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Les aventures de la fée Cracotte

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Beline

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J’avais toujours considéré la bibliothèque comme le lieu le plus tranquille et le plus agréable de l’école. Il y avait des milliers de livres, posés sur des étagères qui montaient jusqu’au plafond. On pouvait les lire quand on le voulait, confortablement installé dans de grands fauteuils moelleux.

Apparemment, je m’étais trompée. On n’y était pas tranquille du tout ! Je m’étais à peine assise sur le fauteuil pour y lire mon livre préféré, qu’un vacarme épouvantable a retenti un peu plus loin, entre deux étagères. C’était comme si on avait fait tomber toute une pile de livres par terre.

Je me suis levée rapidement pour aller voir ce qui se passait, en laissant à regret mon livre sur le fauteuil. J’ai vite trouvé la rangée où avait eu lieu la catastrophe. Mais je ne m’attendais vraiment pas à y voir ce que j’ai vu.

Assise par terre, au milieu du passage, il y avait une espèce de petite dame. Elle était vraiment, vraiment toute petite ! Elle avait une longue robe bleue, des petites lunettes qui dégringolaient du bout de son nez et des toutes petites chaussures pointues. Ses cheveux étaient tout blancs, un peu gris et coiffés sur les côtés en sorte de macarons. En fait, ce qui m’a vraiment étonnée, ce sont les ailes qui étaient accrochées dans son dos : deux grandes ailes de libellule bleutées. C’était étrange. J’allais avoir dix ans le mois prochain, je ne croyais plus aux fées... Mais alors, qui était cette drôle de personne ?

Comme ce n’est pas très bien élevé de demander à quelqu’un qui il est, j’ai préféré dire poliment :
— Est-ce que je peux vous aider ?

La petite personne m’a regardé, l’air étonné, puis elle m’a fait un gigantesque sourire :
— Ah ! Ça c’est gentil, a-t-elle dit en enlevant le livre qui était atterri sur sa tête, j’ai voulu attraper un livre, mais les étagères sont si hautes dans ton histoire, que j’ai tout fait tomber.

J’ai dû avoir l’air complètement éberluée parce qu’elle a éclaté de rire. Elle s’est relevée en époussetant son petit chapeau pointu. Même debout, elle ne m’arrivait même pas à l’épaule.
— Oh, pardon, j’ai oublié de me présenter, je suis la fée Cracotte. Et vous êtes ?
— Je m’appelle Émilie, ai-je bafouillé.

Je l’ai aidée à ranger les livres qui étaient tombés. En réalité, elle m’a regardé les ranger en voletant à côté de moi.
— Au fait, ai-je demandé, quel est le livre que vous vouliez ?

Elle a eu l’air un peu gêné.
— C’est une longue histoire, a-t-elle soupiré, je suis étudiante à l’Académie de Féérie : c’est une école merveilleuse. On nous apprend à devenir de bonnes marraines pour des princesses ou des héroïnes de conte de fées. Et quand on a terminé nos études brillamment, on peut choisir la princesse que l’on veut protéger.

J’ai écarquillé les yeux, je n’avais jamais entendu parler de cette école. Cracotte a poursuivi :
— Mais voilà, on m’a volé ma baguette magique. Alors je suis renvoyée de l’école jusqu’à ce que je la retrouve. C’est pour ça que je cherchais dans quelle histoire le voleur pouvait bien être.

Cracotte s’est assise sur le bord de l’étagère et a pris sa tête dans ses mains. Quand j’ai vu son air désespéré, j’ai décidé de l’aider.
— Avez-vous une idée de l’identité du voleur ? Ai-je demandé. J’avais un peu l’impression d’être un détective qui menait une enquête.
— Oh oui, a-t-elle répondu, je l’ai vu de mes propres yeux : c’est le troll Cambouie !

J’avais lu des tonnes d’histoires fantastiques, pourtant je ne connaissais aucun troll de ce nom. Les recherches allaient être difficiles. En plus, la bibliothèque de l’école fermait à cinq heures pile, et il était cinq heures moins une !
— Je peux emprunter quatre livres, ai-je expliqué à Cracotte, alors vous n’avez qu’à les choisir et on regardera chez moi s’il y a un troll dedans.

Cracotte a eu l’air contente, elle a agité ses ailes et m’a montré du doigt les livres qu’elle voulait prendre. J’ai dû la convaincre qu’il n’y avait pas de troll dans Blanche-Neige et les sept nains, parce que sinon ça se serait appelé Blanche-Neige et les sept trolls, et on a fini par trouver quatre histoires que je ne connaissais pas. Cracotte s’est cachée pendant que je donnais les livres à la bibliothécaire pour qu’elle les note sur le registre. La bibliothécaire m’a regardée avec un drôle d’air :
— Tu aimes les contes de fées, toi ! Tu n’es pas un peu trop vieille pour lire ce genre de livres ?
— Euh, en fait, c’est pour raconter des histoires à mon petit frère, ai-je menti.

La bibliothécaire m’a souri.
— Dans ce cas, bonne lecture !

J'ai fourré tous les livres dans mon sac et je suis sortie de la bibliothèque.
Pour que personne ne la voit, Cracotte s’était rendu invisible, mais du coup je ne savais pas si elle me suivait.
Heureusement, la maison n’était pas loin de l’école. En entrant, j’ai bien fait attention à laisser longtemps la porte ouverte pour que Cracotte ait le temps de rentrer. Mon insupportable petit frère n’allait pas tarder à arriver avec sa baby-sitter. J’avais juste le temps de montrer ma chambre à Cracotte et de redescendre chercher de quoi manger dans la cuisine avant qu’il n’arrive. Sinon, il risquait de poser des tas de questions et de tout raconter aux parents.

Cracotte est redevenu visible dans l’entrée.
— C’est joli ici, a-t-elle déclaré en voletant dans la pièce, mais ça ne ressemble pas du tout à un palais.

Comme elle volait sans faire attention, elle s’est cognée contre une étagère, sur laquelle était posé un vase très précieux, que ma grand-mère nous avait offert. Le vase a commencé à se balancer dangereusement, je me suis précipité juste à temps pour le rattraper. J’ai regardé Cracotte qui volait à travers l’entrée sans se rendre compte de la catastrophe qu’elle avait failli provoquer. Je me suis dépêchée de l’emmener dans ma chambre. Au moins là, il n’y avait pas grand-chose de fragile. Elle ne risquait pas de tout casser. Avant de descendre chercher de quoi manger, j’ai dit poliment :
— Faites comme chez vous, je vous en prie.
Cracotte a eu l’air ravi.
— Comme c’est aimable !

J’ai dégringolé les escaliers à toute allure et je me suis précipitée dans la cuisine. Seulement, une fois devant le réfrigérateur, j’ai eu un instant d’hésitation. De quoi une fée pouvait-elle bien se nourrir ? Je n’avais jamais rien lu à ce sujet. Décidément, il y avait des tas de choses que j’ignorais sur les fées.

J’ai finalement opté pour un grand verre de lait et des petits gâteaux. Cela ne m’avait pris que quelques minutes, mais j’ai quand même eu un choc en rentrant dans la chambre. Pendant que j’étais partie, Cracotte avait ouvert tous mes pots de pâte à modeler. Et elle s’amusait à la coller sur le bois de mon armoire en formant des étoiles et des petits bonshommes. Je suis restée bouche bée.
— Mais Cracotte, que faites-vous ? Ai-je bégayé.
— Je décore cette pièce, a-t-elle répondu d’une voix chantante, je fais comme chez moi.
C’est là que j’ai réalisé qu’elle avait du me prendre au mot quand je lui avais dit de faire comme chez elle. J’ai compris que c’était inutile d’essayer de lui expliquer que c’était une formule de politesse et qu’en fait, elle ne devait pas vraiment faire comme chez elle.

Elle avait de la pâte à modeler plein les doigts. Je l’ai envoyée se laver les mains dans la salle de bain. Pendant ce temps j’ai remis la pâte à modeler dans les pots. J’ai laissé les formes qu’elle avait collé sur l’armoire pour ne pas la vexer, mais aussi parce que c’était joli. J’ai rangé le reste.
Ensuite j’ai commencé à sortir les livres de mon sac pour en lire le résumé. Je fus interrompue par un grand éclat de rire. Qu’est que cette fée avait encore bien pu inventer ! J’ai couru vers la salle de bain, assez inquiète. J’ai crié :
— Oh ! Non !

Cracotte avait versé tout le contenu du savon liquide pour se laver les mains dans le lavabo et elle s’amusait à souffler entre ses doigts pour faire des bulles. En me voyant, elle s’est mise à rire de plus belle. Je ne savais pas trop quoi dire. Je n’allais quand même pas gronder une fée ! Je me suis donc contentée de dire :
— Il faut qu’on se mette au travail maintenant.
Cracotte a fait une dernière bulle, puis elle a vidé le lavabo à regret.

Au moment où j’allais fermer la porte de ma chambre, j’ai entendu la porte d’entrée claquer. La voix de la baby-sitter et les glapissements de mon petit frère ont retenti. À quatre ans, Samuel était le petit garçon le plus insupportable que je connaisse. Je l’ai entendu m’appeler depuis le bas des escaliers.
— Émilie ! Viens jouer avec moi !
— Je viendrai tout à l’heure, ai-je crié, là je suis occupée !

Et j’ai fermé la porte sans écouter ses protestations. Cracotte s’était assise sur mon lit, à côté des livres. J’ai eu soudain un doute terrible :
— C’est très bien, mais une fois qu’on aura trouvé le troll Cambouie dans le livre, comment fera-t-on pour récupérer la baguette ?
— C’est très simple, a expliqué Cracotte, il suffit de le faire apparaître en prononçant la bonne formule.

Je n’étais pas très rassurée à l’idée de faire apparaître un troll dans ma chambre. J’imaginais déjà l’énorme bête monstrueuse dévastant la maison. Mais comme il fallait déjà trouver de quel livre il venait, je ne me suis pas trop inquiétée.

J’ai tendu l’un des livres à Cracotte et j’en ai pris un autre. C’était un très gros livre. Je ne me suis pas intéressée à l’histoire, je parcourais rapidement les pages pour chercher les mots troll ou Cambouie. C’était une recherche assez ennuyeuse. Pourtant Cracotte riait parfois doucement. Je me disais qu’elle avait un joyeux caractère, jusqu’à ce que je découvre qu’elle était plongée dans l’histoire, ce qui fait qu’elle n’en était qu’au début du livre alors que j’allais terminer le mien. Si elle continuait comme ça, j’aurai fini de feuilleter les trois livres avant même qu’elle ait fini celui-là. Cette fée était insupportable ! Elle devait être un cauchemar pour les autres fées dans son Académie. A mon avis, le fait qu’on lui ait volé sa baguette n’avait été qu’un prétexte pour l’éloigner un moment de l’école. Cette idée m’a fait sourire. J’ai croisé le regard de Cracotte qui a éclaté de rire :
— Oh que c’est drôle ! Est-ce que votre livre est aussi amusant ?
Ça m’a un peu énervée qu’elle me pose cette question parce que j’aurais bien aimé lire le livre au lieu de le parcourir si rapidement.
— Je ne fais pas attention à l’histoire, ai-je répondu. J’essaie de trouver le troll Cambouie alors je lis en diagonale.
Cracotte a eu l’air surprise.
— Ah ? Tiens donc ? C’est une bonne idée, moi, je ne peux pas m'empêcher de lire, c’est si drôle !

Soudain, on a frappé à la porte. J’ai fait comprendre à Cracotte par de grands signes qu’elle devait se rendre invisible. Mais elle n’a pas eu l’air de comprendre. Au contraire, elle a cru que je gesticulais pour la faire rire. Alors je l’ai attrapée et enfermée dans mon armoire sans autre forme de procès.
— Entrez, ai-je crié à tue-tête en refermant la porte de l’armoire.

Sandra, la baby-sitter, a passé sa tête dans l’entrebâillement de la porte.
— Émilie, je dois aller faire des courses pour le dîner comme me l’a demandé ta maman. Est-ce que tu peux surveiller ton petit frère pendant ce temps-là ?

Et sans attendre la réponse, elle a ouvert la porte en grand et Samuel s’est précipité dans ma chambre en sautillant. Malheur ! Il ne manquait plus que ça. Sandra est partie en refermant la porte. J’ai attrapé dans mon armoire un jeu de construction pour occuper Samuel. Au passage j’ai soufflé à Cracotte :
— Surtout ne bougez pas.
Mais c'était inutile : confortablement assise sur une pile de chemises avec son livre dans les mains, la fée n’avait pas la moindre envie de bouger. J’ai posé le jeu devant Samuel, il s’est mis à manipuler les pièces sans vraiment s’y intéresser.

Je suis retournée m’assoir sur mon lit pour attaquer le second livre. Quand mon petit frère m’a vue, il est venu s’assoir à côté de moi.
— Émilie, tu me lis une histoire ? S’il te plaît.
— Non Samuel, je n’ai pas le temps.

Il est devenu tout rouge et j’ai cru qu’il allait se mettre à crier. C’était pire ! Il s’est mis à pleurer. En soupirant, je l’ai pris sur mes genoux. Je lui ai expliqué :
— En fait, je dois faire une recherche dans ce livre. Il faut que je trouve un personnage alors je n’ai pas le temps de lire.

Samuel a paru intéressé, il a tout de suite arrêté de pleurer.
— Tu dois trouver qui ? Merlin l’enchanteur ? Peter Pan ? Cendrillon ?
— À mon avis tu ne le connais pas.

Le troll Cambouie devait se trouver dans une histoire terrifiante, pas une histoire que Maman aurait permis à Samuel de lire.
Il s’est assis par terre sur la moquette en boudant. J’ai essayé tant bien que mal de poursuivre mes recherches.
Quand Samuel a vu que je ne m’occupais plus du tout de lui, il s’est relevé et a pris un ton menaçant :
— Bon ! Je vais aller faire une bêtise et après Maman te grondera parce que tu ne m’auras pas surveillé.

J’ai soupiré bruyamment. Mon petit frère m’embêtait toujours au moment où j’avais vraiment besoin de me concentrer.
Je lui ai tendu le quatrième livre.
— Tiens, tu n’as qu’à regarder les images. Mais fais bien attention, c’est un livre de la bibliothèque.
— Youpi ! S’est exclamé mon petit frère.

Il a bondi sur mon lit et s’est installé avec le livre.
— Tu n’as qu’à me dire si tu vois des dessins de troll, ai-je ajouté.

J’étais plutôt fière de mon idée. Non seulement Samuel allait rester tranquille pendant un bon moment, mais en plus il allait m’aider !
En fait, il n’est resté tranquille qu’une seconde et demie. Il a relevé la tête et a demandé :
— Comment il s’appelle ce troll ?

J’ai préféré me montrer patiente et lui répondre. Sinon, je sentais que j’allais provoquer une nouvelle crise.
— Il s’appelle le troll Cambouie.

Mon petit frère est descendu précipitamment du lit, tout réjoui. Il est sorti de ma chambre en courant. J’en ai profité pour ouvrir l’armoire.
— Excusez-moi, ai-je expliqué à Cracotte, mais il ne valait mieux pas qu’il vous voie. Vous pouvez sortir, mais s’il revient, rendez-vous invisible.
Cracotte a souri :
— j'ai fini cette histoire très amusante, mais il n’y a pas de troll dedans.

J’ai entendu mon frère revenir en courant. Cette fois-ci, Cracotte a bien compris et s’est rendue invisible.

Samuel est entré, l’air triomphant. Il m’a tendu un tout petit livre pour enfant, avec dix fois plus d’illustrations que de texte. J’ai regardé la couverture : le troll Cambouie. Et sur le dessin, j’ai vu un tout petit animal noir et recouvert de poils des pieds à la tête. Il avait des petits bras et des pieds qui sortaient à peine de son ventre. Il avait deux grand yeux dorés et brillants. Il était terriblement mignon !

J’ai remercié Samuel, qui rayonnait.
— C’est l’histoire d’un troll qui cherche des amis, mais il fait un tas de bêtises, m’a expliqué Samuel.

J’ai souri, le troll Cambouie avait l’air d’être encore plus insupportable que la fée Cracotte, ce qui n'est pas peu dire !

La porte de l’entrée a encore claqué. Sandra a crié :
— Coucou, c’est moi ! Samuel, tu viens ?

Mon petit frère a dévalé les escaliers, en me laissant le livre. J’ai fermé soigneusement la porte de la chambre.
Cracotte est redevenue visible.
— C’est lui, je le reconnais, s’est-elle exclamé en battant des mains.
— Ce troll voulait se faire des amis, c’est peut être pour ça qu’il a voulu jouer en prenant votre baguette.

Cracotte a eu l’air surpris.
— Ah ? alors peut-être acceptera-t-il de devenir mon animal de compagnie ? Nous devons avoir un animal de compagnie pour être de vraies fées.

Cette idée a eu l’air de la réjouir. Moi j’essayais d’imaginer quelle tête ferait la directrice de l’Académie de Féérie en voyant revenir Cracotte avec le petit troll.

— Bon, a dit Cracotte, je vais le faire apparaître et s’il est d’accord, je l’enverrai dans mon histoire.
J’ai acquiescé. Elle a pris le livre, a fermé les yeux et murmuré :
— Abracadabra, Abracadabrant, troll Cambouie, sors maintenant !

Une petite boule de poils est alors apparue et s’est mise à sauter dans tous les sens dans ma chambre.

— Troll Cambouie, a dit Cracotte d’un ton solennel, si tu me rends ma baguette, je t’adopte comme animal de compagnie.

La boule de poil a immédiatement arrêté de sauter. Le troll s’est approché de nous en clignant de ses grands yeux dorés. Il a émis une sorte de roucoulement et a tendu à Cracotte un long morceau de bois. Cracotte a récupéré sa baguette et a caressé le haut de la tête de Cambouie, qui a roucoulé de plus belle. Elle lui a montré le lait et les petits gâteaux que j’avais apporté tout à l’heure, et dont j’avais déjà oublié l'existence.
— Tiens, tu peux prendre une petite collation avant de partir dans mon histoire.

En deux lampées et quelques roucoulements supplémentaires, le troll a tout dévoré.
— Bien, a déclaré Cracotte d’un ton satisfait, je vais maintenant t’envoyer dans mon histoire, je te rejoins dans quelques instants.

Elle a secoué sa baguette en prononçant une autre formule et le troll Cambouie a disparu. Cracotte s’est alors tourné vers moi. Pour la première fois il y avait de la tristesse dans son regard.
— Au revoir Émilie. Vous savez, vous êtes une drôle de princesse et votre maison est beaucoup trop petite pour être un palais. Quand j’aurai fini mes études, je demanderai à devenir votre marraine fée et j’arrangerai tout ça.

J’ai été très touchée par ce qu’elle a dit, même si, au fond de moi, j’espérais bien qu’elle ne devienne jamais ma marraine ! La princesse qui aurait une telle fée pour marraine avait intérêt à être bien dégourdie, pour être capable par exemple de se rendre quand même au bal même si Cracotte transformait son carrosse en citrouille !

— Au revoir Cracotte, ai-je répondu, n’hésitez pas à revenir me voir un jour à la bibliothèque.

Cracotte m’a fait un dernier sourire, puis elle a disparu dans un tourbillon d’étoiles.

Ce soir là, quand Maman est venue me dire bonsoir, elle a été un peu étonnée de trouver le pot de savon entièrement vide, et des petits bonshommes en pâte à modeler collés sur mon armoire. Mais comme Sandra lui avait raconté que je m’étais bien occupée de Samuel pendant son absence, elle n’a rien dit.

Quand elle s’est penchée vers moi pour m’embrasser et qu’elle s’est tournée vers la table de nuit pour éteindre ma lampe, elle s’est exclamée :

— Oh ! Comme c’est joli !

J’ai tourné la tête, un peu étonnée, et là, sur le bois de la table de nuit, j’ai vu un petit dessin qui représentait une fée au milieu d’étoiles multicolores. J’ai souri. La fée Cracotte était vraiment la plus imprévisible de toutes les fées ! La princesse dont elle s’occuperait aurait au moins de quoi s’amuser !

PRIX

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Eva Dayer · il y a
C'est une merveilleuse histoire ...
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Beline · il y a
Merci ! C'est tellement gentil de votre part de venir la lire !
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Eva Dayer · il y a
Dans un autre genre, peut-être aimerez-vous Si loin le rêve ...
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Beline · il y a
Je vais aller regarder
·
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Marie Quinio · il y a
Mais vous avez vraiment un don pour les histoires pour enfants, Beline ! C'est magnifique, bravo !
·
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jusyfa *** · il y a
Grâce à votre passage discret sur ma page,
Je vous découvre avec plaisir. Votre texte m'a embarqué d'un bout à l'autre sans retenue.
Bravo.
Je m'abonne.
Julien.

·
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Beline · il y a
Catastrophe, je n'avais pas répondu à votre sympathique commentaire ! Je vais gagner le prix de la réponse la plus tardive. Je suis ravie que les aventures de la fée Cracotte vous aient plu !
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jusyfa *** · il y a
" Vieux motard que j'aimais" pardon !
Je veux dire :
" mieux vaut tard que jamais " Merci pour votre réponse.
Je vous invite à découvrir mon dernier texte en compétition : https://short-edition.com/fr/oeuvre/nouvelles/sofia-4
Merci.
Julien.

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Adlyne Bonhomme · il y a
Un grand plaisir de vous relire Beline, au passage je vous saurais gré de renouveler votre soutien à mon poème finaliste merci.
https://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/je-tresse-lodeur

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Patrick Gibon · il y a
une fée gentiment déjanté, un texte espiègle, j'ai bien souri comme une souris cachée sous le lit de la chambre et j'ai vu la fée tartignole croquignole qui volèrent gentiment au dessus de l'ordi... argh! non pas cette touche efface tout le disque mous, crot' éd mouk, évité der katakroph in extrémis, nin de tout repos ces fées du logis*

en ce qui concerne ma petite chapelle, deux textes en ttc finale - jury et internaute-, que vous aviez déjà aimé, et une création BD de marsile rincedalle inspiré de mon texte "création, vision 1"; de quoi faire si cela vous intéresse.

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Super papou · il y a
Chère auteure
C’est un ravissement de lire vos œuvres
Continuez sur cette voix

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Zouzou · il y a
...un contrat de fée comme on les aime + 5
En lice Poésie avec ' Des rêves d'Iran' et ' Continuer ' si vous aimez

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François Duvernois · il y a
Une histoire merveilleusement racontée. A mettre de côté pour mes petits enfants. Toutes mes voix.
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Beline · il y a
Merci beaucoup pour votre commentaire qui me touche énormément !
·
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François Duvernois · il y a
Mais de rien, j'ai eu plaisir à vous lire. Si cela vous dit, j'ai moi aussi une histoire pour enfants "Notre collection de plumes".
J'aimerais vous la faire découvrir.

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jc jr · il y a
J'adore les contes, il suffit de se laisser porter par la magie. Mais il vaut mieux que les fées restent dans leur univers.Mes voix et une invitation à venir découvrir mon TTC " le bilan " en compétition. Mes voix
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Beline · il y a
Merci pour ce gentil commentaire !
·

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