Les contes du grand père Dede Gorgud (traduit de l'azéri par Gulush Aghamammadova)

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Chant
Comment Bassat tua Tepegoz
Salut mon khan !
Une fois, mon khan, quand les oghuz étaient ensemble, l’ennemi les attaqua ; au milieu de la nuit ils quittèrent leurs demeures. Lors de la fuite le fils d’Arouz Hodja tomba, une lionne le trouva et le nourrit avec son lait.
Le temps passa les oghuz revinrent dans leur patrie.
Le palefrenier du khan oghuz vint apportant une nouvelle, il dit :
- Mon khan ! Un lion sort des roseaux, il tue des chevaux, il se déplace en se dandinant comme un humain et après avoir tué le cheval il suce son sang.
Arouz dit :
- Mon khan, il se peut que ce soit mon fils qui tomba quelques temps avant ?
Les beys sellèrent leurs chevaux et se rendirent dans la tanière du lion.
Ils firent partir la lionne et prirent le garçon. Arouz amena le garçon à la maison. Ils firent la fête, donnèrent le festin. Mais le garçon ne restait pas à la maison, il revenait toujours dans la tanière de lion. On l’amena de nouveau. Dede Gorgud vint et dit :
- Mon garçon ! Tu es un homme, il ne te sied pas de frayer avec des animaux ! Prends un bon cheval et fais des raids avec des gaillards ! Le nom de ton frère ainé est Guiyan Seldjouk, que le tien soit Bassat !
- Moi, je t’ai donné le nom et que Dieu te donne une longue vie, dit- il.
Un jour les oghuz se dirigèrent vers les pâturages d’été ; Arouz avait un berger appelé Qonur Qodja Sari (Vieillard tanné, jaune). Personne parmi des oghuz ne partait avant ce berger. Il y avait une source, qu’on appelait « Une longue source ». Les Péris (Fées musulmanes) venaient à cette source. D’un coup un bélier fut inquiet. Le berger se fâcha contre le premier bélier, alla en avant. Il vit que les péris volaient attachées l’une à l’autre par des ailes. Le berger jeta un manteau sur elles et en attrapa une. Il sentit le désir monter en lui et la baisa. Le bélier fut inquiet, le berger tressaillit en l’entendant. Péri-fille frappa des ailes et s’envola en disant :
- Berger, au bout d’un an, viens prendre ton gage. Mais tu apportas le malheur aux oghuz.
Le Berger eut peur, mais il pâlit de l’amour pour la fille.
Le temps venu les oghuz partirent de nouveau vers les pâturages d’été. Le berger vint de nouveau à la source. Le bélier fut de nouveau inquiet, le berger s’avança et vit un tas par terre d’où partaient des étoiles.
La Péri-fille vint et dit :
- Berger, viens prendre ton gage ! Mais tu apportas le malheur aux oghuz !
Le berger en voyant ce tas eut peur, revint en arrière, mit ce tas sur la fronde en guise de pierre ; dès qu’il le frappa, le tas s’agrandit. Le berger jeta le tas et se sauva ; les moutons le suivirent. Sur ces entrefaites Bayandur khan avec les beys sortirent se promener et vinrent vers cette source, ils virent qu’il y a par terre quelque chose d’affreux, sans tête ni corps. Ils encerclèrent ce tas ; un gaillard descendit de son cheval et y donna un coup de pied. Le tas s’agrandit après le coup. Arouz Hodja descendit aussi de cheval et y donna un coup de pied, le toucha de son éperon, le tas éclata et un garçon en sortit, fait comme un homme, mais un œil sur le sinciput. Arouz prit ce garçon le mit dans le pan de son habit et dit :
- Mon khan, donnez- le- moi ! Je vais l’élever avec mon fils Bassat.
- Qu’il soit le tien ! dit Bayandur khan
Arouz prit Tepegoz l’amena chez lui. Il appela une nourrice, qui donna son sein à Tepegoz. Il téta la première fois et prit son lait, la deuxième fois il prit son sang, la troisième fois il prit son âme. On amena plusieurs nourrices, il les perdit toutes.
On s’était aperçu que c’était impossible et on décida de le nourrir du lait ; une marmite de lait par jour ne lui suffisait pas. On l’éleva, il grandit, commença à se promener, à jouer avec des garçons. Il mangea les nez et les oreilles des garçons. Les gens, et les guerriers parmi eux se vexèrent. Se plaignirent à Arouz en pleurant. Arouz battit Tepegoz, le gronda, lui donna des consignes, il ne s’y soumit pas. Enfin Arouz le chassa de la maison. La péri, mère de Tapagoz vint et mit une bague sur le doigt de Tapagoz.
- Mon fils ! Que la flèche ne te touche pas ! Que le glaive ne coupe pas ton corps ! – dit-elle.
Tepegoz quitta la tribu oghuz. Il s’installa sur une haute montagne. Il coupa le chemin, attrapa des gens, devint un fameux bandit. On envoya plusieurs hommes à sa rencontre. Ils lançaient des flèches et elles ne le touchaient pas, frappaient par le glaive, il ne le coupait pas. Ils lui donnèrent des coups de piques, sans lui nuire. Il ne resta plus ni berger ni infirme ; il mangea tout le monde et commença à manger des oghuz. Les oghuz se réunirent contre lui ; il se fâcha en les voyant, arracha un arbre, le jeta et tua 50-60 personnes. Il frappa le chef des guerriers, Qazan, le monde lui devint petit. Le frère de Qazan, Qaragun perdit sa force entre les mains de Tepegoz. Le fils de Dozen, Rustem devint martyr. Fort comme Hercule, le fils d’Uchun Hodja tomba aussi, ses deux frères furent tués par Tepegoz. Mumaq cuirassé périt. Beyduz Aman à la moustache sanglante perdit sa force entre les mains de Tepegoz. Il fit cracher du sang à Arouz Hodja à la barbe blanche. Le fils de Qiyan Seldjouk eut la vésicule biliaire déchirée. Les oghuz n’avaient pas vaincu Tepegoz et s’enfuirent ; Tepegoz leur coupa toutes les voies, ne les libéra pas. Autrement dit, sept fois les oghuz voulaient s’enfuir, sept fois il leur coupait la voie et les faisaient revenir. Les oghuz perdirent toute leur force entre les mains de Tepegoz. Ils appelèrent Dede Gogud, lui parlèrent.
- On paiera le tribut !- ils dirent.
Ils envoyèrent Dede Gorgud vers Tepegoz. Il vint vers lui, le salua et dit :
- Mon fils, Tapagoz ! Les Oguz perdirent leur force. Ils m’envoyèrent à embrasser la poussière de tes pieds. Ils te paieront le tribut.
Tepegoz répondit :
- Donnez- moi 60 personnes par jour à manger !
Dede Gorgud dit :
- Tu ne laisseras pas un seul vivant, tu extermineras les gens, mais nous te donnerons deux personnes et 500 moutons par jour. »
En entendant les paroles de Dede Gorgoud, Tepegoz dit :
- Bien, ainsi soit-il ! Donnez-moi encore deux personnes pour qu’elles me préparent à manger et moi, je mangerai.
Dede Gorgoud revint chez oghuz et dit :
- Donnez à Tepegoz, Uklu Hodja et Yanaqli Hodja pour qu’ils lui préparent à manger et encore il voulut deux personnes et cinq cents moutons par jour – dit-il.
Les oghuz donnèrent leur accord. Ceux qui avaient quatre fils, donnèrent un, et trois leur restèrent. Ceux qui avaient trois fils, donnèrent un, deux leur restèrent. Ceux qui avaient deux fils, donnèrent un et un leur resta.
Il y avait un homme appelé Quapiqqan, il avait deux fils ; il donna un fils et l’autre lui resta. Son tour vint de nouveau. La mère (du garçon) cria, pleura, sanglota. Pendant ce temps, mon khan, le fils d’Arouz, Bassat était en campagne ; mais il revint ; la vieille dit :
- Bassat revint de l’incursion à présent. Je vais le voir il se peut qu’il me donne un prisonnier pour remplacer mon fils. Elle entra, salua Bassat, pleura.
Elle dit :
- Ta flèche ne peut pas être retenue dans une main ! Ton arc solide est fait de la corne du bouc ! Ton nom est connu par Itch Oghus (oghuz intérieurs) et par Dach Oghuz (oghuz de pierre), fils d’Arouz, mon khan Bassat, aide moi ! »
Bassat dit :
- Que veux-tu ?
La vieille dit :
- Dans ce monde de mensonges un homme apparut. Il empêcha les oghuz d’aller aux pâturages d’été. Ceux qui maniaient des épées en acier noires ne lui coupèrent un seul cheveu ; ceux qui jetaient des lances en bois de roseaux, ne le blessèrent pas, ceux qui lancaient des flèches en bois de bouleau ne le touchèrent pas. Il (Tepegoz) porta le coup à Qazan, chef des guerriers ; son frère Qaraguné perdit sa force entre les mains de Tepegoz. Beyduz Aman à la moustache sanglante perdit sa force entre ses mains. Ton père à la barbe blanche Arouz cracha du sang. Ton frère Qiyan Seldjouk eut la vésicule biliaire déchirée en lice et il périt. Les autres beys oghuz furent vaincus ou tués. Sept fois il chassa les oghuz de leurs terres, il voulut leur imposer un tribut et ce qu’il fit. Il demanda deux personnes et cinq cents moutons par jour. On lui donna Uklu Hodja et Yanaqli Hodja comme serviteurs. Ceux qui avaient quatre fils, donnèrent un, ceux qui avaient trois fils, donnèrent un ; et ceux qui avaient deux fils donnèrent un. J’avais deux garçons, je donnai un, il me resta un, de nouveau ce fut mon tour, on voudrait me prendre celui-ci, mon khan, aide moi ! » Les yeux sombres de Bassat se remplirent de larmes pour son frère, il dit :

Le tyran aurait détruit ta demeure sur la terre, oh mon frère !
Le tyran aurait choisi de tes chevaux les plus rapides, oh mon frère !
Le tyran t’aurait privé de tes meilleurs chameaux de la caravane, oh mon frère !
Le tyran aurait tué tes moutons, oh mon frère !
Le tyran t’aurait séparé de ta fiancée, que tu eusses emmené en confiance, oh mon frère !
Tu aurais fait pleurer mon père, qui répétât : mon fils, oh mon frère !
Tu aurais fait souffrir ma mère au visage blanc, oh mon frère !
Tu es le sommet de la montagne noire en face de moi, oh mon frère !
Tu es la crue de mon beau fleuve, oh mon frère !
Tu es la force de mon corps, oh mon frère !
Tu es la lumière de mes yeux sombres, oh mon frère !

Il pleura et gémit beaucoup se plaignant de la séparation d’avec son frère. Il donna un prisonnier à cette femme ;
- Vas, et sauve ton fils ! – dit-il.
La femme prit le prisonnier, vint et le donna en échange de son fils. Elle apporta aussi une bonne nouvelle à Arouz, lui dit que son fils était de retour. Arouz se réjouit et partit avec les autres beys à la rencontre de Bassat. Bassat embrassa la main de son père. Ils pleurèrent, sanglotèrent, il (Bassat) vint à la maison de sa mère, elle sortit à sa rencontre, l’embrassa. Bassat embrassa la main de sa mère. Ils se tinrent ensemble longtemps. Les beys des oghuz se réunirent. Ils mangèrent et burent.
Bassat dit :
« Je me battrai avec Tepegoz pour mon frère, quels sont vos souhaits, beys ? »
Alors Qazan khan parla – Voyons mon khan, ce qu’il avait dit :

- Tepegoz s’éleva comme un cri noir
Je le renversai au seuil du paradis, je ne réussis pas à le combattre, Bassat !
Tepegoz se releva comme une panthère noire,
Je le renversai dans les montagnes noires, je ne réussis pas à le combattre, Bassat !
Tepegoz se releva comme un lion farouche,
Je le renversai dans les roseaux épais, je ne réussis pas à le combattre, Bassat !
Que tu sois un homme, un bey
Toi, tu ne pourras pas te comparer à moi, Bassat !
Ne fais pas pleurer ton père à la barbe blanche, Bassat !
Ne fais pas sangloter ta mère aux cheveux blancs, Bassat !

Bassat dit :
- J’y vais sans faute !
Qazan dit :
- C’est toi qui décide !
Son père pleura, dit :
- Mon fils, ne laisse pas mon foyer sans maitre ! Sois clément, ne pars pas !
Bassat dit :
- Non, mon père à la barbe blanche, j’y vais
Il ne l’écouta pas. Il sortit de son habit une poignée de flèches, les mit dans sa ceinture, ceignit son glaive, mit son arc sur son coude, ajusta ses bottes, embrassa les mains de son père et de sa mère, fit ses adieux et dit : « Soyez heureux ! »
Bassat vint vers le rocher où on préparait le rôti pour Tapagoz. Il vit Tapagoz endormi, le dos au soleil. Il sortit une flèche de sa ceinture, banda l’arc et tira la flèche dans le foie de Tepegoz, la flèche ne le perça pas, mais se cassa. Il envoya encore une. Celle là se brisa en plusieurs morceaux. Tepegoz dit aux vieillards :
- Des mouches d’ici nous embêtèrent
Bassat tira encore une flèche, elle se cassa aussi. Un morceau tomba devant Tepegoz. Il se leva, regarda, vit Bassat, frappa dans ses mains, rit bruyamment et dit aux vieillards :
- Encore un agneau vient vers nous de la part des oghuz.
Il chassa Bassat devant lui, le prit par la gorge et l’emmena dans sa tanière, le mit dans la tige de sa botte.
Il dit :
- Ecoutez les vieillards ! Vous me préparez celui-ci pour mon deuxième repas,- il s’endormit de nouveau.
Bassat avait un poignard. Il coupa la botte et en sortit.
Il dit :
- Ecoutez les vieillards ! Où est sa mort ?
Ils dirent :
- Nous ne savons pas, mais à part son œil il n’a pas de chair nulle part.
Bassat s’approcha de la tête de Tepegoz, lui leva les cils et vit que son œil était en chair et dit :
- Ecoutez les vieillards, mettez le couteau dans le foyer pour qu’il chauffe.
Ils mirent le couteau dans le foyer, il chauffa ; Bassat le prit dans sa main, loua Mohammed dont le nom est glorieux. Il enfonça le couteau dans l’œil de Tepegoz de manière que l’œil fut perdu. Tepegoz cria, hurla, les montagnes et les pierres en firent écho. Bassat entra dans la caverne où il y avait des moutons. Tepegoz comprit que Bassat était dans la caverne. Il obstrua l’entrée de la caverne en mettant un pied d’un côté de la porte et l’autre de l’autre côté et dit :
- Ecoute le bouc à la tête des moutons ! Qu’ils passent un à un !
Les moutons passèrent un à un, il tâta la tête de chacun.
- Des agneaux et le bélier, passez !- dit-il.
Le bélier se leva et s’offrit. Bassat l’égorgea, l’écorcha, ne détacha pas la tête ni queue, y entra et vint au devant de Tepegoz.
Tepegoz comprit que Bassat était à l’intérieur. Il dit ;
- Eh, le bélier maladroit ! Tu compris d’où vient ma mort ; je te frapperai aux murs de la caverne aussi fortement que ta queue graissera la caverne.
Bassat avança la tête du mouton aux mains de Tepegoz. Il la tint bien par des cornes, la souleva ; il lui resta entre les mains les cornes et la peau ; Bassat sauta par-dessus le corps de Tepegoz et s’enfuit. Tepegoz prit les cornes et les jeta par terre. Il dit :
- Gars, t’es tu sauvé ?
Bassat dit :
- Dieu m’a sauvé
Tepegoz dit :
- Ecoute gars ! Prends la bague de mon doigt, mets la à ton doigt pour que ni flèche ni glaive ne te fassent pas de mal
Bassat prit la bague, la mit à son doigt.
Tepegoz dit :
- Gars as-tu pris la bague et l’a mise à ton doigt ?
Bassat dit :
- Je l’ai mise.
Tepegoz poursuivit Bassat, donna des coups de poignard, coupa. (Bassat) il fit un bond en arrière, se tint sur un terrain ouvert, et vit que la bague est de nouveau aux pieds de Tepegoz.
Tepegoz dit :
- T’es tu sauvé ?
Bassat dit :
- Dieu m’a sauvé.
Tepegoz dit :
- Gars, as-tu vu cette coupole ?
Bassat dit :
- Je l’ai vue.
Tepegoz dit :
- C’est mon trésor. Vas-y et scelle- le, pour que les vieillards ne s’en emparent pas.
Bassat entra dans la coupole et vit qu’il y a beaucoup d’or et d’argent, en le voyant il s’oublia. Tepegoz se tint à l’entrée de la coupole et dit :
- Es-tu entré dans la coupole ?
Bassar dit :
- Je suis entré !
Tepegoz dit :
- Je vais te donner tel un coup que tu vas éclater avec la coupole !
Bassat se rappela les paroles :
- Il n y a de dieu qu’Allah et Mohammed est son messager !
La coupole éclata sur le champ, dans les sept endroits les portes s’ouvrirent, Bassat sortit par une de ces portes. Tepegoz mit sa main dans la coupole, il donna un tel coup que la coupole se renversa.
Tepegoz dit :
- Gars, t’es tu sauvé ?
Bassat dit :
- Dieu m’a sauvé.
Tepegoz dit :
- Tu es immortel ; as-tu vu cette caverne ?
Bassat dit :
- Je l’ai vue.
Tepegoz dit :
- Il y a deux glaives. L’un ensanglanté, l’autre pas ; celui sans sang coupera ma tête, - vas-y, l’apporte et coupe ma tête.
Bassat s’approcha de la porte de la caverne et vit que le glaive sans sang tantôt monte, tantôt descend ; Bassat dit :
- Je ne l’approcherai pas sans prendre des précautions.
Il sortit son glaive et toucha l’autre : son glaive se brisa en deux morceaux. Il apporta un arbre et toucha le glaive par cet arbre qui se brisa en deux morceaux. Alors il prit son arc et tira une flèche à la chaîne tenant le glaive ; le glaive tomba par terre et s’enfonça dans la terre. Il rentra son glaive dans le fourreau, prit l’autre glaive par sa poignée et dit :
- Ecoute, Tepegoz ! Comment vas-tu ?
Tepegoz dit :
- Ecoute, gars ! Tu n’es toujours pas mort ?
Bassat dit :
- Dieu m’a sauvé.
Tepegoz dit :
- Tu es immortel.
Tepegoz parla à haute voix, voyons ce qu’il avait dit :
- Mon œil, mon œil, mon œil unique !
Grâce à mon œil unique je brisai des oghuz.
Toi, héros, tu me séparas de mon œil gris !
Que le tout puissant te sépare de ton âme !
Comme je souffre de la douleur dans mon œil ce jour
Que le Dieu tout puissant ne donne pas d’yeux à aucun héros ce jour !

Tepegoz éleva de nouveau sa voix :
- Le lieu où tu vis, d’où tu viens, quel est ce lieu ?
Si tu perds ton chemin par une nuit noire, où réside ton espoir ?
Qui est le khan portant le gonfalon ?
Qui est le guerrier frappant premier le jour de la bataille ?
Quel est le nom de ton père à la barbe blanche ?
Il est honteux pour un homme de cacher son nom à un autre homme !
Quel est ton nom, héros, dis moi !

Bassat répondit à Tepegoz, voyons mon khan, ce qu’il avait dit :
- Le lieu où je vis et d’où je viens – Gunortadj
Si je perds mon chemin par une nuit noire je me fie à Allah !
Le khan portant le gonfalon c’est notre Bayandur khan ;
Le guerrier frappant premier le jour de la bataille, c’est le fils de Salour, Qazan
Si on demande le nom de ma mère, son nom est Qaba Agatch,
Si on demande le nom de mon père, son nom est Arouz
Celui de son fils Bassat
Tepegoz dit :
- Alors nous sommes frères, ne me tue pas !
Bassat dit :
- Vaurien !
Tu fis pleurer mon père à la barbe blanche.
Tu fis sangloter ma mère aux cheveux blancs.
Tu tuas mon frère Qiyan.
Tu fis la veuve de ma bru au visage blanc.
Tu laissas orphelins ses bébés aux yeux gris.
Te laisser en vie, toi ?
Avant que je ne dégaine pas mon glaive en acier noir,
Ne te coupe pas ta tête dure, ressemblant à la montagne Kaf,
Ne verse pas ton sang rouge par terre,
Ne venge pas le sang de mon frère Qiyan
Je ne te laisserai pas en paix.

Tepegoz parla de nouveau.
- Je dis que je me lèverais de ma place.
Je dis que je romprais l’accord avec les autres beys oghuz,
Je dis que j’exterminerais des nouveaux -nés,
Je dis que je mangerais à ma faim de la chair humaine,
Je dis que les autres beys oghuz se réuniraient pour me combattre,
Je dis que je m’enfuirais et entrerais dans la caverne
Je dis que je jetterais des pierres par une lourde machine,
Je dis que si une pierre lourde tombe sur ma tête, je meurs,
Tu me séparas de mon œil gris, héros,
Que le Dieu te sépare de ton âme !
Tepegoz parla de nouveau :
- Je fis pleurer beaucoup de vieillards aux barbes blanches
Les imprécations de ces barbes blanches t’auraient perdu, mon œil,
Je fis pleurer beaucoup de vieilles aux cheveux blancs,
Leurs larmes t’auraient perdu, mon œil
Je mangeai beaucoup de héros à la peau sombre
Leur bravoure t’aurait perdu, mon œil.
Je mangeai beaucoup de petites filles aux mains teintes au henné,
Leurs malédictions t’auraient perdu, mon œil.
Comme je souffre de la douleur dans mon œil ce jour,
Mon œil, mon œil, oh mon œil !
Mon œil unique !
Bassat se leva, alla. Il fit plier les genoux à Tepegoz comme à un bœuf. Lui trancha le cou par son propre glaive, dans l’ouverture du cou mit l’arc et entraîna petit à petit le corps vers la porte de la caverne. Il envoya Uklu Hodja et Yanakli Hodja à annoncer une bonne nouvelle aux oghuz. Ils sellèrent les chevaux blancs et gris et partirent. Les autres tribus des oghuz apprirent cette nouvelle. Le messager à la bouche ressemblant à celle du cheval vint à la maison d’Arouz Hodja, lui apportant la joie de Bassat.
- Bonne nouvelle ! Ton fils coupa la tête à Tepegoz. – dit-il.
Les autres beys oghuz se réunirent. Partirent vers la caverne. Apportèrent la tête de Tepegoz au milieu.
Mon grand père Gorgud vint, chanta un chant joyeux. Parla des aventures des hommes guerriers. Il loua Bassat :
Quand tu vas à la montagne noire, qu’on t’ouvre la voie !
Quand tu traverses les eaux sanglantes qu’on te donne le passage ! dit-il
Tu vengeas bravement le sang de ton frère. Tu libéras les autres beys oghuz de ce fléau. Que Dieu te bénisse, Bassat, dit-il.
Quand viendra l’heure de la mort que tu ne sois pas séparé de la foi ! Qu’on te pardonne tes torts au nom glorieux de Mohammed, eh, mon khan !
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