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Les Coeurs blêmes

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Neil_Steve

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Oliver Moun n’avait pas l’air d’être heureux dans sa petite vie. Il aimait courir dans le vent pour laisser s’évader de vagues souvenirs qui gonflait sa grosse tête. Il n’aimait pas se sentir prit par la complexité de la vie. Il voulait trouver de belles résolutions. Il s’enivrait de faux sentiments qui le rendaient neutre face aux situations difficiles. Si seulement il y avait un manuel pour les colères, et pour ceux qui sont dans l’étau des sentiments. L’amour nous mettait dans un tel embarras qu’on voudrait ne plus avoir à faire à elle.
Les yeux plein de larmes qu’il ne pouvait laisser couler par honneur. Son tact le laissait insipide face à l’amour de Marininie, il pouvait jouer au plus fou devant cette situation. C’était un homme innocent de cœur qui ne pouvait se laisser marcher sur les pieds. Mais à chaque minute, il avait sa propre décision à prendre face à son existence. Loin de tout, loin des conventions humaines, il devait s’établir une carte d’identité. Une image qui refléterait la candeur de son cœur. Il souffrait d’amour, mais une voie qui ne le conduisait à l’irrationalité, pour ne pas sombrer dans l’humeur et la facilité. Il devait de se préserver contre toutes ces réalités et tester sa propre scientificité bien qu’il ait reçu une éducation, il savait qu’il y avait cette superficialité qui faisait que l’homme pouvait se distinguer de ses semblables.
Il était assis. Se grattant les sourcils, il était plongé dans des sombres réflexions en songeant quitter sa petite amie avec qui il avait deux ans de vie. Marininie vivait à Atong-abe, elle ignorait combien de fois ses paroles frivoles laissaient dans le désarroi total le jeune homme qui avait d’autres pensées pour elle. Oliver Moun acceptait la situation en se disant « C’est un test du ciel pour voir ce que je vaux. » Le jeune homme se rendait les mains dans les poches sur un sentier qu’il avait l’habitude d’emprunter quand il avait quelques chagrins de la vie en couple ou familiale. Il avait mal à la poitrine. Il devait se rendre chez Dorothy, une fille qu’il connaissait bien, il avait de bonnes intentions avec elle. C’était quasiment un long voyage, et ce voyage était plaisant par ce doux vent qui venait à sa rencontre qu’il se disait de l’utilité de l’expérience. Imaginons un seul instant qu’une innocence arrive à des situations désastreuses, tant bien même qu’on ne peut montrer sa bonne foi à celle qu’on aime. Ce n’était point une excuse, il pouvait en s’écartant de sa raison et en se traitant de tous les maux. Comme s’il était fautif de ce qui arrivait, il vivait quelquefois la défaite pour se sentir bien.
« Toc... Toc... Toc »
Une porte s’ouvrit donner un coup de vent à cette passion livide. Avec habileté, il dénotait l’attitude de sa copine après une bonne marche. Dorothy lui servant un café.
— Dorothy ? Si avec un ami, l’humour ne passe pas pour dire des choses difficiles. Comment ferais-tu pour communiquer aisément ?
Dorothy le regarda étrangement comme s’il venait d’atterrir sur terre, comme un intime étranger, et elle comme une idiote devrait répondre à la véracité. Ce monde cruel. Ou chacun ne tolère, et ou les cœurs se déchirent.
— Que dois-je te dire mon cher ? Es-tu si fragile que cela ?
Une autre réplique qui laissa notre ami béat. Contraint de renoncer à ce soi-disant question qu’il fit passer pour de l’humour. Il avala son café chaud pour oublier son air désenchanté. Il savait que Dorothy avait compris le sens de sa question, car Oliver Moun lui avait soumis un problème à propos de sa nouvelle copine. Il venait d’accepter cette évidence comme il avait accepté de vivre, il prenait avec délicatesse le courage dont faisait montre toutes les femmes en replongeant dans la tristesse en jouant les traits d’un visage fautif. Avec ses grands yeux noirs, il fixa le coin du mur qui séparait deux faces qui se limitait.
— Donne-moi un deuxième café, Dorothy, dit Oliver.
Volontiers. Quelles sont les nouvelles ; mis à part le bel amour qui fait mal ?
On s’accroche à tout. Je respire moins bien ce dernier temps. Je m’accroche à mon idéal en pensant que demain tout ira mieux.
— Tu es un homme extraordinaire. J’aime quand tu te dévoues devant le césarien pour montrer tes façons.
Souffle, vent du nord, brise les nerfs de ceux qui ne respectent pas tes lois, imitant la mélodie du temps, Oliver ne se rappela pas s’être levé pour esquisser ses pas. Estomaqué, il regarda par la fenêtre la petite rosée qui tombait à peine.

Le jeune poète se sermonnait en cassant son poignet en pensant s’améliorer. Un tic qui lui vint quand il était malade, quand il se raidissait pour lutter contre la fièvre qui lui venait tout le temps. Sacrés souvenirs ces jours passés.
— Il faut que je parte, Dorothy.
— Attends un peu la fin de la pluie.
— Non j’aime bien mouiller. Comme j’aime encaisser la réalité.
La réalité, c’est nous même. C’est à nous de changer ou de laisser les choses telles qu’ils sont.
— Tu trouves ?
— Oui, je crois de cœur ferme.
— D’accord. Je dois partir.
— Fais attention à toi.
Oliver n’eut plus le temps de répondre, mais de s’époumoner afin d’affronter le grand froid qui était dehors et les gouttes d’eau ensorceleuses qui tombaient du ciel. Le vent le long de la rue secouaient quelques toitures qui n’avaient pas prévu une telle envergure, heureusement que les africains n’avaient pas reçu les typhons et autres démons de catastrophes naturelles. Qu’il pleuve ou qu’il neige, il devait se forger un mental de fer afin de vivre plus librement. Ses pas respectaient la vérité et son regard était si fidèle qu’on pouvait le connoter de pieux chrétien isolé. Oliver Moun avait une rage en lui, au fond de son cœur qui pouvait le rendre irrationnel pour ne pas perdre sa ligne de conduite. Il avalait ses peurs comme un lion qui rugit. Se rappelant de son accueil à l’ambassade du Gabon au Sénégal combien c’était chaleureux de se sentir gabonais. « Ça ne fait rien, dit-il »
Il sortit de sa poche son téléphone et tenta de joindre Marininie chez un boutiquier pendant que la pluie tombait, mais la ligne semblait occupée. Il était trempé. Janvier a toujours été un mois assez lent, mais aujourd’hui c’est différent. La vie riante ne pouvait panser les grandes blessures qu’il s’était infligé plus jeune en ne respectant pas la vie hasardeuse. Oliver Moun avait grandit. Les choses ne l’arrivait plus, mais plutôt lui qui allait vers elle. A force de lire, il se donnait les moyens de décrire les bons mots pour rendre agréable sa petite existence et pour ceux qui étaient proches de lui.
La bruine s’était assoupi, on pouvait s’épanouir sous un ciel plus éclatant. Le jeune homme continua sa journée en direction de son ami Henry. L’aventure s’imprégnait du beau temps qui régnait dans la belle ville de Libreville, à croire que ce pareil temps arrivait pour la première en suivant Makaya de l’union. Il trouva son ami à table en lorgnant à travers les fenêtres françaises, sans s’hésiter, il se mit à cogner.
— Bonjour M. et Mme Mussutu. Et bonne appétit.
Merci jeune homme, répondit la dame.
Le père d’Henry semblait plus préoccuper par la pitance que de répondre à un si petit salut de jeune bourgeois. Le repas, durant lequel M. Mussutu le salua de son verre levé. Il se servait de son bras énorme pour avaler les légumes qui emplissaient son assiette. On vivait dans un univers occidental et typiquement africain, et que grâce aux bonnes mœurs et à la culture africaine, on pouvait bénéficier des ustensiles pour se nourrir comme il faut. Henry était de l’autre côté qui lui invita d’une voie chantante.
— Prends une assiette.
— Non, ça va. J’ai un ventre plein.
Oliver Moun venait voir son ami pour lui dire quelques nouvelles. Il ne se doutait pas qu’à quinze heures, il trouverait encore des gens à table. Henry Mussutu était originaire d’un petit bourg d’Oyem, quelque part dans le grand nord. Son père dont il parlait avec estime ressemblait beaucoup à un acteur de dessin animé avec ses gestes répétitifs et un silence absolu.

La domestique apporta le thé. Cette famille en raffolait, même après le diner, ils prenaient de cette mixture. Le misérabilisme n’avait pas frappé cette parti du monde, en regardant les murs, Oliver Moun se mit en tête que tout cela coûtait une fortune fiscale, ne sachant pas que le pays n’était pas assez développé pour rentabilisé les caisses de l’Etat, et tant mieux, c’était une bonne chose pour le petit peuple qui occupait ce petit Gabao. C’était la première fois qu’il rencontrait la famille de son vieil ami de classe. Celui avec qui il passait le plus de temps. Mme Mussutu s’entretint avec lui une demi-heure pour savoir s’il était une bonne compagnie pour son deuxième fils. La plus âgée était sortie faire des courses au supermarché connu de tous. Oliver pensait aux efforts héroïques en franchissant la porte, mais d’une part, il se gênait car leur bonne entente montrait qu’il était de trop dans cette vaste demeure. Avec un blanc d’œuf au coin de la bouche, M. Mussutu ne se rendait pas compte qu’il perdait des points, car Oliver Moun s’était imaginé un homme assez respectable qu’il ne pouvait se remémorer comme celui qui se présentait.
— Henry. Quel est le programme de la journée ?
— Ce sont les vacances père.
— Et alors ?
— Je vais faire un tour avec Oliver.
— D’accord. Reviens vite, j’aimerais que tu profite à m’acheter le journal.
— D’accord père.
M. Mussutu lui remit un billet rose. Henry mit le billet dans sa poche et tira Oliver qui était poliment assis dans le salon.
— Viens.
Oliver Moun sortit de la maison. « Libre ! » Il marchait à grande enjambée en suivant Henry qui savait ou il partait. Henry avait l’air de savoir ce qu’il faisait. Il y avait un kiosque de l’autre côté de la route, un ouest-africain qui mâchait un morceau de bois, était le vendeur attitré.
La belle capitale était sous l’influence d’un tohu bohu et tout le tintouin que les bars créaient. Les impressions d’Oliver Moun étaient mitigées, car d’une part, il ne voyait pas l’importance de Sobraga, mais son âme de Poète lui interdisait de se livrer à ce genre d’idées noires qui ne seraient bénéfiques pour personnes. Oliver Moun divaguait souvent et n’avait pas peur de ce genre d’idées qui le chatoyait à mesure qu’il changeait de lieu. Oliver Moun secoua de la tête en approuvant le pacifisme qui l’habitait, il était tellement maladif d’idéologie qu’il ne se rendait pas compte de la réalité. Il luttait contre une force anormale et invisible, la vie.
— Que deviens-tu, Oliver ? Naturellement, tu es toujours avec Marininie, non ? J’ai compris par message téléphone que vous avez des problèmes entre vous. Quel est le souci ? La loi de l’amour vous aurait-elle coincé en plein délit ?
— Je me reconvertis en lettres modernes, en textes et imaginaire. Oui, je suis avec Marininie. Je ne sais comment tu as appris cette nouvelle, mais je ne voulais pas te brouiller avec ces faux problèmes. On n’a commis aucun délit, juste un petit souci. Mais ça ira.
« Aux lointains horizons demeurent la liberté » chanta Oliver Moun de manière onirique. Il était encore perdu dans sa rêverie. Henry claquait des doigts pour le réveiller.
— Hey Oli. Tu as un sacré problème avec ta nana. Et tu me caches. D’habitude tu es plus vif.
— Non. Ça va aller.
Les yeux d’Oliver Moun se rendaient plus mélancoliques. Il avait du mal à supporter tous ces intéressements ironiques de la part des autres.
Sur le chemin du retour, les deux amis rebroussaient la voie. En se chamaillant, mais Oliver Moun préférait se parler à lui que de montrer qu’il était un simple mortel. Dorothy le connaissait tous ces pouvoirs, car ils avaient joué ensemble, elle savait qu’il avait une grande imagination, d’où son intérêt avec la créativité et la littérature.
— J’ai écrit un poème aujourd’hui.
— Récite-le-moi.
«  Je me souviens de l’Ogooué.
Sur une pirogue imaginaire
Ce fut un temps très mouette
Une fraction qui limite la lunaire
La force des vagues qui retombent
Je ressemblais beaucoup à une tombe
Sur un idéal fermé, s’ouvrait l’éternité
Cette innocence cachait la modernité
Ma maison se voyait de l’autre côté
Elle ressemblait à une femme
Elle était faite de toute beauté
Elle rayonnait de toute sa flamme. »
— Toi, t’es vraiment mon ami.
— Merci.
— Continue comme ça. C’est un prix qu’il te faut.
— Pas si vite. On tentera avec le temps. Pour le moment, il ya d’autres chats à fouetter.

Henry ne pouvait se retenir. Il s’étouffa à force de rire. Il avait oublié le journal, on y retourna en toute hâte pour prendre cette dépêche et accourir vers son père qui bipait. On pouvait le voir. Ou c’est certainement Henry qui ne voulait pas répondre, et puis il avait raison de ne pas décrocher si c’était le cas, pour ne point se mettre la pression.
On a vraiment des soucis avec la mémoire.
— Ça arrive, dit Oliver Moun.
— Ah bon ?
Oliver Moun fit un sourire par l’air surpris d’Henry Mussutu. Comme si ce qu’il venait de sortir de sa bouche n’avait aucun sens. On pouvait donc lui emprunter une réflexion autre qu’une autre définition sans réellement savoir de quoi il s’agit, mais tout en sachant de quoi on parle. La pénétration intellectuelle était si profonde qu’Oliver gardait son air enjoliveur en souriant avec le vent, sa conscience, en effet, semblait fléchir sous ce poids. Il venait de perdre le réel sens de son existence en accordant ce bénéfice qu’il traitait d’humanité. C’est vrai qu’il était jeune, mais plein d’entrain, comme s’il fêtait à peine sa quarantième année. A seulement vingt-six ans ? A croire qu’il avait vraiment une grosse sans hausser les épaules, et que son quotient dépassait le seuil du normal reconnu par tous.
— Que sais-tu du cynisme de la vie quotidienne ? Un peu comme si on se nourrissait de problème.
— A ton âge ?
Henry était loin d’imaginer ce qui taraudait dans la tête de son ami qui s’intéressait à l’astronomie, la philosophie et la physique. Mais il ne le montrait à personne au risque de se faire passer pour un disperser. Comme disait un de ses professeurs qui étaient linguiste comme lui, et mathématicien, que « La littérature a besoin de tout pour se créer. » C’est ainsi qu’il gardât cette idée et la nourrissait d’autres aphorismes qui lui passaient par la tête.
Oliver Moun savait que sa propre réflexion était le problème central et le fondement de tout autre problème. Il savait aussi que l’autre le jugeait pour le diriger, mais il se devait d’être critique, et pour arriver à ce résultat, la lecture était le symbole de bons sentiments afin d’échapper aux gestes indélicats. Il croisa ses bras, pendant qu’il était assis sur un banc public avec son ami.
— Il faut que l’on y aille, dit Henry.
— Non. Pas moi, je dois contacter Marininie.
— D’accord.
— Ciao.
Chacun suivait son chemin sans se retourner. Oliver Moun demeura dans un silence puissamment expressif, il pressait le pas dans une totalité impardonnable en baissant les yeux et en se donnant la satisfaction d’avoir été compris. Il prit son téléphone.
— Allo, Doro ?
— Oui ?
— Cette fois, je me rends chez Marie.
— C’est bien. Je t’encourage, et surtout lâche toi.
— Merci du conseil.
— On se voit, dit Dorothy.

Oliver Moun se rendit cette fois chez sa dulcinée. Il avait un petit bobo dans leur relation du au fait que les deux jeunes amoureux se fréquentaient peu. Il s’appelait peu. Mais il y avait un côté provocateur chez eux, ils n’avaient pas peur de la vie, ils étaient tellement curieux que pour eux, la malédiction s’était pour les novices. Pour les deux la chaleur atmosphérique était un stimulus pour une grande intelligence. Un accès de colère traversait Oliver Moun qui faisait trembler sa lèvre inferieur. Puis il serra très fort les deux lèvres qu’il avait jointes.
— Bonjour Marie. Comment tu vas ?
— Pourquoi tu me poses cette question ?
— C’est une mauvaise idée ? Je suis venu te voir, non pas venu vouer le culte du vide.
— Combien de temps ça fait depuis qu’on s’est vu ? Tu es venu pourquoi ?
— Quelle tension ! Je suis venu d’une part pour l’affirmation éternelle et l’amour de l’esprit de la vie, de l’autre. Je suis assez claire, et vais paraître clair pour qu’on ne s’éloigne pas trop de la raison.
— Pourtant tu es plein de dynamisme ! Belle culture, qu’est ce qui te manque ? Je vais réfléchir un peu ces jours-ci, je te donnerais la suite. D’accord ?

Marininie oubliait une chose, que la vie était un bataille. Même les innocents étaient traité au même rang que les incriminables, et que la vie conférait même les talents. Le « d’accord » semblait plein de démesures, il était là comme une statue qui symbolise l’indéterminisme. Oliver semblait marquer à vie, comme s’il eut reçu une flagellation pour le pardon qui ouvrait son cœur aux autres. Il n’osait même pas bouger un doigt pour continuer la lutte qui s’avérait atroce. Oliver Moun s’était résolu qu’il n’entendait pas gaspiller deux ans de bonne foi pour une décision qui voulait délibérément gaspiller lui donner l’image d’un faux saint. Mise en échec sur le front, il pensa un instant à la manière de l’aborder plus intimement. Plus d’une fois, il s’était dégoûté que s’il lui était la chance, il serait ravi de partager la cavité du lit conjugal avec elle, et de tous ces souvenirs inoubliables. C’était aussi ça, l’amour.
— Tu ne dis rien ?
— Si. Je viens d’approuver ta décision.
— Tu vois que tu es raisonnable.
— Oui. Il n’y a pas que les mots. Il ya aussi les pensées qui peuvent changer les choses. Réfléchis-y.
— C’est à toi de réfléchir. Mais j’ai compris. Ne me pousse plus à bout.

Plus loin, Oliver Moun se mit à siffloter avec force pour essayer d’oublier cette journée méditative. Il avait les mains dans les poches. Il était libre. Il passa tout le temps, chez lui, à se réjouir de sa liberté. Il était en compagnie de son père, et du grand ami de son père, Matsibi Victor. Ils étaient entrain de discuter. Oliver Moun écoutait. Quand soudainement M.Matsibi élevait sa voix.
—J’ai toujours aimé impressionner les femmes, mais ne parlait pas beaucoup par autorité, et par respect. Et quand je le faisais, c’était pour créer la surprise. Je n’avais pas cette exaspération quand j’étais plus jeune – les enfants préfèrent se refugier, mais moi aussi, j’ai foncé dans cette facilité – C’est pourquoi je suis peu bavard, et quand je décide de parler, c’est pour amuser la galerie.
M. Moun riait à gorge déployée. Du côté de chez Oliver, un sourire se dessina sur son beau visage. Il avait les mains prises par la tremblote. Oliver Moun eut assez de courage pour poser son verre de Jus de fruits. Il était sans bouger comme un théoricien de la perfection avec les mâchoires serrées comme un fantôme. Il y avait une osmose ambiante dans le salon. Oliver Moun attendait la petite nuit pour se mettre devant la télévision. Il était assis entrain d’écouter les deux hommes qu’il modélisait dans sa tête. Un soupire profond révélait qu’il avait encore la décision de changer sa vie. Au cœur de la fameuse toile de la fatalité brûlait la flamme de l’espérance. Le patriotisme était marquée dans son sang, on pouvait se fier à son regard pas comme une onde naturelle. Il vivait sa jeunesse libre et énergique. Et profitait par tous les moyens. Il avait l’air de supporter ses limites admirablement. Sa naïveté était telle qu’il se trouvait étrange, visant la sérénité en oubliant que la vie était faite pour s’amuser. Oliver Moun parlait dans sa vie intérieure de la prochaine guerre.

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