore tiède et se précipite à la fenêtre à peine poussée. En bas sur le parking une voiture démarre en trombe. Le repli ne se fait pas attendre, une course-poursuite toutes sirènes hurlantes s'engage aux Cyprès. Tchavo a de l'avance, il reste concentré sur la suite à donner. Surtout ne pas filer aux acacias !

SakimaRomane
26-
- Mais en... Enfin, bredouille Adrienne, pâle comme une morte en voyant Tchavo sortir de la salle de bain. Elle vacille...Tchavo se précipite pour la soutenir
- Assieds toi maman, qu’est-ce que tu as, on dirait que tu as vu un fantôme dit-t-il en souriant.
- Ne plaisante pas Tchavo, la police sort d’ici...Pijeono à l’air de penser que tu es complice de l’enlèvement de la fille Alvarez ?
- Comment ? Complice de quoi ? Maria a disparu ? Qu’est-ce que c’est que cette putain d’histoire à la con ?
Je suis rentré et suis allé directement prendre une douche. Je ne voulais pas te déranger, puisque tu avais des invités
-Tchavo... Je veux la vérité...Tu n’as pas dormi ici ?
- Maman, je te répète que je viens d’arriver, j’ai voyagé une bonne partie de la nuit. J’ai pris une douche pour te laisser avec tes amis... Euh ! C’étaient les flics ?
- Tchavo, dit Adrianne en tremblant de tous ses membres, je crains qu’Hugo n’ait de graves ennuis.
- Hugo ! Mon jumeau ? Tu as enfin des nouvelles maman ? Il est parti depuis si longtemps...
- Je n’ai pas de nouvelles Tchavo, je sais juste qu’il a dormi dans ton lit comme lorsque vous étiez gamins.

LBC
27-
Tchavo est perplexe. Pourquoi son frère est revenu, malgré le danger. Depuis cette histoire du braquage du fourgon blindé qui a mal tourné, Hugo se cache. Malgré son avertissement, il a suivi cette bande de gangster en herbe qui se prenaient pour des caïds du grand banditisme, et qui se sont avérés être de miteux voleurs à la petite semaine. Leur amateurisme a viré au fiasco ! Il y a eu deux blessés parmi les convoyeurs, et Hugo s'était pris une balle à la cuisse. Depuis, il se planque. À à peine dix-huit ans, il était déjà fiché comme braqueur dangereux... Homme à abattre. Il lui avait pourtant dit : jamais d'arme !
- Pourquoi il est revenu maman ?
- Je n'ai pas eu le temps de lui demander. Je l'ai pris pour toi au début. Quand il a boité, j'ai compris. Les policiers ont sonné, j'ai eu peur pour ton frère, alors j'ai laissé penser que c'était toi. Tu sais, comme quand vous le faisiez quand vous étiez enfants, tu te prenais pour Hugo, et Hugo se prenait pour toi. Ho Tchavo, je ne vis plus depuis...
- Je sais maman, je sais. Quand papa va savoir...
- Il ne faut rien lui dire tu m'entends... Rien !

SakimaRomane
28-
Je m’en veux fils, vraiment je m’en veux, j’aurais du savoir que ce n’était pas toi :
La porte de ta chambre fermée à clé, juste quelques mots marmonnés, la tête basse...
- Maman, arrêtes ! Tu ne pouvais pas deviner, il n’a jamais donné de nouvelle et on se ressemble tant, même nos voix sont identiques.
Si c’est vraiment lui qui a enlevé Maria, j’ai très peur pour elle. Il ne peut pas avoir fait ça tout seul et il est tellement influençable.
- Un complice l’attendait en bas en voiture, la police est à leur recherche. Avant le braquage vous étiez extrêmement fusionnels, tu ne vois pas un endroit ou il pourrait se cacher ?
- Fusionnels, maman, je n’ai pas même réussi à le détourner de ses projets criminels. Je vais au poste de police tout de suite.
- Garde ton calme Tchavo, cette histoire a suffisamment blessé la famille, ton père et moi mais également tes sœurs qui ne s’en remettrons jamais tout à fait et toi mon pauvre Tchavo, qui erres comme une « âme en peine » depuis ce jour maudit.
- Je suis calme maman, je veux juste avoir des renseignements valables. Je ne me fie pas au voisinage, les conseilleurs ne sont pas les payeurs...Agir est plus difficile qu'observer mais ça permet de se sentir utile. J’aimerais savoir où il est mais également où est Maria. Je suis très inquiet.
Nous parlerons tous ensemble ce soir...Essaie de te reposer un peu.

LBC
29-
Il fallait qu'il donne le change. Il n'en n'était pas fier, mais il allait se servir du retour de son frère pour éloigner les soupçons de lui. Les flics, bien sûr que non qu'il n'allait pas allez les voir, c'était juste pour qu'il ait un bon prétexte pour s'éclipser. Maria est à l'abri, et lui, il doit honorer sa parole. S'il fait faux bon à Anthony, les ennuis ne feront vraiment que commencer. Le plus dur va être de convaincre Maria de l'accompagner en Espagne. Un couple de jeunes mariés en voyage de noces, ça éveille moins les soupçons. Le hic, c'est que lui et Maria ne seront pas mariés.
- Bah ! Une fois à Madrid. On y remédiera, laisse échapper Tchavo.
- Qu'est-ce que tu dis ?
Adrienne regarde son fils d'un drôle d'air en se disant "qu'est-ce qu'il mijote encore ! Ces deux-là me feront mourir !"
- Je me demande si, au final, Hugo n'a pas décidé d'aller se planquer à la fabrique, ment Tchavo.

Thèmes

Image de Nouvelles
4

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lire la charte

Pour poster des commentaires,
Image de Johanna Dupré
Johanna Dupré · il y a
il faut avoir le temps de lire mais c'est très bien.. vous savez moi j'aime les poèmes et les textes collaboratif, j'en ai déjà fait et j'adore... donc bravo.. d'ailleurs sur le forum je demandais si quelqu'un voulait essayer de faire un 4 mains je trouve que c'est cela l'amitié... bravo
·
Image de J. H. Keurk
J. H. Keurk · il y a
Merci Johanna. Les oeuvres collectives sont enrichissantes et ont une grande valeur humaine. Vous pouvez participer, c'est ouvert à tous. Par contre, vous voulez faire des poèmes ou des histoires plus denses ?
·
Image de Johanna Dupré
Johanna Dupré · il y a
plus dense non, mais mes 4 mains sont toujours fait de façon qu'avec mon ami ou amie on ne reconnaissent pas qui est qui, par contre j'en ai fait un splendide avec Eric chomienne qui est un grand et là on me l'a refusé à short... j'étais hyper déçue pour Eric qui écrit nettement mieux que moi... et en plus lui compte ses pieds alors que moi cela vient tout seul mais des fois moins bien..
·
Image de J. H. Keurk
J. H. Keurk · il y a
Vous l'avez mis sur vos pages ? Donnez-moi le titre, j'irai le lire.
·
Image de Miraje
Miraje · il y a
Une oeuvre collective menée avec brio.
·
Image de J. H. Keurk
J. H. Keurk · il y a
Merci Miraje.
·
Image de Fred Panassac
Fred Panassac · il y a
Coucou LBC
Étonnement de voir que personne n’a encore commenté et voté pour cette histoire épique qui fait preuve de qualités certaines.
Mais j’avoue que j’ai abandonné l’écriture de vos histoires même si je les lisais de temps à autre. Comment faites-vous pour trouver autant de temps en dehors des activités du quotidien pour « traîner » sur le forum ? Cela ne cesse de m’ébahir (admirativement au demeurant)
Joyeuses fêtes à tous les participants et aux lecteurs, et toi LBC que deviens-tu en cette période festive et bien occupée ?

·